‹ Exil et patrieChapitre 77 sur 78 · VIRUS · texte numérisé non relu

VIRUS

Oh ! qu’ils ne disent point que les pleurs sont pour moi !

Que ma jeunesse est terne et sombre;

Que mon front, ici-bas, dans le silence et l’ombre, Pâlit, ô mon Dieu! devant toi.

Les voilà, mes jeunes années!

Les voilà, mes jeunes désirs !

Fraîches espérances fanées ,

Rêves que j’ai nommés plaisirs.

Les voilà... je les vois encore Comme ces fleurs que fait éclore Un souffle printannier, hâtif...

Les voilà que le vent emporte...

Et mon luth, sur leur beauté morte,

N’a pas même un accent plaintif.

Oh! c’est qu’il se passe en mon ame De douces visions d’amour.

Oh ! c’est qu’un céleste dictame.

Comme un rayon d’or d’un beau jour.

Vient colorer, pur, ma tristesse.

Me bercer dans des flots d’ivresse,

VIBNH...

Moi, pauvre nocher sur les mei's !

Moi qui, las de ployer ma voile.

Jetai souvent à mon étoile Un sarcasme dans mes concerts!

Oh ! c’est chant de joie et cantique.

Ardente foi dans le bonheur!

Plus de lyre mélancolique ;

C’est la harpe sainte en mon cœur :

C’est l’aile blanche, harmonieuse.

C’est l’auréole radieuse Dans l’éther éclatant d’azur;

Sur la terre froide, flétrie,

C’est le parfum de la patrie Apporté par un souille pur.

O rivage embaumé d’amour et de mystère !

O mes beaux rochers ! ô mes bois 1

Oubliez, oubliez tant de plaintes amères ;

Ecoutez aujourd’hui ma voix.

Écoutez... elle est douce, harmonieuse, tendre. Dites... ce ne sont plus des pleurs;

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