‹ Expédition et naufrage de La Pérouse [microforme]Chapitre 13 sur 41 · DISSOLUTION DES ÉQUIPAGES · texte numérisé non relu

DISSOLUTION DES ÉQUIPAGES

Le commandant succombe ; 1794 et 1595.

L'esprit soupçonneux des Hollandais fit bientôt concevoir des inquiétudes à la régence, quand elle sut que les bâtimens français avaient navigué dans les Moluques, et y avaient pu prendre connaissance de la situation de leurs établissements dans ces îles. Craignant que, par la suite, ils ne donnassent des renseignemens qui pourraient porter la France à des hostilités contre ces colonies, dont ils étaient si jaloux, ils frent jurer aux officiers de l'expédition de ng point naviguer ultéricurement dans les mers de l'Inde,

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de ne point passer à l'Ile de France en retournant en Europe, mais de se rendre directément au Cap de Bonne-Espérance, où l'on se Les de leur faire donner toute sorte de secours.

Tous s'étant volontiers soumis à ces conditions, on demeura fort paisiblement deux mois entiers dans le port de Sourabaya: des nouvelles fâcheuses arrivées de France vinrent diviser entre eux les équipages français, ( ce qui. au bout de quelques mois , nécessita leur dissolution,

Cependant, depuis long-temps l’insalubrité du climat de Pile de Java exerçait ses ravages parmi ces malheureux França s;un grand nombre avaient déjà succombé à la dyssénterie , dont pes que tous étaient atteints. Le commandant d’Auribeau mourut au sommencement de septembre 1794» au moment où il venait de signer avec. la régence une transaction pour remettre en dépôt les deux frégates qu'il n’espérait plus pouvoir ramener en France.

À la mort de M. d’Auribeau, toutes les collections du voyage restèrent entre les imains de M. de Rossel, devenu le chef de l'expédition,

En 1795, la régence procura à cel ‘officier les moyens d'opérer son retour en France surun bâtiment de la compagnie des Indes; mais il fut arrêté par | les Anglais dans les parages de Pile de Sainte- Hélène , et conduit en ‘Angleterre.

En 1799, sur les réclamations de M. de Prony, sir Joseph Banks, président de la société royale de Lonüres, ‘eut la générosité de faire rendre à la France tout ce qui concernait l’histoire naturelle.

On n’obtint que beaucoup plus tard ce qui était relatif à la géographie et à la nérigatiows mais on lerecouvra enfin; et grâce aux soins ainsi qu ‘aux travaux assidus de MM. de Rossel et Beautemps-Beaupré, le public a pu jouir des fruits les plus in portans de l'expédition à la recherche de. la Pérouse.

On.a entendu, au commencement de, ce récit, M. le chevalier de Frémiaville, parler avec beaucoup d’éloges des instructions données à la Pérouse, nous croyons devoir en publier un fragment ici, pour compléter les documens de sa fatale expédition.

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FRAGMENT DES INSTRUCTIONS MINISTÉRIELLES , | DONNÉES à m. DE La PÉnouse. (Extrait de la 4° partie. )

De la conduite d tentr avec les naturels du pays où les deux frégates pourront aborder.

« Le sieur De ri Pénouse prescrira à tous les-gens des équipages de vivre.en bonne intelligence avec les naturels, de chercher à se concilier leur amitié par Jes bons procédés et les égards. 11 leur. défendra jous les peines les plus rigoureuses de j jamais employer

la force pour enlever aux habitans ce que ceux-ci refuseraient de céder volontairement, D. Dans toutes les occasious , il traitera avec beaucoup de doùge Pet, d° ‘humanité les différens peuples qu'il visitera pendant le caufs ‘de son voyage.

se à l's'occuperä avec èle et intérêt de tous les moyens qui

CE Le

: peuvent améliorér leur condition, en procurant à leur pays les légumes, les fruits et les arbres uliles d'Europe ; en leur ensei-

““gnant la manière de les semer et de les cultiver ; en leur faisant connaître l’usage qu'i ils doivent fairé de ces présens , dont l'objet est de multiplier sûr leur sol les productions nécessaires à des peuples qui tirent presque toute leur nourriture de la terre.

