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FORMES DIVERSES DES APPAREILS GLACIAIRES

Les caractères qui viennent d’être décrits ci-dessus sont communs à tousles glaciers antarctiques et peuvent se résumer ainsi : extension générale des névés qui descendent jusqu’à la mer ; crevasses rares en dehors des crevasses d’escarpement ; moraines superficielles à peu près nulles : stratiication de la masse glaciaire; terminaison par une falaise verticale à la mer.

On les retrouve dans toutes les formations glaciaires, c’est-à-dire partout où la neige peut s’accumuler; mais le relief du terrain, l'étendue

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plus ou moins considérable dont ils disposent donnent à ces appareils des formes diverses, et on peut les grouper sous plusieurs types différents :

1° Les calottes glaciaires, constituées par des masses de glace telles qu'elles ensevelissent entièrement toute la région occupée etne laissent pointer que quelques pics rocheux appelés nunàtaks.

Ces appareils peuvent recouvrir un continent tout entier, comme au Groenland, où ils couvrent une superficie de 2000 000 de kilomètres carrés ; ils ont reçu le nom d’inlandsis. Ils peuvent, dans d’autres cas, se localiser sur un territoire plus restreint, un plateau, une série de mamelons, un ensemble de collines; c’estla calotte locale. J’en ai vu des exemples en Islande; le Spitzberg en présente de nombreux; le Justedal et le Svartisen en Scandinavie se rattachent à cette forme ;

2 Les glaciers proprement dits, qui ne sont le plus souvent que les déversoirs des appareils précédents et qui, suivant le modelé du terrain, constituent des glaciers encaissés et des glaciers plats. Les glaciers suspendus sont des formations de moindre importance et ne descendent pas jusqu'à la mer;

3 Les piedmont-glaciers, sortes de hautes terrasses établies au bord de la mer, au pied des montagnes et sans bassin propre d'alimentation ;

4° La banquette ou icefoot, amas de glace soudé au rivage, qui fait le passage entre les formations terrestres et les formations marines.

1° Calottes glaciaires.

a. Anlandsis. — Je ne crois pas que la Terre de Graham ni la Terre de Danco, au moins entre 64°, et 66° de latitude, soient occupées par un inlandsis. J'ai fait plusieurs ascensions dans l’île Wiencke et dans liîle Wandel, jusqu’à 900 mètres d'altitude, par des temps très clairs, sans apercevoir dans aucune direction sur le continent un champ continu de olace ; au cours d’unraid, fait avec Charcot et Pléneau en décembre 190#, nous avons atteint l’île Berthelot, située au sud du cap Tuxen et à une vingtaine de milles dela côte ; de son sommet, haut d'environ 200 mètres, nous avons constaté que la Terre de Graham était occupée sur une grande profondeur par une série de chaînes plus ou moins parallèles, séparées

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par des vallées. Les croisières du « Français », au large de la Terre de Graham, nous ont toujours donné lamême impression.Si done unimlandsis existe, il n’est que partiel et ne s’étend que dans la portion orientale du continent. |

Pour expliquer cette absence d’inlandsis dans une région où la glaciation est si intense, on peut faire appel à différentes hypothèses ; mais je crois que la configuration du relief suffit à en donner une raison satisfaisante.

Sur un continent montagneux, pour que l’inlandsis puisse s'établir, il faut qu'un rempart s'élève, au moins sur une partie du pourtour, assez haut et assez étanche pour permettre à la glace de s’accumuler comme en un vaste cirque et d’ensevelir tout le relief intérieur. Or les chaînes qui

Fig. 1. — Une des îles Wauwermans. Calotte glaciaire.

bordent la Terre de Danco et la Terre de Graham sont fractionnées en de multiples tronçons, coupées par des fjords profonds, et par suite les déversoirs sont trop nombreux pour que le niveau des glaces s’élève au-dessus des monts.

Ce n’est que beaucoup plus au sud, sur la Terre Loubet, que la glaciation prend la forme de l’inlandsis. Nous avons séjourné trop peu de temps devant la côte pour nous rendre compte du rôle de lachaîne montagneuse aperçue dans le sud-est ; mais la région avoisinantle point où s’est produit notre malheureux échouage était entièrement enfouie sous une épaisse carapace de glace; deux pyramides rocheuses en émergeaient, les sommets Vélain etle pie Liard (760 mètres) ; ce sont des nunataks.

