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anger s'y tromperait, les îles de glace étant souvent plus grandes que les icebergs, La falaise de glace qui borde la côte est aussi d'une
nature toute différente, Elle se forme sous la pr
ession de glaçons plus légers que ceux de la mer Polaire et baigne son pied
dans des eaux moins profondes ; ce qui fait que nous ne Pouvions ÿ amarrer nos bâtiments, comme nous avions fait dans le chenal de
Robeson, où nous étions toujours certains de les voir
à flot le long de Ja glace de pied, tandis que, dans le chenal de Kennedy et partout au sud de cet endroit, il ne reste à la basse mer que 2 mètres d’eau le long du mur de glace attenant au rivage.
Vers le soir, la force du vent de sud-ouest ayant beau- COUP augmenté, la glace s’ouvrit peu à peu au sud, ce qui nous permit de partir et de traverser la baie de Scoresby. Cette baie, qui mesure de 13 à 20 milles dans la direction du S. 0. élait complétement libre de glace ; mais la brise qui soufflait très-violemment soulevait une mer qui, nous faisant légèrement languer (1), arrèit d'autant l'erre du bâtiment,
Aux approches du cap Frazer, le vent soufait en lempête, ce qui me fit brûler beaucoup de charbon pour atteindre la baie Maury, immédiatement au nord de ce promontoire. Là, les deux navires furent amarrés au milieu de nombreuses glaces échouées, basses pour nous garantir des rafales furieuses qui sOulflaient de terre, et rendaient notre position aussi dangereuse que peu confortable,
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RE (1] Tanguer, se dit du Mouvement du navire dans le sens de sa longueur, alors qu'il monte et descend sur los lames qui crojsont sa route,
Nous doublons le cap Frazer.
Nous mimes trois jours pour doubler le cap Frazer et le cap Hayes, qui tous deux se trouvent à un endroit où le chenal fait un brusque détour, ce qui constitue une difficulté de plus dans la navigation. Le 25, après avoir été par deux fois refoulés à notre mouillage de la baie Maury, nous réusstmes à amarrer nos bâtiments en dedans de quelques icebergs échoués près du cap Louis-Napoléon, le même très-probablement qui nous avait abrités le printemps précédent, alors que nous faisions route au nord.
Rencontre au Cap Frazer des marées de la mer Polaire et de celles de l'océan Atlantique.
Les deux marées se rencontrent au cap Frazer, en un point dont la position peut varier de quelques milles au nord ou au sud, suivant le vent régnant, La rencontre des deux courants occasionne de violents remous qui ont por effet immédiat d’accumuler une grande quantité de glaces flottantes aux environs et surtout au sud du cap. Ce fait doit être attribué à ce que c’esi là que se termine le chenal de Kennedy, et qu’en cet cet endroit, il s’élargit considérablement pour devenir le détroit de Smith.
Tandis qu’une foule de causes tendent à maintenir les chenaux étroits libres de glace, les mers étendues ne COmmuniquant avec l'Océan que par des ouvertures resserrées en sont naturellement encombrées.
Je n'ai pas éprouvé plus de difficultés ni couru plus de dangers pour doubler le Cap Frazer que pour naviguer dans n'importe quel endroit de ces régions. Ce passage n'est difiicile que parce qu'il forme un coude très-brusque, et qu'alors les vents qui soufflent dans
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