HEURE DE P J IX
Viens , ô ma chaste poésie ,
Vierge encore au bandeau de lin , O ma sœur^ ô ma douce amie, Viens m’enseigner un chant divin 1
Mil HEinE i>F. r\iv.
Viens, comme une céleste flamme,
Me révéler au fond de l’ame Quelques uns de tes purs accens :
Que mes doigts errant sur ma lyre S’animent de ton saint délire ,
Pour bien peindre ce que je sens!
Mes yeux n’ont pas toujours des larmes , Et ma voix toujours des soupirs;
Oh ! des heures pleines de charmes ,
De purs, d’ineffables plaisirs,
Brillent au fond de ma vallée ,
Pareils à la voûte étoilée D’une nuit d’été sur les mers;
Et le cœur gonflé de louanges ,
J’entends comme la voix des anges Qui m’invite à leurs doux concerts.
J’entends une harpe sonore.
J’entends des voix dans le zéphir; J’entends quelques hymnes encore Dans les flots qui viennent gémir;
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Aux bois , aux gazons , sur la plage ,
Dans les noirs rochers du rivage ,
Auprès d’un ruisseau, d’une fleur,
Partout mon oreille est ravie ;
Partout s’éveille une harmonie <^ui trouve un écho dans mon cœur.
Ce ne sont plus les bruits du monde.
Ses festins, ses jeux et ses ris ,
Lugubres murmures d’une onde Qui roule ses roseaux flétris;
Le monde est l’écho monotone...
La feuille jaunie à l’automne.
Le souffle tiède et flétrissant ;
C’est l’herbe séchée à la plaine ;
C'est la clarté pâle, incertaine,
Du ver (ju’on écrase en passant.
Ce n’est plus la joie insensée.
Les chants, les tblàlres amours ;
Plaisirs énervant la pensée.
Ivresse où s’endorment les jours.
HKC RE l>E
Non! là (oui est paix et silence !
L’aine illumine et se balance Comme une lampe du saint lieu, (^ui, pleine d’amour, de mystère, Consume au dessus de la terre Ses plus doux parfums devant Dieu!
POUüQL OI TOUJOURS PLEURER?
Poui’(|uoi toujours pleurer!... Ecoule, écoule encore Un mot, une prière, hélas! rien de sonore,
Ilien sur mon luth obscur n'a froissé la douleur, Uien (|ui puisse troubler une même pensée ,