‹ Expériences publiques sur le magnétisme animal faites à l'Hôtel-Dieu de ParisChapitre 5 sur 22 · V1P SÉANCE · texte numérisé non relu

V1P SÉANCE

ier novembre.

La DUe Samson, arrivée clans la salle au milieu de la réunion ordinaire, déclare n’avoir pas envie de dormir du tout. Il est neuf heures vingt-quatre minutes ; à vingt-six minutes , elle est complètement endormie. Interrogée si elle dort, elle ne donne aucun signe d’audition; trois minutes après je recommence la même question; elle répond : oui.

D . Combien de temps voulez-vous dormir?

R. Jusqu’au soir.

D. Pourquoi?

R, Je n’ai pa§ dormi de la nuit.

D. Est-ce qu’en ne vous laissant pas dormir, votre guérison serait retardée?

R. Oui, monsieur.

D. Voyez-vous votre mal?

R. Non.

D. Quand le verrez vous ?

R. Je ne puis encore le dire.

D. Qu’est-ce qui empêche que vous ne le voyiez de suite ?

R. Parceqûe je ne le vois pas.

D. Faudra-t-il vous réveiller pour vous laisser reposer après ?

R. Mais non !

D. Si l’on ne vous éveillait pas cependant , qit’en arriverait-il ?

j R. Rien.

D. Vous vous éveillerez donc toute seule?

R. Oui , à quatre heures.

D. Si V on ne vous eût pas magnétisée , croyez-vous que vous eussiez été guérie?

Pas de réponse.

Même question , après quelque intervalle.

R. Non , monsieur.

D. Pouvez-vous assigner l’époque de votre guérison?

R. Je ne puis pas dire cela.

D. Pourquoi ne répondez- vous pas à ces messieurs , quand ils vous parlent?

R. C’est que je ne les entends pas.

D. Comment se fait-il que vous m’entendiez, moi ?

R. Parceque vous me guérissez , vous !

Je lui parle à plusieurs reprises, de très loin et à voix basse , elle m’entend parfaitement et répond juste à mes questions. Plusieurs des assistans lui en adressent en même temps que moi , essayant de contrefaire ma voix et lui par-

lant de tout ce qui peut l’intéresser , elle ne les entend pas. On recommence à faire du bruit de toutes les manières; elle reste impassible, complètement isolée de tout ce qui ne vient pas de moi seul. Enfin je la réveille, et elle peut retourner, sans aucune aide, à son lit; ce qu’elle n’avait encore pu faire jusque là.

Je préviens que je conserve littéralement la demande et la réponse citées ; mais que je supprime diverses questions oiseuses, ou des répétitions en d’autres termes , et les réponses qui en dépendent, parceque mon exactitude ne ferait qu’allonger la narration, sans rien ajouter de plus intéressant pour le lecteur.

YIÏle SÉAINCE.

2 novembre.

À neuf heures seize minutes, la Dîle Samson, en arrivant et très éveillée , répond à la question qu’on lui fait, si elle n’à pas envie de dormir, qu’elle ne veut pas dormir.

A neuf heures vingt-une minutes , elle est endormie, sans que je l’aie touchée , ni que j’aie fait aucun geste que lui révèle mon intention.

J’avais annoncé , à l’avance , que je me conduirais ainsi , que j’agirais par ma seule volonté.

On rne prévient qu’elle a vomi la veille.

Z>. Qui vous a endormie?

R. Cest vous.

D. Pourquoi avez-vous vomi hier?

R. C’est parce qu’on m’a donné du bouillon froid.

D. A quelle heure avez-vous vomi ?

R. A quatre heures.

Z). Avez-vous mangé après?

R . Oui , monsieur, et je n’ai pas vomi ce que j’ai pris.

D. Quel accident vous a rendue malade , pour la première fois?

R . Parceque j’ai eu froid.

Z). Y a-t-il long-temps ?

R. Un an passé.

D. N’avez-vous pas fait une chute ?

R. Oui, monsieur.

D. Dans cette chute avez-vous porté sim l’estomac?

R. Non , je suis tombée à la renverse.

D. Croyez-vous que cet accident ait contribué à votre mal?

R. Oui , certainement.

D. Pouvez-vous dire l’état actuel de votre estomac?

R. Il me fait bien mal.

D. Pouvez-vous voir cet état?

R, Non, monsieur.

D . Pensez-vous toujours que le magnétisme vous guérira?

R . Oui, bien certainement.

D. Combien de temps faudra-t-il vous magnétiser pour vous guérir?

R . Ne vous inquiétez pas ; quand je serai guérie, je vous le dirai.

