DÉLIBÉRATIONS DE L’ACADÉMIE
<( que ceux avec lesquels il est en rapport. II <x ne voit que ce qu’il regarde, et ordinairecc ment il ne regarde que les objets sur les- <c quels on dirige son attention. — 11 est soumis « à la volonté de son magnétiseur pour tout « ce qui ne peut lui nuire, et pour tout ce « qui ne contrarie point en lui les idées de (c justice et de vérité. — 11 sent la volonté de son « magnétiseur. — Il aperçoit le fluide magné cc tique. — Il voit ou plutôt il sent l’intérieur de « son corps et celui des autres; mais il n’y « remarque ordinairement que les parties qui « ne sont pas dans l’état naturel, et qui trou- « blent l’harmonie. — II retrouve dans sa mé- <c moire le souvenir des choses qu’il avait ou- <c bliées pendant la veille. — 11 a des prévisions (c et des pressensations qui peuvent être erro- « nées dans plusieurs circonstances, et qui (c sont limitées dans leur étendue. — 11 s’énonce « avec une facilité surprenante. — H n’est point <c exempt de vanité. — Il se perfectionne de <c lui-même pendant un certain temps, s’il est « conduit avec sagesse. — 11 s’égare s’il est mal cc dirigé. — Lorsqu’il rentre dans l’état naturel, <c il perd absolument le souvenir de toutes les (( sensations et de toutes les idées qu’il a eues cc dans l’état du somnambulisme , tellement
« que ces deux états sont aussi étrangers l5un « à l’autre que si le somnambule et l’homme « éveillé étaient deux hommes différens. ))
« Souvent, continue M. Husson, on est parvenu , pendant ce singulier état, à paralyser , à fermer entièrement les sens aux impressions extérieures, à tel point qu’un flacon, contenant plusieurs onces d’ammoniaque concentrée, était tenu sous le nez pendant cinq, dix , quinze minutes ou plus, sans produire le moindre effet, sans empêcher aucunement la respiration, sans même provoquer l’éternument (1) ; à tel point que la peau était également d’une insensibilité complète lorsqu’on la pinçait de manière à la faire devenir noire ; bien plus , elle était absolument insensible à la brûlure du moxa , à la vive irritation déterminée par l’eau chaude très chargée de racine de moutarde : brûlure et irritation qui étaient vivement senties et extrêmement douloureuses, lorsque la peau reprenait sa sensibilité normale (2).
(1) V oyez ci-dessus les expériences de M. Margue , à la Salpêtrière, pag. 100.
(2) Voyez les détails de ces expériences ci-dessus, pag. 91. M. Husson lui-même a été témoin de la plupart de ces expériences, soit à Motel-Dieu \ soit à la Salpê-
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(( Certes, messieurs, tous ces phénomènes, s’ils sont réels , méritent bien qu’on en fasse une étude particulière; et c’est précisément parceque votre commission les a trouvés toutà-fait extraordinaires, et jusqu’à présent inexpliqués, nous ajouterons même incroyables quand on n’en a pas été témoin , qu’elle n’a pas balancé à vous les exposer, bien convaincue que, comme elle, vous jugerez convenable de les soumettre à un examen sérieux et réfléchi. Nous ajouterons que les commissaires du Pvoi n’en ayant pas eu connaissance, puisque le somnambulisme ne fut observé qu’a près la publication de leur rapport, il devient instant d’étudier cet étonnant phénomène, et d’éclair-
cir un fait qui unit d’une manière si intime la psycologie à la physiologie ; un fait qui , s’il est exact, peut jeter un si grand jour sur la thérapeutique.
(( Et s’il est prouvé, comme l’assurent les observateurs modernes , que , dans cet état de
trière. Ce n’est sans doute que par une extrême impartialité , et pour n’influencer en rien la décision de ses collègues, qu’il a évité de déclarer ouvertement sa propre conviction sur ces différens points , et de rappeler des faits qui lui sont personnels.
somnambulisme dont nous venons de vous exposer analytiquement les principaux phénomènes, les personnes magnétisées aient une lucidité qui leur donne des idées positives sur la nature de leurs maladies, sur la nature des affections des personnes avec lesquelles on les met en rapport, et sur le genre de traitement a opposer dans ces deux cas; s’il est constamment vrai , comme on prétend l’avoir observé , en 1820, à l’Hôtel'Dieu de Paris, que pendant ce singulier état la sensibilité soit tellement assoupie que l’on puisse impunément cautériser les somnambules (1); s’il est également vrai que , comme 011 assure l’avoir vu à la Salpêtrière en 1821 , les somnambules jouissent d’une prévision telle que des femmes , bien connues et traitées depuis long- temps comme épileptiques, aient pu prédire , vingt jours d’avance, le jour, l’heure, la minute où l’accès épileptique devait leur arriver , et arrivait en elfet ; enfin , s’il est également reconnu par les mêmes magnétiseurs que cette singulière
(i) Ce fait, que M. Husson ne présente ici que comme une supposition, est entièrement mis hors de doute par les expériences de M. Robouam , rapportées ci-dessus, et par le certificat qui les accompagne. ( Voy. pag. ÿl.)