Je décrirai ici un autre appareil glaciaire, qui, bien que de dimensions extrêmement restreintes, ne me paraît différer en rien de l’inlandsis. Certains îlots bas, comme les îles Wauvermans, les îles Biscoe, échelonnées devant la Terre de Graham, sont complètement ensevelis sous une masse de glace qui, bombée au centre, se termine sur le pourtour par un

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à-pie de quelques mètres ; M. Arctowski les a comparés à de grands dos de moutons (1). Le socle rocheux quiles porte n’est visible qu'à marée basse, sous forme d’un liséré sombre au-dessous de la glace. Ce sont des véritables inlandsis en miniature. Leur épaisseur ne dépendrait évidemment que de la plasticité de la glace et de l’étendue de l'île, si celle-ci était plate, mais la hauteur de certaines des calottes sur des îles de petites dimensions me fait penser que souvent un relief rocheux sert de point d'appui à la glace. C'est ainsi que la calotie de l’une des îles Moureaux dépasse certainement 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, alors que le diamètre de l’île n’est guère que de 200 mètres.

Sur les deux îles Moureaux, la calotte est absolument lisse, presque demi-sphérique, avec seulement un méplat qui fait face au nord ; la pente est continue jusqu’au niveau de la mer, où elle se termine par un rebord saillantau-dessus du rocher (PI.X, fig. 36). Laplusgrandedesiles présente, en outre, face à l’est, une grande coupure verticale haute d’une trentaine de mètres, taillée en pleine glace et dont je ne puis expliquer la provenance. Lesîles Wauwermans possèdent des calottes plus aplaties (PI. EF, fig. 6); elles ressemblent à des macarons; elles sont terminées à leur périphérie par une muraille à pic, généralement plus élevée dans la direction du sud-ouest, plus basse dans celle du nord-est; jen dirai plus loin la raison. Cette muraille est souvent creusée de grottes témoins de son démantèlement sous la pression de la masse centrale; cette masse doit se comporter à la façon d’une énorme goutte visqueuse, qui s’étale lorsque son épaisseur dépasse la limite d'équilibre; les blocs qui se détachent du pourtour sont la conséquence de cet étalement; ils sont en même temps la preuve qu’il n’est pas besoin d’une pente pour qu’un glacier progresse et qu’une surface plane peut suffire.

Ces formations sont très fréquentes dans la région que nous avons traversée et par leur nombre sont presque une caractéristique du vaste archipel qui flanque la Terre de Graham.

La Terre Victoria est occupée par un immense inlandsis (2) qui, bordé à l’est par les puissantes chaînes qui longent la côte, s'étend à

(4) H. Arcrowskr, Comptes rendus de l’Académie des sciences, Paris, 24 décembre 1900, (2) R. Scorr, La « Discovery » au Pôle Sud, U, p. 262,

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perte de vue vers l’ouest et le sud sans qu’on en connaisseles limites. Il a . été parcouru sous le 78° de latitude etsur une distance de 370 kilomètres par le capitaine Scott, qui lui attribue une altitude de 2700 mètres.

Il s’en écoule vers l’est de puissants glaciers par des vallées profondes et très encaissées; aucun nunatak n’a été observé au delà de la chaîne bordière. L’inlandsis forme une haute plaine relativement unie; les plus srandes différences de niveaurencontrées n'étaient que de 18 à 20 mètres.

Sur la Terre de l'Empereur Guillaume IT, l’'Expédition Allemande à rencontré un inlandsis d’un caractère différent (1).

Ce n’est plus une plate-forme horizontale appuyée sur une chaîne côtière, c'est une immense masse de glace unie, montant insensiblement vers le sud, sans limite ni au sud, ni à l’est, ni à l’ouest. Elle se termine à la mer par une falaise de 40 à 50 mètres de hauteur. Seul un piton rocheux de 370 mètres de haut, le Gaussberg, isolé près de la côte, perce l'inlandsis. La puissance de cette masse est d'environ 170 mètres près de la montagne ; elle atteint 200 à 250 mètres plus à l’ouest.

À la surface s’entre-croisent de nombreuses crevasses qui déterminent des séracs et se prolongent très loin vers le sud; la surface du glacier, balayée par les grands vents d'est, reste en grande partie libre de neige pendant l'hiver et prend alors une belle teinte bleue. D’après M. von Drygalski, l’ablation en surface subie pendant les cinq mois d'hiver 1902 fut de 4 centimètres.

De la Terre de Coats, découverte par l’Expédition Écossaise du D’ Bruce, nous savons seulement qu’elle est couverteparuninlandsis qui se termine à la mer par des falaises de glace de 30 à 50 mètres de hauteur. Il en est de même des Terres Clarie et Adélie, découvertes par Dumont d'Urville en 1839; c’est, dit le rapport, un rempart parfaitement vertical sur ses bords, et sa partie supérieure est horizontale et élevée de 120 à 140 pieds au-dessus des eaux (2).

b. Calottes locales. — Ces appareils, qui ne sont en somme que des inlandsis restreints, n’occupant ainsi que leur nom l’indique qu’une portion de territoire, sont très nombreux sur la Terre de Danco et la Terre de

(4) E. Pururppr, Ueber die Landeis Beobachtungen der letzten fünf sudpolar Expeditionen, p. 6. (2) Dumoxr p’Urvizze, Voyage au Pôle Sud. Géologie, par M. GRANGE, p. 48.

