‹ Expériences publiques sur le magnétisme animal faites à l'Hôtel-Dieu de ParisChapitre 18 sur 22 · DÉLIBÉRATIONS DÉ TÉ ACADEMIE · texte numérisé non relu

DÉLIBÉRATIONS DÉ TÉ ACADEMIE

faculté peut être employée avec avantage dans la pratique de la médecine, il n’y a aucune espèce de doute que ce seul point de vue mérite l’attention et l’examen de l’Académie.

<c Aux considérations précédentes , toutes prises dans l’intérêt de la science , M. le rapporteur en joint d’autres qu’il puise dans l’amourpropre national. Les médecins français doiventils rester étrangers aux recherches que font sur le magnétisme les médecins du nord de l’Europe? Dans presque toutes ces contrées, le magnétisme animal est étudié et exercé par des hommes fort habiles , très peu crédules ; et si son utilité n’y est pas généralement reconnue , du moins sa réalité n’y est pas mise en doute. Ce ne sont plus seulement des enthousiastes qui donnent des théories ou qui racontent des faits, ce sont des médecins et des savans d’un ordre distingué.

cc En Prusse, M. Hufeland, après s’être prononcé contre le magnétisme animal, s’est rendu à ce qu’il appelle l’évidence, et s’en est déclaré le partisan. A Berlin , M. Woîfart; à Francfort, M. Ptassavent; àGroningue,M. Baker; à Vienne, le docteur Malfatti ; à Pétersbourg,M. Stoifreslien, premier médecin de l’impératrice de Russie; près de Moscou, M. le comte Panin, ont

admis , pratiqué et propagé le magnétisme animal avec plus ou moins de succès. A Stockholm, on soutient pour le grade de docteur en médecine des thèses sur le magnétisme animal , comme on en soutient dans toutes les universités sur les diverses parties de la science. Piesterons-nous en arrière des peuples du Nord, messieurs? n’accorderons-nous aucune attention à un ensemble de phénomènes qui a fixé celle des peuples que nous avons le noble orgueil de croire en arrière de nous pour la civilisation et pour l’avancement dans les sciences? Votre commission vous connaît trop pour le craindre.

cc Enfin , n’est-il pas déplorable que le magnétisme animal s’exerce , se pratique pour ainsi dire sous vos yeux par des gens tout-àfait étrangers à la médecine , par des femmes que l’on promène clandestinement dans Paris , par des individus qui semblent faire un mystère de leur existence?

(( Nous ajouterons, messieurs, que par le mode de votre institution vous devez connaître de tout ce qui peut avoir rapport à l’examen des remèdes extraordinaires, et que, ce qu’on nous annonce du magnétisme ne fût-il qu’une jonglerie imaginée par les charlatans pour

128 DÉ JL1 R'Élt ATI Q-JN S DE if ACADEMIE

tromperie publie, il suffit que votre surveillance soit avertie pour que vous ne balanciez pas à user .d’une de vos plus honorables prérogatives.

« En se résumant, messieurs , la commission pense :

cc i° Que le jugement, porté en 1784 par les commissaires chargés par le Roi d’examiner le magnétisme animal, ne doit en aucune manière vous dispenser de l’examiner de nouveau, pareeque en médecine un jugement quelconque n’est point une chose absolue, irrévocable; et parceque les expériences d’après lesquelles ce jugement a été porté paraissent avoir été faites sans ensemble , sans le concours simultané et nécessaire de tous les commissaires, et avec des dispositions morales qui devaient , d’après les principes des faits qu’ils étaient chargés d’examiner , les faire complètement échouer;

cc 2° Que le magnétisme jugé ainsi en 1,784 , diffère entièrement par la théorie , les procédés et les résultats, de celui que des observateurs exacts, probes, attentifs, que des médecins éclairés, laborieux, opiniâtres, ont étudié dans

ces uermeres années;

cc 5° Qu’il est de l’honneur de la médecine

française de ne pas rester en arrière des méde-

SUR LE MAGNETISME, I 2€j

cins de l’Allemagne dans l’étude des phénomènes que les partisans éclairés et impartiaux du magnétisme annoncent être produits par ce nouvel agent ;

« 4°. Qu’en considérant le magnétisme comme un remède secret, il est du devoir de l’Académie de l’étudier, de l’expérimenter, afin d’en enlever l’usage et la pratique aux gens touUà-faii étrangers à l’art, qui en font un objet de lucre et de spéculation.

(( D’après toutes ces considérations , votre commission est d’avis que la Section doit accepter la proposition de M. Foissac , et charger une commission spéciale de s’occuper de l’étude et de l’examen du magnétisme animal. )>

Malgré l’étendue de ce rapport, et quoique l’heure fût déjà avancée, l’Académie a prêté jusqu’à la fin l’attention la plus soutenue à l’intéressante lecture de M. Husson; elle a remis à une séance prochaine la discussion du rapport et de ses conclusions.