» Si des circonstances qu’il est de la prudence de prévoir dans une longue expédition ; obligeaient j jamais le sieur DE LA PÉROUSE à faire usage de la supériorité dé ses armés sur celles des peuplés sauvages ; pour se procurer , malgré leur opposition, les objets nécessaires à la vie , tels que des subsistonces , des bois, de l’eau, iln ‘userait de la force qu ave la plus grande modération , el punirait très-sévérement ceux de ses gens qui auraient outre-paseé ses ordres.

» Dans tous les autres. Cas , s'il ne peut obtenir l’anitié des sauvages par les bons traitemens il cherchera à les contenir par la crainte et les menacés : maïs il ne recourra aux armes qu'à la

dernière extrémité, seulement pour sa défense et dans. Les cir- Constances où tout iménagement compromettrait décidéiment da sû-

roi des, bâtimons et celle des français dont la conservation lu est confiée. |

» Sa Majesté regarderait comme un des succès les plus heureux de l’expédition , quelle pût être terminée sans qu’il en eût coûté la vie À un seul hoînme. »

PRÉMIEES INDICES Lu TRACES DE LA PÉROUSE. -— 1826.

. Le: capitaine anglais Dillon, commandant Je Saint - Patrick, ayant eu l’occasion de visiter, en 1826, l’île de Tucopia , en rap porta une garde < d'épée en argent qui se trouvait entre les mains des insulaires, et qu’on jugea provenir d'une fabrique française. Un témoignage matériel si important, joint à quelques renseignemens ebténus par le capitaine Villon et communiqués à la Compagnie des Indes à Calcutta, engagea celle-ci, dans un but purement philantropique, à envoyer sur les lieux le nayire la Research, dont le commandement fut confié a au même capitaine Dillon, avec . la mission de faire les recherches leg plus exactes pour découvrir

enfin le lieu où l'expédition française avait. pu périr, et de recueillir les naufragés qui existeraient encore. T1 fut accompagné daos ce voyage par notre compatriote M. Ghaigneau, alors en mission dans l'Inde.

Ajoutons à ce court exposé, tiré du 73" Bulletin de la Société de Géographie, quelques paragraphes d'une lettre du capitaine Dillon lui- même, insérée dans le Morning-Chronicle , le ai janvier 1829, et dans Les Annales maritimes au mois de février suivant.

« En mai 18b6, je passai près Pile de Mannicolo (appelée a aussi

ÿ anicolo ) l'une. des îles de l’Archipel Salomon, ou de la reine

Charlotte , et plus anciennement nommée l'ile Bitt par la Pandora ; tout-à-fait différente de l’île Mallicolo du capitaine Cook :

j'y obtins de Martin Bushard et des insulaires de Tucopia des

renseignemens qui me portérent à croire que V'expédition de la

Pérouse ayait naufragé sur Mannicolo ( 1). je

(1). La miême lettre: nous apprendique Martin Bushard , qui servit d’interpräteau capitdine Dillon, avait résidé; à Tucopia pendant dûuze ans et-hnit

ion lui

Jeureux coûté la

Patrick, en rap- > mains auçaise.

nseignela Comut pure- Resear ch, on, avec écouvrir t de rempag gné alors en

Société de e Dillon er 1829;

léé a aussi Ja reine la Pane Cook :

opia des on de la

it d’interans et-huit

» À mon retour au Bengale, je communiquai ces renseigne-

mens à la Société: Asiatique dans une de nos séances, et sur ma demande, qui fut appuyée de la recommandation de ce corps distingué, le gouvernement de l’Inde plaça sous mon commandewent une expédition dont le but était d'éclairer la destinée du malheureux navigateur français.

» Cette expédition visita Tucopia et Mannicolo , en septembre 1827; et nous trouvâmes, tant sur les bancs qui entourent cette île, que parmi ses habitans , un grand nombre d'objets dont plusieurs étaient ornés de fleurs de lys et ayant tous appartenu évidemment à l'expédition dela Pérouse : ce qui le confirmait , c’est qu aucun navire français auquel ces objets auraient appartenus ne pouvait s’être perdu dans la partie occidentale de la mer Pacifique.

