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CHAPITRE VII L'insurrection — le départ

Troubles autour de Tana^narive» — Formation de deux colonnes. — IndbpositiûTi. — Chez [e général Voyroo. — En rout« avec le convoi. — Marches pénibles. — Manhanjara. — Combat de nuitn — Les prêtres et le culte des idote:» — Manarantsoa. — Retour à Tananarîve. — • Rapatriement décidé. —^ Les adieux, — Le départ. — De Tananarlve à Tamatavet - — Embarquement. — A bord du Dj^mnah,

jo mars. — Des troubles ont éclaté au nord et au sud-ouest de Tan an an ve (i). Deux colonnes sont formées pour les répriiï^er.

La 5* compagnie du bataillon s'est rendue à Ilafy, Je vais l'y rejoindre dans la matinée; mais je me trouve

(i) Trois Français^ MM. Grand, Michaud et Duret de Brie, avaient été majsaorés â Manarantsoa, au sud-ouest de TananaHve, après avoir longtemps résisté à quiniEG cents F^ ha val os qui mirent le sièg^e devant la maison dans laquelle nos compatriotes s^êtaient réfugiés. Tous trois étaient des explorateurs à la recherche de gisements miniers.

Dans le nord, un fort parti de rebelles înterc^ptiiït les communications avec le poste Ambatondrataka sur les bords du lac Aloatra,

fort souffrant. Le colonel Oudri commandera sans doute la colonne du sud. Celle du nord est sous les ordres du lieutenant-colonel Borbal-Combret, de Tinfanterie de marine. Deux compagnies du régiment d'Algérie, celles des capitaines Pillot et Castel, la suivront.

L'émoi est assez grand en ville et se trahit par des ordres et des contre-ordres.

31 mars. — Vers sept heures et demie du matin, un officier d'ordonnance du général Voyron me communique Tordre de rentrer immédiatement à Tananarive, près du commandant en chef.

La 5* compagnie se portera à Andraisoro.

Avant d'aller au quartier général, je passe chez le colonel Oudri, qui me met au courant de la situation et m'apprend que trois Français ont été assassinés non loin de la capitale et que nous devons venger leur mort de façon exemplaire.

Si deux compagnies seulement sont mises en route, je serai chef de colonne; si trois au moins paraissent nécessaires pour rétablir l'ordre, le colonel Oudri prendra le commandement.

Le colonel sortit pour aller lui-même chez le général Voyron et me pria de l'attendre.

En son absence, je vois entrer chez lui un monsieur que je ne reconnais pas tout d'abord. Il se présente lui-même.

— Je suis M. Laroche, résident générah

Échange de politesses, et nous causons. Le résident déplore la mort de nos compatriotes ; mais il est d'avis que nous n'usions pas de rigueur et que nous ramenions les populations par la douceur. Je me permets de lui répondre que je ne partage pas tout à fait sa manière de voir.

Sur ces entrefaites, rentre le colonel Oudri, Je dois partir pour Andraisoro. Je me rends au poste indiqué. A peine y suis-je arrivé, de plus en plus souffrantj qu'il me faut remonter à cheval — ordre transmis par un gendarme — pour rentrer à Soanerana. Impossible de prendre le repos dont j'ai cependant grand besoin.

Deux compagnies de Haoussas nous rejoignent dans la soirée; peu après, arrive la compagnie Bordeaux; enfin, le colonel Oudri vient coucher dans la salle à manger de notre popote. Il est trois heures du matin- Nous devons partir à cinq heures.

/•' avril. — Je suis debout avant le lever du jour ; mais, au moment de monter à cheval, je me sens pris d'un tel malaise que le colonel , avec une extrême afïabilité, me fait comprendre que je ne dois pas me mettre en campagne en si mauvais état. Le docteur insiste, et, la mort dans l'âme, je vois partir les troupes. J*ai les yeux pleins de larmes de rs^e.

2 avril, — Un médecin de marine vient me voir à

mon logis. Il m*examme et me conseille d'entrer à ThôpitaL Je lui réponds que je n-ai besoin que de repoSj de lait et de charbon, pour calmer mes douleurs d'estomac. Il tue fait acheter de l'eau d'Antsirabe, eau de Vichy malgache. J'y consens; mais je ne la boirai certes pas.

