A UNE JEUNE FILLE
Je ne sais si mon luth est lassé de douleurs.
Ou si mon œil a vu briller entre ses pleurs Quelque rayon d’une auréole;
Mais je sens que mon cœur bal bien plus lentement,
A tïïE JEIWR riM.E.
Et que nia voix plus tendre à peine mollement Laisse tomber une parole.
Jeune^lîlle, oh! dis-moi, d’où me vient cette paix, Quand je veux près de toi chercher un peu de frais, Comme aux bords d’une source pure ?
Dis-moi, si je te parle en regardant le ciel,
Pourquoi j’ai sur ma lèvre une coupe de miel Que semble m’olïrir la nature ?
Pourquoi donc qiiand ma main presse ta blanche main, Quand tu m’entends rêver, et qu’un mot incertain Vient expirer à ton oreille;
Pourquoi, quand ton regard m’interroge tout bas, Mon regard plus ardent ne dit-il rien, hélas !
A ton cœur flottant qui s’éveille?
Oh ! ce n’est point ici songe léger d’amour :
Rose d’éclat menteur dont je voudrais un jour Préserver ta tête charmante ;