‹ Expériences Sur Des Boutures Droites Et RenverséesChapitre 2 sur 3 · G SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

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de Groseillier à maquereau et autant de Groseillier ordinaire, la moitié droites et la moitié renversées. Les boutures renversées échouèrent toutes pour le Groseillier à maquereau ; au contraire, presque toutes celles de Groseillier ordinaire s’enracinèrent. Il fit également douze longues boutures de Saule Marceau, une moitié droites, l’autre moitié renversées. Celles-ci reprirent toutes en peu de temps et poussèrent avec vigueur: mais leurs pousses étaient d’autant plus faibles et devinrent bientôt d’autant plus languissantes qu'elles partaient de plus haut au-dessus du sol. lvnight croyait que ce fait avait échappé a Duhamel, parce que ce célèbre physiologiste avait fait toutes ses boutures trop courtes. Son observation la plus importante fut que le bois nouveau, développé par les boutures renversées, s accumulait constamment au-dessus de la base des pousses produites la première année.

Désirant m’éclairer sur ces curieuses expériences , je plantai, le 22 juin 1852, dans la plate-bande qui avait servi aux essais rapportés plus haut, 30 boutures de Saule blanc, la moitié droites, l’autre moitié renversées. Quelques jours plus tard, je plantai au meme endroit 10 boutures de Troène par moitié droites et renversées. Parmi ces 10 dernières, une seule réussit, et celle-là était précisément renversée. Quant aux premières , la plupart s’enracinèrent, et cela en nombre à peu près égal pour les deux catégories droite et renversée. Dès le 25 juillet, 2 boutures renversées se. faisaient remarquer par le nombre et la vigueur de leurs pousses, dont plusieurs étaient déjà longues de 20 centimètres; mais ces pousses vigoureuses naissaient peu au-dessus du sol, et les autres devenaient de plus en plus faibles à mesure qu’elles partaient de points plus élevés. Ce fait, parfaitement en harmonie avec l’observation de lvnight, s’est montré sur toutes les boutures renversées qui avaient une assez grande longueur; à la vérité, il s’est présenté aussi sur de longues boutures droites, de telle sorte qu’il n’a peut-être pas l’importance que le physiologiste anglais semble lui attribuer. L’expérience a été terminée le 10 octobre 1852 , lorsque le jardin botanique de l’Institut agronomique a cessé d’exister par suite de la suppression de l’établissement auquel il se rattachait. Il m’a donc été impossible de suivre plus longtemps le développement de mes boutures; mais, à cette date , toutes celles qui avaient réussi étaient encore en parfaite végétation. Arrachées avec soin et examinées de près, elles ont donné lieu aux observations suivantes.

Je n’ai pas vu que les pousses aériennes ni les racines eussent d’abord une direction horizontale et se recourbassent plus tard en crochet pour prendre chacune la direction qui leur est essentielle. Les racines particulièrement naissent sur les branches-bon turcs à angle plus ou moins aigu , comme de coutume, ainsi qu’il est facile de s’en assurer par l’examen des échantillons que j’ai conservés: d’un autre côté , si l’on remarque quelque

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différence, a la naissance des branches, entre ces boutures i eu versées et celles qui ont été plantées droites, elle est assez légère pour devoir échapper à un observateur qui ne serait pas prévenu.

Les cotes que Duhamel avait signalées sur la portion aérienne des boutures renversées, sans en préciser la situation, ou le bois nouveau accumulé au-dessus de la base des pousses, comme rappelait Knight, se sont montrés a moi parfaitement apparents et dans des conditions que je dois préciser plus que ne l’ont fait les deux célèbres physiologistes dont il est question ici. Ces éminences ligneuses sont d’autant plus fortes qu’elles correspondent à une pousse plus vigoureuse. Partant d’un tronc commun situé du côté opposé à celui d’où sort la pousse, elles se séparent bientôt pour venir se rendre, en descendant dans une direction oblique et arquée, à droite et à gauche de la base de cette pousse. Ce sont, si l’on peut s’exprimer ainsi, deux décurrences ligneuses ascendantes et venant se confondre du côté opposé à leur point de départ en une seule qui s’efface elle-même peu à peu. Dans certains cas, il résulte de leur présence un épaississement ligneux qui double presque l’épaisseur de la branche-bouture au niveau de la sortie d’une forte pousse. Ce fait me semble très curieux, car il ne peut guère s’expliquer que par l’influence de la pousse a laquelle viennent se rattacher les deux côtes ligneuses; or il faut admettre que cette influence s’est exercée de bas en haut, c’est-à-dire sur la ligne même selon laquelle elle aurait pu se produire si la bouture était restée dans la situation naturelle, et non en sens inverse de celle-ci. Il est facile de sentir combien ce développement ligneux ascendant, et, pins généralement, la végétation de ces boutures renversées, se concilient peu avec les théories qui expliquent la production du bois par des fibres radiculaires descendantes.

L’examen de la portion enterrée de ces mêmes boutures renversées m’a présenté un fait très curieux encore et que je crois n’avoir pas été observe jusqu’à ce jour. Ce fait s’est montré à peu près sans exception sur toutes mes boutures renversées qui avaient réussi, même sur celle de Troène; d’où je suis porté à le regarder comme général. Il consiste en ce qu’un ou plusieurs bourgeons, situés sur la partie enterrée et enracinée, se sont développés sous terre et ont produit une pousse grêle, à entre-nœuds raccourcis, important pour feuilles que de petites écailles en raison de leur situation souterraine, et qui, après avoir commencé à se développer de liant en bas, s’est bientôt et brusquement recourbée en crochet sur elle-même pour prendre line direction verticale ascendante. J’ai vu certaines de ees pousses souterraines naître jusqu’à près de 2 décimètres de profondeur. Dans cette situation évidemment défavorable, elles avaient acquis, le 10 octobre, une longueur de 6 ou 7 centimètres. Lorsque le point d’origine de ces pousses était peu enfoncé eu terre, elles arrivaient promptement à l’air et commençaient dès lors a végéter assez vigoureusement pour devenir bientôt très

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