^ avril, — Je me sens mieux. Je suis mon régime de lait et de charbon, J -espère pouvoir reif>mdre prochainement.

J^écris à ce sujet au colonel Geil, chef d'état^major du général Voyron, pour qu-il me fasse connaître la date du départ du convoi de ravitaillement.

é avril. — Je vais bien. Cependant, le docteur Michel, de la marine, me prescrit encore le repos. Je lui déclare que je partirai, quoi qu^il arrive, dans deux jours, avec le convoi. Le docteur déclare que je commettrai une grave imprudence^ mais je partirai quand même.

7 avril. — Je monte à Tananarive, où me fait appeler le commandant en chef . Le général Voyron me trouve très fatigué et m ^engage à rester. Je ne veux rien entendre. Après avoir reçu ses dernières instructions, je vais acheter, pour me nourrir en route, six litres de lait concentré.

Je me couche dispos et bien résolu à partir demain.

8 avriL — Je quitte Sonnerana à huit heures du

matin avec un convoi. Nous passons Flkopa en pirogue. Sur la rive du fleuve, une Anglaise de T Armée du salut s^adresse à moi.

Elle me demande assez aigrement à être transportée sur l'autre bord. J'accorde l'autorisation; mais la revèche personne refuse de monter dans renibarcation pleine de soldats. Il faudrait faire un voyage exprès pour elle. Qu'elle aille au diable! Nous passons et nous ne nous occupons plus de la prédicante.

A deux heures, nous nous arrêtons à Tsylafi. Je loge dans une maison en bois assez propre. Crise violente d'estomac. Le gouverneur indigène vient me saluer. Je lui donne cinq francs, et il me procure d^ excellent lait.

p avril, — Départ à six heures, arrivée à Mangabé à deux heures et demie. On accélère le pas. Pendant la marche, on entend le canon. Au camp, nous apprenons qu'un grand kabary se tenait à 3 kilomètres 500 du camp. Trois obus, dont deux à la mélinite, l'ont dispersé.

Nous avons traversé des rizières pleines d'eau. Mon cheval enfonçait jusqu'au poitrail.

10 avril. — Nous ne sommes partis qu'à sept heures. La route suit les crêtes. Impossible de passer par le bas, les rizières étant inondées. Nous devons quand même en traverser plusieurs, et j'ai bien failli rester

dans Tune d'elles, de laquelle mon eheval n*est sorti que très difficilement.

Du haut de la montagne, nous apercevons de nombreux villages. L'un d'eux est en feu.

Des indigènes, porteurs de drapeaux, viennent se rendre. Campement à Iharamalaza.

// avril, — Séjour. Le village que nous occupons est celui où les trois Français assassinés récemment ont été prévenus de l'attaque imminente de Fahavalos. Hostiles à ces derniers , les indigènes avaient même offert aux voyageurs de les aider à s'échapper. Les bandits survinrent. Nos compatriotes firent bonne contenance ; leurs assaillants se retirèrent. Ils devaient succomber, le lendemain, un peu plus loin.

Toute la journée, défilé de députations de villages qui viennent protester de leurs sentiments pacifiques et de leur dévouement. Ils apportent des vivres. On leur donne cinq piastres, et ils se retirent contents, du moins en apparence. Ne pas s'y fier, car tous ces Malgaches sont faux et menteurs. Un interprète et un commissaire de la reine nous accompagnent ; l'un et l'autre ne pensent qu'à accaparer tout ce qui leur tombe sous la main.

Les habitants ne sont pas autrement étonnés, car les fonctionnaires hovas les ont depuis longtemps habitués à ces procédés.

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12 avrils — Dès le départ, à six heures, nous traversons la rivière Ankabokaboka. Les hommes ont de Teau jusqu^au ventre, et ce bain forcé n'a rien d'agréable par un temps de brouillard épais et froid. On ne sèche pas vite. Nous évitons de notre mieux les rizières et nous marchons jusqu^à onze heures.

Les villages que nous rencontrons ont arboré le drapeau blanc; quelques habitants nous saluent en signe de soumission. Halte près de trois petits villages abandonnés.