• Dans la séance du 27 décembre 1826, on a communiqué à l’Académie plusieurs lettres de personnes qui proposent de faire des expériences sur le magnétisme, ou de se soumettre elles-mêmes aux expériences. On a particulier

l5ü DÉLIBÉRATIONS DE l’ ACADÉMIE

renient remarqué celle d’un avocat qui se présente comme étant lui-même somnambule.

Une grande partie de la séance ayant été remplie par des objets étrangers à la question du magnétisme, la discussion sur le rapport est encore ajournée à la séance suivante.

Séance du 10 janvier 18^6,

La discussion s’engage enfin dans la séance du 10 janvier 1826. Elle avait attiré un grand concours d’auditeurs : les places destinées au public ne suffisant pas pour les contenir tous , on est obligé de les faire entrer dans l’enceinte même réservée aux académiciens.

Un grand nombre de membres s’étaient fait inscrire pour parler pour ou contre la proposition de la commission.

M. Desgenettes , inscrit le premier , parie contre les conclusions du rapporteur. 11 accuse la commission d’avoir tendu un piège à l’Académie, en faisant un rapport tout favorable au magnétisme. H pense que la question a été suffisamment jugée en 1784; que la doctrine actuelle des magnétiseurs ne renferme rien de nouveau que des miracles absurdes et impossibles ; il prétend que les savans étrangers que Fon a cités en faveur du magnétisme sont loin

SU il LU MAGNUTISM1U 1 3 l

d’avoir, dans leur pays même, l’autorité qu’on leur accorde (laudcmiur ubi non surit) , et que d’ailleurs c’est aussi de l’Allemagne que nous sont venus les rêveries de Kant, les miracles de Hohenlohe , etc. cc Le rapport, dit -il, a fait beaucoup de mal, en relevant les espérances des partisans du magnétisme, et a porté le trouble dans la tête delà génération médicale naissantey à laquelle on veut persuader qu’il est désormais inutile de lire et de faire des recherches; il ne restera plus bientôt qu’à suspendre nos cours et à fermer nos écoles , en attendant qu’on les démolisse. »

M. Virey y tout en appuyant les conclusions du rapporteur, eût voulu que la commission ' en proposant à l’Académie de s’occuper clii magnétisme , se prononçât ouvertement sur les jongleries qui le déshonorent ; qu’elle l’étudiât en physiologiste , pour découvrir les rapports du somnambulisme magnétique avec le somnambulisme naturel , la catalepsie , l’extase , l’hypocondrie ; pour rattacher ses effets à l’action des animaux électriques, des oiseaux de proie , etc. ; pour en suivre les traces dans l’histoire. Mais il n’en croit pas moins que l’Académie ne peut refuser de s’occuper de la question qui lui est déférée, cc Les magnéti-

3 §2 DÉLIBÉRATIONS DE l’aCADÉMJE

seurs, dit-il, tireraient un trop grand avantage de ce qu’ils regarderaient, à bon droit, comme un déni de justice. »

M. Bally, après avoir rappelé l’impression profonde faite sur l’assemblée par le rapport, qui faillit, dit-il , faire retentir la salle des séances d ’ap plan dis se me ns inaccoutumés , et qui valut à son auteur la nomination de viceprésident de l’Académie (]), avoue qu’il admet sans difficulté la possibilité du magnétisme animal ; il s’est meme senti fortement disposé à y croire, après les expériences de MM. Arag’o et Ampère, qui , ayant imprimé un mouvement circulaire à un disque aimanté au-dessus d’une aiguille de cuivre enfermée dans une boîte , sont parvenus à déterminer dans l’aiguille un mouvement rotatoire. Mais ayant voulu s’occuper du magnétisme , il n’a trouvé dans les livres que l’on a publiés sur ce sujet que de l’exagération, de l’ignorance, de la fourberie ; il pense enfin que le magnétisme n’est rien * que les commissaires que l’on nommerait , nouveaux Bellérophons, ne combattraient qu’une

(i) M» Husson avait été nommé vice - président à la séance du 27 décembre précédent.

SUR LE MAGNÉTISME. l53

Chimère. Il rapproche le magnétisme de la magie , les somnambules des sibylles et des oracles. 11 espère que bientôt les somnambules interpréteront mieux Homère et Yirgile que les Dacier et les Binet ; il craint que les magnétiseurs , exerçant à distance leur pouvoir illimité, n’ébranlent les trônes delà Chine et du Japon, fuis, admettant par une contradiction palpable l’action du magnétisme qu’il avait niée jusque-là , il prétend que rien n’est plus dangereux pour les moeurs , et qu’il faudrait des magnétiseurs jurés , comme des interprètes jurés. Il termine, en détournant l’Académie de s’occuper d’un sujet qui , étant flétri par le* ridicule , ne pourrait que nuire à la considération qui est Famé des sociétés savantes.

M. Orjîla défend le rapport.

En votant comme la commission , il croit servir l’intérêt de l’Académie , qui se déshonorerait en reculant devant l’examen proposé.

O11 ne peut refuser d’examiner le magnétisme que par trois raisons : ou cet examen n’a pas été provoqué , ou le magnétisme n’est qu’une jonglerie , ou les commissions ne servent à rien et ne peuvent faire avec succès des expériences.

