SUR LE VIRUS SYPHILITIQUE
$ I. — Agents physiques.
L'expérimentation a permis de prouver ce que les faits cliniques faisaient prévoir.
“« Le virus syphilitique, dit M. Metchnikoff, est très « fragile. Il se conservé à peine pendant quelques heures « hors de l'organisme ; desséché il perd sa virulence « (Salmon) (1).Même conservé à température basse, il cesse « bientôt d’être virulent. Ainsi, dans une de nos expé- « riences exécutées avec M. Roux, nous avons largement « inoculé à un papion du virus provenant d’un enfant « atteint de pemphigus. Le virus avait été préalablement « conservé à la glacière à 10° centigrades pendant 3 jours. « Il s’est montré sans action, ainsi que le virus du foie « d’un nouveau-né syphilitique, conservé dans les mêmes « conditions. »
«€ Chaulfé à 48 et à 51° le virus ne donne plus la « syphilis.
Voilà ce que nous enseigne le laboratoire, sur la façon dont se comporte le virus syphilitique en face des différents agents physiques : dessication, chaleur et froid.
(4) Soc. de biologie, 1904.
St
Le manque de résistance à la dessication éclaire d’un Jour nouveau la question de la syphilis extra-génitale : pour communiquer la vérole, le virus doit donc être frais, aussi la contagion médiate doit-elle servir bien rarement de mode de transport à la maladie.
Et désormais, des cas de contagion de ce genre, avant d’être considérés comme exacts, devront-ils être contrôlés par une enquête très sérieuse.
C'est encore un point dont la connaissance aura sa valeur lorsque nous étudierons la prophylaxie de la syphilis. Il est évident que le meilleur remède contre la syphilis extra-vénérienne est l’observance des lois les plus élémentaires de l'hygiène et la suppression de certaines coutumes, comme celle du baiser bucco-buccal cher aux Russes.
Si la syphilis extra-génitale peut être combattue aussi aisément et les statistiques les plus dignes de foi en font preuve, jusqu'ici, la contagion par la voie vénérienne n'a pu être combattue efficacement ; les notions acquises tout récemment sur la fragilité extrême du virus permettent de croire qu'on y pourra parvenir et ce, par des procédés beaucoup plus simples qu'on ne le croyait Jusqu’à ces derniers temps.
$ IL — Agents chimiques.
Mercure. — In vitro, mélangé à de la glycérine, le virus ne perdra pas sa virulence. « La glycérine, ajoutée au virus syphilitique, ne lui enlève pas son pouvoir
pathogène » (1).
(1) Mercuiorr et Roux, Ann, de l'Institut Pasteur, novembre 4904.
En clinique, deux agents sont employés contre la syphilis.
L'un d'eux, l’iodure de potassium, a été préconisé par Wallau. — Les travaux récents sur l'action de l'iode et des iodures montrent l'influence de ce médicament sur la circulation et sur les cellules migratrices, l’exeitation leucocytaire, mononucléaire.
À ce titre, l’iodure de potassium rend de grands services contre le processus scléreux de la syphilis tertiaire, mais on sait qu'il est sans influence sur le chancre etsur les accidents secondaires, on ne l'a jamais considéré comme un agent microbicide. Aussi ne faut-il pas chercher de ce côté un antidote du poison syphilitique.
La thérapeutique se vante de posséder dans son arsenal 2 ou 3 médicaments spécifiques et le mercure est peut-être celui dont l’action est considérée comme la plus certaine et la plus efficace.
La vérole était apparue”en 1494 ; dès 1495, Marcellus Lumanus recommandait un onguent mercuriel (Hallopeau, th. d’agrégation, 78). Son exemple fut imité bientôt par Vigo et Bérenger de Carpi.
Le mercure ne fut administré à l'intérieur que vers 1535 par Pierre-André Mathiole. Il administrait'le précipité rouge ; on employa ensuite le mercure cru qui entrait dans la composition des fameuses pilules de Barberousse ; puis avec les découvertes chimiques arrivèrent successivement toutes les préparations connues et plus ou moins usitées de nos jours.
« Le mercure a-t-il une action curative sur les symp-
tômes de la syphilis ?
« Illusion ! a t-on dit. Ce dont on fait honneur au