A midi et demi nous repartons du pied gauche vers le sud. On va au petit bonheurj car les cartes du pays mises à notre disposition sont très incomplètes.

Vers trois heures, nous parvenons à Kally Mafane, Les habitants du village, nous dit l'interprète, sont des esclaves du gouverneur de Manarantsoa ; ils cultivent le tabac et sont employés aussi à Textr action de Vor. Tous se sont enfuis.

/j avril. — Diverses colonnes sont envoyées autour du camp dont la garde m'est confiée. Je ne mange que du riz au lait et des œufs, et je me trouve bien de ce régime, quoique le climat du pays oti nous opérons ne soit pas fameux. • .î

Il pleut depuis trois jours.

14 avril, — Nous partons à six heures du matin par un temps humide et froid, et nous pataugeons

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dans les rizières, sans compter les cours d'eau. Les rares et pauvres villages situés sur notre chemin sont déserts.

Après six heures de marche, nous sommes en vue d'Antananarivo Kelly. Installation du camp; mais le bois manque pour faire la popote. Les corvées doivent aller à une heure de là en abattre et en ramasser.

Les intructions du résident général Laroche nous enjoignent toujours de vivre à Madagascar comme en pays ami. Il conseille de prêcher les Malgaches, de leur faire des discours, sous prétexte qu'ils sont des bavards. Pourquoi alors ne pas leur envoyer des avocats ou des pasteurs? Malheureusement, ces bons Malga.ches ne sont pas setdementdes bavards, ils sont aussi des voleurs et des assassins, et c'est folie d'avoir confiance en eux.

75 avril. — Séjour près d'Antananarivo ou petit Tananarive. La nuit a été bonne et tranquille. Pas d'orage ni de pluie, mais une forte rosée seulement. Notre colonel Oudri — il vient d'être promu général — part en reconnaissance. Je reste à la garde du camp.

Le pays est triste. Toute la région qui a été parcourue par les insurgés est déserte. Nos hommes prennent le bois nécessaire à la cuisson des aliments dans les maisons abandonnées. On coupe le riz vert

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pour nourrir les animaux* C'est la ruine pour les habitants lorsqu'ils reviendront. La reconnaissance rentre. Rien de nouveau.

16 avriL — En route à six heures, direction nord. On marche jusqu^à midi dans un pays très accidenté, mais découvert. Aucun habitant. On traverse une rizière où les hommes à pied ont de Teau jusqu'aux hanches, puiSj après 1 une rizière vaseuse.

A midi, nous prenons le café près d'un établissement de lavage d'or, appartenant au gouvernement hova. Le terrain a été très fouillé,

A trois heures, nous campons à Antsiota, Quelques esclaves viennent nous vendre du maïs, des œufs et des patates. Journée asseï chaude et très pénible pour les hommes. Il paraît que pour moi la promenade est hygiénique, et que j'avais grand besoin de changer d'air, car je me porte très bien^ d* autant mieux que j'ai reçu aujourd'hui de bonnes lettres do J^'v^ncej cinq colis et des journaux.

77 avriL — Marche dans la brume de six heures à huit heures un quart du matin. Nous sommes enfm à Manarantsoa, où les trois Français ont été massacrés. Les habitants ont pris la fuite. Je déballe mes colis. Ils contiennent du linge, quelle fête! La lecture des journaux me fait ensuite passer le temps. Je n'en ai jamais tant lu.

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i8 avril. — Tout le détachement se repose , à Texception de la compagnie Bordeaux qui pousse une reconnaissance avec le général vers Aussi- Bé.

Quelques habitants rentrent un peu rassurés et comprennent que nous ne leur ferons pas de mal. Ils viennent au camp. Je leur achète du lait excellent ; en tout cas, meilleur que Peau dont je me suis abreuvé depuis plusieurs jours.

Le temps est beau et sec.

Achat de bœufs donnant loo kilos de viande :

19 francs pièce; cochon : 10 francs. La vie est certainement pour rien dans ce pays.

Les turcos et les Haoussas achètent du maïs dont ils sont très friands.

ig avril. — Reconnaissance vers le nord à Manjambohitra, par les Haoussas qui font partie de la colonne. Ils sont bien reçus par la population. Le général revient favorablement impressionné.

