‹ Expériences sur le tirage des voitures, faites en 1837 et 1838Chapitre 30 sur 48 · DILIGENCE · texte numérisé non relu

DILIGENCE

j de devant °î9°

Diamètre des roues v

/ de derrière ïj'T^

Diamètre moyen des essieux 0,067

Largeur des bandes de roue 0,069

| de devant 1 , 1 5o

chariot i Diamètre des roues. . . .

munitions.

[ de derrière 1 ,585

Diamètre moyen des c:-sieu\ o,o63

\ Largeur des bandes de roue 0,066

On voit, par ces données, que ces deux voitures différaient par la suspension et par le diamètre des roues, qui étaient plus grandes pour le chariot que pour la diligence. Le poids total était d'ailleurs le même, et de 3o5o kilogrammes pour les deux voitures.

Après 84 passages de la diligence et 86 du chariot à munitions , le 1 1 avril,

mmw*

la route a été visitée. Les 5oo mètres , parcourus par la diligence , ont paru plus dégradés que la partie fréquentée par le chariot. Sur le côté extérieur de l'accotement , la diligence avait formé une ornière de om,i5 à om,i6, du côté de la chaussée, il y avait aussi quelques dégradations.

Le chariot avait aussi formé une ornière sur le côté du fossé , mais elle était moins profonde que celle de la diligence , et les dégradations du côte de la chaussée étaient à peu près nulles. Le temps avait été également mêlé de pluie et de sécheresse pour les deux voitures. Le 19 avril, après 202 passages de la diligence et 224 du chariot, on a de nouveau visité la route avec MM. Lemasson , ingénieur en chef, Lejoindre et Plassiard, ingénieurs ordinaires des ponts et chaussées. Il a été reconnu que la partie parcourue par la diligence était en général plus dégradée que celle que suivait le chariot. L'ornière de la diligence avait om,i6 à om,2o de profondeur du côté du fossé, et de om,o3 à om,o4 du côté de la chaussée, et celles du chariot étaient moins profondes.

Des expériences ont été faites ensuite avec le dynamomètre à compteur, pour mesurer l'intensité du tirage avec le chariot à munitions, en passant successivement sur les deux parties , les résultats en sont consignés dans le tableau suivant.

Expériences comparatives sur le tirage d'une diligence après 202 passages, et sur celui d'un chariot à munitions après 224 passages, sur un accotement de la route de'Thionville.

en »

DÉSIGNATION

NOMBRE de tours

EFFORT moyen

EFFORT

employé

RÉSISTANCE

VALEUR

eu w u>

de la partie parcourue.

VITESSE

de

la roulette

du

exercé

parallèlement

au plan

a Taincre

le frottement

au roulement.

du coefficient.

compteur.

de la route.

des essieux.

Piste

kil I06,O

kil 11,90

kil

chariot.

io3,6 io5,4

Moyenne.

Piste

la diligence.

Meyenne.

Les résultats de ces expériences sont d'accord avec l'observation des dé-

gradations de la route pour montrer que la diligence avait plus fatigué la route que le chariot , puisque la résistance au roulement était plus grande sur sa piste que sur l'autre. On doit néanmoins ajouter que les expériences ayant été, par force majeure, faites sur les deux pistes avec le chariot, qui avait une voie moindre que la diligence, la différence indiquée est peutêtre un peu trop forte.

Mais on se rappellera que , dans ces expériences , la diligence avait des roues plus petites que le chariot, et marchait au trot, tandis que ce dernier véhicule allait au pas, et il restait à déterminer par l'expérience, si l'excès des dégradations causées parla diligence provenait de la rapidité du mouvement ou de la petitesse des roues. Il fallait donc répéter la même série d'expériences avec la même voiture sur deux pistes pareilles , en ne faisant varier que la suspension.

C'est ce que nous nous proposions d'entreprendre avec cette diligence , lorsque le propriétaire l'ayant vendue, nous fumes obligé de la rendre de suite , et d'interrompre cette série d'expériences.

60. Expériences comparatives sur les voitures suspendues et non suspendues faites avec une diligence des messageries générales. J'eus alors recours à l'obligeance de l'administration des messageries générales , et , par l'entremise éclairée de M. Àrnous , ancien élève de l'école polytechnique et celui des administrateurs, qui est plus spécialement chargé de la direction des ateliers de construction, j'obtins la libre disposition d'une voiture de ce service pour reprendre ces expériences.

Je choisis , de concert avec MM. les ingénieurs du département de la Moselle , un emplacement convenable sur la route de Metz à Nancy , entre les villages de Jouy et de Montigny, où cette route* en très-bon état, est à peu près horizontale.

L'accotement de gauche, entre le troisième et le quatrième kilomètre, me fut livré en très-bon état, et j'assignai les trois cents premiers mètres au passage de la diligence non suspendue , allant au pas , et les trois cents suivans pour son passage au trot et suspendue.

Pour transformer cette voiture suspendue en un chariot non suspendu, il

suffisait de caler la caisse au-dessus de chaque essieu et au-dessus de la flèche

à l'avant et à l'arrière- train , à l'aide de coins en bois pouvant se mettre et

s'enlever facilement. La voiture passait ainsi à volonté d'un état à un autre.

Le chargement fut formé avec des boulets mis dans des caisses placées

7i EXPERIENCES SUR LE TIRAGE DES VOITURES.

dans l'intérieur , dans la rotonde et sur l'impériale , de manière à répartir la charge à peu près comme on le fait dans le service habituel. Le poids total delà voiture a été de 4402 kilogrammes, ce qui, avec les observateurs qu'elle portait habituellement, l'élevait par fois à 4^97 kilogrammes. La largeur des jantes étant de om, 1 1 , on voit que ce chargement atteignait et dépassait même le maximum fixé par le tarif contenu dans la dernière loi adoptée par la chambre des pairs.

Il résulte de ce qui précède que , dans ces expériences , tout était identique pour les deux parties delà route, sauf l'allure et la suspension. Il nous reste à en faire connaître les résultats.

Après 3oo passages sur chacune des deux pistes , la route a été visitée par MM. Lemasson, ingénieur en chef, et Lejoindre, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées. Il a été reconnu que la partie fréquentée par la diligence non suspendue, allant au pas, était en beaucoup plus mauvais état que celle qui l'avait été par la diligence suspendue , allant au trot.

Dans la première partie , l'ornière du côté du fossé avait environ om, i5 à om,2o de profondeur moyenne, et dans la deuxième partie, elle n'avait que om,io à om,i5.

Du côté de la chaussée entretenue , sur une partie solide , la diligence non suspendue, allant au pas, avait formé sur les 3oo mètres parcourus une ornière de om,o4 à om,o6 de profondeur, tandis que, suspendue et allant au trot, elle n'en avait produit qu'une de om,o3 à om,o5 dans quelques endroits seulement.

La piste des chevaux , ou l'intervalle des ornières , était aussi un peu plus désagrégée dans la partie parcourue au pas que dans celle qui Tétait au trot.

Des expériences comparatives sur l'intensité du tirage sur les deux pistes ont aussi été faites , et les résultats en sont consignés dans le tableau suivant.

Expériences comparatives sur les dégradations produites par une diligence de*

sur un accotement de la

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