» Le pied d’un chandelier en plaqué , que je m'y procurai et que j'ai depuis apporté à Londres, portait des armes qui, par les recherches faites dans le blazon d'Europe, se trouvent être celles du naturaliste embarqué à bord du vaisseau de la Pérouse. »

Nous allons maintenant faire connaître la relation dû voyage de cet habile marin à l’île Manaicolo (1).

Vovaëe du capitaine DicLon, chargé par la Compagnie des Indes, d Calcutta, de faire la recherche des ni du ouh 4 de ia Pè- ROUSE.

s à | + \ Je is à la Voile du port Jackso le 4 juin-1827, et jetai l’ancre

dans la baïe des flés de la Nouvelle-Zélande le 1°" juillet. mois, depuis le moment où il l’y avait débarqué jusqu’à celui où il l'emmena avec lui à Calcutta, en 1826,

(1) Cette relation , publiée premièr ement dans la Gazette de Calcutta; a été insérée ensbite dans l'Oriental Herald, à Londres.

The Oriental Herald Advertiser ; Ne LVIII , october 1828.

« Narrative ofthe voyage ofcaptain Dillon to ascertain the fate of la Pérouse. »

Le 73° bulletin de la Société de Géographie en à sens uué fidèle traduction que nous lui empruntons.

Le 24, au malin, du même mois, je mis à la voile pourla rivière Thames, et, pendant là nuit, je me trouvai à lt hauteur de son embouchure ; le vent. ne’ permettant pas d'y éntrer le matin, et désirant ne pas perdre de temps, je ie dirigeai sur Tongatabou, des iles des Amis, pour ÿ faire de l’eau et des vivres, etc. J'avais un autre motif pour aller à Tongutabou, c'était le désir de rencontrer le capitaine. Dumont-d’Urville, ‘commandant lAstrolabe, sloop de guerre de Sa Majesté Trés-Chrétienne, qui était parti de la Nouvelle-Zélande environ deux iois avant que j'y fusse arrivé,

Le 15 août, je jetai l'ancre dné la rade de Tongatäbow, et fus ‘bientôt visité par ua Français de l’Astrolabe, et un Anglüls qui avait fait portie de l’é équipage du Port-du-Prince, corsaire anglais de 32 canons ; qui se perdit sur l'une de ces îles, en sbtibre 1806 (1).

’ Gette personné im'apprit que l'Astrolabe était parti de Tongatabou pour visiter les îles Fidii, vers le miliéu du mois de juin dernier, après avoir été maltraité pendant sa relâche ici.

* L’Astrolabe, après être entré dans le hâvré dé Tongatabou , fut jeté sur le rivage, et demeura dans cet étât pendant huit jours, exposé au plus grand danger, ayant er sa fausse quille, deux ancres, et rompu ses câbles.

Al futenfn tiré.de cette périlleuse : situation par un flux de haute tnarée qui Je. rerait à flot; tel fut, pendant un moment, le danger de sa position, que le capitaine se préparait à abandonner le navire aux insulaires, et dans cette intention, il availenvoyé sa vais-

“selle; ses coffres; son argent, à l'établissement anglais des Missions, près du mouillage. Lorsque! fstrolahe fut remis à flot, il entra dans le port, où il resta à l'encre pendant un mois, pour réparer les avaries qu'il avait souffertes.

Quelques jours avant le départ de l’Astrolabe , uni différend s'éleva entre les habitans et l'équipage, et, dans Ja rixe qui s’ensuivit, trois des premiers,et un marin furent tués (2).

(2). Ce bâtiment fut enfeyé par les naturels d’uné des îles de Hapals situées à peu de distance au nord de Tongatabou.

(a) Voir sur ces malheureux événemens, dont quelques détails sont in-

Ja rivière son emn, et dégatabou , rés, ‘etc.

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Le lendemain matin, je reçus la visite de plusieurs de mes anciens amis ; lan d’eux m'offrit un canon double de fusil de fabrique français à double percussion, et une montre d'argent, qui avaient été pris à des officiers de l’Astro/abe, Le Français de mon bord et moi nous achetâmes, lui la montre, et moi le fusil, dans l'intention de les rendre à leurs propriétaires , que j *espérais rencontrer bientôt en parcourant ces îles.