Les habitants rentrent à peu près tous. Un marché s'est établi au camp. Mes hommes ont maintenant plutôt trop de nourritiure.

Temps lourd.

20 avril. — La 5* compagnie part en reconnaissance dans Fouest; elle y passe la journée et ne rencontre pas le moindre Fahavalo.

La compagnie haoussa est rappelée à Tananarive«

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OÙ, paraît-il, on ne se montre pas très rassuré sur les dispositions de la population.

Il doit cependant être arrivé maintenant de Tamatave 200 tirailleurs algériens de relève ou de renfort en attendant. Il y en aura 400 dans un mois, et aussi 400 Sénégalais.

21 avril. — Les Haoussas sont partis. A deux heures, parvient ici un convoi de quatre jours de vivres. Orage épouvantable et torrents d'eau, suivis d'une pluie abondante toute la journée*

Distribution de pain biscuité pour quatre Jours.

A dix heures du soir, la compagnie Bordeaux reçoit Tordre de se mettre en route immédiatement. Mission secrète.

22 avril, — Le camp est levé à six heures du matin par un temps brumeux. Trois heures de marche dans la montagne, et nous arrivons en vue de Mananjara Kely, qui est en feu.

La compagnie, partie hier dans la nuit, est arrivée au village à trois heures du matin et Ta cerné - Deux petits détachements sont entrés, sous les ordres d'un officier, M. Gheitz, par la seule rue du village j ils ont été reçus à coups de fusil et ont dû se défendre vigoureusement et corps à corps* T^es maisons étaient occupées par des fanatiques, prêtres d'idoles, avec leurs sectaires, qui ont résisté avec acharnement.

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Le village a été incendié.

Dans la mêlée, deux prêtres d'idoles ont été tués à rintérieur du village; un troisième a été tué dehors en se sauvant; un quatrième est prisonnier.

L'ennemi a perdu huit hommes tués et une femme, plus deux femmes prisonnières, un prêtre d'idoles et un soldat hova déserteur.

De notre côté, nous avons perdu un caporal indigène, tué à bout portant par un fusil de petit calibre ; nous avons eu un sergent français blessé d'un coup de lance au nez et d'un coup de couteau au-dessus de l'œil; un sergent indigène dont le bras a été traversé par une balle de petit calibre, et enfin un tirailleur qui a reçu deux coups de sabre aux doigts et deux coups de couteau aux cuisses.

Un fanatique, malgré de nombreuses blessures de baïonnette, résistait encore. M. Gheitz, pour en finir, a dû l'abattre d'un coup de revolver.

Le village est entièrement détruit. Nous avons pris 24 bœufs, 24 moutons, quelques volailles et du grain.

23 avril. — Marché à Alakamisy , près de notre camp. Cent cinquante personnes environ s'y rendent. Les habitants ont été terrifiés par le combat de la veille. Cependant, on rassemble les habitants et on leur déclare qu'ils n'ont rien à craindre.

Beaucoup parmi eux, du reste, redoutaient plus les

fanatiques tués dans la nuit du 21 au 22 que nos soldats.

Le grand prêtre d'idoles qui était à la tète des sectaires se nommait Rainibintsoa.

Un vieux Malgache, nommé Ingahinrandroto, est parmi les prisonniers. Son fils, élève prêtre, a été tué. Ce vieillard, interrogé, nous explique que Tidole vénérée est un morceau de bois d'arbre sacré, couvert de soie rouge et attaché par un fil, au moyen duquel on lui fait exécuter des mouvements, à la stupéfaction et à l'édification des gogos, persuadés que Tidole est animée.

Les prêtres de ce culte logent tous dans des maisons en bois; la pierre et la brique ne doivent jamais abriter le dieu. Dans ces maisons se pratiquent des sortilèges. Impossible d'imaginer momeries plus ridicules et plus grossière superstition.

Cependant, les fidèles du culte des idoles sont encore nombreux. Ils sont coiffés de façon à se distinguer des autres Malgaches; leiurs cheveux sont roulés en papillotes comme ceux des femmes et retenus par des épingles en corne.

