S II
iTÀBLISSEMENT DE l'appareil SERVANT AUX BXPIrIENCES.
20. Céà expériences' devant se Eure ^ans l'enceinte même des fortifications de la ville de Metz, afin d'évité les déplacemens , on né fut pas entièrement maître de choisir un local propre à' satisfaire à toutes les conditions qu'il serait convértable de s'imposer dans des expériences hyr drauliques.
Le voliiïne des eaux mi^ à notre disposition par les bas^ sins dé la Seiilè et de; ia Moselle , qui viennent se réunir au-dessous de ta ville en la traversant de part en part ^ étant très-considérable dans la majeure partie, de la saison où Ton peut opérer, on ne rencontrait, sous ce rapport, aucun ùhÉtâtlê au hxkt quon voulait atteindre; mais il nen était pas ainsi qli&itt à la chute disponible^ Près des diverses écluses, délrasoirs ei* retenues d'usines, établis sur l'une ou l'autre' rivière , là chute ^de l'amont à l'aval, ne s'élève pas au-delà dé 2"* à l^.fo; quoique la hauteur de pente gé* nérale, de feutrée à la sortie des eaux dans la ville, surpasse même 4 mètres. . :
Après un exanten' attentif des ressources 'offertes par là disposition naturelle des fossés de la fortification, nous pei> sâmes qu'un locàti qui* ftotis permettrait de recevoir et àfi
retenir à toute leur h^iuteut les eaux de la Moselle supérieure dans un bassin sufiisamment vaste pour offrir les avantages attachés à un niveau constant , et dç les déverser immédiatement dans la basse Moselle» très-loin de son. enr trée dans la ville; nous pensâmes, dis-je, quun tH local pour vait présenter les chances de succès les plus favorables.
2 1. Cest ce local que nous avons eu le bonheur de rencontrer, et qui nous a permis de disposer d'une chute totale de près de 4 mètres de hauteur; m^is» comme il faut un bassin de jauge très-grand et suffisamment profond, pour recueillir les eaux provenant des expériences, ainsi quun canal de décharge et d arrivée de ces eaux, comme enfin les orifices ne peuvent» sans limiter la question et. sans in* convéqient, être placés très-près du fond du réservoir, il a fallu sacrifier une portion notable de la chute totale, dont la partie disponible s'est trouvée réduite à environ 2 mètres pour les circonstances les plus favorables. Cette hauteur de charge a en efiet été obtenue dans les expériences de 1B27; mais, dans celles de 1828, U charge na jamais excédé i™,^o , soit à cause des sécheresses, soit parce que les retiennes extrêmes des eaux dans le bassin* supérieur n'étaient pas $ans inconvénient et occasionaient des plaintes. Heureuftement que les charges au-dessus de 2 mètres ne sont pas celles qui intéressent le plus la pratique, et que les expériences de Michelotti et de Bossut , ainsi que les nôtres , s'accordât à prouver que les cœfficiens de correction des formules varient extrêmement peu, quand les charges sur le centre de l'orifice excèdent huit. à dix fois ia, hauteur de l'ouverture. .
