‹ Expédition de Madagascar: carnet de campagneChapitre 14 sur 32 · ADÎ&UX DU GÉNÉRAL METZINGER AUX 2* ET 3* BATAILLONS · texte numérisé non relu

ADÎ&UX DU GÉNÉRAL METZINGER AUX 2* ET 3* BATAILLONS

e En adressant mes adieux aux 2' et 3* bataillons du régiment d*Algériej je tiens à les remercier du précieux concours qu^ils m^oat constamment doxi^né et à leur

exprimer nia satisfaction de les avoir eus sous mes ordres.

« Arrivés les premiers ^ les tirailleurs algériens partent les derniers ; c'est à leur bravoure, à leur endurance, à leur excellent esprit qu'est dû, en très grande partie, Theureuse issue de Texpédition.

« Ils peuvent, à juste titre, être fiers de la brillante page qu'ils viennent d^ a jouter à leur histoire, déjà si glorieuse. Je ne manquerai pas de le dire et de le redire en France et en Algérie.

a A Tauanarive, le 21 octobre 1895,

a Le gênerai commandant la i^^ brigade ^ a 5^*;^^^/ Metzingêr. m

3^ octobre. — Journée bien remplie. Le matin ^ marche mihtaire au milieu des rizières et par des chemins inouïs.

Nous rentrons à neuf heures et demie.

Je travaille toute la journée aux aiTaîres du bataillon* A cinq heures, ime étrange cacophonie se fait entendre à ma porte.

Ce sont les musiciens ordinaires de S, M, Ranavalo qui viennent me donner une aubade. Ils n'ont pas l'air de toucher de gros appointements^ les pauvres diables, et sont fort mal vêtus.

Je les remercie et leur donne quelques francs. Ils me

régalent alors de la Marseillaise avec force couacs; ce qui n'empêche mon tirailleur de planton d'admirer les artistes de Ranavalo et de me dire : a Ils jouent très bien, »

Tous mes turcos ont Tair de cet avis et semblent enchantés de ce concert inattendu. Il est vrai que la plupart des instruments de ma nouba sont crevés.

30 octobre. — Le 20o" de ligne et la légion, ainsi qu'un nombreux convoi, nous ont quittés. Nous restons définitivement à Tananarive, et le séjour ne promet guère d'être agréable. Nous sommes affreusement logés et nous continuons à manquer de pain. Aucun des objets de première nécessité, dont Tenvoi nous est annoncé par les lettres que nous recevons, ne nous parvient- Il est question d^ organiser ici un cercle militaire. Le général nous a reçus à la résidence. La table était bien servie; mais le vin, trop alcooUsê, n^est pas buvable. Après le café^ on a parlé de T avancement. Très aimable, le général demande à tous encore un peu de patience. On lui a promis d*ètre généreux, s^novemhre, — C'était hier la fête du BaiUj quelque chose comme le jour de Tan malgache , à T occasion duquel de grandes cérémonies ont lieu à Tananarive, Avant-hier donc, mes officiers et moi, nous recevions chacun une invitation de S. M. Ranavalo ^ nous priant

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de venir passer la soirée du lendemain au palais.

D'autre part, ordre du général Duchesne d'accepter cette invitation et de nous rendre à la cour en grande tenue. Ne pas oublier les gants blancs.

Les gants blancs ! impossible de retrouver les miens. Quant à la grande tenue, elle ne sera pas brillante, après six mois de campagne. Ranavalo devra s'en contenter; mais il me faut des gants blancs à tout prix. Mon ordonnance réussit à m'en reconstituer une vieille paire avec des morceaux de lambas. Mon linge même, dont une partie s'est égarée, ne brille pas par l'éclat. Enfin, dansla journéeidu 22, je remonte de mon mieux ma garde-robe. Mon pantalon et mon dolmah, tout rapiécés , sont vigoureusement et consciencieusement nettoyés. Enfin, tailleurs et cordonniers font des prodiges. L'heure venue, nous sommes tout à fait présentables.

Nous nous rendons au palais en filanzana, sorte de chaise à quatre porteurs. Nous garderons ces derniers de six heures et demie du soir à minuit. Prix convenu : cinq francs.

Nous arrivons au palais, après un assez long trajet, parles rues remplies de curieux; nous rejoignons, à l'heure fixée, le général en chef au moment où il fait son entrée sensationnelle dans la demeure royale.

La musique malgache nous salue au son de la Mar-

salue j

l>on ordre , ^

Aussitôt U naté»

«étants monotones et „„, ^.-.^

nous en* ^^ "" '^ '''''^^"- ^" ''^^ ^'o^— • «' ne et Je dévouement du peuple.

