‹ Exil et patrieChapitre 45 sur 78 · TRISTESSE · texte numérisé non relu

TRISTESSE

Us se diront peut-être encore :

Qui donc irrite ses désirs?

O mon cœur ! si je laisse éclore Quelqu’un de tes mille soupirs;

ICO

TRIAT8ME.

Si , comme une timide femme,

Pour apaiser un peu mon ame,

Je veux épancher quelques pleurs; Si je prends mon luth solitaire ,

Et que ma voix pure s’altère Aux âcres accens des [douleurs :

N’ai-je pas ce que l’homme envie?

Le malheur respecte mon front ;

Les flots tous sereins de ma vie N’ont à laver aucun affront.

J’ai de l’omhre à mon beau rivage; Voyez jouer sous le feuillage Ce bel enfant... Il est à moi!

Je sais encore un cœur qui m’aime...

Et bien souvent, surpris moi-même.

J’ai dit au bonheur : « Est-ce toi?... »

J’ai dit à la nuit bien des rêves Qui plaisaient encore au matin :

J’ai peut-être aussi sur mes grèves Semé plus d’un écho divin ;

TIUSTRA&E.

lOi

J’ai senti surgir en mon aine

Des ilôts d’amour, des traits de flamme,

Trésors à d’autres inconnus :

J’ai décelé dans leur mystère Des biens si rares sur la terre , f^u’on dit souvent qu’ils n’y sont plus.

Et pourtant voici que je pleure !

Mon cœur saigne au dedans de moi;

Et la prière qui l’efflcui-e Terme son aile avec eflroi.

Je n’ai plus assez du silence,

Assez des fleurs, de l’innocence <^ui parfume ici mon séjour ;

Comme une solitude aride

Mon œil est sec, mon ame est vide :

Seigneur, quand viendra votre jour?

Revenez , douces souvenances ,

Car mon ame est triste à la mort ;

Venez, ardentes espérances.

M’arracher uii divin transport ;

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