POURQUOI TOUJOURS PLEURER
Ranimer dans les yeux une larme ell'acée, Un soupir éteint dans le cœur.
Oh non! point de regrets, point de promesse vaine, Point de ces longs désirs que l’espérance enchaîne. Pour s’attacher aux bords où le front s’est meurtri ; Plus de ruisseau d’été pour laver la blessure ;
Plus de printems en fleurs, plus de verte parure, Car tout ici-bas est flétri.
Tout ici-bas te pèse... et peut-être tes larmes Comme le reste aussi bientôt perdront leurs charmes. Triste et dernier reflet d’un bien mystérieux... Peut-être le dégoût , monstre hideux, aride , Caresse-t-il déjà de son aile livide Ton front pâle et silencieux.
Oh! le sommeil alors est lourd à la paupière, Les songes lâtigans et l’insomnie amère.
Et la nuit tombe épaisse , et le silence est froid ; Et le jour au matin n’a qu’un rouge de flamme,
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Et chacun des rayons qui vient briller sur l’aine Ajoute à ses maux un surcroît.
Et tout désir qui naît monte frêle et retombe...
Et l’on reste un long tems appuyé sur la tombe , Sans jeter une fois le regard vers le ciel;
On se dit dans le cœur ce qu’on n’ose à la bouche; Et l’œil terne retrouve une lueur farouche Qui plonge à l’abîme éternel.
Oh non ! plus de bonheur à t’offrir en la vie ;
Tu tressais ta couronne, elle te fut ravie...
Ton cœur s’épanouit pur et rêvant d’amour...
Tous tes pensers flottaient dans un éther limpide ; Mais ta lèvre toujours se pencha plus aride Au courant qui fuit sans retour.
Non, non, plus de parfums dans ton urne fêlée ! 11 a brillé soudain au fond de ta vallée Ce regard que l’on dit celui de l’Ange aux cieux , Et ton aine attentive évoquait l’espérance;
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Elle disait : Amour, loi, repos, inuoeeiiee,
El lout resla silencieux!
Eh bien! j’aime pourtanl la rude deslinée!
Pardonne : mais souvent une rose fanée Me sourit, me plail mieux que l'raiehe à son rameau; De ce qui charme ici toujours je me délie,
El je crains le bonheur comme une perfidie Qui se voile sur un tombeau.
.fe crains les jours de joie et les longues ivresses;
Je crains les doux souris et les molles caresses.
Tout ce parfum d’amour qui s’exhale en passant... Tous ces rêves de cœur que l’espérance dore, l'oules ces fleurs d’été qui se hâtent d’éclore Au soleil lourd et flétrissant.
Oh! c'est que l’ame ici se dévore elle-même!
Elle souffre, elle hait; et cependant elle aime!... Elle aime avec ardeur, elle appelle avec cris... Elle demande à l’homme un bien qu’il lui refuse;
POl'RQIOI TOUOl'RS I>I.KIRER?
Et sa lèvre de l'eu qui se sèche... confuse,
N’a bientôt qu’un amer souris.
Oh! c’est que l’ame, ici fière et noble étrangère, Sent craquer sous ses pas ces parcelles de verre Que le soleil d’un jour jette à son pied mortel; C’est que le champ d’exil est ingrat et stéi-ilc,
Et que toute couronne éphémère et fragile Pâlit sur un front éternel.