Outre ces détails, j’appris le sort du vaisseau américain le Duc de Portland, qui fut détruit à Tonga, et qu’une. partie des équipages de trois baleinjers avait été tuée en défendant les bâtimens eontre les attaques des insulaires, dans l’espace des quatre années précédentes; tout cela, quoique je fusse une vieille connaissance très-bien accueillie parmi ces enfans de la nature, me détermina à ne point confier ma sûreté à leur amitié.

Pour prévenir toute surprise, je divisai mon équipage en trois quarts et mis un officier à la tête de chacun ; je lui fis connaître le sort dont nos compatriotes avaient été victimes, et lui recommandai la plus stricte vigilance.

Je suis fâché de dire que, malgré ces injonctions, je trouvai, à ma grande surprise, l’officier du second quart ainsi que les hommes endormis avant le jour, le matin du 20 août.

Ce jour-là, je fus réveillé par un bruit sourd qui se faisait sous la poupe, je me.mis, à la fenêtre, et aperçus.un grand canot monté par environ soixante hommes, et puis immédiatement dix-huit autres de Ja même grandeur.

Épouvanté de cette visite inattendue, je sipposai que le vaisseau était sur le ppint d’être escaladé! J'avais dans ma chambre une paire de pistolets et un mousquet chargés; mais, à cause de l'obscurité, je ne pus mettre la main que sur un seul pistolet, avec lequel je m'élançai sut le gaillard-d’arrière, où je trouvai le second officier entièrement endormi, et, courant à la poupe, ÿa déchargeai mon pistolet sur les insulaires.

\ exacts, le Rapport du capitaine Dumont-d’Urville, en date d’Amboine, lé

,octgbse 1827, inséré dans les Annales maritimes el commorciales, publiées par M. Bajot. ( Bulletin de la Société de géographie; 75° numéro. )

Es ee. ns

Je fus bientôt suivi par ur. naturel de l’île, vieux matelot de mon bord, qui avait embrassé le chrir, Aianisemegÿ et qui cria aux habitans de l'île de se retirer, et les avertit qu’autrement l’artil-

lerie du vaisseau allait tirer sur-le-champ et les couler bas. Pen-

dant ce temps, l’équipage avait pris l’alarite, et tous étaient à leur poste,

La Research dut sou salut à cette manœuvre. Si j'avais tardé de

quelques minutes , elle eût sans doute éprouvé le même sort que le Port-au-Prince et le Duc de Portland.

Les insulaires, interrogés le jour suivant sur le motif qui les

avait amenés si près du vaisseau pendant la nuit, répondirent

qu’ils étaient venus pour trafiquer. Quoi qu’il en soit, ils ont toujours le double de: sein d< trafiquer et de surprendre, puisqu'ils ne quittent point leurs armes.

Ayant complètement renouvelé mes vivres et fait de l’eau, je quittai Tongatabou le 26 août; et pris aveu moi trois insulaires pour re servir d’interprètes.

Le :° septembre, je jetai l'ancre dans les eaux de l'ile de Rothuma, et fus ensuite visité par quelques naturels et deux marins anglais qui demeursient sur le rivage.

Ces derniers m’apprirent que l’Astrolabe w’avait point touché à cette île : je laissai entre leurs mains une lettre pour le capitaine Dumont-d'Urville, dans laquelle je l’informais du motif de mon voyage, en l’engageant à suivre. (a Research à Tucopia, où je: pourrais lui donner des détails plus cireonstanciés.

Le 5 septembre, j'aperçus Tucopia, et j'envoyai à terre Martin Busshart, pour se procurér dés interprètes et ramenér à bord le lascar qui avait visité Mannicolo. Vers le soir, l’embarcation ré:

vint avec le lascar et un petit chef nomtré Räthea ; ayant 4 peu près dars l'île le même rang qu’un écuyeren Anglétérre : il nous

offrit ses services comme pilote et interprète pour Mannicolo.

