‹ Expédition anglaise au Pôle Nord (1875-1876) [microforme]Chapitre 34 sur 37 · À IN · texte numérisé non relu

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où les Européens ont quelques établissements. Il en a été de même pour ce qui concerne la saison où la mer de Baflin se trouve libre ; on n’a que peu ou point trouvé de glace au nord du cap York pendant les mois de juillet et d’août.

L'établissement créé sur les îles aux Baleines a été abandonné pour quelque temps, le peu d'épaisseur de la glace rendant la pêche dangereuse. Pendant notre route au sud à travers la baie de Baffin, la température de l'eau était si élevée que la navigation doit être possible au large de Disco presque jusqu’à la fin de l'année, aû point que l'inspecteur danois avait l'intention de s’absenter, dans un canot non ponté, pendant le mois de novembre.

Quand la mer libre domine pendant l’année, la glace qui se forme pendant l'hiver est nécessairement bien plus légère et bien plus mince qu’elle ne le serait si de nombreuses glaces flottantes et éparses se trouvaient là toutes prêtes à s’agréger ensemble, sous l'influence des gelées du nouvel hiver. C’est ainsi qu'une saison prématurée conduit forcément à une autre, et qu'à moins de circonstances fortuites, telles que des vents continus de la partie du sud-ouest venant à souffler pendant les mois d'été, la saison de 1877 doit être très-favorable à la navigation dans la mer de Baffin.

Au nord du canal de Smith, la saison est probablement toute différente de celle de la baie de Bañin; car le même vent de nord qui chasse la glace au sud vers le détroit de Davis, doit remplir le canal de Smith des lourdes glaces du pôle et, par conséquent, amener avec lui un froid considérable,

Les vents de sud qui chassent les glaces au nord de la baie doivent aussi dégager les chenaux du nord, et

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déverser la glace dans la mer Polaire, et amener avea eux une température plus douce que celle qui règne habituellement.

Migrations des Esquimaux.

Depuis le détroit de Hayes jusqu'au nord du Car Beechey, par une latitude de 81° 52 N., endroit où le chenal de Robeson n’a que {3 milles de large, de nombreux ossements d'Esquimaux sont semés sur toute la côte Guest du canal de Smith. Au sud du cap Beechey, la côte permet de voyager facilement, tandis qu'au nord, les falaises abruptes et coupées de précipices ne permettent de se rendre d’un point à un autre que pendant le milieu de lhiver, alors que la glace du chenal est absolument stationnaire. C'est avec le plus grand soin que j'ai examiné la côte au nord du cap Union, et je puis assurer que les Esquimaux n'ont jamais ea d'établissement permanent en cet endroit.

Les nombreuses nbservations que nous ayons pu recueillir me portent à conclure que leurs bandes errantes traversent le chenal de Robeson, du cap Beechey au cap Lupton, à l'endroit même où l'expédition du Polaris découvrit leurs traces.

Bois flottants en dérive, preuve d’un soulèvement du sol. .

Les quelques pièces de bois en dérive (toutes de l'espèce sapin) que nous avons pu ramasser sur les côtes de la mer Polaire, sont venues s'échouer là en venant de l’ouest. Nous en trouvâmes une à & milles de terre, sur les glaces mêmes de la mer Polaire; les autres furent rencontrées à différentes hauteurs, allant jusqu'à 45 mètres au-dessus du niveau dela mer,

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La pièce de bois trouvée sur la glace était en trèsbon état, l'écorce y adhérait encore; quant aux autres, qui paraissaient lrès-anciennes, elles étaient dans un état de décomposition très-avancé, généralement enveloppées d'une couche de vase d’auciens lacs évidemment formés par un soulèvement du sol.

À ces preuves d’un soulèvement général du sol, il convient d'ajouter les suivantes : à tous les caps proéminents les roches étaient polies et usées par la pression et le frottement de la glace de pied, aussi bien que par les glaçons que la banquise, sur sos passage, écrase entre elle et la terre. Les marques de cette usure partent du niveau de la glace actuelle et vont, à une hauteur de 90 à 120 mètres, s’effacer sous la décomposition des roches. En outre, de nombreux lits de coquilles de mer et des dépôts de vase existaient à des hauteurs considérables.