Mais, 1°. l’Académie a été suffisamment pro-

J 54 DÉLIBÉRATIONS de l’académie

voquée et par la lettre de M. le D. Foissae, et par le rapport de M. Husson, et par l’article inséré par M. Rostan dans le nouveau Dictionnaire de Médecine, et par diverses propositions faites depuis peu à l’Académie, au sujet du magnétisme.

2°. Le magnétisme ne peut être une jonglerie, quand on le voit annoncé et pratiqué par des hommes respectables , par des membres même de cette Académie. On me fera bien la grâce, dit M. Orfila, de penser que je ne crois pas à tous les miracles que l’on raconte des somnambules ; mais j’admets volontiers l’effet thérapeutique du magnétisme. M. Rostan , un de nos collègues , assure avoir vu des effets , tantôt bons , tantôt nuisibles, résulter de l’administration du magnétisme; il a cité des faits et de nombreuses expériences faites par lui* 11 faut que l’Académie les. "examine, ou qu’elie déclare que M. Rostan en a imposé.

Pourquoi rejetterait -on ces faits? Est-ce parce qu’ils sont nouveaux et extraordinaires? Mais combien de faits non moins extraordinaires en physique ? Si avant les belles découvertes de Franklin , quelqu’un était venu vous dire : cc Je vais placer sur votre maison une aiguille de fer, et, par là, je la garantirai de la

SUR LE MAGNÉTISME. l55

foudre, » ne Tannez-vous pris pour un fou ou un imposteur?

5°. Dira-t-on enfin que les commissions sont inutiles? Elles le sont en effet quand on charge tous les commissaires de suivre en commun les expériences , parceque tous se reposant les uns sur les autres, se dispensent du travail. Elles seront au contraire très utiles , si vous chargez les commissaires de faire, chacun de leur côté, des expériences , et d’en rendre compte à TA cadémie.

En terminant , M. Orfila montre combien il est important pour l’intérêt de la société entière que l’Académie s’occupe du magnétisme et du somnambulisme , ne fût-ce que pour en signaler les abus. 11 cite à ce sujet une jeune fille qui a été victime des consultations d’une prétendue somnambule.

M. Double accuse le rapport de ne renfermer, depuis le commencement jusqu’à la fin , que l’apologie du magnétisme.

Il justifie la condamnation prononcée par les illustres commissaires de 1784. 11 nie que la question ait changé de face depuis ce temps-là : le langage seul de la secte a, changé. Répondant à l’argument tiré de l’exemple des pays du Nord , et particulièrement de l’Allemagne ,

ï5G DÉLIBÉRATIONS' .DE lÉ ACADÉMIE

il fait remarquer que c’est de ce pays que nous est venue une foule d’erreurs, tant en philosophie qu’en médecine , et parmi ces dernières, il rappelle la stupidité du mécanisme antique . Que ne suit -on plutôt l’exemple de F Angleterre , qui ne s’est jamais occupée de ce sujet?

11 voudrait que la Section, qui n’a pas reçu à cet égard d’invitation du gouvernement , n’allât pas d’elle-même au-devant d’un sujet qui attire le ridicule sur ceux qui s’ en occupent .

Il s’est occupé du magnétisme animal , il y a dix-huit ou vingt ans, et il reste bien convaincu que depuis Mesmer et Desion jusqu’à Faria et Doppet, tout dans les effets qu’on en raconte n’est qu’iüusion ou déception. Quand même il aurait vu les effets que l’on annonce , il n’y croirait pas encore.

Quant à la théorie , M. Deieuze comme M. Hostau , n’en ont présenté aucune qui fut susceptible de soutenir un examen sérieux.

D’ailleurs , les corps académiques ne sont point destinés à faire des expériences; leur rôle est d’intervenir quand il y a un certain nombre de faits rassemblés, pour les apprécier et les juger. Ils doivent laisser aux particuliers les dangers des illusions , qui n’ont pas pour eux les mêmes in convenions. La Section s’occupera

du magnétisme comme de toute autre chose ; mais ne nommera point pour l’étudier une commission, parcequ’il n’entre point dans ses attriîmtions d’en nommer une.

Au surplus , les principes mêmes des partisans du magnétisme s’opposent à î’examen qu’iis réclament. M. Double cite à l’appui de cette assertion plusieurs passages de M. Deleuze , sur la difficulté qu’éprouvent les savans à se mettre dans des conditions favorables

pour la production des faits.

Il cite de plus quelques lignes de M. Rostan , sur les dangers qui peuvent résulter de l’administration inconsidérée du magnétisme, et il rapproche de ce passage un chapitre de Maxwell, de medicinci magneticâ , qui a eu les mêmes idées dans le dix-septième siècle, il vote contre la formation d’une commission.

