‹ Expédition anglaise au Pôle Nord (1875-1876) [microforme]Chapitre 20 sur 37 · L. 2 D TMS · texte numérisé non relu

L. 2 D TMS

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n'avait probablement aucune influence et qui, toute la journée, surtout pendant le flot, avait dérivé au sud, s'éloigna un peu de terre, à l'instant, du bas de l’eau.

Je saisis avec empressement l'avantage que nous procurait cette ouverture, qui nous permettait de faire du nord ; mais en arrivant à la pointe Murchison, la banquise qui barrait complétement le détroit nous empêcha de faire aucun progrès en avant; il ne nous restait donc plus autre chose à faire que de retourner à la baie de la Discovery, où nous amarrâmes de nouveau le bâtiment, tout près de l'entrée, afin d'être prêts à reprendre notre route à la première occasion.

Le 27, nous n’eûmes que de légers vents de N. E, La glace du chenal continua à dériver au sud, excepté au moment du fort du jusant, pendant lequel ou elle restait stationnaire, ou elle se laissait lentement entraîner au nord, mais pas assez rapidement pour ouvrir un passage navigable, quoiqu’un peu avant la pleine mer, elle parût si près de se mettre en mouvement, que je fis rappeler à bord les patineurs qui étaient à terre etordonnai de se tenir sous pression.

Le 98, la glace était décidément plus libre, et, à 41 heures du matin, heure à laquelle le courant de marée portant au nord commençait à s'établir, nous prenions les dispositions d'appareillage, quand une brume épaisse nous enveloppa, nous me? : ‘ant la vue au point qu'on n'y voyait pas à 20 mètres e qui nous retint au mouillage. La brume se dissipa dans l’après-midi; mais il était alors basse mer et je m'’aperçus, en essayant de faire rernuer le bâtiment, que, quoiqu'il fût à flot, il était de tous côtés entouré par un banc de vase élevé, de sorte que nous éprouvions un supplice semblable à celui de Tantale, ayant sous nos yeux un

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chenal où a route était libre et forcés de rester enfermés dans notre bassin improvisé. Enfin, la mer gon— flant avec le flot, nous réussimes en l’allégeant à faire sortir le navire de sa prison. |

En même temps que flottait au grand mât le dernier signal d'adieu à la Discovery, je tis hisser les embarcations, mettre en route, et bientôt nous arrivâmes à un mille du cap Beechey, à 18 milles au N.-E. de la baie de /a Discovery.

Arrivés là, un choc contre un gros glaçon flottant nous mit hors de service notre gouvernail, dont la mèche avait été tordue quelques jours auparavant; en même temps, nous aperçûmes la banquise serrée contre la partie nord du Cap, ce qui me fit prendre la résolution d'amarrer le navire à l'abri d'une glace échouée, pour y changer le gouvernail.

Pendant cet arrêt forcé sur cette partie de la côte, nos chasseurs furent assez heureux pour s'emparer de trois autres bœufs m: rués, ce qui constituait une heureuse addition à notre … -ovision de viande fraîche,

Le 29, la banquise resta collée au nord du éap Beechey jusqu’à midi, quand, à peu près au moment de la pleine mer, étant monté au sommet du cap, je m'’aperçus qu'elle s’en séparait, Je signalai immédiatement au navire de marcher en avant et, ramassant mon canot en route, nous pûmes ainsi atteindre la baie de Lincoln." Notre route ne fut qu'une lutte à la course avec un gros glaçon flottant que nous ne gagnâmes que d’une longueur. Cette lutte était pour nous aussi saisissante qu’inquiétante: car notre rival nous poussailt dans la direction des falaises saillantes et abruptes du cap Frédérick VIL, situées à Ja pointe sud de la baie, et menaçait ainsi de nous empêcher de faire route,

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Baie de Lincoln,

La baie de Lincoln est dangereuse. Heureusement un banc qui est à son entrée retient échoués de gros ilots de glace flottante, lesquels contribuent dans une large mesure à empêcher la glace d'y entrer par les vents de S. O., vents auxquels elle est complétement ouverte.

Le fond de la baie, qui de loin nous parut couvert de végétation, était rempli par une petite banquise formée d’un nombre considérable de petits glaçons flottants n'ayant pas plus d’un quart de mille de diamètre, mélangés avec une glace rugueuse et tourmentée. Le tout était si bien cimenté par la gelée de la saison présente, que nous eûmes les plus grandes difficultés à y dégager un bassin pour y loger le navire,

Établissement à terre d’un dépôt de provisions.

