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Cruz, et le lendemain le: Français, tes destinateurs et un officier tombèrent malades, et le 18, je fus moi-même atteint de la mêmé maladie, qui exerçait dans cé moment de grands ravages dans mon équipage.
Ilne restait plus qu’un seul homme pour commander les manœuvres, et peu de marins européens pour les exécuter. L'hôpital renfermait vingt-deux malades. ?
Le 30 du même mois, le médecin m envoya une opinion écrite,
par laquelle il me conseillait de chercher au’ plus tôt un port dans la Nouvelle-Galle du Sud ou dans la Nouvelle-Zélande, parce qu’en restant sous les tropiques avec un aussi grand nombre de malades à bord, le mal prendrait de plus grands développemens, et que je compromettrais le salut du vaisseau et la vie de tout l'équipage.
Considérant qu’il ne restait plus pour conduire ce navire qu’un seul officier, qui pouvait lui-même tomber malade, je crus qu’il était prudent d'adopter l’avis du médecin, et je fis gouverner sur la baie des îles de la Nouvelle-Zélande, où nous arrivâmes le lundi 5 novembre. |
Le lendernain, le médecin me fit comprendre los nécessité de nous procurer une cabane sur le rivage, pour en faire un hôpital, et de débarquer aussitôt que possible les hommes qui se trouvaient sur la liste du docteur. Je me procurai une cabane sans perdre de temps, et mis aussitôt les malades à terre.
J'étais moi-même très-mal , et. je savais que d’ici à long-temps il ne serait pas prudent de passer les tropiques avec un équipage qui était dans un état aussi déplorable. Je pensais à tous les dangers que pouvait courir notre navire sur une mer parsemée d’écueils, et considérant les préc.: 1x restes que nous avions à notre bord, voyant, surtout , que mes provisions étaient presque toutes épuisées, je me mis à réfléchir sérieusement à la marche que je devais suivre dar s cette circonstance critique.
D'abord, j'étais convaincu que mon équipage ne serait pas en état de quitter la Nouvelle-Zélande au plus tôt dans un mois ou #x semaines; ensuite il nous aurait fallu deux mois pour aller à Aucopia et de là au port Jackson, faire des vivres, puisque la sai-
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son était trop avancée pour nous rendre dans l’fnde en suivant la route ordinaire par le sud de la Nouvelle-Hollande, et trop peu pour naviguer dans le passage du Nord par le détroit de Torres ou le canal Saint-Georges; ce qui me plaçait dans l’impossibilité d’arriver à Calcutta avant le commencement dé juillet prochain.
Je consullai donc mes officiers sur ce que nous avions à faire dans une pareille situation ; ‘on fut d'avis qu'il fallait se procurer un petit navire afin de débarquer les interprètes.
Peu de temps après cette délibération , le capitaine Kent, commandant le brick le Governor Macquarie, du port Jackson, m ’offrit de reconduire sur son bord les interprètes à Tucopia. Je soumis cette proposition à un conseil composé de M. Chaigneau, de M. Russel et moi. Nous décidîmes unanimement qu'il fallait accepter la proposition du capitaine Kent. M. Russel @ÿmbarqua sur le Governor Macquarie avec les interprètes, et peu de temps après mit à la voile pour Tongabätou et Tucopia.
"Je partis de la baie des îles le 15 décembre, et j’arrivai au port Jackson, dans la Nouvelle-Galles du Sud, le 29 | du même mois.
Le jour de mon arrivée au port Jackson, j'appris que le sloop de guerre français l’ A strolabe avait touché à la terre de Van-Diémen le 19 décembre, et que son commandant, M. Dumont-d’Urville, avait recueilli quelques informations à Amboine , sur les découvertes que j'avais fdites à bord du Saint-Patrick.
J'appris aussi qu’il avait quitté | la terre de Yan-Diémen, pour se diriger vers la Malicola du capitaine Cook ; maisj”espérais qu'ayant eu connaissance de mes succès sur la côte de la Nouvelle-Zélande , il atriverait au port Jackson vers le 27 du mois de janvier; en censéquence je l’attendis jusqu'au 31, lorsque ne voyant plus de probabilités qu'il touchât à ce port, je mis à la voile le 1° février, et je me dirigeai directement sur Calcutta.
PIERRE DiILLON.