X enclaves, ponant chacun quelque objet. Le pre- -erp^esente une sorte de théière en argent à long

DU LIEUTENANT-COLONEL LENTONNET ï6t

setllatse, jouée comme la jouent les fanfares de foire* En tête de la musique se tient un chefj sabre en main^ ayant près de lui un enfant qui ouvre des yeux démesurés au passage du cortège.

Nous traversons plusieurs pièces; enfin ^ noua parvenons dans la salle des fêtes. Nouvelle musique, nouvelle Marseillaise et hymne malgache, La reine, enveloppée d'un lâmba rouge, se tient sur son trône. Près d'elle, sur un guéridon, est placée la couronne.

Le général Duchesne s'avance vers Sa Majesté, la salue respectueusement sans rire, puis s'assoit sur un fauteuil doré à lui réservé. Quant à nou5^ toujours en bon ordre , nous prenons place sur des chaises non moins dorées, vis-à-vis de Ranavalo,

Aussitôt la représentation commence ; d^abord des chants monotones et sans harmonie, puis des prières, avec accompagnement d*orchestre.

Enfin, comme il n'est pas de bonne fête^ en pays malgache , sans discours , un orateur hova prend la parole et prononce une allocution.

C'est pour nous de l'hébreu. Cet homme éloquent, si nous en croyons un interprète, célèbre les vertus de la reine et le dévouement du peuple.

Le discours terminé, nous voyons entrer de nombreux esclaves, portant chacun quelque objet. Le premier présente une sorte de théière en argent à long

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manche d'ébène; d'autres sont chargés de jarres remplies d'eau, de paniers de riz, de bois; certains sont armés d'ustensiles de cuisine; viennent enfin des esclaves avec des vivres sur des plats et du sel dans des cornes de bœuf.

Tout ce personnel défile, comme dans une féerie, devant la reine, et les comparses vont s'installer aux places qui leur sont assignées.

La reine se lève, salue gravement et se retire dans une sorte d'alcôve , derrière des rideaux de soie rouge. C'est là qu'elle doit prendre son bain.

Alors commence sous nos yeux la cuisine de la fête. Les esclaves allument des feux, font chauffer l'eau et la portent jusqu'à l'alcôve, devant laquelle veille jalousement le premier ministre (celui-ci n'est cependant pas le mari).

Quelques instants plus tard. Sa Majesté est au bain, tandis que les esclaves restés dans la salle de gala continuent leur cuisine.

La chaleur bientôt devient insupportable. Les viandes grillent, le riz cuit dans les marmites spéciales, tandis que chanteurs et musiciens font plus de vacarme que jamais. La cérémonie semble un peu longue.

Enfin, après une heure au moins d'absence, la reine est sortie du bain; elle rentre solennellement parmi nous, pQçtant une robe de soie rouge éclatante, les

épaules couvertes de poudre de riz, et des pierreries au cou, tout comme la belle Otero, la couronne sur la tête. Sa Majesté s'avance, accompagnée d'un esclave portant la grande théière, remplie d'eau du bain royal. Presque à chaque pas, la théière verse dans la gracieuse main de Sa Majesté un peu de cette eau. Ranavalo asperge d'abord consciencieusement le général en chef, qui reçoit la douche sans sourciller, puis tous les officiers français. Nous gardons autant que possible notre sérieux; mais Sa Majesté, moins correcte, ne peut s'empêcher de sourire d'abord, puis de rire comme une petite folle. Nous ne bronchons pas. Ranavalo, d'âge indécis, nous semble assez banale : physionomie quelconque très commune à Tananarive. Je dois ajoute^ pour être juste, que l'eau du bain était très parfumée au lubin.

La reine est sortie du palais et a béni la ville, puis est revenue vers nous.

Elle reprit place sur son trône, entourée des membres de sa famille, lesquels s'apprêtaient à lui servir un repas public. Les étranges cuisiniers qui avaient opéré sous nos yeux servirent les mets royaux, riz et viande grillée, sur des assiettes en porcelaine. Deux de ces assiettes furent présentées à la reine, ainsi qu'une cuiller en corne. Sa Majesté daigna faire honneur au festin.

Les invités, d*autre part, n^étaient pas oubliés. Les dames d'honneur s'occupaient de répartir les portions de riz et de viande, et les firent circuler dans tous les rangs. Le général Duchés ne fut Tun des premiers servis ; on lui présenta même, comme à un personnage extraordinaire, digne de tous les honneurs et de tous les luxes j une serviette. Des esclaves le servaient en se traînant sur les genoux.

Chacun de nous reçut une assiette de riz et une de viande grillée. Le riz était poivré atrocement et sucré, cuit à la mode malgache, la viande coriace au point de résister aux plus robustes mâchoires. Comme plu sieurs d* entre nous faisaient quelque peu la grimace, h reine t qui nous regardait beaucoup et nous observait avec curiosité et malice^ ne put contenir un éclat de rire.