L'empla^cement dont nous voulons parler est situé en amont du grand pont/ dît Je Pontiffrpy, qui traverse le bras inférieur de la Moselle vers sa sortie de. la ville;, il est sur la rive droitç de ce bras , et comprend une Ifingue de terrain d'une largeur d'environ 5^0 mètres!, séparant la basse Moselle
3 2 • fiXPÉAlENCEfr
des fossés de l'enceinte de. Saint • Vincent , fossés qui sont alimehtés par les eaux de la haute Moselle, au moyen dult canal' souterrain et d^unie vanne d'entrée placée à côté du dë^ versoîr dit iies Pucelles^ à environ iioo mètres au-dessiii du Pontîflroy. Les mêmes fossés sont traversés, un peu audessous du point où se fait la prise d eau ■ nécessaire aux expériences, par un^^^batardeau en maçonnerie portant un pertuis avec vannpiquî se fertne et s'oUvreà volonté, poair le règlement des feaux dans les fossés dcf lîenceîiite jde Chambîèfç. On pput ainsi élever les eaux des fossés die Saint*- Vincent au niveau 4^ celles de la h^ute Moselle, et, à faide de la vanne placée à la prJie supérieui*é, on est maître tl'en- régler fe>ivolitme selofi' les besoins/ Oft peut voir une partie de tesi fossés et du bat^rdeau inférieur (a') dans le plan général joint à ce mémoire [ploncbe /'. fg-^)*
22. Ce dispositif , pour lequel il n'y avait point He frais à faire , prés*hte l'avantage d'un bassin immense , d'une sUr perfîcie de plus de 25000 mètres carrés, et qui aurait pu servir^ immédiatement- dé réservoir pour les expériences, s'il tvLt été facile d'én^ régler le niveau et d'opérer la*^ manoeuvre Ae% vannes; d'eiitrée et de sortie;^ mais la nécessité d'alimenter d'eau les .fossés de Chambîère à'urte manière constante, \^s variations <lu îiîveau dans la' Moselle supérieure occasionnas ^ar Ije feu tj^s uçines, 3cc. , J'impossî*hWité, d'empêcher ics énormes fuîtes qui se font à travers le batardeau d'aval, enfin lelévation du fond des fossés de Saim-Vincent •au-dessu$ du lit ide la .basse; Moselle, ont fait renoncer à l'idée de leur donner une telle destination. Il a fallu^ créer tm nouvpau bassin (b^ { planches* f et i^fig^ /, 2, ^ ei jf) entr-e 'Ces fo^pés çt la basse Moselle ; pratiquer un canal d'enttée 'avec un6 double vanne de gâtde en (c^ {planche i^%fy^ / ^^ ^ ) pour y admettre des eaux , ainsî^u'un canal de déchargèrwJUîtffrrain^u' e' {planches t et 2, fg. il j, f, 6
et /) avec vanne en d' pour vider le bassin à volonté, et qui , conjointement avec la vanne en {c\ pût servir à régler parfaitement le niveau pendant la durée de chaque expérience; enfin on a dû établir au-dessous du réservoir (b'), pour recueillir et mesurer le volume des eailx écoulées par les divers orifices, un bassin de jauge (j') [planches i et 2, fig. I, 2, j, ^et if)f ainsi qu'un canal général de décharge (f') {planches i et 2, fig* 1,2,^ et jf) servant à verser toutes les eaux dans la basse Moselle.
Les dimensions et cotes des parties importantes ont été indiquées dans les planches / et -2 [fg. / , ^ et^^^jf ) et dans la légende qui précède \ts planches : on y trouvera aussi l'indication de déblais, digues en terre et constructions en charpente qu'il a été nécessaire d'établir , et dont ies plans et coupes détaillés sont rapportés dans la planche 2 {fg*J, ^pj* ^ et y\ Ces planches suffisant pour donner une Jdée exacte de l'ensemble et des diverses parties , nous nous bornerons ici à ajouter quelques observations particulières , que nous croyons essentielles pour l'objet des expériences.
23, Les localités ont, comme on voit, singulièrement favorisé l'établissement du nouveau réservoir (b') : car, ce réservoir étant compris entre le chemin • couvert du corps de place de Saint- Vincent, et un avant-chemin-couvert séparé du précédent par les excavations pratiquées lors du commencement d'exécution d'un ouvrage anciennement projeté par Cormontaingne sur cette partie de la place, et dont l'achèvement a été totalement abandonné; ce même réservoir se trouvant d'ailleurs naturellement limité, d'un troisième côté, par les glacis de gauche de Saint- Vincent , on n'a eu besoin que de construire la digue en terre (k') ( planche j^^, fig. f^ ) pour qu'il devînt possible de contenir les eaux à la hauteur de celles de la Moselle supérieure.
