LÉTOILE
Etoile de ma solitude.
Rayon qui brille en mon désert Accord de la nuit qui prélude A mon mystérieux concert ,
i.’étoii.k.
Dis-moi, car je suis triste encore,
Malgré moi s’irrite mon cœur, M’apportes-tu, d’une autre aurore.
Quelque reflet consolateur?
l'u sais si je roule en mon ame Des pensers douloureux, amers.
Tu sais si j’ai senti ma rame Battue à la vague des mei s.
Tu sais ce que j’ai dit à peine A mon luth Adèle et plaintil :
Cette douleur morne, incertaine.
Que veille ton œil attentif.
Oli ! quand bercé de ton silence.
De ta pâle lueur qui fuit.
J’évoque en moi mon espérance.
Comme un phare au sein de la nuit ; Quand je vois plus épaisse, l’ombre Dormir sur les rochers, les bois,
Je crois sentir mon c'ceur moins sombre Élever plus forte sa voix.
i.’ktoii.f. ms
Plus de guirlandes sur ma têle,
Plus de ces rêves de beaux jours;
Plus de doux plaisirs, plus de fêle,
Plus de fleurs d’été, ])lus d’amours!
Tout est effacé sui' la terre ;
Partout des crêpes noirs épars,..
Partout sur mon front solitaire Du néant les froids étendards.
Le néant et ses flots de poudre Que roule un vent d’éternité,
Gloire, amour qu’un éclat de foudre Mêle aux débris de la cité ;
Espérance qui fut ma vie.
Dans mon ame désir de feu.
Soif qui ne peut être assouvie Qu’à ta source pleine, ô mon Dieu !
Et me voici seul dans le inonde.
Car des amis, je n’en ai plus.
Je n’ai plus de voix qui réponde A tous leurs pensers inconnus.
i.’étoii.e.
Ils cherchent encor de l’ivresse.
Ils demandent encor des fleurs;
Et je n’ai plus que ma tristesse,
Je n’ai plus pour eux que des pleurs!
Pleurs qui peut-être font sourire Des yeux qu’on détourne de moi ; Qui n’ont point compris mon délire.
Délire d’amour et de foi.
Délire, plainte, saint cantique.
Flamme divine à pur encens,
Accord le plus mélancolique Des plus mystérieux accens .
Qu’importe qu’ici l’on m’oublie, Dieu, mon Dieu ne m’oublii'a pas,
Si ma douleur ensevelie,
Comme un germe dans le trépas, Laisse sur l’herbe de ma tombe Une croix qui dise au passant :
Sèche cette larme qui tombe,
Il mourut jeune et repentant.
i.’étoii.e.
Oh! coulez de mes yeux, mes larmes!
Seules vous pouvez m’apaiser;
Je trouve, ô tombe ! quelques charmes, Quand je t’effleure d’un baiser.
N’es-tu pas de ma hien-aimée Le sentier connu loin du jour?
IN’es-tu point la couche embaumée Qui recèle secrets d’amour?'