D. Vous rappelez-vous avoir dit, ce matin, que vous ne parliez pas endormie, et pourtant vous parlez; pourquoi cette contradiction?

R. Je n’en sais rien.

Z). Voyez-vous votre mai mieux qu’hier? #

R. Non.

D. Vous aviez promis hier de dire, à quatre heures, quelque chose sur votre état?

R. Vous n’étiez pas là, monsieur, et comme il n’y a que vous à qui j’aie à faire, vous n’auriez pas voulu que je le dise à d’autres.

D . Si vous n’avez pas voulu le dire hier, dites-le maintenant. Y a-t-il trop de monde, cela vous gêne-t-il?

R. Mon Dieu, non; je serais contente qu’il

y eut ici mille médecins : ils s’instruiraient, ils en guériraient d’autres.

D. Trouvez-vous quelque remède pour vous guérir ?

R. Je l’ai trouvé et vous aussi; continuez et je guérirai.

D. Vous croyez donc ne plus vomir?

R. Certainement, Dieu merci : il y a assez long-temps que je vomis.

D. Le magnétisme est-il un puissant moyen de vous guérir ?

R. Oui, certainement, et pour moi et pour bien d’autres.

JD. Connaissez-vous les autres remèdes qu’on eût pu employer?

R. Non, monsieur.

I D. Que vous a-t-on fait pour vous guérir?

R. Sangsues, èventouses, et puis vésicatoires, saignées , bains ; enfin sangsues, cinq a six cents, vésicatoires, sept , dont quatre ici (en montrant du doigt l’épigastre), des potions, du musc, etc.

JD. Vous a-t-on mis un corset?

R. Oui, c’est M. Récamier et M. Robouam.

D. Quel en a été l’effet ?

R. J^ai moins vomi pendant quelques jours , mais cela est revenu de plus belle ( après un

mouvement d’impatience pour tant de questions ).

D. Ce que nous faisons est pour convaincre ces messieurs de l’utilité du magnétisme. Etesvous contente qu’ils en soient persuadés?

R. Certainement ! cela les instruit : quoi donc !

Je l’ai réveillée à dix heures vingt-deux minutes, sans la toucher et sans l’en prévenir à l’avance, comme il est d’usage de le faire pendant la séance. La toux à laquelle elle est sujette a été entièrement suspendue, mais elle s’est renouvelée aussitôt après le réveil.

M. Husson à désiré être mis en rapport avec elle, pendant le cours de notre conversation, afin qu’il pût la questionner lui-même directement. La malade ne l’a pas entendu; elle 11’a rien entendu non plus du bruit extrême que l’on faisait autour d’elle, et que l’on a recommencé avec une longue obstination, pour constater sonisolement absolu; elle n’a pas entendu non plus les cloches de Notre-Dame qui nous étourdissaient.

IXe SEANCE.

3 novembre.

Les maux sentis à l’estomac et à la tête sont plus forts aujourd’hui. La malade est endormie en deux minutes et demie, sans la toucher; ma main dirigée à deux pieds de distance d’elle.

On répète diverses questions faites précédemment; elle ne répond pas, elle ne le fait qu’aux suivantes :

D. Est-il vrai que depuis que l’on vous magnétise, vous souffriez davantage de la tête et de l’estomac?

R . Oui.

D. Comment avez-vous passé la journée de hier ?

R. J’ai souffert des douleurs cruelles dans la tête et dans l’estomac.

D. Quelle en est la cause?

R. Je n’en sais rien.

D. Le magnétisme est-il assez puissant pour enlever le mal ?

R. Oui.

JJ. Toyez-vous aujourd’hui quelle est la nature de votre mal?

R. Non, cela m’est impossible.

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D. Qu’est-ce que la lucidité ?

R. C’est pour dire plus juste.

D. Je vais vous magnétiser dix minutes, pour soulager votre mal de tête.

R. Guérissez-moi bien de ma tête,/*? né vois presque pas clair.

Elie demande à être réveillée au bout de trois quarts d’heure de séance';' ce que je fais, en essayante diverses distances toujours plus éloignées. Eveillée, elle tousse et dit souffrir dans l’estomac.

Xe SÉANCE.

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4 novembre.

Nous étions tous rendus dans la salle ordinaire de nos séances, la malade ne l’était pas encore. M. Husson me dit : Vous endormez la malade sans la toucher, et cela très promptement. Je voudrais que vous essayassiez d’obtenir le sommeil sans qu’elle vous vît et qu’elle fût prévenue de votre arrivée ici. Je lui répondis que j’avais agi ainsi plusieurs fois, pour m’assurer de l’existence d’un fluide , agent des phénomènes magnétiques, et pour juger de l’opinion qui veut attribuer ces effets extraor-

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