‹ Exil et patrieChapitre 53 sur 78 · A UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

A UNE JEUNE FILLE

Je ne sais si mon luth est lassé de douleurs.

Ou si mon œil a vu briller entre ses pleurs Quelque rayon d’une auréole;

Mais je sens que mon cœur bal bien plus lentement,

A tïïE JEIWR riM.E.

Et que nia voix plus tendre à peine mollement Laisse tomber une parole.

Jeune^lîlle, oh! dis-moi, d’où me vient cette paix, Quand je veux près de toi chercher un peu de frais, Comme aux bords d’une source pure ?

Dis-moi, si je te parle en regardant le ciel,

Pourquoi j’ai sur ma lèvre une coupe de miel Que semble m’olïrir la nature ?

Pourquoi donc qiiand ma main presse ta blanche main, Quand tu m’entends rêver, et qu’un mot incertain Vient expirer à ton oreille;

Pourquoi, quand ton regard m’interroge tout bas, Mon regard plus ardent ne dit-il rien, hélas !

A ton cœur flottant qui s’éveille?

Oh ! ce n’est point ici songe léger d’amour :

Rose d’éclat menteur dont je voudrais un jour Préserver ta tête charmante ;

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