Le réservoir dont il s'agit , présentant lors des fortes
charges une superficie d'environ 1500 mètres carrés, néprouverait qu un abaissement de niveau d'un millimètre pour une dépense deau de i"***^*,5, en supposant même qu'il ne reçût aucune alimentation de la part des vannes ( c' ) ; mais , la dépense des orifices d'expérience pouvant s'élever beaucoup plus haut, comme on le verra tout-à-l'heure, les variations du niveau seraient devenues trop fortes malgré la grande étendue du bassin , et il était nécessaire de recevoir une afHuence continue de liquide , pour que le niveau pût s'entretenir très-sensiblement constant. D'un autre côté, les vannes (c') ayant dû recevoir iJe grandes dimensions par le motif qui sera exposé plus loin , elles ne pouvaient dès -lors être manœu- \rées avec commodité pour régler le niveau, et c'est ce qui a fait recourir à ia vanne de décharge d\ placée à une certaine distance des orifices d'écoulement, laquelle offre, en outre, l'avantage de pouvoir mettre complètement le bassin à sec en très-peu de temps.
z4' Cette vanne de décharge, n'ayant que 0^,40 de largeur, se manœuvre aisément à l'aide d'une tige verticale ; et , comme elle tire les eaux du fond , elle a une action sensible sur l'abaissement du niveau supérieur du réservoir : l'habitude qu'acquiert l'homme chargé du soin de régler ce niveau, fait qu'il atteint en assez peu de temps le but désiré. On remarquera, au surplus, que l'entrée de la vanne de décharge est séparée par un éperon de la partie du réservoir où est placé l'orifice, de façon à éviter le plus possible toute cause de trouble : on s'est assuré, en effet , par des expériences directes et variées, qu'on obtient, pour les mêmes orifices et les mêmes charges, une quantité d'eau constante, soit que le niveau dans le bassin ait été réglé en maintenant la vanne de décharge plus ou moins ouverte, soit qu'il l'ait été en ia laissant totalement fermée. Or, dans toutes nos expériences, le niveau a été établi de manière à ne
mettre qu'une très -petite (quantité d'eau surabondante dans ie bassin , et à lever en conséquence de très-peu la vanne de décharge.
Cette faibie influence de l'écouiement par la vanne de décharge s explique très-bien , non-seulement par le dispositif de l'éperon qui annulle en grande partie le mouvement latéral des eaux» mais encore par i'éloignement même de cette vanne, des orifices d'expérience qui se trouvent reportés dans l'intérieur du bassin de retenue (r') [planches i et a, fg. î, 2., ^, jf, y et (f)f dont Tobjet essentiel est de placer ces orifices dans les circonstances les plus ordinaires de la pratique, et de permettre de varier très^aisémént les différens modes par lesquels l'eau peut y parvenhr directement
2 5 . Pour atteindre ce dernier but> on a donné au bassin dont il s'agit une forme prismatique régulière, et l'on a revêtu son fond horizotital et ses &.ces verticales de madriers de 54 millimètres d'épaisseur^ fixés contre des gîtes et poteaux en chêne d'un fort écarrissage , au moyen de clous et de vis à bois. La face d'aval , destinée à recevoir les différens orifices, se trouve appuyée contre quatre gros môntans en chêne, qui laissent entre eux tout l'intervalle nécessaire pour recevoir 1» plus grands orifices , sans gêner la manœuvre. L'intervalle du milieu est spécialement destiné aux expériences; on a eu soin de le fermer, du côté du réservoir; par des bouts de madrier sans rainures, et fixés avec des clous à vis qui pussent être enlevés , au besoin, pour y substituer un châssis monté à boulons et écrous. Ce châssis , formé aussi de madriers de o"^,0 54 d'épaisseur, porte ïorifUe fixe ou permis, dont les bords sont taillés en biseau et évasés, vers l'aval [planches / et 2, fig. /> ^, i/ -^^ /' ^ ^^ ^^)» ^^ £içon que la veine fluide ne puisse atteindre, à sa sortie du réservoir, les parois formées par l'épaisseur du châssis, et que par conséquent on soit en état, quand cela est nécessaire, de
placer rigoureusement les choses dans les circonstances des orifices à mince paroi.
