LES ILES VOISINES DE LA TERRE VICTORIA
Au nord de la Terre Victoria, entre 66° et 68° de latitude sud et 158° et 163° de longitude est de Paris, on rencontre un groupe d’îles, les Balleny, du nom du capitaine qui les découvrit en 1839. Hérissées de cônes escarpés, terminées à la mer par des falaises, elles sont formées par des basaltes. La glaciation y est très intense.
Par 67°24' de latitude sud et 17735" de longitude est de Paris, on trouve une autre petite île basaltique, l’île Scott, découverte en 1902 par le capitaine Colbeck.
Aux îles Possession, découvertes par Ross, par 72° de latitude, tout près de la côte, le basalte et les tufs sont identiques à ceux du cap Adare.
L'île Coulman (73° 30’ de latitude) est bordée de très hautes falaises presque verticales, rayées par endroits de taches rouges et jaunes dues au basalte. M. Borchgrevink en a rapporté du basalte à hornblende. Les roches y sont en couches horizontales.
L'ile Franklin (76° 8’ de latitude) présente sur sa côte nord des falaises de 150 mètres à larges bandes longitudinales blanches ou ocre rouge. Ce sont encore des basaltes.
Plus au sud, un groupe d'îles important comprend la grande île Ross, l'île Blanche, l’île Brune, l’île Noire et de petits îlots. Ils sont tous d’origine volcanique, probablement postérieure à la venue au jour de la dolérite du continent.
L'île Ross est constituée entièrement par les matériaux rejetés par les quatre volcans : l’Erebus, le Terror, le Bird et le Terra Nova. Sa forme est triangulaire.
L’'Erebus, découvert en 1841 par Ross, projetait alors de la fumée et des flammes. Actuellement, il n’émet plus que des jets de vapeur. Son aspect est celui d’un dôme. Il semble être le résultat, selon M. Ferrar, de trois phases d’activité, d'intensité décroissante. De la première, date la masse rocheuse qui s'élève jusqu’à l’altitude de 1 800 mètres et qui, sur la face nord, se dresse en une énorme muraille ; le second paroxysme
a engendré le cratère situé à une hauteur de 3 300 mètres, duquel se Expédition Charcot. — Gourpon. — Géographie physique. 9
sont déversés des courants de lave encore intacts. La dernière phase a produit le petit cône situé asymétriquement dans l’intérieur de l’ancien cratère et qui émet aujourd'hui des vapeurs.
Le mont Bird est un dôme surbaissé, au pied nord de l’Erebus; le mont Terra Nova unit l’Erebus au Terror. |
Le Terror, comme l’Erebus, est couronné de neige. En forme de cône, 1l couvre une aussi grande étendue ; son altitude est d’environ 3 000 mètres. Le cône est tronqué par un cratère d’un demi-mille de diamètre ; des appareils adventifs sont disposés sur les flancs.
Au cap Crozier, on trouve du basalte disposé en colonnes. La rockerie des Pingouins a fourni « des granites et des grès probablement erratiques, des basaltes à olivine provenant de coulées récentes, des trachytes jaunâtres qui forment des bosses sur les versants du mont Terror et des tufs qui se rencontrent sous les courants de lave ». Le cap Royds, le cap Barne sont formés par un basalte qui se retrouve à une hauteur de 450 mètres sur les flancs de l’Erebus.
La pointe nord de l’île offre une assez grande surface dénudée formée en partie par des basaltes : Castle Rock (420 mètres) est probablement la cheminée d’un ancien volcan ; à son pied, on a trouvé un peude soufre natif, seule trace d'activité solfatarienne de la région ; les Harbour Heights et Crater Hill sont des cônes de scories ; à Crater Hill et au cap Armitage, le basalte se présente en couches remarquablement horizontales.
La colline de l’Observation est constituée principalement par un trachyte à hornblende, produit d’une émission locale.
L'île Blanche est formée par une coulée de basalte. Il en est de même de l'ile Noire ; mais à son extrémité sud-est apparaît un trachyte jaune. L'île Brune porte au sommet un cratère très bien conservé, duquel sont sortis des basaltes; on y rencontre aussi un trachyte jaune. Un grand nombre de petits îlots voisins de l’île Ross présentent la même constitution.