‹ Exil et patrieChapitre 43 sur 78 · A ME8 SOUVENIRS · texte numérisé non relu

A ME8 SOUVENIRS

Si mon cœur, trop jeune peut-être, Ne cherche pas à reconnaître Des traits qui changèrent pour lui Si touché de tant de tristesse .le ne trouve pas quelqu’ivresse A me charger de votre ennui.

Non ! non ! fuyez loin de l’asile Où tous mes jours meurent en paix Laissez cette onde si tranquille Couler sous ses ombrages frais.

Laissez-raoi chanter à l’aurore Un hymne plus pur, plus sonore Que celui des petits oiseaux ; Laissez-moi lua sainte pensée.

Beau rayon d’or, douce rosée Qui brille au gazon des tombeaux.

Que vous importe ma jeunesse,

Et mes larmes et mes soupirs ?

Qui vous a dit que ma tristesse Use et flétrit tous mes dé.sirs?

' I5C \ MKS SOIVESIBS.

Si souvent nia course incertaine S’arrête au bord d’une fontaine,

Ou marche au désert à grands pas,

Mon ame vous est étrangère —

Qui dévoilerait un mystère Que moi-mènie je ne sais pas?

Pourquoi, dans la brise qui pleure.

Mêlez-vous aussi votre voix ?

Pourquoi laisser sur ma demeure Passer vos rêves d’autrefois?

Je n’ai plus rien pour vous comprendre ; Comme un foyer souillé de cendre Qui jette une pâle clarté.

Mon cœur, qui n’a plus son délire ,

A peine accueille d’un sourire Votre ombre de félicité.

Fuyez pourtant, car à l’automne La fleur qui jaunit au gazon,

Page 1