DOULEUR
Il faut, ô mon Dieu! que je prie, II faut que Je prie avec foi.
Seigneur, oh! mon ame vous crie Consolez-moi , consolez-moi !
DOUi.Brn.
Je pleure, je pleure sans cesse,
Car la source de ma tristesse Ne tarira cju’avec mes jours.
Quelle amertume a ce calice !
Mais, tout sanglant du sacrifice, Seigneur, je rends grûce toujours.
Je rends grâce, et, malgré mes larmes Qui semblent accuser mon coeur.
Seigneur, je trouve quelques charmes A vous parler de ma douleur.
Je n’ai plus, hélas! dans le monde Une seule voix qui réponde,
Un seul écho de mes soupirs;
Vous seul, ô mon Dieu ! sur la terre, Soutenez mon cœur solitaire Qui tombe usé de ses désirs.
Vous seul vous écoutez encore Ce que je n’ose dire ailleurs :
Ce trop long ennui qui dévore.
Cet espoir en des jours meilleui's ;
Ce besoin de sentir son aine Briser d’un seul coup cette rame Impuissante au roulis des flots;
Vain jouet de l’onde irritée Qui n’a, pour la grève attristée, Que des plaintes et des sanglots.
Vous seul vous laissez sur ma rive Flotter quelque pâle rayon Qui révèle à l’ame attentive Le soleil d’un autre horizon.
Vous savez ma triste pensée...
Nourriture amère, épuisée,
Poison lent qui tùrait sans vous ; Souffle aride, désert de sable.
Douleur immense, inconsolable.
Qu’on n’ose aborder qu’à genoux.
Oh ! pardonnez à ma faiblesse.
Seigneur, je ne murmure pas ;
Mais quand, poussé par sa détresse.
Mon cœur désire le trépas ;
DOui.Eun.
(^)uand tout anioiir in’^sl lourde eliaîiie; Lorsque mon front soulève à peine Un regard vaincu de douleurs ;
Quand toute amertume m’inonde,
Que tout m’irrite dans le monde ,
Mon Dieu, condamnez-vous mes pleurs?
Non! vous avez voulu, sans doute.
Quand tout homme envîrait mon sort.
Cacher, sous les fleurs de ma route.
Ce serpent, ce germe de mort.
Vous avez jeté sur ma vie.
Que peut-être aurait assouvie Une ombre de félicité.
Cette ombre froide, saisissante,
Qui force l’ame palpitante De crier vers l’éternité.