M. Laennec a tenté des expériences sur le magnétisme , avec des dispositions favorables, et 11’a point été convaincu. Les neuf dixièmes des faits lui semblent n’être que l’effet de i illusion ou de la fraude. Supposant que les femmes seules sont susceptibles des effets du magnétisme , il explique les prétendus phénomènes que l’on en rapporte par le désir d’intéresser chez les femmes, et par le plaisir qu’ont

l5 8 DÉLIBÉRATIONS DE L? ACADÉMIE

les hommes à exercer un ascendant. 11 fait ensuite cette remarque, réellement importante , de quelque manière qu’on l’interprète, que les somnambules n’ont jamais montré en médecine de connaissances supérieures à celles de leurs magnétiseurs. 11 rejette le rapport.

L’heure étant très avancée , on ajourne la discussion.

Séance du ü4 janvier.

A la séance du 24 janvier, l’auditoire était encore plus nombreux qu’à la précédente.

M. Chardel > inscrit pour parler en faveur du rapport, commence par se demander si l’Académie est réellement assez éclairée sur la question du magnétisme animal, et si chaque membre pourrait juger la main sur la conscience.

On trouve , dit-il, que l’admission de l’agent reconnu par les magnétiseurs répugne à la raison* mais que peut donc présenter de si étrange Faction d’un être vivant sur un autre à celui qui a été témoin des merveilles de la pile galvanique?

Le magnétisme animal, dit- on, peut être dangereux. Raison de plus pour l’examiner. D’ailleurs , en faisant cette objection , ceux qui nient la réalité des phénomèmes magnétiques tombent dans une contradiction palpable.

Sim LE MAGNÉTISME. 1 5<J

On reproche aux partisans du magnétisme animal de dire qu’il faut de la foi et de la volonté pour l’exercer. Mais quelle est celle de nos facultés dont nous puissions faire usage sans ce s deux conditions?

Le fluide magnétique ne peut tomber sous aucun de nos sens : est-ce donc une raison pour soutenir qu’il n’existe pas? Depuis combien de temps ne dissèque-t-on pas des cerveaux , sans pouvoir obtenir aucune preuve de l’existence du fluide nerveux?

Au surplus, la réalité des phénomènes produits dans les traitemens magnétiques est incontestable , et on ne peut plus élever de discussion que sur la nature de l’agent qui les

Au rang des phénomènes provoqués le plus constamment par l’action magnétique,M. Chardel place : i°. un sommeil profond et prolongé, qui précède et suit constamment la production du somnambulisme ; 2°. l’exaltation des facultés intellectuelles; 5°. une perfection de la vue, qui permet au somnambule d’apercevoir le fluide magnétique ; 4e. la faculté d’acquérir des notions sur l’état des organes intérieurs.

Le magnétisme animal , qui aurait dû tomber dans l’oubli , après la condamnation portée

l4o DÉLIBÉRATIONS DE t/acA DEMIE

contre lui en 1784, a pourtant, depuis cette époque , gagné dans l’opinion publique , et s’appuie aujourd’hui sur une masse de faits qu’il est impossible de révoquer en doute. On ne peut se dispenser d’examiner une doctrine qui , depuis quarante ans , résiste avec avantage à toutes les attaques dirigées contre elle. Comment expliquer d’ailleurs cette succession non interrompue de gens trompeurs ou

trompés ?

M. Rochoux. cc Ce que les partisans du magnétisme animal mettent aujourd’hui en avant, c’est le somnambulisme. Or, dans les somnambules, ils supposent l’existence de deux phéno-

mènes principaux :

(( i°. La lucidité qui donne aux somnambules plusieurs connaissances merveilleuses; 20. la faculté d’être influencés parleurs magnétiseurs.

cc Rien ne semble si facile au premier coup d’œil, que de constater si ces deux phénomènes existent on n’existent pas. Mais les magnétiseurs supposent que la présence d’un incrédule suffit pour empêcher la manifestation de ces mêmes phénomènes; et, par ce moyen , ils se ménagent une excuse trop facile en cas de non

succès.

(( Le magnétisme animal , réduit a sa plus

SUR LE MAGNÉTISME. l4l

simple expression , n'offre rien qui mérite examen, Tout ce qu’il y a de réel en lui , c’est l’apparition de quelques phénomènes que le docteur Bertrand a rattachés à l’état d’extase, et qui seraient mieux placés dans la classe des aliucinations. »

M. Rochoux vote contre l’examen.

M. Marc rappelle qu’il a été le premier à demander que l’Académie examinât le magnétisme, et qu’il a eu l’honneur de faire partie de la commission, cc Cependant , ajoute-t-il , ma cc foi dans les merveilles du magnétisme n’est cc pas non plus aussi robuste et aussi étendue cc que quelques personnes pourraient l’imacc giner. ))

L’honorable membre laisse à M. Husson le soin de défendre le rapport de la commission, et se borne pour sa part à exposer ce qu’on pense du magnétisme en Allemagne et dans le Nord. 11 s’afflige de voir figurer dans les sciences les démarcations géographiques ; il pense que les Hufeland , les Ærstedt , les Kingge , les Kiaproth , ne sont pas plus des thaumaturges ou des illuminés que les Franklin , les Bailly , les Lavoisier. Il cite un passage dans lequel Hufeland , rendant compte de l’état de la médecine en Allemagne, pendant l’année 1822,

i 4â Delieeb étions de l?acaoi':mii;

déclare que depuis qu’on étudie avec soin les phénomènes du magnétisme, iis ont pluïôt gagné que perdu.