26. Les dimensions du bassin de retenue (r'), du bassin de jauge (j'), du canal de décharge (p'), &c., ont été réglées de manière à permettre de varier les expériences dans une étendue raisonnable, et sur une échelle plus rapprochée des circonstances ordinaires de la pratique que] ne le comportaient les appareils mis en usage par Michelotti et Bossut.
Nous avons pensé que des orifices qui pourraient recevoir jusqu'à un quart de mètre carré de surface , et débiter un mètre cube d'eau par seconde sous une charge de 2 mètres environ, seraient très- convenables pour servir de limite supérieure aux expériences. Un tel orifice, ayant de 0^,50 à I mètre de base horizontale et 0^,25 à o°*,50 de hauteur, se trouverait encore dans les circonstances les plus ordinaires de la pratique , quand bien même son bord inférieur ne serait élevé que de 0*^,30 à o°*,4o au-dessus du fond du bassin de retenue , et que les bords verticaux ne seraient distans des faces latérales de ce dernier que de 1^,50 ou même de i"*,3o; car il arrive rarement que les radiers et les bajoyers qui accompagnent ordinairement les pertuîs d'écluses, du côté du réservoir, soient respectivement à àes distances aussi grandes des joues ou boirds de ces pertuis.
D'ailleurs , le calcul démontre que , dans ces suppositions extrêmes. Taire des sections d'arrivée de l'eau dans le bassin de retenue serait, pour les différentes hauteurs du niveau, tellement grande par rapport à celle de l'orifice ou plutôt de ia section contractée, que la force vive du fluide , dans ces sections d'arrivée, serait à peine le 200* de celle qu'il posséderait au sortir du réservoir , de sorte qu'on pourrait en négliger la considération dans les formules (i), et assimiler encore ce
(1) CoDSttltez, à ce sujet, Je tome I^^* de fa Nouvelle Architecture hydraulique de M. de
cas à celui sur lequel ont opéré ou raisonné la plupart de$ auteurs qui se sont occupés de i^hydrodynaniique.
Telles sont les considérations principales qui nous ont portés à donner 3 "^,68 à la largeur horizontale du bassin de retenue (r'). Quant à la profondeur de ce même bassin, mesurée suivant Taxe horizontal des orifices , elle a été portée à 3 mètres seulement, dimension qui a paru suffire, et pour que feau pût y prendre, sous la faible vitesse dont il vient d'être parlé, le régime constant qu elle acquerrait dans un canal beaucoup plus long, et pour que le bassin pût se prêter aisément, dans la suite des expériences, à recevoir les différens dispositifs propres à varier le mode d'arrivée de l'eau à lorifice, conformément à ce qui a déjà été indiqué ci-dessus.
27. En terminant ces observations, nous ferons remarquer que le plancher qui constitue le fond du bassin (r ), a été placé au niveau général et naturel du fond du grand réservoir (b'); on eût pu, sans de trop grandes difiicultés, abaisser l'un et l'autre de ces fonds de manière à ménager un plus grand intervalle entre leiu: niveau et le bord inférieur des orifices, dont l'abaissement d'ailleurs est limité par celui du bassin de jauge ( j') , et des canaux qui servent à recueillir le liquide à ^a sortie du réservoir, parce que la trop grande proximité de ces derniers et de l'orifice peut, en effet, altérer le produit de l'écoulement dans certains cas. La crainte d'augmenter les frais de construction ^ jointe à la considération , déjà mise en avant plus haut , sur la proximité ordinaire des radiers et pertuis d'écluses , nous a ôté l'idée de cet approfondissement.
Au surplus, la hauteur minimum obligée de l'orifice en fixe naturellement le bord inférieur à au moins o"*,25 audessus du fond du bassin ; et , en sacrifiant un peu sur la
Prony, le Traité de mécantqttt de M. Poisson, et les notes dont M. Navier a enrichi la ttouTelie édition du tome I*' de VÂrcAiucmre fydraulique de Bélidor.
hauteur de la charge d eau disponible » on pourra toujours» au besoin , isoler ce bord et ce fond de manière à r^idre la contraction qui leur correspond à peu près complète : c'est, en effet, le parti que nous avons adopté dans les expériences de 1827 et 1828 sur i orifice de 20 centimètres de largeur, dont la base a été élevée à environ 0^^,54 au-dessus du plancher du bassin de retenue.
