‹ Expédition antarctique française (1903-1905) commandéeChapitre 20 sur 67 · LA TERRE DU ROÏI OSCAR · texte numérisé non relu

LA TERRE DU ROÏI OSCAR

La Terre du Roi Oscar, découverte en 1895 par le capitaine Larsen, est le prolongement au sud de la Terre Louis-Philippe. Entre 64°30' et 66° de latitude, la côte décrit un arc de cercle à concavité orientale ; elle est en outre échancrée de quelques baies : le golfe Larsen, le golfe Von Drygalski, le golfe Scott. Elle est encore fort peu connue. M. O. Nordenskjôüld, accompagné de l'officier argentin Sobral, ne l’a aperçue que de loin, au cours de son raid sur la banquise en 1902 (1). Il l’a décrite comme bordée par une chaîne alpine très étendue, disparaissant en partie dans l’intérieur sous un épais revêtement de glace. Le seul point du continent où il ait atterri est situé au sud, c’est le nunatak Borchgrevinck, par environ 66° de latitude. Il est formé de porphyre quartzifère. Ses pentes sont couvertes de blocs erratiques, dont la présence prouve que

(1) O. NorpenswôLn, Au Pôle Antarctique, p. 120.

jadis la glace avait une puissance supérieure de 300 mètres à celle qu’elle possède aujourd’hui et qu’elle s’écoulait vers l’ouest.

Un peu au sud de ce nunatak, un bras de mer s’ouvre entre deux hautes crêtes ; dirigé vers l’ouest, il forme, d’après M. Nordenskjôld, soit une baie profonde, soit un canal traversant peut-être le continent jusqu'au Pacifique. Vers le sud encore s’élève le mont Jason, découvert par Larsen, une « énorme coupole de glace hérissée de rares pointements rocheux ».

Au large de la côte, dans le voisinage du 65° de latitude, s’élève une grande île, l’île Robertson, « haute rondeur neigeuse très large », dont la partie nord est occupée par une coupole de neige hérissée d’une haute aiguille rocheuse, le mont Christensen. Entièrement constitué par des laves et des tufs, 1l présente, à l’altitude de 65 mètres, les vestiges d’un ancien cratère. Entre l’île Robertson et le continent, une série de pointes rocheuses s’échelonnent vers l’ouest : ce sont les nunataks des Phoques.

Une des particularités les plus curieuses de cette côte est la présence d'une immense terrasse de glace qui, s'appuyant sur l’île Robertson d'une part, sur le continent de l’autre, s'étend à perte de vue vers le sud. Nous y reviendrons en détail dans le chapitre suivant; mais nous ferons remarquer qu'elle pourrait fort bien être établie sur une série de hauts fonds jalonnant une plate-forme continentale immergée.

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