Je fis tous mes efforts pour engager le lasoar à °ceompagn'er;

mais en vain Il persista, comme il avait fait au p-emier voyage,

(1) M4 le capitaine Lhpsaides de Tronielis, commandant 4 topvett® M Rayonnaise, a trouvé cette lottre à Rothumd ; et l'a conservée, I

lot de ia aux l'artil- . Penaient à

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à ne vouloir point quitter sa femme, ses amis et sa patrie mir tive,

Cet fdiauie. est né à Surate. À üotre première éntiéVus, nous ne ponvions nous entendre; son langage était un mélange d'anglais, de Hs et des langues des îles Fidiie et de Tucopia.

J'appris de lui quil y avait six ans qu'il avait visité l’ilé de Mannicolo dans un canot tucopien : à cette époque, vivaient dans l’île deux hommes blancs âgés, qui faisaie :t partie des équipages des vaisseaux naufragés dans cette île : ilavait aussi vu quelques débris du naufrage, tels que des pièces ‘de fer, dés canons de cuivre, etc.

La ouit approchant, j je me c5ntentai de courir des bordées jusqu ‘au lendemain matin 6, et j’envoyai à'térre les dessinateurs avec Martin Busshart et une autré personne ; pour recueïllir parmi les insulaires tous les objeis ayant appartenu aux vaisseau naufragés À Manicolo , etqu'ils pourraient avdir enleur possession.

Les embarcations revinrent dans Paprès-midi avec tous les objets qu’elles purent se procurer. La poignée qui en fait partié appartient à l’épéé dont je rappurtai la gar: à Calcutta sur le Saint- Patrick; elle porte les mêmes chiffres et les mêmes empreintes

Je laïssai en ces lieux une sécondé léttre pour le Capitaine Dumont d'Urville, lui indiquant les moyens dé mé rencontrèr (y.

Ayant terminé tout ce que j’avais à faire à T'ucopia, jé rhis des le soir même à la voilé pour Mannicolo, et le pilote se dirigéd sur ür:e étoile brillant À l’ouest. À dix heures du lendemain inatin ; je me trouvai # moitié Hauteur dé l'île.

À midi, nôusn'éñ étions élo igiés que de :rots du quatre lieues! je POUVAIS api etdévoir qué l’abord dé Ptlé étaitexéeséivément danigefeux, à calsé dés bancs de shblé ét dés iombreux récifs, dônt les qu étaient A fleur d'eau , et lcsautrés couverts dé deux’ou trois

raésdt déni. his

“ti fôur était trop avanéé pétir énvuyer dés dot did

-{1ÿ'Lé capitaine Duiont:d'Urvillé a effectivement trouvé cette:lettre à Tu copia ; Mais elle lui Br seulement qu'il pourrait renconber le capitaine a-Crux. (Bulletin, de la Société de Géographie.,3°

numèrs, )

4a inouillage ; je passai donc la nuit à faire des bordées en tous séns devant l’île.

Le lendemain malin, 8 septembre, dès la pointe du jour, j’envoyai à terre deux embarcations armées, dans lesquelles étaient M. Buss!art et Rathea, pour reconnaître un port et ouvrir des com:aunications amicales avec les insulaires : ils revinrent une heure après la nuitclose. Ils nous annoucèrent qu'ils avaient découvert un port dont l'entrée n’était pastrès-difficile.

L'officier que j'avais chargé de cette mission m’informa, de plus, qu’en doublantune pointe de l’ilé, les bateaux s’étaient trouvés en face d’un village dont les habitans, à leurvue, avaient aussitôt fait retentir leur instrument de guerre, et, ‘rmés d’arcs et de flèches empoisonnées, étaient accourus sur le rivage, où ils avaient commencé leurs danses guerrières. :

Rathea, le tucopien, cependant les harangua dans le langage de Maanicolo , et leur dit de ne point s’alarmer, qu’il leur conduisait un vaisseau chargé de colliers et de coutellerie , et qu’ils n'avaient rien àcraindre de la part des blancs ; qu’i ils n’étaientpoint des esprits, mais des habitans d’autres terres, qui faisaient des présens à tous les chefs des peuplades qu’ils visitaient,

Ce discours les tranquillisa : ils furent chercher leurs femmes, leurs enfans, leurs vicillards, qui s'étaient réfugiés dans les bois pour échapper à ceux qu’ils regardaientcomme venus pour envehir leur pays. Ils invitèrent Rathea à venir à terre, le reçurent avec douceur et le prièrent de faire descendre un matelot sur le rivage, afin qu'ils pussent s’assurer qu'il était homme comme eux.

