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chnikoff et Roux (1) obtinrent des inoculations positives sur le chimpanzé avec des produits d'accidents secondaires : plaque muqueuse et syphilis chancriforme. En juin 1905, MM. Thibierge et Ravaut (2) font connaître le résultat d’une série de recherches sur la syphilis des macaqués. Ils ont obtenu également des résultats positifs en inoculant le produit de plaques muqueuses au bord libre des paupières de ces animaux. Des expériences analogues sont répétées en Allemagne avec succès et établissent d’une façon indubitable l'exactitude de l'opinion générale des cliniciens touchant la contagiosité des accidents secondaires.
Accidents tertiaires. — « Dans nos expériences, les « accidents primaires et secondaires de l’homme et des « singes se sont montrés inoculables, dit Metchnikoff (3), « mais quelques tentatives d’inoculation de gommes ne « nous ont pas donné de résultats positifs.
« Par contre, MM. Finger et Landsteiner, ainsi que « MM. Neisser, Baermann et Halberstätter ont, dans « cinq cas, réussi à produire un chancre induré chez des « singes inoculés avec des produits provenant de la « périphérie des gommes ». À
Dans sa communication au même congrès, M. le Prof” Neisser s’exprimait ainsi : « On a constaté Jusqu'à pré- « sent la contagiosité de tous les produits syphilitiques « primaires, secondaires et aussi tertiaires, mais seule-
(4) Mercuwkorr et Roux. Syphilis expérimentale. Ann. de l'I. P., 1904. (2) Bulletin de la Sociélé médicale des Hépilaux, juin 1905. L
(3) In Rapport sur la syphilis expérimentale au Congrès de Lisbonne, 1906, (4) Neisser. Communication au Congrès de Lisbonne, 1906.
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« ment dans les cas où les néoplasies tertiaires ne sont « pas encore en voie de dégénérescence ou de suppu- « ration. Ainsi, toutes les gommes ulcérées et ramollies ne « contiennent plus de virus inoculable, alors que Finger « et moi avons réussi à obtenir des inoculations positives « parce que nous avions à notre disposition des gommes «n'ayant pas encore subi de transformation nécrotique « et encore recouvertes d’une peau absolument saine » *
Ces différentes expériences démontrent d’une façon définitive que les accidents tertiaires sont quelquefois inoculables.
« Quant au sang, dit M. Neisser dans la même com- « munication, les nouvelles expériences faites sur les « singes ont confirmé les résultats obtenus par les anciens « syphiligraphes chez l’homme. » Hoffmann (1), de même, a inoculé avec succès au singe le sang des syphilhtiques.
Avec le sperme, Finger a réussi une fois une inoculation positive. Neisser a répété cette tentative 5 fois, mais sans résultats.
Syphilis héréditaire. — « J’ai constaté trois fois, dit «encore le professeur de Breslau, la contagiosité de « tous les organes dans la syphilis héréditaire. Dans un « premier cas, Jai obtenu des chancres chez les singes «avec tous les organes examinés : poumons, foie, rate, « reins, capsules surrénales, testicules ; dans un autre « cas, avec le sang du cœur et avec de l'ovaire ; dans un «troisième cas, avec le mucus purulent du nez, ce qui
(4) Deulsche medizinische Wochenschrift, 4906, ne 13,
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« met en évidence la contagiosité possible d’un enfant « pour son entourage ».
x CONCLUSIONS
1° L'observation clinique, l'expérimentation sur l’homme et plus récemment les inoculations à certaines espèces simiennes démontrent que les accidents de la syphilis primaire, secondaire et tertiaire contiennent un virus contagieux ; |
20 Seules les qommes, expérimentalement du moins, sont rarement le point de départ de l'infection syphilitique.
$ II. — Plaie du syphilisé.
1° Peut-on contracter la vérole avec une peau et une muqueuse intactes ? — Ce point très important a été jadis l’occasion de nombreuses discussions.
Actuellement, tout le monde est d'accord ; il faut pour que le virus pénètre dans l'organisme, qu'il trouve sur la surface cutanée ou muqueuse une solution de continuité.
Comme le dit Ricord dans ses Lettres sur la syphilis (p. 151) : « L'observation et l'analyse des faits démon- «trent que la contagion de la vérole, dans quelque « circonstance qu'elle s'opère, se réduit en dernier à un « procédé d’inoculation plus ou moins analogue au pro- « cédé par la lancette ».
Voilà qui est net : et ous ceux qui depuis Ricord se sont occupés de syphilis, se sont ralliés à cette opinion.
On n’admet plus qu'une muqueuse à épithéllum phy-
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siquement intact, mais congestionné à certains moments physiologiques, puisse laisser passer le virus. À plus forte raison pour la peau « barrière naturelle à l'invasion microbienne ». :
Les orifices des follicules pileux et glandulaires sont disposés en entonnoir, et les microbes de la peau, staphylocoques, streptocoques, pénètrent aisément. Ces orifices ne paraissent pas « à leur état normal, pouvoir servir de porte d'entrée au virus » (Neisser).
Le virus syphilitique peut donc être appliqué sur la peau ou sur une muqueuse normale, sans infecter l’économie. |
De ceci nous avons tous les jours des preuves : hommes ayant des contacts vénériens avec des femmes virulentes et dangereuses, sans contracter la vérole ; médecins qui manient des lésions contagieuses.
Cette première proposition, la nécessité d’une solution de continuité est d’une grande importance. Elle nous explique comment 1l se fait que les régions les plus ordinairement contaminées sont celles qui ont le plus de tendance aux écorchures ; comment des hommes ou des femmes ont pu (rarement, il est vrai) transmettre la vérole sans être contaminés eux-mêmes ; les chancres multiples survenus dans certaines conditions.
8° Deuxième point, cette effraction doit-elle être profonde ? — En d’autres termes, à quel niveau doit se faire l’imoculation, et dans quelle couche des téguments ? On peut préciser ce point d'anatomie, montrer que la syphilis est maladie à inoculation dermique et non intraépidermique comme on l’a souvent prétendu.
Le ET es Cliniquement, on sait qu’une légère excoriation imperceptible à l'œil nu peut être l’occasion de la greffe du Virus.
On pourrait en déduire que le virus n’a pas besoin d'atteindre le derme.
Dans le cas présent, c’est l’expérimentation qui va nous donner les renseignements les meilleurs.
Qu'on examine un peu les inoculations faites avec succès soit autrefois sur l’homme, soit maintenant sur le singe. Tantôt les auteurs mettaient à nu le derme au moyen d’un vésicatoire, tantôt le pus était porté dans le derme par la lancette ou par ce qu’on appelait alors le ratissage, c’est-à-dire la scarification.
Une bonne scarification est celle qui atteint le derme et c’est peut-être pour être demeuré trop longtemps superficiel que M. Neisser (1) a nié au début la syphilis des singes inférieurs.
MM. Finger et Landsteiner introduisent le virus dans de petites poches pratiquées dans le derme au moyen d’un instrument tranchant.
M. Metchnikoff (2), en utilisant ce mode d’inoculation, a vu diminuer dans une grande proportion le nombre des singes inférieurs ne prenant pas la syphilis.
Et, d'ailleurs, toutes les fois que nous avons vu M. Metchnikoff faire des inoculations de virus syphilitique soit par le procédé de Finger, soit par les scarifications, il s’écoulait toujours un peu de sang.
Dans tous ces cas l’épiderme était donc dépassé et la couche de Malpighi atteinte.
(1) Deutsche medic. Wochenschr., 1904, n° 1422. (2) Rapport au Congrès de Lisbonne, 1906.