L’Académie des Sciences de Berlin, l’un des corps savans les plus distingués de l’Europe, a proposé, en 1820, un prix de 5,5oo francs, pour le meilleur mémoire sur l’explication des phénomènes du magnétisme.

En 1817 (6 février), une ordonnance du roi de Prusse attribua aux seuls médecins le droit de pratiquer le magnétisme animal ; et il fut enjoint à ceux qui s’en serviraient d’adresser tous les trois mois à un conseil supérieur un rapport sur leurs traitemens.

En Russie, on a également interdit (en 181 5 et 1817, 44 janvier) à tout individu non médecin la pratique du magnétisme.

En Danemarck , nul ne peut magnétiser que sous la surveillance d’un médecin responsable.

Après avoir cité quelques autres faits du même genre , M, Marc en tire la conclusion que si l’Académie refuse d’examiner le magnétisme , au lieu de l’ordre qui règne légalement en Allemagne et dans le Nord relativement à cette pratique , nous aurons légalement aussi en France un désordre inévitable , puisque les médecins ne s’en occuperont pas de peur de

s’exposer au blâme et au ridicule, et que les charlatans continueront de plus belle à l’exploiter à leur profit. Il vote pour qu’on nomme une commission permanente qui n’entreprendrait pas de faire par elle-même une suite d’expériences , mais qui se bornerait à constater celles dont on lui donnerait connaissance, et à étudier les diffère ns ouvrages publiés sur ce sujet. Le discours de M. Marc paraît faire une très vive impression.

M. Nacquarty parlant contre les conclusions du rapport, s’attache à prouver en peu de mots que le magnétisme animal ne doit pas être examiné , parcequ’on ne saurait avoir prise sur lui. En effet, dit-il, il faudrait le juger avec nos connaissances acquises en physique, ou avec ce que nous savons de l’organisation humaine. Or, sous le point de vue physique , il ne ressemble en rien au véritable magnétisme (minéral) dont il a usurpé le nom , et il a été bien et dûment examiné en 1784; il ne reste rien à dire à ce sujet. Quant au point de vue physiologique, il suffit d’avoir entendu parler du somnambulisme et des facultés qu’on lui attribue , pour voir qu’il est impossible de le rattacher aux lois connues de l’organisme. L’Académie n’aurait donc aucune mesure, aucune

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règle , aucun moyen d’appréciation pour porter un’ jugement sur de semblables phénomènes. Donc il faut au moins ajourner la discussion.

M. Itard reproduit avec force les argumens déjà présentés pour prouver la nécessité de l’examen» 11 ne conçoit pas que quand une personne nie un fait et qu’une autre offre de le montrer, on ne s’empresse pas de terminer le différend en le regardant.

Si le magnétisme a donné lieu à des abus, à des pratiques honteuses et funestes, c’est une raison de plus de s’en occuper.

II. est d’ailleurs impossible de- supposer que . tous les faits accumulés depuis quarante ans en sa faveur ne -soient que ' ries illusions ou des jongleries.

On parle de la dignité de l’Académie ; mais il n’y a rien de plus digne d’un savant que d’apprendre ce qu’il ne sait pas.

On craint -que l’Académie ne s’expose au ridicule; et qu’importe le ridicule quand on a la certitude d’agir dans l’intérêt de la science et de F humanité?. Avec la crainte du ridicule, on ne sortirait jamais du sentier battu.

D’ai fleurs il y a ici nécessité, il y a force majeure. Si l’Académie refuse l’examen , elle se

SUR LE IVLVGNÉTISME. l45

met volontairement dans la situation la plus embarrassante. Que fera-t-elle en effet si on lui envoie des mémoires et des observations sur ce sujet? Nommera-t-elle chaque fois une commission? mais cette commission, qu’elle soit composée de croyans, ou d’incrédules , ou de membres qui doutent , soit séparés , soit confondus, sera toujours incompétente; le hasard alors déciderait tout, une commission approuverait aujourd’hui ce qu’une autre désapprouverait demain. L’Académie repoussera-t-elle au contraire de semblables mémoires? mais comment osera-t-elle le faire après l’éclat de cette discussion , après que le scrutin aura montré un tiers au moins de ses membres votant pour l’examen. Et si quelqu’un de ces membres incrédules s’avisait un jour de faire la proposition de dénoncer à l’autorité le honteux abus des consultations de somnambules, que ferait l’Académie?

