‹ Expédition et naufrage de La Pérouse [microforme]Chapitre 17 sur 41 · DÉBRIS TIRÉS DES FLOTS · texte numérisé non relu

DÉBRIS TIRÉS DES FLOTS

Désormais tranquille à l'égard dé la corvette , le 3 mars, à trois heures et demie du matin, la chaloupe armée en guerre et la grande baleinière partirent sous les ordres de MM. Gressien et Guilberf. La mission du premier était de reconnaître avec tout le soin possible les récifs de Paiïou et de Vanou; et celle de l’autre, de se procurer des objets remarquables du naufrage , tels que ancres, canons , etc. Ils furent deux jours entiers absens du bord, et ne rentrèrent que le 5, à cinq heures et demie du matin. Quoique contrarié par le mauvais temps, M. Gressien exécuta sa reconnaissance; et M. Guilbert, après de grandes difficultés et de violens efforts qui fatiguèrent et mêrne endommagèrent la chaloupe, parvintäse procurer uné ancre de dix-huit cents livres et un canon court en fonte , du calibre de 8, tous deux corrodés par la rouille et couverts d’une croûte épaisse de coraux, un saumon de plomb et deux pierriers en cuivre.

Ceux-ci, beaucoup mieux conservés, seront surtout précieux par les numéros d’ordre et de poids qu'ils portent sur leurs tourillons, Le plus fort a les N°° 548 d'ordre et 144 de poids; l’autre, les N° 286 d'ordre et 94 de poids. Par là, en consultant les archives du parc d’artilierie de Brest, il sera facile de s'assurer, non seulement si ces pièces proviennent de l'expédition de la Pérouse,

HER wi À

Et AE

"SE no rs ir

Em #

En

mais encore de reconnaître à laquelle des deux frégotes, la Zoussole ou l? Astrolabe, elles ont appartenu. Je ne doute pas un seul instant qu’elles ne soient de fabrique française, et j'ai la conviction morale , fondée sur tout ce que j'ai vu et appris à Vanikoro, que les bâtimeus qui s’y perdirent étaient effectivement ceux que commandait la Pérouse; mais j’ayoue que les numéros de ces deux pièces en seront les seules preuves matérielles. Moins heureux que Dillon, aucun des objets que nous avons pu nous procurer ne nous a offert de fleur: de lis. Il est vrai que ce navigateur, arrivé trois mois avant nous sur ces lieux, a pu recueillir les naturels tous ceux qui portaient ces murques intéressan' :8, et ne nous laisser que ceux d’une moindre importance.

Page 1