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Graham. Beaucoup plus accidentés que l’inlandsis, ils affectent généralement la forme de coupoles d’où s’écoulent en divergeant des glaciers qui peuvent être encaissés, mais qui plus souvent s'étendent en nappes sur les pentes. |

Le sommet du Matin, situé au sud de la baie des Flandres, et qui atteiñt environ 2 000 mètres d'altitude, me paraît être un bon exemple de ce type.

Le sommet du Français, qui élève à 2869 mètres d'altitude sa masse trapézoïdale, n’est qu’une calotte incomplète, le flanc oriental de la montagne étant dépourvu de neige.

L'île Hovgaard appartient encore à cette catégorie par le dôme arrondi de 400 mètres environ de hauteur, qui s’élève dans sa partie sud, effondré en partie le long du chenal de Lemaire, où il présente de hauts abrupts, des crevasses profondes, et se termine par une falaise verticale d’une vingtaine de mètres de hauteur; le glacier descend en pente douce du côté de l'Océan, percé de quelques nunataks vers sa partie inférieure.

Sur la côte de la Terre Louis-Philippe, le glacier de Snow-Hill, près duquel a hiverné le D° O. NordenskJôld, est également un glaciercalotte ; il s'élève en plusieurs mamelons dont l'altitude atteint 300 mètres et se termine en mer par une falaise verticale dont la hauteur varie de 50 à quelques mètres. La surface est unie, découpée seulement par quelques minces crevasses (1).

La Terre Victoria et l’île Ross, en particulier, présentent des calottes elaciaires analogues.

Sur le mont Erebus comme sur le continent, des glaciers s’écoulent en rayonnant, séparés par des nunataks ; ils descendent vers la mer en larges nappes fractionnées près de la côte par des collines de laves et se terminent par des fronts de 15 à 60 mètres (2).

2° Glaciers proprement dits.

Les glaciers proprement dits sont des appareils qui rappellent de plus

(4) O. Norpensxiôzp, Note sur la glaciation antarctique. La Géographie, IX, n° 4, p. 5. (2) La « Discovery » au Pôle Sud, vol. IL. Appendice par M. FErrar, p. 310. Expédition Charcot. — Gourpon. — Glaciologie. 14

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près les glaciers d'Europe. Il n’est pas très aisé de se faire une idée très exacte du type des glaciers, que l’on ne peut observer que de loin la plupart du temps et toujours d’une façon trop rapide. Aussi n’ai-je pu en donner une nomenclature complète ; Je me borne à une classification purement descriptive.

a. Glaciers encaissés. — Ces glaciers, qui s’écoulent dans les vallées profondes des chaînes antarctiques, ont beaucoup d’analogie avec les glaciers des Alpes, au moins dans leur partie supérieure, alors qu'ils sont encore à l’état de névé. J'ai indiqué plus haut les différences qui existent entre un glacier alpin et un glacier polaire ; mais ces différences sont notablement atténuées, si l’on se reporte à 3000 mètres dans les Alpes, c’est-àdire dans la région des névés.

Les glaciers polaires encaissés ne diffèrent alors essentiellement des glaciers alpins que par une puissance infiniment plus considérable et par leur terminaison à la mer avant d’avoir atteint la Hmite des neiges persistantes. Leur extrémité s’ouvre en général-en éventail au lieu de s’amincir pour former ces langues suspendues à mi-vallée dans les Alpes (glacier des Bossons). |

C'estsurtout dans la baie des Flandres qu'il nous a été donné d'observer de nombreux exemples de glaciers encaissés.

[IIS prennent naissance soit au pied des calottes locales de la région environnante, soit dans des cirques montagneux. Les masses de glace accumulées s’écoulent sur les parois convergentes de ces bassins d’alimentation pour former dans le fond des vallées de gros fleuves glacés qui descendent en pente rapide àlamer. |

Les vallées de la baie des Flandres ont une disposition rayonnante drainant ainsi un vaste cercle, ce qui explique le grand nombre de glaces qui encombrent toujours la baie. Ces vallées sont souvent groupées deux à deux, confondues dans leur partie supérieure, se divisent en deux bras autour d'énormes pyramides rocheuses qu’elles contournent en fer à cheval avant d’arriver à la mer. Cette disposition coudée détermine dans le glacier un grand nombre de crevasses transversales, qui lui donnent de loin l’apparence d’un grand escalier. En débouchant à la mer, il s'étale en éventail, ce qui fait naître des crevasses longitudinales qui, avec les

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précédentes, divisent le front du glacier en gros prismes. Lorsque les parois encaissantes s'arrêtent à quelque distance du rivage, le glacier en s’étalant se confond avec les piedmont-glaciers voisins ; d’autres fois, les montagnes l’accompagnent jusqu’à la mer, où elles se terminent en promontoires ; le glacier occupant la dépression intermédiaire prend alors quelquefois la forme d’une cuvette coupée en ligne droite d’une pointe à l’autre.

