IRRITATION AU NIVEAU DE LA POINTE DU SINUS RHOMBOÏDE
Expérience X.
On découvre le sinus rhomboïde et la partie supérieure de la moelle épinière jusqu'à l'origine des nerfs brachiaux ; 11 h 30ra, on fait la section à la pointe du sinus, une autre au-dessus des racines des nerfs brachiaux et on enlève le morceau intermédiaire.
11 h 33m, cryslal de sel sur la section inférieure.
11, 35, le sel est enlevé.
11, 55, le sel est appliqué de nouveau.
Les extrémités antérieures sont peu mobiles; les yeux et les narines se meuvent normalement; la respiration continue ; l'hémorrhagieest petite. Une minute après l'opération l'irritabilité est grande.
11, 33 '/2 dépression évidente.
La respiration s'arrête, probablement parce que le sel a louché la section supérieure de la moelle allongée.
11,39 mouvements spontanés.
11, 41 respiration et irritabilité rétablies.
Dépression de la respiration ci de l'action réflexe.
M, 58, lo sel est enlevé.
4 2, 3 l'action réflexe est rétablie, la respiration pas encore.
42, 4 0 la respiration recom-
mciK e.
12, 13, au lieu du sel, nous mettons un petit morceau de potasse sur la section de la moelle épinière.
L'action réflexe est en peu déprimée; la respiration continue; 4 2, 30, l'irritabilité devient plus grande.
24 heures après, nous trouvons cette grenouille très excitable; à chaque attouchement elle fait des mouvements violents; et au chatouillement de la région anale, des sauts et des mouvements comme pour s'essuyer celte région. Nous mettons du sel sur la section ; il n'agit pas immédiatement, car la section est couverte de sang épais; mais au bout de 8 a 40 minutes nous obtenons une dépression complète; plus lard l'irritabilité se rétablit encore une fois.
Voyez l'expérience VI; après ce qui y est décrit, nous faisons encore la sectiou de la moelle épinière immédiatement au-dessus du sinus, — et la dépression continue comme avant; c'est a dire que l'interruption de la communication entre les centres modérateurs et la moelle épinière n'a pas éloigné la dépression de l'action réflexe, provoquée préalablement par l'irritation des centres modérateurs.
Expérience XI.
Expérience XII.
Voyez l'expérience VIL Une heure après la dépression produite par l'attouchement de la section des couches optiques avec une éponge, — l'action réflexe est de nouveau énergique.
La moelle est tranchée par compression (avec la pincelle) à la pointe même du sinus; immédiatement après dépression profonde et durable.
Cette fois nous sommes avec M. Seczenow en contradiction réelle; dans toutes nos expériences l'irritation mécanique ou chimique de celte section de la moelle a eu le même résultat que celle des pédoncules au niveau des couches optiques et des corps quadrijumaux — c'est à dire une dépression de l'action réflexe en raison directe avec la violence de l'irritation ; M. Seczenow dit au contraire, que l'incision dans cette région et le sel appliqué à la section — ne produisent pas cet effet. Nous ne savons comment expliquer cette différence; le fait est que quant à nous, V irritation de la moelle sous le sinus (même après avoir enlevé un morceau d'un millimètre d'épaisseur) nous a toujours donné une grande dépression de l'action réflexe; mais, quand nous voulons, nous pouvons aussi trancher la moelle en cet endroit sans produire de dépression, ou bien en n'en produisant une fort petite; pour cela il faut éviter toute irritation de la moëlle. Du reste ce fait n'est pas nouveau et nous sommes en accord complet avec la grande majorité des observateurs ; c'est au-dessous du sinus rhomboïde que l'ont tranche la moëlle quand on décapite une grenouille ; et pourtant il y a presque toujours une dépression assez considérable de l'action réflexe — qui dure plusieurs minutes, avant de céder à l'augmentation. Nous avons dans le Milliers Archiv de 1838 une excellente description des phénomènes qui suivent la décapitation d'une grenouille, par Volkmann, professeur de physiologie à Dorpat; il dit expressément que lorsqu'on « tranche complètement la colonne vértébrale d'une grenouille au-dessous du crâne, » on obtient une grande dépression, et qu'il se passe souvent 5 et 10 minutes avant qu'on ne puisse obtenir les premiers indices de mouvements réflexes.