Mais le devoir avant tout. Le général Duchesne nous donnait 1* exe m pie, et, à la grande joie de Sa Majesté qui se tordait littéralement, prise d'un accès de folle gaieté, nous nous sommes montrés convives héroïques, en dévorant ces mets que daignait nous offrir la souveraine de Madagascar; mais, en jouissant de notre supplice, Ranavalo prenait un peu sa revanche de nos victoires. Le repas terminé, les gouverneurs des provinces ou leurs représentants se groupèrent dans la saUe et défilèrent^ suiv^ant le rite^ devant

Tune des proches parentes de la reine, en lui remettant une offrande en signe d'hommage.

La quêteuse s'était étendue aux pieds du général Duchesne, comme en signe de soumission.

Enfin, le premier ministre a joué son rôle dans la représentation. N'ayant jamais vu Rainilaiarivony, je ne sais s'il eut jamais réellement l'aspect prestigieux que voulaient bien lui reconnaître les Hovas de Tananarive et même quelques Européens ; sa physionomie, dit-on, était fine et intelligente; celle de son successeur est grotesque. Nous comprenons que le général commandant en chef n'ait pas poussé la cruauté jusqu'à infliger un tel mari à Ranavalo. Imagi^ nez- vous un homme de taille moyenne, dont le type est à peu près celui du bouledogue, âgé d'une soixantaine d'années, ventripotent, gras à lard, habillé de soie, du reste, et digne de l'être. Il portait, étalée sur la poitrine, une ferblanterie extraordinaire, collection de décorations invraisemblables, parmi lesquelles, assurent les mauvaises langues, on distinguait les palmes académiques. Son habit de soie grise était serré à la taille par un brillant ceinturon en or. Il avait tout l'air de quelque rastaquouère d'opérette ou d'un roi de féerie. Ce haut personnage prononça un discours que nous dûmes écouter sans rire et de pied ferme ; puis il poussa des cris de commandement en se tournant vers quelques offi-

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cîers ho vas, formant une sorte de garde du corps* Ces gardes tirèrent le sabre ^ Tinclinèrent devant la reine et donnèrent le signal du départ. Chacun de nous passa devant Ranavalo et la salua militairement. La reine accepta nos hommages, non sans grâce, et rentra dans ses appartements, où, en compagnie du premier ministre, elle compta sans doute le produit de la quête,

A notre sortie^ la musique éclata en fanfares bruyantes, et les canons établis près du palais tonnèrent avec un ensemble assourdissant.

/" décembre. — La nouba est maintenant reconstituée. Les clarinettes étaient brisées. Un ferblantier de Tananarive a pansé leurs blessures. Des caisses de tambours malgaches ont été transformées en tebels, des gamelles en nouara.

Mes grands enfants sont enchantés et très fiers, lorsque la foule se presse autour d'eux pour entendre leur musique. Notre bataillon est, d'ailleurs, la seule troupe française à Madagascar qui puisse s'offrir ce luxe.

75 décembre* — Vie des plus monotones. Voici quelle est à peu près notre existence :

A cinq heures : lever, puis exercice jusqu'à sept heures. De sept heures à dix heures r repos, sieste.

A dix heures et demie ; déieuner; menu à peu près

invariable, ainsi composé : œufs sur le plat ; poulet ; pommes de terre; viande de bœuf; riz au sucre. Dessert : bananes, pèches, ananas, mangues et raisins. Café et cognac malgache pas potable.

Nous restons réunis jusqu^à midi. Chacun ensuite vaque au service et à ses occupations. Les uns vont à la pêche, les autres font une promenade à cheval.

Vers six heures et demie, rendez-vous sur la place Soanerana, où Ton fait les cent pas avant le dîner, qui est servi à sept heures, et dont le menu ne varie guère plus que celui du déjeuner : soupe au bœuf, omelette, pommes de terre, poulet, riz, dessert et café.

A huit heures et demie, chacun rentre au logis.

j?5 décembre. — Pour fêter la Noël, distribution extraordinaire de vin à la troupe : trente centilitres par homme. C'est ainsi que l'intendance se montre généreuse.

Les soldats sont contents et se promènent dans la ville en fête.

/" janvier 1896, — Je ne croyais pas commencer ici la nouvelle année , lorsque je fus désigné pour commander un bataillon du corps expéditionnaire* Toutes mes pensées vont ce matin à ma chère femme à Paris, à tous mes parents et amis.

J'espère bien passer l'an prochain auprès d'eux cette journée du i*' janvier.

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Nous avona fait nos visites officielles, j'ai reçu mes subordonnés, et nous avons bu à la France.

Le désir de tous ou de presque tous est de rentrer on France* Je ne crois pas qu'on recrute jamais de colons pour Madagascar dan s mon bataillon. Longue conversation sur l'avancement et les nominations prochaines. Je comprends bien des impatiences très légitimes. Il en est qui le sont moins.