Toutes les baies de la Terre de Graham reçoivent de nombreux glaciers de ce type. Entre le cap Cloos et le cap Tuxen, ils courent dans une direction nord-est sud-ouest, débordant par endroits d’une vallée dans une autre ; c'est ainsi qu’à hauteur de l’île Hovgaard une échancrure de Ia montagne laisse écouler dans le chenal de Lemaire le trop-plein d’un vaste glacier qui aboutit plus au sud.

Le petit glacier de l’île Wandel prend naissance dans un cirque situé à 900 mètres d'altitude et de là se précipite en cascades toutes hérissées de séracs dans le fond de la baie de Port-Charcot.

La côte de la Terre de Danco, dans la baie de Hughes, la baie Andvord, tout le long du détroit de Gerlache, présente à profusion des glaciers de vallées (1).

Il en est encore de même dans le détroit de Bransfield, jusqu’à la baie de l’Espérance, dont le fond est occupé, dit M. Andersson, par un glacier de vallée (2).

La Terre Victoria abonde en exemples semblables; j'en reparlerai un peu plus loin. ï

b. Glaciers plats. — Lorsque les pentes sont dépourvues de dépressions, qu'une plaine s'étend au pied des montagnes entre elles et la mer, les glaciers se répandent sur ces surfaces en continuité avec les calottes glaciaires qui leur donnent naissance ; ils ont donc une marche divergente et, n'étant point gênés par les accidents du relief, ils s'étendent sur de vastes étendues en une nappe uniforme trahissant à peine le modelé qu'ils recouvrent ; aussi les crevasses sont-elles rares ; ce sont en somme des fragments de calottes glaciaires. Leur surface est régulière, légèrement

(4) Arcrowski, Géographie physique de la région antarctique, p. 32. (2) J.-G. Anperssow, On the geology of Graham Land, p. 27,

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mamelonnée, et descend généralement en pente douce vers la mer.

Ils se terminent à la mer par une longue falaise verticale dont la hauteur varie avec la puissance de l'alimentation. Lorsqu'ils s’édifient au voisinage d’un cap bas, d’une presqu'île plate, 1ls forment un bec arrondi à la partie supérieure, taillé à pic sur les côtés, et se terminent par un biseau à l’extrémité même du cap. Le cap P. Willems, qui marque l'entrée nord de la baie des Flandres, est ainsi constitué par une falaise verticale haute de 25 mètres, taillée en biseau au point où la côte change de direction. Le roc n’est visible qu’à marée basse, montrant alors son liséré noir sous la

glace.

Au-dessus, la surface du glacier monte en pente douce dans l’intérieur des terres.

Dans l’île Anvers, de vastes glaciers plats descendent du mont du Fran- çais et des monts Osterrieth vers la côte du Pacifique à l’ouest, versla baïe de Biscoe au sud-ouest.

De même l’île Brabant est en partie couverte par les glaciers de ce type qui prennent naissance dans les monts Solvay.

c. Glaciers suspendus. — Ces glaciers n’ont qu’une faible importance à cause des dimensions restreintes qu’ils ont en général. Ce sont plutôt des lambeaux de glaciers accrochés sur les pentes, des bavures des glaciers supérieurs, glissant par-dessus les crêtes, s’arrêtant à mi-côte et tombant de là en avalanches. Aussi sont-ils fréquemment accompagnés de véritables glaciers régénérés formés de l’accumulation de ces blocs au pied du rocher ; quelquefois les deux glaciers sont réunis par des cheminées de glace, sorte de colonnes appliquées contre la paroi, en continuité avec les deux masses de glace. Les glaciers suspendus, comme leur nom l’indique, ont une inclinaison très grande ; ils ne se maintiennent souvent que par la cohésion de la matière, comme le ferait une goutte très visqueuse : sur la tranche du glacier, on observe des lames de glace ployées, tordues comme des tôles sous le poids de la masse qui glisse.”