Épaisseur de la glace en hiver.

À Floeberg Beach, la couche de glace formée pendant l'hiver à la surface de la mer avait, au commencement de juin, une épaisseur maximum de 2",043. A la mème date, sur un lac d'eau douce, la glace avait 2,15, et l’eau, qui était profonde de 3m,60 au-dessous de cette glace, était à la température de 0°: ce qui prouve évidemment que les lacs profonds ne gèlent qu’à la surface.

Température de la terre,

La température minimum enregistrée par un thermomètre enterré dans le sol à une profondeur de 0”,60, et soustrait à toute variation brusque, fut —25e, alors que la température de l’air était de — 37e,

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nie. Avec le printemps, cette température s'éleva peu à autres, | peu jusqu'à —-1°,3, à la fin de juillet. A cette époque, ang on 1 presque tous les torrents avaient cessé de couler et le t'on lemps devenait de plus en plus froid.

videm | Le 13 et le 21 juin, les rayons du soleil étaient brûlents et firent monter le thermomètre à boule noire sol, il | jusqu'à + 53° et + 54, la température de la surface s proé- ! de la terre étant de — 2,78 ct celle de l'air de + 40,44. a pre Température de la mer.

FL La température la plus froide de l’eau de mer fut de : te — 2,2, la même à toutes les profondeurs. En plu- 1 bn sieurs occasions, à l'aide du thermomètre de Negretti ob et Zambra, nous pûmes constater que la température

: de la surface de la mer au sud du chenal de Robeson lits de ne : : < était plus froide que celle des couches inférieures: la

ient à , : ee Ë s : || différence s’éleva une fois jusqu’à 1 degré 14/2Fahrenheit. 1! Marées.

A Floeberg Beach, l'établissement du port est de 10 h. {! endant E | 44 m. (1), la mer ne monte que de 0",91 dans les cement ‘ , À à grandes marées, et seulement de 0", 49 dans les marées : de mortes eaux.

avait | lessous Passage du cap Sabine.

ce qui Ayant déposé une notice à l’île de Norman Lockyer, gèlent et mon intention étant de toucher au cap Icabella, je passai près de notre station du cap Sabine sans la visiter, Toutefois, je pus observer que le cairn était thés intact, et qu'il paraissait être dans l’état où nous ue l’avions laissé.

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(1) L'établissement d'un port est l'heuré de la pleine mer le ; jour de fa nouvelle et de la pleine lune dans ee port.

La baie de Payer et ses environs étaient libres de glace; le temps au calme.

Le 9 septembre, le lemps se maintenant au calme, NOUS arrivions par le travers du cap Isabella, En y débarquant, mes hommes trouvèrent dans le dépôt quelques lettres et journaux laissés 1à par la Pandora. .Les dates nous indiquaient que la visite de ce bâtiment avait eu lieu pendant l’année: mais, à part l’avis que, s’il était possible, un double des Journaux serait débarqué au cap Sabine, nous ne trouvâmes rien qui püt nous indiquer les mouvements passés ou futurs de ce navire.

J'en conclus que le reste de notre courrier était à Disco; ce qui me décida à profiter du calme pour pousser à la vapeur sur lesfles Carey, sans perdre du temps et dépenser du charbon en m’arrêtant À l'ile Littleton, qui se trouve de l’autre côté du détroit.

Le vent du sud s'étant élevé, je fis mettre à la voile et nous atteignimes, en Jouvoyant, le détroit de Whale, où nous étions le 41 septembre, n'ayant pas rencontré de glace depuis le canal de Smith. La brise ayant fraichi jusqu'à souffler en coup de vent, dans la soirée du 12, j'ordonnai aux bâtiments de mouiller à la baie Bardin. Nous aperçûmes quelques Esquimaux à terre : mais le temps continuait à être si mauvais que, malheuleusement pour eux, je voulus attendre au lendemain paur communiquer. Pendant la nuit, le vent, qui sauta subitement, nous mit dans une position dangereu et nous fil appareiller par une nuit très-noire et un temps brumeux, qui m’empêchèrent de débarquer et de visiter le campement des Esquimaux, ainsi que j'en avais l'intention.

