TRISTESSE
Us se diront peut-être encore :
Qui donc irrite ses désirs?
O mon cœur ! si je laisse éclore Quelqu’un de tes mille soupirs;
ICO
TRIAT8ME.
Si , comme une timide femme,
Pour apaiser un peu mon ame,
Je veux épancher quelques pleurs; Si je prends mon luth solitaire ,
Et que ma voix pure s’altère Aux âcres accens des [douleurs :
N’ai-je pas ce que l’homme envie?
Le malheur respecte mon front ;
Les flots tous sereins de ma vie N’ont à laver aucun affront.
J’ai de l’omhre à mon beau rivage; Voyez jouer sous le feuillage Ce bel enfant... Il est à moi!
Je sais encore un cœur qui m’aime...
Et bien souvent, surpris moi-même.
J’ai dit au bonheur : « Est-ce toi?... »
J’ai dit à la nuit bien des rêves Qui plaisaient encore au matin :
J’ai peut-être aussi sur mes grèves Semé plus d’un écho divin ;
TIUSTRA&E.
lOi
J’ai senti surgir en mon aine
Des ilôts d’amour, des traits de flamme,
Trésors à d’autres inconnus :
J’ai décelé dans leur mystère Des biens si rares sur la terre , f^u’on dit souvent qu’ils n’y sont plus.
Et pourtant voici que je pleure !
Mon cœur saigne au dedans de moi;
Et la prière qui l’efflcui-e Terme son aile avec eflroi.
Je n’ai plus assez du silence,
Assez des fleurs, de l’innocence <^ui parfume ici mon séjour ;
Comme une solitude aride
Mon œil est sec, mon ame est vide :
Seigneur, quand viendra votre jour?
Revenez , douces souvenances ,
Car mon ame est triste à la mort ;
Venez, ardentes espérances.
M’arracher uii divin transport ;