Ces glaciers sont nombreux sur la côte de la Terre de Graham, le long du chenal de Lemaire et dans les environs du cap Renard ; de même, dans l’île Wiencke, contre la sierra du Fief, plusieurs du même genre dominent la baie de la Salpétrière, dans l’île Wandel.

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M. Arctowski a décrit, dans le détroit de Gerlache, des types de glaciers tout à fait semblables. |

d. Les glaciers de la Terre Victoria. — M. Ferrar a employé, dans la description des glaciers de la Terre Victoria, une classification spéciale, que je vais résumer maintenant (1).

Tous les types de glaciers décrits par M. Heim se rencontrent à la Terre Victoria.

1° Glaciers du type groenlandais, émissaires de l’inlandsis et se déversant à la mer. Ce type est magnifiquement développé ; leur longueur varie de 5 à 60 milles, leur largeur de 5 à 10 milles. Ils sont très nombreux dans la chaîne du Prince-Albert comme dans celles qui dessinent la côte entre le 79°” et le 83° de latitude sud, ainsi que dans la chaîne de l’Amirauté. Dans les monts du Prince Albert, ils sont identiques à ceux de la côte ouest du Groenland.

Le glacier Ferrar est le seul qui ait été entièrement traversé ; il prend naissance dans l’inlandsis, à 2500 mètres d'altitude à l’ouest de la chaîne de la Royal Society. Il reçoit plusieurs affluents, dont le principal est le South Arm et se divise en deux branches l’East-Fork et le North-Fork ; la première seule arrive à la mer; le North Fork se termine assez loin du rivage par une petite falaise de 4 mètres de haut ; le reste de la vallée est occupé par des moraines et de petits lacs gelés. D’après le capitaine Scott, le glacier Ferrar est un glacier mort, c’est-à-dire qu'il est à peu près immobile et diminue seulement par suite du dégel qui se produit en été.

2° Glaciers du type norvégien : ce sont des courants de glace occupant des vallées nettement distinctes et originaires d’un vaste champ de névé.

Le Blue Glacier, situé dans une région gneissique, au pied de la chaîne de la Royal Society, en est un bon exemple. Long d’environ 12 milles, il est presque stagnant et se termine dans la baie Marc-Murdo par une muraille de glace haute de 20 à 24 mètres. La surface est couverte de neige. Le glacier Kættlitz, situé plus au sud, appartient aussi à cette classe ; il se jette dans le golfe de la « Discovery ».

(4) La « Discovery » au Pôle Sud, vol. Il, p. 312. — National Antarctic Expedition (1901-1904 Natural History, vol. L. Geology, par H.-T. FERRAR, p. 69.

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Les deux glaciers qui aboutissent à Port-Granite semblent aussi être de ce type, ainsi que les dix ou douze grands glaciers de la baie Robertson.

3 Glaciers du type alpin, glaciers de vallée : ils drainent de petits bassins montagneux ; ils s’avancent rarement loin de leur source, et jamais n'atteignent la mer. Ils sont très nombreux dans la chaîne de la Royal Society.

Plusieurs viennent confluer dans le glacier Ferrar ; le plus typique est celui qui descend de Cathedral Rocks; il a 5 milles de long sur ! de large et est crevassé sur toute sa longueur. D’autres, tels que les trois qui s’écoulent au sud vers North-Fork, s'arrêtent au-dessus du courant principal.

4 Glaciers suspendus : ce sont des masses de neige et de glace situées dans des cirques ou des vallées suspendues et qui prennent fin avant le glacier inférieur. :

Quatre de cesglaciers sont dignesde mention; ilsremplissentles cirques ouverts sur le côté sud de Inland Forts. Actuellement ils descendent vers le sud et édifient des ares morainiques devant leur front ; à une époque antérieure, ils s’écoulaient au nord, par des cols, vers un autre système de vallées. |

D° Glaciers témoins : ces appareils qui semblent particuliers à la Terre Victoria du Sud, sont des nappes de glace qui, par défaut d'alimentation, ont été séparées de leur source primitive et n’existent plus maintenant que comme témoins de l’ancienne puissance de la glaciation. On les rencontre dans les avant-monts de la chaîne de la Royal Society ; leur puissance atteint 15 mètres et leur étendue une dizaine de kilomètres ; ce sont les anciens émissaires de Snow-Vallev. Leur surface est convexe et entièrement dépourvue de boue et de pierres ; mais la falaise terminale montre de nombreux lits boueux et dépose des matériaux de moraines.

3° Piedmont-glaciers.

On désigne ainsi des appareils formés par l'accumulation de la glace sur la plaine côtière, au pied d’une chaîne montagneuse et dépourvus de bassin d'alimentation,

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Ils peuvent quelquefois recevoir des apports d’autres glaciers, et tel est le cas du glacier de Malaspina (Alaska), qui a été pris pour type des piedmont-glaciers.