Martin Busshart saisit l’occasion de les convaincre en s’élançant sans craiote surle rivage : ils l’accueillirent avec des manières amica-

les ,examinant avec un soin minutieux ses membres et sa peau,

et restèrent tous persuadés qu'il n'était réellement qu’un homine.

Des présens, tels que des colliers, des boutons, furent distribués aux insulaires, qui promirent à leur tour de venir visiter le vais-

seau le jour suivant. Jusqu'au 12 septembre, nousnous occupâmes à chiercherun meilleur abri ; maisn’entrouvant pas, je jetail'ancre, he 15, dans le port premièrement découvert.

ba saison des pluies arait déjà commencé, et le climat'était mal!

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stribués

le vaispâmes l'ancre,

ait mal!

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sain. Plusieurs Européens de mon bord étaient atteints de la fièvre, qui neles quitta qu'après notre départ de la Nouvelle-Galles du Sud,

Je fis plusieurs questions aux habitans , relativement aux deux hommes blancs laissés à Mannicolo, etles plus vieux d’entre eux me donntrent les détails suivans sur les vaisseaux qui les avaient amenés. \

k | RÉCIT DES INSULAIRES.

Lorsque les vieillards n'étaient encore que des enfans, il s'eleva pendant une puit yn ouragan furieux qui renversa les toitures de leurs cabanes, brisa leurs arbres fruitiers, « exerça dans l’île de grands ravages : deux grands vaisseaux se petdirent sur la côte sud-ouest de l’île, près des villages de Wannow et Priow; l’un d'eux s’engloutit, et l’autre sè brisg contre les écueils. Les esprits qui mon- ‘aient le dernigr vaisseau rassemblèrent sur le rivage, à Pont plusieurs objets qui leur servirent à construire un petit navire deux mâts, sur lequel ils s’'embarquerent, laissant derrière eux du de leurs compagnons. J'étais sur les lieux où ce petit navire fut construit.

Çes hommes étaient connus des insulaires sous le nom de Mara.

L'un d’eux mourut environ trois ans et demi ant mon arrivée ; P autre demeurait ayec un chef de tribu des Pawcories; il suivit son protecleur dans la guerre , où celui-ci, ayant èté vaincu , fut contraint pour son salut de fuir dans ne des îles voisines : l'homme blanc, son ami, l'accompagna dans ce voyage. ;

C:1 événement arriva une saison et demie (ou un an et demi, car r':…‘<sientleur aunée d'après le retour de deux saisons, froide etcheucs ; avant mon arrivée, Depuis ce temps, on n'a plus entendu partie.’ de la tribu des Pawcories.

Les naturels de Mannicolo rapportaient que de grandes guerres avaient eu lieu entre les blancs et les habitans de la côte ouest et sud-ouest de l'ile, et que pendant ces guerres, cinq des chefs de Wannow et quarante de L: ;rs hommes avaient été tués.

Nous jetämes l’ancre à l’est de l'ile, dans la baie de W. B. Bay-

ley, et nous apprimes bientôt que les peuplades voisines étaignt gen raleu. at en guerre avec celles qui habitaient la part’ lodest

el sud-ouest de l'ile; qu'ilsne se mélsientpes des différends de leurs snpernl avec les blancs, et qu qu n'avaient vu auçun de, paufragés,

Les naturels de la côte en vue de noire mouillage communiquaient olontiers t tous les détails qu ‘ils connaissaient s sur le mal. heureux événement, tandis qu’il en était tout autrement de ceux qui habitaient la partie voisine du lieu du nauirage. Ils étaient bien moins portés à ‘répondre à nos questions, s’excusant sur ce que tous ceux qui pouyalent se rappeler. LU événement étaient morts; mais ce n était qu, ’une réponse évasive, çar | a ‘contenance débile, les cheveux blanchis et l’âge avancé de. Ceux qui. se ser-

vaient d'un pareil subtertuge, me prouvaient a: assez qui xls avaient bien pu être témoin: nulaires.

