‹ Exil et patrieChapitre 51 sur 78 · UN SOIR · texte numérisé non relu

UN SOIR

Laisse-moi reposer, ma lyre î JN’éveille pas d’autres douleurs; Mon aine oublieuse respire De si doux parluins sur ces fleurs !

in» SOIR.

Cette onde s’écoule si pure !

A peine la brise inurtnure Des mots voilés dans les roseaux !

C’est l’heure du soir, du silence ,

C’est l’heure aussi de l’espérance; Passez , passez , moinens si beaux !

Passez comme une ombre légère , Comme un souffle qu’on n’entend pas, Comme un blanc flocon de lumière Qui sème de l’or sous ses pas;

Passez , ne laissant sur mon ame Que le doux reflet d’une flamme Qui ruisselle dans le lointain;

Passez, OU' plutôt sur ma rive Laissez votre aile fugitive Se balancer jusqu’à demain !

Jusqu’à demain!... Demain peut-être Le ciel ternira son azur;

Le front défiouillé du vieux hêtre Souillera ce ruisseau si pur!

tm SOIR.

Le vent hurlera sur la grève ,

La nuit étendra sur mon rêve Son voile pesant et railleur;

Car c’est ainsi que fait la vie :

Chaque heure de paix est suivie D’un jour de trouble et de douleur.

Mais pourquoi ramener sans cesse Ce terme , hélas ! de tout plaisir?

Fuyez, importune tristesse, Laissez-moi flatter un désir;

Laissez un instant l’espérance , Comme ce rayon d’innocence Qui flotte à nos cœurs le matin , Poser sur nmn front solitaire Son regard si plein de mystère Qu’on dirait un reflet divin.

C’est si doux de laisser éclore Tous ses mystérieux soupirs !

De hercer ce cœur qui dévore Aux fraîches ailes des zéphirs!

u:« Min.

D’unir à i’au.stère pensée Comme des gouttes de rosée Quelques parfums de foi, d’amour, Parfums d’une haleine éphémère, Dont le frais souvenir tempère Les rayons épuisans du Jour.

C’est si doux de sentir à peine Le lems s’écouler flot à flot !

D’entendre une voix incertaine Parler à l’oreille à mi-mot!

De répondre dans le silence ,

Sans autre écho que l’espérance.

Sans parole autre que son cœur;

De bien aimer, sans le comprendre , Ce rêve fugitif et tendre Qu’on appelle ici le bonheur!

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