Adossés au rocher, ils constituent une sorte de terrasse terminée audessus de la mer par une falaise à pic dont la hauteur est généralement de 15 à 20 mètres (PI. X, fig. 35). Leur surface est unie, couverte de neige ; en pente douce vers la mer, elle se raccorde au rocher par une courbe concave. Leur front ne diffère en rien de celui des autres glaciers ; les strates y sont bien marqués en bandes horizontales bleues ou blanches ; on y voit des graviers et des blocs encastrés provenant de la montagne qui s'élève au-dessus. Les crevasses sont rares, mais les fissures verticales ou en zigzag sont fréquentes.

Ce sont des glaciers tout en largeur ; leur longueur, considérée suivant le sens de l’écoulement, est toujours faible ; elle mesure la distance qui sépare la montagne de la mer. Ils sont nourris seulement par les précipitations atmosphériques et par quelques avalanches tombées des crêtes. Leur puissance est uniquement fonction de la limite de plasticité de la glace : lorsque celle-ci tend à être dépassée, des blocs se détachent du front pour rétablir l'équilibre.

Ce sont les formations glaciaires les plus caractéristiques des régions polaires antarctiques. On conçoit, en effet, que, pour qu’une telle épaisseur de glace puisse s’accumuler sur place, puisqu'il n’y a pas de bassin d’alimentation, il faut que l’ablation superlicielle soit excessivement faible, c’est-à-dire que le thermomètre monte rarement au-dessus de 0°, ce qui est bien le propre du climat antarctique.

Toute la côte de la Terre de Graham est ainsi longée par une interminable terrasse de glace, interrompue seulement quand la paroi rocheuse trop abrupte plonge directement à la mer; elle se confond au contraire avec les glaciers qu’elle rencontre pour former un mur continu.

L'île Wiencke est entourée comme d’une ceinture par le piedmontglacier qui s'élève au pied de la sierra du Fief. On retrouve la même disposition autour du massif montagneux de l’île Wandel.

Dans certains cas, ces piedmont-glaciers peuvent affecter une forme particulière. La sierra du Fief, qui traverse l’île Wiencke dans toute sa

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longueur du nord au sud, est brusquement interrompue à hauteur de la baie de Borgen par une profonde coupure (PI. I, fig. 4); les deux piedmontglaciers, celui de la côte orientale et celui de la côte occidentale, qui n'étaient séparés que par cette étroite sierra, s’adossent alors l’un à l’autre ; la neige forme au-dessus d’eux un talus à deux pentes dont l’axe est celui même de la chaîne.

Cette coupure descend-elle au-dessous du niveau de la mer et le glacier repose-t-il sur un bas-fond? Je n’ai pu m'en rendre compte, mais cela n’est pas impossible.

Dans l’île Wandel, le mont Lacroix (PI. IF, fig. 8) est réuni à la chaîne principale de l’île par un talus semblable, dont la longueur beaucoup plus considérable atteint À kilomètre ; la partie supérieure en dos d'âne s’incline, d’un côté, sur le chenal de Lemaire ; de l’autre, sur la baie de Port- Charcot, pour se terminer sur toute sa longueur par une falaise verticale d'environ 15 mètres de hauteur, tandis que ses deux extrémités se raccordent par des courbes concaves avec les montagnes. Ce glacier repose sur un seuil, dont on peut voir le bord occidental émerger à marée basse dans la baie de Port-Charcot.

Deux appareils un peu différents, mais que je crois pouvoir ranger. dans la même catégorie, se rencontrent dans l’île Wiencke. L'un, situé au pied du pic Luigi de Savoie, traverse lasierra du Fief de l’est à l’ouest, tout comme l’appareil cité plus haut ; mais ici, la chaîne étant plus large, le modelé prend l'allure d’une double vallée plongeant sur les deux rives et réunies par un col. Perpendiculairement à la direction de ce olacier et aboutissant au même point au pied du pie Luigi de Savoie, un deuxième appareil s'étend du nord au sud entre la sierra du Fief et le pic Jabet ; la pente du glacier est très douce, mais, à quelque distance de la mer, 1 kilomètre environ, son extrémité s’affaisse brusquement ; de larges crevasses en demi-cercle marquent la ligne de rupture, qui circonscrit une profonde dépression, et celle-ci correspond sans doute à une portion échouée du glacier. Toutes les côtes montagneuses de l’Antarctique sont bordées de piedmont-glaciers. La Terre de Danco, la Terre Louis-Philippe, les Shetlands du Sud, l'archipel de Palmer en offrent une foule d'exemples. Il en est de même sur la côte orientale de la Terre Victoria.

