RER TRE
Traversée du sund de Lady Franklin.
Le temps étant au calme, la glace se maintint immobile jusqu'au 20 août, époque à laquelle nous protitâmes d’une chance favorable pour nous avancer dans la banquise, qui s'ouvrit peu à peu devant nous et nous permit de gagner une partie de mer comparativement libre, au large du cap Liéber, où soufflait depuis plusieurs jours une forte brise de sud-ouest qui n'avait pu franchir les glaces du bassin de Hall.
À mesure que nous approchions du cap Laurence, la glace, qui devenait de plus en plus serrée, nous mit dans la nécessité de choisir entre les trois partis sui-
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vants : retourner au. nord, nous enfoncer dans la banquise ou bien amarrer nos bâtiments à quelque île de glace échouée ou à quelque iceberg. Je choisis le dernier et entrai immédiatement dans la baie par le sud du cap. Après avoir suivi la côte pendant quelque temps, nous nous trouvâmes dans un large bassin intérieur parfaitement fermé par les terres, et où je fis amarrer les navires sans la moindre inquiétude sur leur sécurité, quoique les grandes marées de vives eaux amenassent des glaces qui, tout en flottant lentement, menaçaient de remplir peu à peu toute la baie.
« L’Alert » poussée à terre.
Au moment de la haute mer, il arriva malheureusemént qu'un morceau de glace qui paraissait tout à fait inoffensif, vint se presser contre le navire, alors que l'ile de glace qui nous séparait de terre, et contre laquelle nous nous tenions, vint à flotter par suite de la grande marée et fut elle-même poussée à terre; ce qui fit que le bâtiment échoua tout d’un coup par l'avant ayant encore l'arrière dans une eau profonde.
Avant que nous ayons pu prendre la moindre mesure pour le tirer de cette fâcheuse position, notre navire se trouvait immobilisé sans espoir. À la marée descendante, l’eau baissa de 4,20, laissant l'étrave et la quille découvertes jusque par le travers du mât de misaine; le bâtiment, reposant alors sur ses petits fonds, inclinait d'environ vingt-deux degrés.
En même temps que la marée montait, nous allégeâmes le navire et fimes passer nos câbles à l'arrière, tout prêts à les amarrer aux ancres que nous fimes reposer sur deux morceaux de glace convenables. Après cela, lun de ces deux morceaux fut traîné au
large, à une distance convenable de l'arrière du navire, de sorte qu’en faisant sauter le glaçon, l'ancre se trouva tout naturellement mouillée, sans la moindre difficulté. A la pleine mer, l’Alert fut déséchouée sans la moindre avarie.
‘Le22 août, une brise de sud-ouest ouvrit un nouveau Passage, dont nous nous eMmpressimes de profiter pour BOUS avancer au sud jusqu'au cap Collinson, sans autres ennuis que ceux inhérents à la navigation dans les glaces par des tempêtes d’une neige épaisse, des temps brumeux et de fortes brises debout.
Au large du Cap, l’Alert ayant été obligée de marcher en arrière pour éviter d’être tenaillée, les deux navires s’1bordèrent et restèrent engagés pendant quelques insiants. La Discovery perdit un bossoir d'embarcation, mais manœuvra si habilement qu’elle put sauver s0n canot.
Ce furent, du reste, grâce à l'adresse des officiers de quart des deux navires, les seules avaries que nous limes pendant le Voyage, quoique nous fussions fréquemment très-près l'un de Pautre ou bien à toucher les falaises de glace et les icebergs.
La glace se refermant sur notre avant, je fis amarrer les deux bîtiments en dedans de quelques icebergs échoués dans la baie Joiner À un mille au nord du Cap Mae-Clintock,
Limite nord des icebergs sur le côté ouest du chenal.
En venant du nord, on ne commence à trouver 8 icebergs qu'au sud du cap Laurence, Tout ce que l'on trouve au nord de cette position peut être considéré comme des iles de glace. Même parmi ceux qui en ont l'habitude, il en est peu qui puissent les recon-
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