28. Pour recevoir par seconde le mètre cube d'eau dont il a été question (26), il a fallu donner au bassin de jauge (j^) une capacité d'au moins 24 mètres cubes, afin que l'on pût, avec un chronomètre à repos de foéguet , marquant les demisecondes, obtenir la dépense à environ y^ près, et qu'avec le chronomètre à plume du même artiste , donnant les ^r ^^ seconde , on pût l'obtenir largement à ^rr P^^s , lors des opérations qui demandent beaucoup d'exactitude. Dans la première année des expériences , où Ton se proposait principalement d'étudier l'appareil dans toutes ses parties et pour les orifices de 20 centimètres de largeur, on s est, en efiet, servi du premier chronomètre ; mais, dans les années suivantes , on a reconnu la nécessité d'employer l'autre , afin de se réserver l'avantage de n'opérer que sur de médiocres volumes d'eau, et d'éviter les causes d'erreur qui se présentent quand on remplit la jauge jusque vers ^a partie supérieure, causes dont il sera fait mention en son lieu.
zp. La nécessité de pouvoir admettre, dans certains cas, les 24 mètres cubes dans la jauge , a fait donner à celle-ci 6 mètres de longueur, 4 mètres de largeur, et i mètre de profondeur. Cette dernière dimension a l'inconvénient de diminuer beaucoup la hauteur de chute disponible pour les expériences ; et Ton aurait songé à augmenter notablement les dimension^ horizontales de cette jauge aux dépens de sa profondeur, sî Ton n'avait dû craindre aussi d*augmenter les difficultés d'établissement, les fixités et pertes de toute espèce, et
HYDRAULIQUES. 3p
de donna*, tn outre, une trop grande influence aux erreurs provenant de l'appréciation de ia hauteur des eaux admises dans la jauge lors de chaque expérience.
Peut*étre aussi eût-ii été à propos de partager cette jauge en un ou plusieurs compartimens, au moyen de cloisons ver* ticales étanches et portant des vannes pour établir ou intercepter, à volonté, la communication des uns aux autres : par là, en efïet, on eût pu opérer avec les mêmes avantages pour les fortes et les faibles dépenses d eau ; mais , vu les inconvéniens inséparables d'une pareille disposition , on a préféra se servir de jauges à part lors des expériences sur les faibles dépenses , ainsi qu il sera expliqué plus loin.
30. Le bassin ( j'), dont nous parlons , a été revêtu entièrement en madriers de chêne de o"*,054 d'épaisseur, assemblés à rainures et languettes , cloués sur des gîtes et potelets de 1 2 centimètres sur 1 4 centimètres d'écarrîssage , et appuyés de toutes parts contre des terres bien choisies et bien damées. Des traverses et écharpes supérieures relient entre eux les chapeaux de couronnement des potelets; une vanne de 0^,3 8 de longueur, placée vers le milieu de la face verticale d'aval, sert à évacuer les eaux après que chaque expérience est terminée , et cette vanne est garnie d'une bande mince, en cuir de buffle, dans toute la partie flottante. Sur 1 un des c6tés du bassin on a disposé un petit puits ^observation (h') {planches i et ^, fig.i, 2,j,jfet(f) dont le fond, de niveau avec celui de ce bassin , en reçoit les eaux par une communication souterraine de 0^,30 de hauteur et autant de largeur; ce puits est destiné à mesurer les hauteurs du niveau des eaux admises dans le I>assin, à l'aide de l'appareil que nous décrirons à YoTtide Jaugeage , et à diminuer les causes d'erreurs provenant des. oscillations de ce niveau : on descend dans le puits par le moyen de plusieurs marches.