GLACGIOLOGIE. 113

Piedmont-glaciers de la Terre Victoria. — M. Ferrar les divise en trois sroupes, suivant qu'ils reposent entièrement sur le continent, qu'ils sont échoués sur de hauts fonds ou qu’ils flottent à la surface de la mer (1).

Dans le premier groupe, se range un glacier ayant 16 kilomètres de long sur 8 de large, situé sur la côte ouest du Mac Murdo Sound, au pied des Northern Foot’Hills ; sans affluents, 1l couvre les collines jusqu’à une hauteur de 300 mètres et se termine à la mer par une falaise d’une quinzaine de mètres.

À la base de la chaîne du Prince-Albert, du cap Bernacchi à Granite Harbour et de [à au cap Gauss, s'étend toute une série de ces amas glaciaires ; leur longueur varie de 16 à 80 kilomètres sur une largeur qui ne dépasse pas 16 kilomètres. M. Ferrar les regarde comme des témoins d’une glaciation antérieure plus intense.

La deuxième variété, les piedmont-glaciers échoués, s’observe sur les côtes de l’île Coulman. Ils se forment au pied des falaises rocheuses par l’amoncellement des neiges tombées du sommet plat de l’île et s’avancent en mer sur les hauts fonds.

Leur surface est convexe; leur front sur la mer dépasse 30 mètres de haut, tandis que leur autre extrémité se relève contre le rocher jusqu’à 100 et 130 mètres de hauteur.

Les piedmont-glaciers flottants sont de beaucoup les plus importants par la puissance extraordinaire des appareils qui les représentent. C’est en effet dans cette catégorie que M. Ferrar range non seulement les trois remarquables nappes de glace qui remplissent la baie Lady-Newnes et les deux baïes voisines, l’une du Mont Neumayer, l’autre du cap Gauss, mais encore le formidable glacier qui areçu le nom de Grande Barrière de Ross. Tous sont caractérisés par leur vaste étendue, leur surface plate ou ondulée et une falaise frontale haute de 15 à 70 mètres, devant laquelle la mer est suffisamment profonde pour que la masse de glace puisse flotter. La Grande Barrière de Ross est le plus gigantesque appareil glaciaire connu sur le globe. Il s'étend de la Terre Victoria à la Terre du Roi Édouard VEE, sur une largeur de 950 kilomètres, et sa longueur encore inconnue dépasse

(4) H.-T. Ferrar, National Antarclic Expedition (1901-1904); Natural History, vol. [, Geology

Expédition Charcot. — Gourdon. — Glaciologie. 15

TER 2 GLACIOLOGIE.

600 kilomètres, puisque du point extrême atteint par le capitaine Scott, par 82°16’33" de latitude l'immense champ de neige s’étendait encore à perte de vue vers le sud. Il s'écoule vers le nord avec une vitesse qui a été trouvée de 1*,30 par jour près de Mina Bluff.

En dehors d’une zone crevassée qui longe la terre sur une largeur de 15 à 20 kilomètres, la surface est remarquablement horizontale et régulière, et l’on n’aperçoit ni mamelon ni crevasse.

Aucune matière étrangère ne souille la pureté de cette plaine blanche ; aucun débris de roche n'apparaît dans sa falaise frontale. Mais le fait capital qui ressort des observations de la « Discovery », c’est que la Grande Barrière flotte sur la mer, au moins dans sa partie terminale. Les sondages effectués devant le front laissent plusieurs centaines de mètres d’eau entre le fond de la mer et la surface inférieure du glacier, en donnant à la partie immergée six fois la hauteur de la portion extérieure.

Le capitaine Scott fait remarquer que ces sondages ont été exécutés sur l'emplacement même qu'occupait la Grande Barrière au temps de Ross, qui il y a soixante ans s’avançait beaucoup plus vers le nord ; la partie qui s’en est détachée flottait donc, et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit ainsi dans le sud sur une distance considérable. S'il restait un doute à ce sujet, ajoute le capitaine Scott, il serait dissipé par le fait que, durant notre séjour dans la baie du Ballon, la glace montait et descendait en même temps que le navire.

Enfin un autre argument est tiré du parallélisme + des crevasses qui avoisinent le cap Minna et l’île Blanche, et dont l’uniformité ne pourrait se produire dans une masse reposant sur le sol. De plus, les températures prises par M. Royds dans une de ces crevasses ont montré qu’à 15 kilomètres de la côte le thermomètre remontait quand la profondeur augmentait, alors que près de la terre 1l baissait ; la présence de l’eau expliquerait ce phénomène.