J*avais pris soin de m *appro visionner de tout ce qu'il faut pour luncher : vins, liqueurs et biscuits.

Prix d*une bouteille de sherry : 6 francs; porto : 7 fr. 50; vermout ; 8 francs ; litre d'absinthe : lofrancs ; douzaine de biscuits : 2 francs.

6 janvier. — Nous avons fêté hier les Rois à la popote. Suivant Tusage, les adjudants, sergents-majors et les plus anciens sergents de chaque compagnie étaient invités. Le sort a désigné pour roi, au Champagne, le lieutenant-colonel, et pour reine le sergent Martinadji, qui représentait le sexe faible de façon imposante. Repas très gai, vraiment cordiaL

16 janvier, — Le général Duchesne a quitté Tananarive; nous l'avons accompagné jusqu'à Andraisoro, où il nous a fait ses adieux et où le 3' bataillon lui a rendu les honneurs. Avant de nous quitter, celui qui nous a conduits à la victoire devait passer une revue ^ niais les effectifs sont trop réduits.

Un ancien préfet d* Alger, M. Laroche ^ est résident général, gouverneur civil. Le général Voyron prend le commandement en chef des troupes d'occupation, La 5* compagnie était de service, avec la nouba et le drapeau au palais de la Résidence.

28 janvier, — Le général nous â reçus très aimablement.

Tous les officiers se plaignent de ne rien recevoir des bagages qui leur ont été expédiés via Tamatave. Il paraît que le nouveau résident et sa suite avaient réquisitionné tous les bourjanes ou porteurs de la région pour leur service personneL Aussi rien ne parvient-il plus. Le pain manque. Les colis s^accumulent à Tamatave.

3 février, — Un petit détachement, composé de convalescents, de libérés et de deux sous -officiers envoyés à Saint-Maixent, a quitté Tananarivc pour se rendre à Tamatave.

Parmi les libérés ayant fait du rabiot », se trouvait un soldat de mon bataillon qui n'a plus ni père ni mère, ni famille en France, et qui demandait 1* autorisation d'installer ici une cantine. Cette autorisation lui a été refusée. Pourquoi? Nous n^avons cependant pas trop de colons.

8 février, — Alerte cette nuit. Des coups de feu sont tirés dans le village que nous occupons. Le poste

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de police prend les armes. Un adjudant vient me réveiller et m'avertir de ce qui se passe.

Je fais donner Talarme. Maïs on n^entend plus aucun bruit suspect. J^envoie quelques patrouilles. Elles ne signalent aucun mouvement.

Le matin, après enquête, j'apprends qu'un voleur s'étant introduit dans la maison d'un indigène, celui-ci a fait feu.

En somme, incident sans importance. A noter toutefois que bien des habitants, soi-disant désarmés, ont conservé chez eux un fusil.

26 février. — Bruits de complots. Beaucoup d'entre nous pensent que nos pires ennemis sont dans l'entourage même de la reine. Il paraît que le résident, M. Laroche, est d'un autre avis. Il a grande confiance dans les Hovas.

21 mars, — Le général Voyron a passé une revue de toutes les troupes de la garnison sur la place Andohalo. L'infanterie de marine, le régiment colonial et nos deux bataillons de tirailleurs y assistaient.

Foule énorme; plus de trente mille Malgaches se pressent sur les talus et accidents de terrain pour mieux voir. Les fonctionnaires de la Résidence, les principaux membres de la colonie, les « honneurs » ont pris place sur une estrade. M. Laroche arrive avant la reine; il est en simple veston, en costume colonial, ce qui nous

choque un peu; il aurait pu faire, pour la circonstance, un bout de toilette.

Ranavalo survient peu après ; un cortège absolument grotesque, formé d'officiers aux uniformes brodés d'or, de chambellans d'opérette et de dames à falbalas. Cet assemblage réunit toutes les couleurs de l'arc-en-ciel aux tons les plus criards. C'est comme une exhibition de singes et même de vilains singes.

La revue commence. Le général Voyron passe sur le front des troupes, qui ont vraiment bonne mine et en imposent aux habitants de Tananarive. Le commandant en chef distribue des décorations, et d'abord la croix de commandeur au colonel Bouguié, du 13* d'infanterie de marine, lequel remet ensuite lui-même au général les insignes de grand officier.

La reine suivait des yeux très attentivement tous les détails de la cérémonie. Elle portait, pour la circonstance, une robe de soie pourpre et le manteau royal brodé d'or, enfin le ruban de grand-croix de la Légion d'honneur en sautoir.

Après le défilé, le peloton de chasseurs d'Afrique a poussé une charge et s'est arrêté au pied des tribunes. Les Ho vas, peu habitués à voir évoluer la cavalerie, poussaient des cris d'admiration.

En résumé, l'impression de la journée est bonne.

ON

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