Le fait ‘est que les à ô sas de Wannow et Brjowe me regar-

dafent avec. jalousie « et sou, çon : ils |graignaient que, je ne vinsse pour eur demander satisfaction des gruautés. qu fils ayaient sans doute exercées sur les malheureux naufragés.

Je partis de Mannicolo le, 8 octobre, ayec l'intention de visiter les iles sous le vent, pour chercher le Français qui avait pris la fuite avec la tribu des Pawcories.

La plus | près de Maanicolo est l’île d'Ourrÿ, où ‘la Nouvelle-

tttoiit

Alderney du capidine Carteret, en À, D. 1767. ïl avait placé cinq iles dans ces parages; maintenant ln ’en existe plus qu’u une, , appelée Olooboa ar les habitans.

J'avais pris à “Mannicolo un naturel d'Otoobog ; ; je l'envoyai à terre le lendemain matin avec deux embarcations armées , qui revinrent le soir sans avoir pu recueillir aucuns renseignemens sur le Français. Ces embarcalions ramenèrent deux tucopiens. |

Le 10 au matin, je mis le cap sur l'ile la plus Yoisine, appelée par les Espagnols Santa-Cruz, par le capitaine anglais Carteret, île de lord Egmont, et par les naturels, Indenny. 6

Je passai la nuit entre cette île et Tinnacoraw, autrement apps ile du Volcan, par Carteret; elle était en un complet état

d'ignition, et de toutes parts jaillissait une lave enflammée qui caulait comme un torrent sur les côtes de l’île. |

Le lendemain matin 11, j'entrai dans la baie Graciosa, de l’ile

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état 8 qui

d'{ndenny où Santa-Cruz , et fus aussitôt environné par 195 capots de trois:ou cinq hommes chacun... :

Avant que j'eusse atteint le mouillage, ils commencèrent l’attaque en lançant à bord des flèches empoisonnées, auxquelles je ripostai par une décharge de neuf mousquets pour leur démontrer à Lemps que, quoiqu’animés d’intentions pacifiques, nous n'étions pas disposés à nous laisser at. iquer avec impunité. Le seuk mal que leur fit: cette décharge fut une blessure que reçut un insulaire dans la partie charnue du bras.

Je jetai l’ancre à l'entrée de labaie près des lieux où l'amiral espagnol. Mendana établit et abandonna une colonie, 233 ans environ avant on arrivée ;je ne rense pas que depuis ce temps, il soit entré d’autre vaisskau. dans la baie Graciosa , si ce n’est la Research.

Mon interprète tucopien, Rathea, ne put rien comprendre au langage des.insulaires ; les deux autres Lacopiena le remplaaërent dans les fonctions d’interprète.

Je m’informai si le chef de la tribu des Pawcories, venu de

Mannicolo avec un, home blanc, était parvenu à Zndenny. Les

aaturels répondirent qu’ils ne les avaient jamais vus. Etant.toujours mouillé dais la aie Graciosa, je formai un conseil composé de mes.officiers, conformément aux ordres que j’avais reçus à.cet égard, pour'délibérer sur la question de savoir si uous pousserions plus avant nos recherches où nop, afin de découvrir le seul homme survivant des naufragés. L'opinion unanime fut que toutes recherches ultérieures seraient infructueuses; le

mauvais état de mon équipage me fit aussi donner mon avis eu ce sens.

Rathea et Martin Busshart FES FN alors à être reconduits à Tucopia, comme nous en étions congenus ayant de quitter ceite île ; dans les circonstances actuelles, il était difficile pour moi d’agir par moi-même ; je convoquai donc encore le conseil de mes officiers , qui décidèrent que nous devions débarquer ces hommes à Tucopia, et nous conformer à nos conventions, d’après lesquelles ces hommes avaient quitté leurs maisons pour suivre uue exp dition qui ne leur présentait aucun intérêt personnel. /

Je mis donc à la voile le 14 octobre pour Zndenny ou Sara-

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