M. Récamier combat le rapport , parcequ’il ne voit aucune importance dans les phénomènes magnétiques. U a vu la fameuse somnambule de M. de Puységur, dite la maréchale ; mais on ne lui a pas permis de faire sur elle les expériences qui auraient pu l’éclairer sur l’existence des facultés qu’on lui attribuait. 11

146 DÉLIBÉRATIONS DE iF ACADEMIE

a vu plusieurs des expériences folles à l’Hôtel* Dieu , il y a quelques années. La demoiselle Sarason avait été magnétisée et mise en somnambulisme parM. Dupotet, à travers une cloison ; pour s’assurer de la réalité du somnambulisme, il la pinça au bras. et à la cuisse, fit un bruit subit à ses oreilles et la souleva de sa chaise, sans réussir à la réveiller; mais, loin que le traitement magnétique ait sauvé cette fille, au moment oii Ton publiait sa guérison , guérison jugée impossible partons les hommes de Fart, elle rentrait dans les salles de l’Hôtel- Dieu , où elle est morte (i). jM. Récamier a vu dans le même temps, à l’Hôtel-Dieu, un homme

(1) Le témoignage de M« Récamier, quelque désobligeans pour nous que soient les termes dans lesquels il l’a rendu à l’Académie, s’accorde avec ce que nous avons rapporté ci-dessus , page 36. Il termine aussi , quoique d une manière bien triste , notre incertitude sur le sort de la pauvre fille dont nous avons entrepris le traitement. Nous sommes loin d’avoir proclamé , comme le prétend M. Récamier, une guérison radicale; on n’a qu’à relire es expressions dont nous nous sommes servis, pag. 67, 79, 88. Au reste, c’est tout au plus en i8?3, c. à d. environ trois ans après son traitement , qu’est morte cette fille qui n’avait plus que: quelques jours à vivre lorsque nous fûmes appelé en 1820.

SUR LE MAGNETISME. l4y

mis en somnambulisme par un interne (M. Rohouam ) : il lui fit subir l’opération du moxa (dont son état, au reste , permettait l’application), et le somnambule ne donna pas le plus léger signe de douleur (i). M. Pt éc armer n’a jamais songé à nier ces faits. Il déclare qu’zZ croit à une action ; mais il est convaincu que cette action n’est pas curative; d’ailleurs il a vu deux fois les abus moraux les plus crians résulter de son emploi; enfin il ne croira jamais à la clairvoyance des somnambules. Au surplus , comment parviendrait-on à composer une commission ? les incrédules refuseraient d’en faire partie ; pour lui , du moins , il rougirait de se faire magnétiseur ; et les croyans ne parviendraient pas à inspirer leur confiance à la majorité. Il vote contre le rapport. Il consent cependant à ce que l’on accueille les observations qui seraient adressées à l’Académie.

M. Georget pose ces deux questions :

1°. L’existence du magnétisme animal estelle au moins probable? 2°. Convient- il que VA cadémie examine le magnétisme animal ?

La solution affirmative de îa première de ces

(i) Voyez ci-dessus, pag. g3.

DÉLIBÉRATIONS DE iF ACADÉMIE

questions ne lui paraît pas entraîner celle de l’autre.

« Depuis quarante ans, dit-il, le magnétisme est étudié, pratiqué, propagé, en France et dans une grande partie de l’Europe , par une

multitude d’hommes instruits et désintéressés

qui en proclament la vérité, malgré les traits du ridicule dont on a cherché vainement à les

accabler. Chose bien étonnante ! le magnétisme n’est pas même connu de nom dans la classe ignorante ; c’est dans la classe éclairée qu’il se soutient * ce sont des hommes qui ont reçu au moins quelque éducation qui ont pris en main sa cause; et ce sont en partie des savans, des naturalistes, des médecins, des philosophes, qui ont composé les nombreux volumes où sont accumulés les faits qu’on peut aujourd’hui citer en sa faveur. Cependant on représente les magnétiseurs comme designorans, des imbécilles, dont le témoignage ne mérite aucune attention. Comment se fait-il alors que ces ignorans opèrent journellement la conversion d’hommes distingués, et que ceux-ci finissent, quand ils ont vu des faits, par devenir les plus zélés partisans d’une opinion si méprisable? Il faut avouer qu’une erreur qui se propage de la sorte contre le cours ordinaire des choses suppose

SUR LU MAGNÉTISME. I4f)

l’existence d’un nouveau genre hallucination , dont il serait au moins très important d’examiner la cause. »

M. Georget, continuant de faire ressortir les probabilités qui existent en faveur des phénomènes contestés , fait de nouveau lecture d’un passage du Rapport deBailly (en 1 7 84), déjà cité dans une séance précédente par M. Husson, et dans lequel Bailly, Lavoisier et leurs collègues, représentent comme très extraordinaires et très dignes!d’attention les effets observés au traitement de Mesmer. Il mentionne ensuite les expériences récentes faites à l’Hôtel-Dieu par M. Dupotet, et en appelle au témoignage des médecins qui en furent témoins, et parmi lesquels se trouvent cinq ou six membres de l’Académie, qu’il cite nominativement. (Aucun n’élève de réclamation.) 11 cite enfin le travail de M. Rostan dans le nouveau Dictionnaire de Médecine, et un article inséré récemment dans les Archives médicales . relativement à une guérison très remarquable opérée au moyen du magnétisme animal, sous les yeux de M. le professeur Fouquier. « M. Fouquier, ajoutet-il, est présent, et il pourra affirmer la vérité de ces faits. Le rédacteur de l’article est M. Rattier, qui aujourd’hui affirme avoir été té-

l5o DÉLIBÉRATIONS DE L’ACADÉMIE

rnoin des faits les plus merveilleux, lui qui, il y a quelques aimées, tançait vertement dans le même journal un médecin connu, parcequ’d croyait aux mêmes faits.

