‹ Expédition du Mexique, 1861-1867;Chapitre 3 sur 58 · PRÉLIMINAIRES DE L'EXPÉDITION · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES DE L'EXPÉDITION

cilement aux exigences de ses créanciers, bien qu'il sache

d'avance qu'il ne pourra pas tenir ses engagements; mais

il était bien évident, à priori, que ce traité resterait lettre

morte. L'empereur Maximilien , soutenu pendant cinq ans

par les soldats et le trésor de la France, a été impuissant à

relever l'état financier du pays. On peiit juger par là quelle

devait être la position de Juarez au moment de son arrivée

à Mexico, lorsque l'ennemi se montrait journellement aux

portes de la ville, et que l'argent faisait même défaut pour

les nécessités quotidiennes de l'administration ; il essaya

d'obtenir une sorte de concordat des trop nombreux

créanciers de l'État, mais ces démarches échouèrent et l'on

prétendit alors que l'influence de M. de Saligny n'y fut pas

étrangère. La banqueroute était donc, à cette époque, la

seule solution qui restât à Juarez. Elle était fatale.

Les emprunts ne donnent que des ressources passagères suspension

^ , ^ , . dii paiement de la

et insuffisantes ; les impôts ne se recouvrent réa^ulièrement «lette publique

qu'après le rétablissement de l'ordre ; son gouvernement,

comme tout autre à sa place, allait donc être obligé d'arrêter

le paiement de la dette publique. C'est ce qu'il fit en effet ;

le paiement de la dette intérieure fut d'abord suspendu ,

puis, le 17 juillet 1861, le congrès vota l'ajournement à

deux années du paiement des conventions étrangères.

En droit, le cabinet de Mexico ne pouvait certainement pas s'affranchir lui-même d'obligations solennellement contractées, mais en fait, c'était le seul parti qu'il eût à prendre, à moins d'abandonner le pouvoir à d'autres qui se fussent trouvés dans la même impasse.

Le décret de suspension des paiements avait pour résultat immédiat de lui permettre de saisir 4 à 500,000 piastres déjà prélevées sur les douanes el mises de côté pour le service de la dette extérieure.

(17 juillet -1861

16 f PARTIE. CHAPITRE l".

(lesmiSresde ^^^ iTiinistres de France et d'Angleterre réclamèrent le et d'AngSerre retrait de la loi du 17 juillet; ne l'ayant pas obtenu, ils le gouvernement empirent Icurs relations diplomatiques avec le cabinet (:>5ju3";£). niexicain(») (25 juillet).

En ce moment du reste, Juarez s'inquiétait médiocrement du mécontentement des puissances européennes ; pour lui, les ennemis à craindre étaient ceux dont on apercevait les bandes dans la vallée de Mexico, les chefs réactionnaires, Marquez , Mejia, Vicario ou Cobos, bien plutôt que les armées éloignées des puissances européennes. Il appréhendait donc peu la guerre étrangère et ne fit rien pour l'éviter.

Les étrangers La Francc, l'Angleterre et l'Espacjne ayant depuis lonff-

au Mexique. . ! . . .

temps à se plaindre des mauvais traitements infligés à leurs nationaux, la question d'mtervention avait été déjà posée antérieurement.

Les étrangers établis au Mexique ne s'étaient pas tenus à l'écart des luttes des partis. Les négociants, les consuls eux-mêmes avaient au contraire souvent favorisé les révolutions sur lesquelles un grand nombre spéculaient, et ils en avaient parfois profité pour accroître rapidement leur fortune, soit au moyen de prêts et de transactions usuraires, soit au moyen d'arrangements de douanes. Cependant après chaque crise, les ministres des puissances étrangères, interprètes trop complaisants parfois des plaintes exagérées de leurs nationaux, présentaient au nouveau gouvernement une longue liste de dommages à réparer, qui se traduisaient toujours par un chiffre excessif d'indemnités pécuniaires. Quelquefois ausoi, ils prenaient à

(') M. (Il' Salii.'iiy ;iu ministre des niïairps ('trangères, 27 juillet ISGl.

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