ACTION DU VENT
Le vent Joue un rôle considérable dans la répartition des neiges de l'Antarctique, tant par l’évaporation qu’il provoque que par ses actions mécaniques. C’est à lui que l’on doit lamajeure partie des terrains découverts que l’on rencontre. Dans les périodes très froides en particulier, la neige prenant la forme de poudrin est facilement balayée par le vent qui la jette à la mer. M. O. Nordenskjôld a remarqué que, de ce fait, aucun
(1) R. Scorr, La « Discovery » au Pôle Sud, vol. I, p. 269,
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dépôt de neige ne s’était constitué pendant tout l’hiver sur les glaciers de Snow-Hill, alors que durant l'été austral 1902-1903 le revêtement de neige augmentanotablement, d'environ 0",30 à0°,35, eten novembre 1903, à son départ, cette augmentation persistait (1).
Le vent agit également d’une facon très efficace sur le modelé des appareils glaciaires. On verra plus loin comment il modifie le profil des calottes olaciaires qui recouvrent certaines îles. Mais il est en outre capable d’édifier de véritables appareils dunaires. La colline du Cairn, dans l’île Wandel, en est un bon exemple.
Les vents dominants de la région soufflent du nord-est, avec une violence et une persistance telles que, en août et septembre 1904, trenteneuf jours de suite nous vécûmes dans une véritable tourmente.
Le tableau ci-dessous, emprunté au rapport du lieutenant Rey, montre la fréquence et la violence des coups de vent dans cette région (2) :
Récapitulation des coups de vent relevés dans les parages de l’île Wandel en 1904-1905.
DURÉE INTENSITÉ DIRECTION NOMBRE en heures. moyenne (1). moyenne. de jours.
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(1) Évaluée d’après l'échelle de Beaufort.
(1) O. NornenswôLp, Note sur la glaciation antarctique, la Géographie, IX, 1, p. 5. (2) J. Cnarcor, Le « Français » au Pôle Sud. Note sur les observations météorologiques, par J.-J. Rey, tabl. VII.
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Sur la presqu'île qui ferme Port-Charcot à l’ouest, s’élève un mamelon granitique d’une soixantaine de mètres d'altitude. Sous l'effort du vent, les neiges remontent le flanc de la colline qui fait face au nord-est pour venir tomber au delà de l’obstacle sur le flanc sud-ouest. Ainsi s’est constitué un glacier, véritable dune de glace, dont le sommet affleure sensiblement celui de la colline. Son sommet prend d’abord la forme d’une arrête dirigée vers le sud-ouest, mais se continue ensuite en dos d'âne dans la même direction, pour se terminer à la mer par un mur à pic haut d’une vingtaine de mètres.
Une des particularités intéressantes de cet appareil est une falaise verticale qui l'entame sur une longueur d’une centaine de mètresau-dessus de la pointe Hervéou.
Comment expliquer l'existence de cet accident à une distance de plus de 200 mètres du bord de la mer?
La petite presqu'île Hervéou a été occupée autrefois par le glacier, comme en témoignent les roches moutonnées qui la constituent.
Cette portion du glacier s’est-elle détachée tout à coup et a-t-elle glissé à la mer?
Cela est peu probable, étant donnée l’absence de pente dusocle rocheux. Je pense plutôt que cette langue de glacier, prise de flanc par les tempêtes, s’est désagrégée peu à peu, la falaise actuelle en est la cicatrice ; elle a précisément la direction sud-ouest des grands vents, et sa surface lisse et régulière est comme polie par l’érosion éolienne.