La roche hors de l’eau, qui est au large du cap Powlet, pointe la plus est de l'entrée de la baie etsur

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laquelle s'élève le village esquimau, est très-dangereuse. On ne peut pas trouver de bon mouillage en dehors: du glacier de Tyndall, et nous fûmes obligés d'en prendre un par #1 mètres d'eau, dans une position exposée aux vents du nord, la Discovery amarrée à l'arrière de l’Alert.

Impossibilité d'atteindre les îles Carey.

Pendant les journées du 13 et du 14, nous fimes roule au sud dans la direction de l’île Wolstenholm, par un temps calme et de folles brises d'ouest, qui ne nous auraient permis d'atteindre les îles Carey qu’au prix d'une dépense exagérée de notre provision de charbon, déjà fort diminuée. Par ailleurs, la houle soulevée par le dernier coup de vent de sud devantrendre le débarquement impossible, je fus obligé de passer sans prendre les lettres laissées par la Pandora l’année précédente, sacrifiant ainsi ce courrier tant désiré et dont nous étions privés depuis quinze mois.

Nous traversons l'entrée du détroit de Lancastre.

À partir du sund de Wolstenholm, une brise de sudouest nous permit de traverser et d'atteindre le cap Byam Martin, situé à l'entrée du détroit de Lancastre, où nous arrivions le 16 sans avoir rencontré de glace et la température de la mer variant entre — 0°,56 et + 40,41.

En faisant route à l’est à la vapeur, nous rencontrâmes. une autre brise de sud-est qui nous fit atteindre la partie sud de la baie de Melville, et nous permit de faire route au sud le long de la côte du Groënland.

Je pensai qu'il valait mieux avoir à retraverser la baie de Baffin que de se tenir à la côte ouest, où nous aurions couru le risque d'être pris entre la banquise du milieu ct la côte.

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Arrivée à Disco #.,

Le 20, nous étions en vue du cap Shackleton et, le 25, nous arrivions à Disco, ayant éprouvé des vents debout continuels, depuis le 10, jour de notre départ de l'entrée du canal de Smith. Pendant toute cette partie de notre traversée, nous ne rencontrâmes qu'une scule traînée de glace; encore était-elle très-légère.

À notre arrivée, M. Krarup Smith, inspecteur du Groënland Nord, nous autorisa fort gracieusement à enlever trente tonneaux de charbon de son petit approvisionnement, et nous informa qu'il y en avait encore vingt tonneaux à notre disposition à Egedesminde, si nous voulions nous y rendre. Afin de faire bénéficier l'expédition de sa présence et nous faciliter ainsi l’acquisition de nos vivres, M. Krarup voulut bien nous accompagner jusqu'à ce dernier port. Les soins et les attentions qu’il nous témoigna pendant notre séjour à Disco nous enchantèrent, et il est impossible d’être mieux accueilli que nous ne l'avons été par le digne inspecteur.

Plusieurs des habitants d'Egedesminde étant malades du scorbut, je fis au gouverneur cadeau d’une cerlaine quantité de jus de citron pour être distribuée aux malades.

M. Smith nous apprit que toutes nos lettres, à l’excep tion de quelques-unes laissées au cap Isabella, avaient été déposées à l'ile Littleton. Comme n‘ 18 n’en avions trouvé que très-peu dans le premier de: ces endroits, nous eûmes le chagrin de perdre ainsi presque toute notre correspondance officielle et privée (1). Notre char-

(1) Ceux qui n'ont jamais quitté les leurs, pour affronter les pri.

vations de toute sorte de la vie du marin, ne pourront qu'imparfaitement comprendre la déception que durent épronver les

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