Le 30, nous établimes sur la côte nord de la baie un dépôt de 1,000 rations pour l’usage de nos com pagnies de voyageurs, Peu de temps après la pleine mer, la glace s'étant considérablement ouverte, nous fimes route au nord; mais une fois en marche, quelques glaçons d'une taille considérable et formés d’une glace d’une densité exceptionnelle m’obligèrent, à mon grand regret, à me tenir à 3 milles de terre, courant ainsi le risque de voir le navire enfermé dans la banquise, ce que je désirais ardemment éviter,

Pris dans la banquise,

Depuis que, pour la première fois, j'avais, du cap Morton, examiné la glace du chenal de Robeson, j'avais recommencé cet examen et remarqué ehaque fois

le

qu'il existait des allées liquides (1) s'étendant dans la direction du S. E. au N. O.,en travers du chenal, depuis les environs du cap Lupton sur la côte du Groënland, jusqu’au cap Frédérick VII à la côte ouest, J'attribuai la formation de ces allées à ce que, cet endroit étant la partie la plus étroite ou col du chenal, la glace, suivant la direction de la pression qu'elle supportait, se trouvait écrasée au nord ou au sud de cet espace restreint.

À 3 heures d'après-midi, au moment où notre marche en avant fut arrêtée par la glace, la vuc de quelques espaces libres autour de nous, jointe à l'observation dont je viens de parler, me décidèrent à attendre au bord de la banquise une ouverture favorable, au lieu de retourner à l'abri de la baie de Lincoln. Je fus d'autant plus porté à prendre cette résolution, que nous

+ avions encore devant nous deux heures de courant de marée portant au nord et favorisée par une légère brise encore suffisante.

J'eus le regret de voir mon espoir complétement déçu: car à 4 heures d'après-midi, n'ayant que juste le temps de choisir autour de nous le lit qui me paraissait le plus tendre, c’est-à-dire le plus loin possible de la glace épaisse et lourde, le navire se trouva complétement entouré, Nous étions enfermés d’une façon désespérante dans une banquise très-épaisse, composée de vieux glaçons de 24 mètres d'épaisseur et qui ne mesuraient pas moins de 4 à-4 milles de diamètre.

RE > (1) Cette expression est loin d'être française; mais c'est la seule qui puisse rendre les mots lanes of water, dont se sert le capitaine Nares, ce qui se comprend de reste et exprime parfaitement les coupures de la glace qui jouaient pour l'Alert le rôle des allées d'une forêt ou d'un Bois impénétrable,

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ans s. Les intervalles entre les glacons flottants étaient rem— uens à plis par de là glace brisée en morceaux de toutes les Pl ages tailles, depuis ces petits monticules à la ronde ‘tête * LL à bleue, suffisamment élevés au-dessus de l’eau pour ar * soulever en entier nos canots de côté, sous lesquels Chr ils passaient en se broyant dans leur route le long ” a des flancs du navire, squ'aux morceaux plus petits, PR que les lourds glaçons dans leur cisaillement perpétuel

avaient polis et arrondis, comme le fait un torrent sarche des pierres qu’il roule dans son lit.

siques lleureusement pour nous que, dans la banquise, se. FA trouvaient encore de nombreux paquets d'une glace ie “e bourbeuse et molle provenant des dernières neiges : L Den si des glaçons, de ce genre particulier, viennent à Le .. se presser l’un contre l’autre, avant que la gelée les ras ait suffisamment durcis, ils se forment en masses

semblables à des assiettes aux bords relevés, chacune

: brise Ne bri d'elle arrondissant sa voisine, quand elles entrent en

mouvement, déçu:

temps La glace augmente d'epaisseur en même temps que sait le nous avançons àu nord.

de la Depuis que nous avions rencontré la glace au large pléte- du cap Sabine, j'avais constaté un changement considéses- dérable qui s'opérait par degrés dans l'aspect et dans ce de la formation des glaçons flottants. | Les premiers que nous rencontrâmes n'avaient pas ètre. plus de 2",40 à 3 mètres d'épaisseur. Au large du cap Frazer, nous trouvâmes quelques morceaux plus on anciens dont l'épaisseur nous parut être de 6 mètres; mais autRle nous Savons maintenant que cela était bien au-dessous lert le de l’exacte mesure. Cependant jusqu'alors je n’avais

pas encore pu constater qu'au lieu de nous’ rapprocher

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