Malgré tous les soins donnés à la construction du bassin
4o EXPÉRIENCES
de jauge, et quoiqu'on eût calfaté soigneusement tous les joints des madriers, il a été impossible, la première année, de le rendre parfaitement étanche ; Jes fuites étaient très-sensibles , et d'autant plus fortes que le volume des eaux admises était plus considérable. £n outre , lors de l'accident dont il sera rendu compte plus loin , des afFouillemens ayant eu lieu sous la partie d'amont, et le bassin ayant été en même temps rempli d'eau et de terre , sa charpente s'est un peu affaissée sous l'énorme charge qui pesait sur le plancher du fond ; et quoiqu'on ait relevé et calé le mieux possible les gîtes qui supportent ce fond , il est resté infléchi de façon à présenter vers la vanne de sortie une contre-pente qui empêche les eaux de s'évacuer complètement ^ et oblige à balayer et à éponger ce qu'il en reste , toutes les fois qu'il s'agit de vider le bassin pour recommencer une nouvelle expérience.
31. Pour éviter ces inconvénîens qui ont fait consumer, la première année, à l'opération du jaugeage, un temps considérable et d'autant plus précieux que la campagne était déjk fprt avancée , il eût fallu asseoir la charpente du bassin sur des gîtes plus forts et appuyés de distance en distance sur des dés de maçonnerie très -solides, ou, ce qui vaut mieux encore, il eût fallu de suite construire le bassin en maçonnerie d'une bonne épaisseur, avec revêtement en pierres de taille ou en ciment. Mais ces constructions auraient exigé beaucoup de temps; on touchait au mois de novembre, et l'on était impatient de procéder auxj expériences pour obtenir, dès 1827, des résultats utiles à l'enseignement des élèves de l'artillerie et du génie, et qui pussent justifier ainsi Tallocation de fonds qui nous avait été faite par le Gouvernement. L'événement nous a prouvé, comme dans toutes les occasions semblables ^ qu'on ne gagne rien à précipiter les choses : non-seulement on a employé, pour ainsi dire en pure perte, beaucoup de temps à l'opération du jaugeage, à
HYDRAULIQUES. 4 ï
la formation de tables de déchet, de correction, &c. , mais encore on n arien obtenu, dans le principe, qui fût parfaitement précis, ou qui répondît au degré d'exactitude quon voulait apporter dans les différentes expériences. Aussi avonsnous jugé à propos de classer à part tous les résultats de la première année (i 827), qui ne peuvent nullement être comparés pour la précision à ceux de la seconde, comme nous aurons soin de le prouver en son lieu, quand nous en viendrons au détail des expériences.
32. Les difficultés dont il s'agit ne sont point d'ailleurs les seules qui soient venues entraver les opérations de la première campagne et mettre notre patience à l'épreuve. Une fuite d'abord très - légère s'est manifestée dans les terres qui recouvrent le canal souterrain de décharge d' e', dès les premiers instans où l'on a voulu remplir le réservoir (b'); d'autres se sont montrées au pied extérieur même de la face du bassin de retenue (r'), destinée à recevoir les orifices d'expériences ; enfin une autre fuite a eu lieu vers les parties où la digue (k^) atteint les maçonneries des anciennes cons* tractions. On a tâché , mais vainement , 4e découvrir les causes de ces filtratîons et de s'y opposer; le terrain, formé d'une grève grossière, laissait suinter les eaux de toutes parts, et principalement aux environs du bassin (r^). Bientôt la première des fuites ci -dessus a occasioné, au milieu dune nuit, l'éboulement de la digue qui s'appuie contre la charpente de ce dernier bassin, et il a fallu la reconstraire sur de nouveaux frais. La digue (k' ) elle-même, dont le pied reposait sur la vase des anciens fossés, s'est aflàissée du côté du réservoir (b^), et l'on a été obligé de la recharger de ce côté, &c. : mais en aucun instant on n'a été, dès cette première campagne, débarrassé des filtrations; ce qui a rendu les opérations très-difficiles et très-pénibles.
