‹ Expédition anglaise au Pôle Nord (1875-1876) [microforme]Chapitre 22 sur 37 · ER RS · texte numérisé non relu

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coups d'éperon. C'esi de cette façon que nous pûmes, presque providentiellement, atteindre la côte de la baie de Lincoln,

Si nous avions tardé cinq minutes de plus, le bâtiment serait resté dans la banquise pendaat le coup de vent de S. O0. qui commença à souffler le soir même et dura deux jours, chassant la glace au N. E. en dehors du chenal de Robeson, ce qui par le fait nous permit de doubier le cap Union sans aucune peine.

Avantages des navires à vapeur pour naviguer dans les glaces,

Cette dernière lutte avec la banquise, aussi bien que celles que nous avions eu à soutenir dans bien d'autres occasions, nous démontra de quelie faiblesse étaient les efforts de l'équipage pour dégager la glace amoncelée sous les bossoirs on le long des flancs du navire, si on les compare à l'éncrme puissance d'un bâtiment qui peut, même à ure vitesse modérée, se frayer une route à coups d'éperon.

Les navires à vapeur peuvent, nous n’en doutons pas, pénétrer une banquise légèrement désagrégée, et que les anciens navigateurs euss:nt considérée comme infranchissable pour leurs navires à voiles, dépendant entièrement du vent. Nous devons cependant ajouter qu'il y a une limite aux risques qu’il est prudent de courir ; On n'a pas encore construit de navire capable de supporter ce que l’on peut appeler un vrai cisaillement entre deux morceaux de glace épaisse.

L'après-midi du 81 août, peu de temps après que le navire eut été amarré dans sa position primitive, le long de la glace solide de la baie de Lincoln, le vent fraichit graduellement du S, O., sa direction venant

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D légèrement de terre. La brise poussait devant elle une tempête de neige et le temps avait une apparence menacante.

Autant qu'il nous était permis d'en juger à travers la neige, la partie principale de la banquise dérivait devant la tempête, au nord du chenal de Robeson. Cependant, comme je savais qu'il se passerait quelques heures avant l’ouverture d’un passage permettant de naviguer au delà du cap Union, j'attendis jusqu’au matin du 1° septembre. À ce moment, j'appareillai le navire, en gardant la pression suffisante pour mettre en route à la machine s’il le fallait, et nous réussimes à passer le détroit, fuyant devant le temps avec une vitesse de 9 milles 1/2 à l'heure. Nous passâmes ainsi entre la côte ouest et la banquise, qui dérivait rapidement au nord, laissant entre elle et la terre un chenal d'environ 3 milles de large.

Nous arrivons à la latitnde la plus élevée qu'on ait jamais atteinte.

À midi, je fis hisser le pavillon national à la corne de lAlert. Le navire que Sa Majesté Britannique m'avait confié était alors par 82° 24 nord, latitude la plus élevée qui ait jamais été atteinte.

En venant à l’ouest, à l'entrée nord du chenal de Robeson, nous tombâmes dans le calme, à l'abri de la terre, ce qui nous fit serrer les voiles et mettre à la vapeur ; en même temps, la largeur du canal navigable diminua sensiblement, jusqu’au cap Sheridan, où la glace rejoignait la eôte,

Mur de glace.

Dans le chenal de Robeson proprement dit, à l’ex-

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