c( Le somnambulisme, tel qu’on l’observe dans les traitemens magnétiques , se présente quelquefois spontanément dans la catalepsie et quelques autres affections nerveuses.

ce On trouve les phénomènes du magnétisme animal inexplicables ; mais depuis quand est-il permis de rejeter un fait, faute d’en savoir l’explication? Le doute d’abord, l’examen ensuite, telle est la. marche de tout esprit sage, de tout homme qui n’est pas offusqué par des préjugés, et qui croit que la nature a encore des secrets pour lui.

« On crie au charlatanisme. Mais la conduite des magnétiseurs mérite-t-elle un pareil reproche ? Un charlatan se cache, et fait mystère des moyens qu’il emploie; les magnétiseurs, au contraire , provoquent un examen , et répètent sans cesse : Faites comme nous, et vous obtiendrez les mêmes résultats. Parmi ceux qui croient au magnétisme , on ne trouve que des hommes qui ont vu , examiné , expérimenté : parmi leurs adversaires, on ne trouve

SFR IÆ MAGNÉTISME. 1 5 i

guère que des gens qui nient ce qu’ils n’ont pas vu , ni voulu voir.

'M. Georget, ayant ainsi établi que le magnétisme existe, passe à la question : 1/ Académie doit-elle examiner le magnétisme? 11 la résout par la négative.

a Les phénomènes du somnambulisme, ditil, demandent, pour être saisis, mie attention soutenue, un zèle et même un dévouement qu’on ne peut pas espérer de trouver dans une commission. Il est notoire qu’on a bien de la peine à réunir seulement une fois les membres qui composent les commissions qu5on nomme journellement. La commission nombreuse qu’on, propose d’instituer se réunira-t-elle avec persévérance tous les jours, pendant plusieurs mois? D’ailleurs il est de fait que les somnambules, tourmentés et tracassés par des observateurs ou par des- personnes de mauvaise foi, sont troublés et même complètement désorganisés. (Vives acclamations.)

ce L’Académie doit encourager l’examen du magnétisme animal, mais elle ne doit pas l’examiner elle-même.

M. Magendie a cherché inutilement à voir des phénomènes magnétiques. 11 pense néanmoins qu’il faut examiner, et il ne se récusera

1Ô2 DÉLIBÉRATIONS DE l’ ACADÉMIE

pas si on le nomme membre de la commission li se propose même pour en faire partie. Mais il croit que F Académie a pris une mauvaise route en élevant la question préalable qu’elle discute. Elle aurait dû, quand M. Foissac a fait sa proposition, nommer tout simplement de% commissaires pour examiner les phénomènes qu’il pouvait avoir à présenter. M. Magendie vote en conséquence pour que l’on ne nomme pas une commission spéciale et permanente, mais seulement trois commissaires.

M. Guersent a vu et produit, par les procédés du magnétisme animal, des phénomènes sur la réalité desquels il n’a pu s’abuser , et dont la nature offre de fréquens exemples. Il n’a jamais produit le somnambulisme ; cependant il ne révoque pas en doute l’existence de cet état singulier. Répondant à l’objection tirée du ridicule : La médecine, dit-il, n’a-t-elie pas toujours été le point de mire des sarcasmes , et en a-t-elle en rien souffert? Les Purgoai de Molière , les Sangrado de Le Sage ont-ils détruit un seul fait? Vous ne serez pas plus ridicules en examinant le magnétisme que ne Font été les Lavoisier , les Franklin , les Thourçt , lors du premier examen. Il vote en faveur du rapport.

SUR UE MAGNÉTISME. l53

La discussion est de nouveau remise ànme prochaine séance.

Séance du mardi i4 février 1826,

M. Deleuze adresse à l’Académie une Lettre sur Les meilleurs moyens à employer pour constater la réalité de Faction magnétique (1).

M. Adelon , secrétaire de la section, donne lecture du passage suivant de cette lettre, p. 8 :

« Si le grand Newton revenait parmi nous, des jeunes gens de l’Ecole Polytechnique pourraient lui donner des notions nouvelles sur la théorie de la lumière; mais, six mois après, ils s’honoreraient d’être ses élèves. Je puis de même indiquer à des hommes qui ont approfondi la physiologie une branche de cette science sur laquelle ils ont négligé [de fixer leurs regards. Quand ils l’auront examinée, quand ils l’auront liée à l’ensemble de leurs connaissances, je les écouterai comme mes maîtres. x>

M, Amédée Dupau fait hommage de ses

(1) Se trouve chez Bjechet> libraire ; place de l’Ecolede-Médecine.

