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4 n’ajouta donc que peu de chose aux connaissances que Cook avait données sur ces parages. Il y éprouva d'ailleurs une partic des inconvéniens qui avaiént empêché le commandant anglais de perfectionner cette partie de ses travaux : des brumes continuelles lui dérobaïent la vue des terres: des courans portant constamment aû large l'en écartaient sans cesse. Ce furent ces courans qui firent soupçonnér à la Pérouse une vérité constatée depuis par Dixon et Vancouver : c'est que ce que Cook et lui avaient généralement regardé comme la côte du continent même, n'était qu’une chaîne d'îles qui la prolongeait, et qui, coupée par des canaux entre lesquels les eaux s’échäppaient avec violence vers l'O. ; occasiotinait la direction constante des courans vers ce point. Ainsi donc, l'expédition française, après avoir seulement fixé les positions de quelques lieux isolés, atteignit les bords de la Californie, et elle relachA dans le port de Monterey le *4 septembre.
M. de la Pérouse reprit le. mer le 24 du même mois, et fit route au S. O. Ichercha d’abord, mais vainement, à retrouver l’île de Nuestra Señora de la Gorta. Il est très-probable que cette île, de même que celles de la Mesa et des Jardins, que les géographes ont tous placées sur leurs mappemondes d’après une vieille carte espagnole prise par Anson à bord‘du galion qu'il avait capturé, il est très-probable, dis-je, que ces îles ne sont autre chose que les îles Sandwich elles-mêmes, dont les positions ont été faussement déterminées par d'anciens navigateurs,
Le 14 novembre, étant par 14° de latitude et 165° de longitude, la Pérouse découvrit un flot ou plutôt. un gros rocher de cinq cents toises d'étendue, qu'il appela ile Necker. Trente-eix heures après, {a Baussole et L'Astrolabe faillirent se perdre'au milieu de la nuit sur un écueil presque à fleur d'eau: on l’aperçut à la faveur d’un très-beau cloie dé lune ; le ternps était si calme, que la
donné, n'étaient, comme nons l’avons dit, que de grosses flûtes de 500 tonneaux, Au lieu de 165 doubler en cuivre, on les avait doublées en bois et mailletées; ce qui ajoutait encore à leur pesanteur, à l'inégalité de la surface de leurs carènes, altérait leur marche, par conséquent les empêchait de bien gouverner et les faisait dériver considérablement,
mer n’y brisait presque pas; et.les deux navires s’en trouvaient à peine à deux encablures, lorsque , à l’aspect inopiné de cé, danger, on changea PPORRIEMENT de route : pour peu que le EE eût été obscur, c’en était fait de l'expédition. .
Ceux qui affirment d’un ton si tranchant qu’iln existe, pas de vigies isolées en haute mer, et disent qu’on devrait avoir depuis long-temps effacé de nos cartes tous ces écueils fantastiques qui, selon eux, gènent la navigation et inquiétent les marins, ceux-là ‘ verront dans cet exemple s’il faut se fier à leur assertion.
Revenons à M. de la Pérouse. Dès qu’il fit jour, il revira de bord et alla reconnaître en détail l’écueil qui avait failli lui être si funeste : il trouva qu’il ayait quatre lieues d’étendue; sa position fut exactement fixée » et il futnonnmé Basse des Frégates françaises.
Les deux navires se dirigèrent de ce point vers les îles Mariannes, dont on eut connaissance le 14 septembre. Le commandant eût bien désiré faire un examen détaillé de cet archipel, dont toutes les îles sont plus qu moins mal placées sur les cartes ;:mais, pressé par le temps, afin de se trouver dans les mers de Chine,à l’époque de la mousson favorable, il fut obligé. de renoncer à ce dessein, après avoir fixé seulement la position de l'ile de l’Assomption, où il mouilla pendant quelques heures. Il passa outre ;. et, le 26 du même mois, aperçut les iles Bashées.
Le 3 janvier, la Pérouse entra dans la rade de Macao. Ses équipages, fatigués d’une traversée si longue et pendant laquelle lesreläches avaient été de trop peu de durée, avaient grand besoin de se reposer dans un lieu abondant en rafraîchissemens. Ils eurent le plaisir de trouver , à Macao, des compatriotes, des amis, à bord de la flûte française {e Maréchal de Castries, que commandait M, de Richery, enseigne de vaisseau (1). La Pérouse en reçut trois gardes de la marine et quelques matelots, pour son 4
(1) Devenu depuis contre- amiral, il s'est distingué pendant la AR guerre. (M. de Fréminville, )
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; 13 ceux qu'il avait eu le malheur de perdre d’une manière si désastreuse.. Toutefois , il ne put trouver dans ce port'les moyens de faire à ses bâtimens les réparations dont ils avaient besoin; ni dé reçonstraire deux canots pour remplacer ceux qui avaient nau-
fragé au, Port des Français. Il quitta: donc ce lieu au bout d’un
mois. de séjour, et se rendit à Manille, où il devait trouver des ressources de tous les, genres: 11 découvrit l'ile Luçon.le 15 féyrier, et mouilla à Cavite le 28,
Accueilli de la manière la plus favorable par le gouvernement espagaol, taut ce. que renfermait l’arsenal de Cavite fut mis à sa disposition pour les besoins de ses vaisseaux ; ils y furent'parfaileient radoubés, et un relâche de quarante jours permit auxéquipages de jouir d’un repos haie poue se préparer à + nouvelles fatigues. 5 Y 9
Les instructions de la. Pérouse lui brosoainaives d'apporter une attention. particulière à d'importantes reconnoissances dans les mers orientales, et à explorer avec soin:la partie N. E, des côtes de Tartarie et îles adjacentes, à peine connues jusqu’alors;etseulement d'après les prhote r nn des: ‘Russes et des Hollandais.
En partant de la: baie de Maville, re 10 charte is M. de la Pérouse se dirigea vers le N., entra dans le canal qüi sépare les côtes de la Chine de l'île. de Formose, et y découvrit un bancinconnu , lequel , avec les îles Pong-hou, ‘amas: confus de rochers, rend très-dangereuse la navigation de'ce canal. Contrariés par les vents et le gros temps, {a Boussole et l'Astrolahe ne: purent le traverser en entier ; elles en ressortirent pour passer au large de l'île. Elles reconnurent celles de Botol ; de Kumi et d'Hoapinsu, dônt les positions furent rectifñées ; jusqu'alors elles n'étaient
. marquées sur lés cartes que d’après celle du jésuite Gaubil, qui
n'avait pu lui-même les y placer que d’une manière approximative. Continuant ensuite de s’avancer au N., on alla chercher l’île Quelpaërt, qui avoisine la: côte de Corée; île qui n’était encore connue que par le naufrage qu'y fit, en 1635, le navire hollan- dais le Sparrew-Hawk. Les frégates françaises la retrouvèrentet y ahordèrent le 21 mai. La latitude et la longitude en furent déter-
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