Dès le printemps suivant, les, fixités avaient presque tota-
il EXPÉRIENCES
lement disparu; les joints s'étaient bouchés, et le tassement des terres avait produit tout son effet. Le bassin de jaugeage ( j') lui-même, qui avait donné tant d embarras, paraissait être parfaitement étanche , du moins quand on n'y introduisait l'eau que jusqu'à une hauteur de 4o à 50 centimètres ; ce qui était bien suffisant pour ies expériences sur les orifices moyens qu'on se proposait d'étudier, en premier lieu, d'une manière complète. Toujours animés du désir d'arriver le plus promptement possible à quelque solution utile des problèmes de l'hydrodynamique pratique, nous ajournâmes encore la construction en maçonnerie du bassin de jauge (j'), et d'un mur de garde ou d'encaissement sur le devant du bassin de retenue (r'); construction qui avait été proposée dans l'état estimatif des dépenses de 1828, et approuvée parle ministre de la guerre. On se mit donc, dès avril 1828, à refaire le jaugeage du bassin (j'), et Ion recommença, au mois d'août suivant , toutes les expériences entreprises , en novembre et décembre de 1827, sur l'écoulement de l'eau à travers les orifices de 20 centimètres de base en mince paroi , et isolés , dans tous les sens , des faces du réservoir.
33. Il nous reste encore quelques mots d'explication à donner sur les dispositions d'ensemble de l'appareil, avant d entrer dans le détail des opérations particulières.
Pour admettre par seconde le volume de i mètre cube d'eau que nous avons considéré ci-dessus comme la limite de toutes nos expériences et le module général de l'appareil, on a dû, ainsi que cela a déjà été dit précédemment, donner de grandes dimensions aux vannes d'entrée {c^) {planche iffg*i et ^). Sans cette attention, on aurait été obligé de sacrifier, dans certains cas, une trop forte portion de la chute totale disponible, afin de faire écouler l'eau sous ces vannes avec la vitesse nécessaire pour fournir à la dépense des orifices mis en expérience; il en serait résulté dans le réservoir (b') un
trouble considérable qui, malgré la grande étendue de ce réservoir , se serait propagé jusqu'au bassin qui contient les orifices en question. Ces considérations, jointes à la nécessité de baisser considérablement le seuil des vannes (c') pour obtenir une charge deau convenable, nous ont fait donner i™,^o de largeur totale au pertuis quelles ferment, et des dimensions proportionnées aux canaux d'arrivée et de fuite qui les accompagnent.
34- On remarquera que leau, en descendant de la hauteur du seuil de ces mêmes vannes, vient rencontrer la bordure épaisse de saules xz ( planche / ) qui la force à se diviser , à se disséminer sur une grande étendue , et qui consomme ainsi la majeure partie de la force vive qu'elle possède à son entrée dans le réservoir (b'). La surface supérieure du fluide, dans ce dernier, demeure donc, toutes les fois que l'air n'est point agité, parfaitement calme, surtout dans l'intérieur du bassin de retenue (r'); ce qui est essentiel pour l'objet des expériences. Dans le cas où l'on opérerait sur de très-fortes dépenses et avec de petites charges de fluide, il deviendrait peut-être nécessaire de se garantir encore mieux des causes de trouble dans le réservoir (b'), en clayonnant le pied des saules pour forcer les eaux à s'étendre de droite et de gauche, et à se rendre dans ce réservoir par la plus grande superficie possible.
Nous nous sommes étendus sur ces détails, parce que, quand il s'agit d'expériences hydrauliques, rien n'est à négliger, et que les dispositions en apparence les plus insignifiantes peuvent, dans certains phénomènes , exercer une influence imprévue. Nous avons particulièrement insisté sur les fautes qui ont été commises et les accidens qui sont survenus lors de l'établissement des parties principales de l'appareil , parce que leur connaissance pourra donner l'éveil à ceux qui voudraient répéter ou entreprendre
44 EXPJÉRIËNGES
de pareilles expériences, et que laveu même de ces fautes, et les soins que nous avons pris pour mettre nos opérations à l'abri de leur fâcheuse influence, loin de nuire à la bonne opinion quon pourrait concevoir des résultats de notre travail, ne peuvent, au contraire, que contribuer à en augmenter ia certitude aux yeux des lecteurs éclairés. Nous promettons, au surplus, d'en agir aussi consciencieusement dans tout ce qui va suivre.