‹ Exil et patrieChapitre 59 sur 78 · BONHEUR · texte numérisé non relu

BONHEUR

Non, je ne souffre plus; non, je n’ai plus de larmes; Ma douleur m’a menti, Seigneur, et mes alarmes Vaines se taisent devant vous...

Votre eau pure a coulé sur mon front solitaire.

BOKHKVR.

Et mon œil consolé s’est relevé de terre, (cherchant votre regard si doux.

Oh ! vous m’avez parlé, mon Dieu ! votre tendresse S’est éveillée au cri poussé dans la détresse ;

Vous avez pris pitié de moi...

.l’ai senti comme un baume alléger ma paupière.

Et mon cœur, tout voilé d’amour et de prière, Pleure encore et ne sait pourquoi.

Trop long-lems, trop long-tems j’ai lassé de ma plainte Ciette lyre, Seigneur, où la joie est éteinte Et qui n’a plus qu’un son iatal...

.le voudrais, quand le cœur renaît à l’espérance. Quand sur ses ailes d’or vers les cieux il s’élance, Donner aux anges le signal.

Je voudrais exhaler un hymne, un beau cantique; Je voudrais du saint Roi la harpe séraphique Pour dire de divins accens.

.Te voudrais, ô mon Dieu! faire un cri de mon aine,

BOIlHEltR.

Et voir tomber soudain sur Taulel une flamme Pour que mon cœur en fut l’encens.

Et je n’ai pas de voix , et ma langue est glacée !

Et je porte le poids d’une ardente pensée Qui rampe et dévaste ses bords ;

Et ma lyre, qui sait combien sa corde est vaine, Redit, comme un écho de l’impuissance humaine, Ses mélancoliques accords!

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