‹ Expédition du Mexique, 1861-1867;Chapitre 27 sur 58 · au lucalan · texte numérisé non relu

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tout son passage, aussi bien dans le Yucatan que le long

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1863. tîe la route de Mexico à Vera-Cruz, firent un moment diversion aux tristesses de la situation sfénérale.

Depuis la prise de Campêche par Navarette au mois de février 1864, le Yucatan tout entier s'était déclaré en faveur de l'Empire; un petit corps de troupes mexicaines dans l'intérieur de la province, une garnison mixte à Campêche (') suffisaient pour en assurer la tranquillité. Il n'y avait guère d'autres alarmes que celles qui provenaient des incursions sauvages, mais sans aucun caractère politique, des Indiens Bravos de l'Ouest. Quelque agitation avait ce-pendant continué sur la frontière de l'Etat de Tabasco, dont les guérillas, à l'aide des canaux naturels qui sillonnent le pays, pouvaient se porter inopinément sur un point ou sur l'autre, inquiéter les populations paisibles et entraver le commerce des bois.

Au mois de juin 1865, la canonnière française le Brandon avait remonté le grand fleuve de Palizada avec un détachement austro-mexicain de quatre cents hommes. Palizada fut occupé le 5 juin , et les fortifications de Jonuta furent enlevées le lendemain ; on laissa sur ce point un poste de 250 Mexicains.

Le mois suivant, le général Castillo, alors commandant du Yucatan, voulut tenter une opération dans l'intérieur de l'Etat de Tabasco ; mais lorsque ses soldats se trouvèrent en présence des Indiens du pays, ils furent saisis d'une sorte de terreur panique et prirent la fuite. Pendant deux jours l'ennemi tirailla sur Jonuta. Le Brandon se porta au secours de ce poste; une sortie de nuit, appuyée par quelques marins, porta le désordre dans le camp des guérillas

O) La compagnie de volontaires créoles, la compagnie du génie de la Martinique, la compagnie yucatanaise (août 1864), qui furent relevées par trois cents Autrichiens au commencement de mars 1865.

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qui se dispersèrent en abandonnant leur canon. Leurs ten- -iso;

talives ne s'étant pas renouvelées, il fut possible de retirer de Gampêche les compagnies autrichiennes fort éprouvées par les fièvres (25 août 1863). Du reste, l'intérieur du Yucatan n'avait pas été troublé ; depuis longtemps, les habitants de cette province industrieuse et éclairée, pour laquelle l'empereur Maximilien avait toujours eu beaucoup de prédilection, et qu'il se plaisait à appeler (d'enfant gâté de son règne », insistaient pour qu'il les visitât. Ce voyage, arrêté en principe, avait été successivement remis; puis l'état des affaires ne permettant pas à l'Empereur de s'absenter, l'Impératrice s'y rendit seule. Son passage à Vera- Cruz fut l'occasion de manifestations qui contrastaient singuhèrement avec la froideur dont elle avait été si impressionnée au moment de son arrivée au Mexique. Sa voiture fut dételée et traînée par le peuple (*). Elle fut aussi chaleureusement reçue au Yucatan, où elle séjourna un mois.

Quelque temps auparavant, l'Empereur avait également trouvé une grande sympathie à Orizaba, à Gordova, à Jalapa, et surtout à Puebla. Souvent les princes sont salués sur leur passage par des démonstrations officielles auxquelles se mêlent facilement les cris et les vivat du peuple toujours avide de fêtes et de nouveautés ; toutefois Paccueil que l'empereur Maximilien et l'impératrice Gharlotte rencontrèrent la plupart du temps dans leurs différents voyages, eut quelque chose de si cordial, de si sincère, qu'on est obligé de reconnaître l'influence exercée par leur bonne grâce, leur affabihté, leur bienveillance sur tous ceux qui les approchaient. Du reste, la partie des Etats de Mexico,

(') Le commandant de Vera-Cruz au ministre, 2 di-cembre. — Le maréciial au ministre, 9 novembre, 9 et 28 décembre.

^865. (le Piiebla et de Vera-Cruz qu'ils traversèrent, jouissait depuis plus de deux ans de la plus grande tranquillité. L'agriculture, le commerce, la richesse publique s'y développaient, grâce à une sécurité dont ces contrées avaient été longtemps privées, et les populations se montraient reconnaissantes de ces bienfaits qu'elles devaient à l'Empire ; malheureusement, ces acclamations entretinrent dans l'esprit de l'Empereur et de l'Impératrice des illusions que ne justifiait pas l'ensemble de la situation ; elles leur inspirèrent une fausse confiance dans le dévouement du pays, et dans l'appui qu'ils pourraient trouver près des populations au jour du danger.

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