‹ Exil et patrieChapitre 46 sur 78 · HEURE DE P J IX · texte numérisé non relu

HEURE DE P J IX

Viens , ô ma chaste poésie ,

Vierge encore au bandeau de lin , O ma sœur^ ô ma douce amie, Viens m’enseigner un chant divin 1

Mil HEinE i>F. r\iv.

Viens, comme une céleste flamme,

Me révéler au fond de l’ame Quelques uns de tes purs accens :

Que mes doigts errant sur ma lyre S’animent de ton saint délire ,

Pour bien peindre ce que je sens!

Mes yeux n’ont pas toujours des larmes , Et ma voix toujours des soupirs;

Oh ! des heures pleines de charmes ,

De purs, d’ineffables plaisirs,

Brillent au fond de ma vallée ,

Pareils à la voûte étoilée D’une nuit d’été sur les mers;

Et le cœur gonflé de louanges ,

J’entends comme la voix des anges Qui m’invite à leurs doux concerts.

J’entends une harpe sonore.

J’entends des voix dans le zéphir; J’entends quelques hymnes encore Dans les flots qui viennent gémir;

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Aux bois , aux gazons , sur la plage ,

Dans les noirs rochers du rivage ,

Auprès d’un ruisseau, d’une fleur,

Partout mon oreille est ravie ;

Partout s’éveille une harmonie <^ui trouve un écho dans mon cœur.

Ce ne sont plus les bruits du monde.

Ses festins, ses jeux et ses ris ,

Lugubres murmures d’une onde Qui roule ses roseaux flétris;

Le monde est l’écho monotone...

La feuille jaunie à l’automne.

Le souffle tiède et flétrissant ;

C’est l’herbe séchée à la plaine ;

C'est la clarté pâle, incertaine,

Du ver (ju’on écrase en passant.

Ce n’est plus la joie insensée.

Les chants, les tblàlres amours ;

Plaisirs énervant la pensée.

Ivresse où s’endorment les jours.

HKC RE l>E

Non! là (oui est paix et silence !

L’aine illumine et se balance Comme une lampe du saint lieu, (^ui, pleine d’amour, de mystère, Consume au dessus de la terre Ses plus doux parfums devant Dieu!

POUüQL OI TOUJOURS PLEURER?

Poui’(|uoi toujours pleurer!... Ecoule, écoule encore Un mot, une prière, hélas! rien de sonore,

Ilien sur mon luth obscur n'a froissé la douleur, Uien (|ui puisse troubler une même pensée ,

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