La West-Eïis de la Terre de l'Empereur Guillaume (1). — A l’ouest de l’inlandsis qui s'écoule lentement du sud au nord, sur une surface inelinée autour du Gaussberg, s'étend une formation glaciaire qui rappelle la

(4) E. Pair, Ueber die Landeïis-beobachtungen der letzten fünf sudpolar Expeditionen, p. 8 (Zeitschrift für Gletscherkunde, Bd. 11, Heft 1).

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Barrière flottante de Ross. M. von Drygalski lui a donné le nom provisoire de West-Eis (glace de l’ouest).

Entre elle et la surface de l’inlandsis, il n’y a qu’une légère dépression, mais aucune discontinuité sensible. Elle est accidentée de quelques collines de glace souvent très crevassées et se termine par un mur de glace bleue. Mais très souvent elle se continue à l’est avec la glace de mer de la baie Posadowsky ; toutes deux doivent donc flotter et s'élever ensemble avec la marée. Ceci est d’ailleurs confirmé par les sondages, qui ont indiqué 600 mètres et plus devant le front de la West-Eis. Ce front a été suivi par l'expédition allemande sur une distance d'environ 3° de longitude.

Cettenappe de glace semble dépourvue de mouvement. M.von Drygalski la regarde comme « un groupe d’icebergs, les limites de chacun d’eux étant encore marquées par les nombreux fossés rencontrés, qui auraient été arrêtés sur des hauts fonds et des bancs et auraient été ensuite soudés par les chutes de neige ».

Le D'E. Philippi ne partage pas cette opinion et regarde la West-Eis comme l’analogue de la Barrière de Ross, qui, à son avis, serait un inlandsis flottant encore rattaché à la terre ferme; elle en différerait cependant en cequ’elle est sans mouvement ; de plus, au lieu de se présenter comme une plaine unie couverte de neige, sa surface est généralement chaotique, et de profonds fossés traversent sa région septentrionale.

Les terrasses de la Terre du Roi Oscar Î1.— Est-ce encore dans la catégorie des piedmont-glaciers qu’il faut ranger cette grande nappe de glace sur laquelle M. O. Nordenskjüld et le lieutenant Sobral ont cheminé pendant de longs jours au printemps de 1902? Les renseignements sont peu précis à cet égard, mais je crois que, au moins au point de vue descriptif, il est intéressant de la rapprocher des formations précédentes.

« Les prétendues îles des Phoques, dit M.0. Nordenskjôld (1), ne sont pas en réalité des îles, mais des nunataks entourés d’une masse de glace haute de quelques dizaines de mètres.

Cette masse, qui paraîtêtre, en partie, une glace côtière (/andis), s'étend sur la plus grande partie de sa superficie au-dessous du niveau de l’eau et repose sur le fond d’une mer peu profonde. Cette glace, un 2sfof parti-

(4) O. NorpenswôLp, Note sur la glaciation antarctique. La Géographie, IX, [, p. 5.

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culièrement développé, présente un très grand intérêten raison même de son extension.

Pendant nos excursions en traîneaux, nous cheminâmes, sur une distance de plus de 150 kilomètres, sur une nappe de glace basse, formant une sorte de terrasse si unie et si horizontale que longtemps nous nous crûmes sur de la glace de mer habituelle. Seulement, en approchant de terre, cet isfot s'élève légèrementet devient sillonné de larges et profondes crevasses, par l’ouverture desquelles on aperçoit une structure rubannée, très nette, régnant dans l'épaisseur de la formation... Plus au sud, s'étend une deuxième terrasse plus élevée que la première et séparée d'elle par une longue falaise de glace qui court en ligne droite de la Terre du Roi Oscar à perte de vue vers l’est : cette terrasse, contrairement à la première,

est coupée de nombreuses crevasses. »

4° Banquette. — Icefoot.

Les côtes basses, les îlots sont souvent occupés par des formations glaciaires, en général peu étendues, à peu près plates, dont l’épaisseur n'excède pas quelques mètres et qui se terminent par une petite falaise ; ils forment une banquette continue le long du rivage. Lorsqu'une banquise se constitue dans leur voisinage, les neiges, en s’accumulant, arrivent souvent à souder les deux appareils et à effacer si bien leurs limites qu'ils paraissent n’en former qu’un seul.

On peut voir ce feston de glace qui suit le bord dela mer s'établir même sur des parois absolument verticales. Les embruns qui se congèlent contre le rocher forment une sorte de socle sur lequel viennent s’agglutiner les neiges augmentées et soudées par les nouveaux embruns. Ainsi se constitue une banquette en porte à faux faite à la fois de glace de mer et de neige, qui peut atteindre une forte épaisseur. Pendant tout notre séjour à Port-Charcot, le « Français » se trouva accoté à une banquette de ce genre qui servait d’appontement.

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