î54 délibérations: de l’ académie

Lettres physiologiques et morales sur le magnétisme , adressées à M. Alibert.

On reprend la discussion sur la question de l’examen du magnétisme animal.

M. Qasc prétend que nommer une commission, ce serait abandonner le terrain du doute ; qu’examiner, ce serait déjà une présomption en faveur de la doctrine des magnétiseurs ; que d’ailleurs l’examen ne terminerait rien, et que l’on appellerait toujours de la décision , quelle qu'elle fut. D’ailleurs que verra-t-on dans le magnétisme ? des convulsions , des attaques d’hystérie chez les femmes; mais on sait que mille causes différentes peuvent reproduire ces accidens. M. Gasc est convaincu que tous les somnambules dont l’état n’est pas feint ne présentent que les phénomènes que lui a offerts une paysanne hystérique , qui parlait pendant ses accès, et oubliait ensuite tout ce qu’elle avait dit. Il parle de la fourberie des femmes qui font métier de donner des consultations, et des singulières illusions des somnambules. Il a vu à Charenton une prétendue somnambule qui puisait ses remèdes dans une pharmacopée qu’elle consultait à loisir; à Paris, un enfant que son magnétiseur envoyait dans le Paradis, et qui disait y voir, auprès de Dieu,

SUR UE MAGNÉTISME. l55

deux prophètes, et ces deux prophètes étaient Voltaire et Rousseau. (M. François , de sa place : Oui, oui ; c’est chez M. Chambellan ). 11 vote contre la formation de la commission.

M. Lherminier se déclare au contraire en faveur de l’examen. « Dans ma jeunesse , dit-il, lorsque je voulus me faire une idée du magnétisme animal, mes maîtres me renvoyèrent au jugement de Bailly et de Thouret. L’opinion de ces grands hommes était alors prépondérante , et je l’acceptai. Mais, depuis, de nouveaux phénomènes sont survenus pour lesquels les anciens jugemens ne peuvent plus être invoqués; et, quand les jeunes gens me demandent ce qu’ils doivent penser du magnétisme animal, je né sais que leur répondre. Je demande la formation d’une commission pour l’instruction de P Académie comme pour la mienne. Craignons, en refusant d’examiner, de donner une nouvelle preuve de l’aveuglement de l’esprit de corps. »

M. Salmade demande que la discussion soit close. Cette proposition inattendue est vivement combattue ; un grand nombre de membres s’étaient encore fait inscrire; nous nommerons, entre autres, MM. Castel, Adelon, Gueneau de Mussy, Ferrus, Capurou, Honoré.

356 DÉLIBÉRATIONS DE l’ AC A DEMIE

Après de très vifs débats, la discussion est close,

M. Jlusson , rapporteur de la commission, a la parole. Dans un discours très étendu et très remarquable, il reproduit toutes les objections qui ont été faites contre son rapport, et les discute avec un soin intini. Il ne dédaigne pas même de répondre aux plaisanteries de ceux qui craignent de voir démolir les écoles, ou ébranler les trônes de la Chine et du Japon, et montre par son exemple que le ridicule est une arme qui peut facilement changer demains.

Combattant pied à pied tous les adversaires de la proposition , il répond :

A M. Desgenettes, que le magnétisme n’a point été proscrit en 1784; que les phénomènes ont été admis , mais expliqués par des causes naturelles ; que d’ailleurs il est incontestable que tout a changé dans la théorie et les résultats ; que le somnambulisme magnétique est un fait tout nouveau;

A M. Yirey, que l’on ne pouvait rapprocher le magnétisme des phénomènes de la catalepsie, de l’électricité animale, etc. , sans en supposer la réalité : ce qui est précisément la question ;

A M. Double, que , loin de faire, comme il s’en plaint, l’apologie du magnétisme, on s’est borné à copier les expressions du rapport de

SUR UK MAGNÉTISME. iSf

1784, et à présenter comme conditionnelles les assertions des magnétiseurs; que les savans dont on a invoqué l’autorité contre le magnétisme sont contrebalancés par ceux que l’on invoque pour; que d’ailleurs , en fait de science , l’autorité j des hommes ne peut prévaloir contre les faits; que les dangers du magnétisme sont une raison de plus de l’examiner; que d’ailleurs tout offre ses dangers et ses abus, que la médecine a ses empiriques, ses médecins aux urines, ses renoueurs de membres, etc.;

AM. Laennec, qu’en admettant que les neuf dixièmes des partisans du magnétisme soient des dupes ou des fripons, le dixième abandonné par lui est donc éclairé et de bonne foi , et qu’il faut examiner les faits attestés par ce dixième ;

A M. Nacquart, que, si les phénomènes du magnétisme sont insaisissables aujourd’hui, ils ne l’étaient pas moins en 1784, et que cependant on les a examinés ;

A M. Récamier, que, s’il nie les effets curatifs du magnétisme en accordant ses effets physiologiques, d’autres médecins affirment qu’il est thérapeutique , et peuvent contrebalancer son opinion; qu’il n’est pas vrai que la présence des incrédules empêche l’action magnétique , puis-

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