Lorsque les idolâtres se rassemblent, ils amènent un bœuf au lieu du sacrifice. Cet animal est tué par le grand prêtre et dépecé avec des couteaux spéciaux pour chaque membre. On partage ensuite.

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Les cornes, le dessus de la bosse, la moitié des tripes et le côté droit sont pour le grand prêtre ; le reste est abandonné aux fidèles.

Après le sacrifice du bœuf, il y a Taspersion,

Une eau spéciale, venant du nord du pays de Manhanjara, est apportée au grand prêtre ^ eau préparée dans la maison en bois ; on y met du gingembre et d^autres substances; on verse le tout dans une corne de bœuf, et l'assistance est aspergée avec cette eau, qui rend invulnérables tous ceux qui en sont arrosés. Le grand prêtre porte une cbaîne en argent dont les anneaux sont bénits par lui; les gens nobles donnent 5 francs et reçoivent un anneau bénît qu'ils pendent à leur cou par une ficelle, et se croient ainsi à Tépreuve des balles des Français. Les hommes libres^ mais non nobles, donnent 2 fr- 50, , et les petits, c^est-à-dire les humbles, donnent des morceaux d'argent représentant qui i franc, qui 4 sous, selon leur avoir,

Pour présider aux cérémonies, le grand prêtre porte un lamba en soie banale, orné de perles sur les côtés.

Dans les ruines de la maison sacrée, à Manhanjara, on a trouvé des piastres, de l'argent coupé, des anneaux bénits j des morceaux de l'idole, un costume à moitié brûlé et deux lambas.

On a aussi ramassé des armes de guerre, ainsi que la série de couteaux servant aux sacrifices et la mar-

mîte servant au grand prêtre seul. Cette marmite est en fonte et venait de Cuba.

Le grand prêtre et ses élèves ont chacun deux femmes.

Après deux sérieux interrogatoires, le vieillard arrêté est remis en liberté, ainsi qu'une femme, sa sœur, sur Tavis des Hovas qui nous accompagnent.

Puis s ion s -non s ne pas avoir à regretter cette clémence à l'égard d'un fanatique pour lequel nous serons toujours des ennemis !

2^ avril. — - Départ à six heures cinquante. Nous marchons jusqu'à neuf heures dans la montagne. Au bivouac, à Masindray^ le bois faisait défaut. J'ai secoué d'importance rinterprêtCj nommé Rasoatra, surnommé par les soldats Rasoir, et il nous a rapidement procuré, contre argent, tout le nécessaire-

-aj avril. — Nous quittons Masindray à six heures quinze et arrivons à Anosy-Bé après une heure un quart de marche sur une belle route et par un beau temps. Le marché se tient à 800 mètres du camp. Un grand kabary est tenu, à la suite duquel nous remettons en liberté un jeune Ho va prisonnier^ sur lequel les habitants du pays donnent de bons renseignements.

26 avril, — La moitié de la colonne part en reconnaissance à Ambohimondrianariva, village perché sur

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une haute montagne et habité par des forgerons. J'accompagne la reconnaissance jusqu^à la Vohina, une des sources de likopa, profonde d^un mètre d^eau. Il fait froid et il pleut.

Lorsque la reconnaissance est rentrée, les hommes ont allumé de grands feux pour se sécher et se réchauffer. Ils étaient trempés jusqu'au-dessus des reins.

2^ avril. — Étape en plein brouillard sur des crêtes dénudées. Il fait froid. A la descente, la pente est si raide que nous devons avancer très prudemment, en côtoyant de profonds ravins.

Nous revenons près de Manarantsoa.

Le vieillard remis en liberté trois jours plus tôt se présente à nous ; il a coupé ses cheveux et déclare qu'il ne demande qu'à reconstruire sa maison et à cultiver ses rizières; il se confond en remerciements.

28 avril, — Belle nuit, un peu froide. A huit heures, le général et moi, nous allons, en compagnie du commissaire de la reine et de l'interprète, visiter Manarantsoa,

Potir traverser la rivière Sisaony, je grimpe sur les épaules du gouverneur. L'interprète, pendant la marche, était émerveillé de ma vigueur; il disait qu'un officier malgache de mon âge n'en ferait pas autant. Nous rentrons au camp à dix heures et demie. La journée a été belle.

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