MAISONNEUVE
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« L'étude de la papule débutante (Débuts du syphi- « lome initial (D' Paul Salmon, in compte-rendu de la « Soc. de Biologie, p. 9, année 1905) enlevée par « biopsie, permet de constater que la syphilis a déter- « miné une inflammation prononcée du derme et une «inflammation accessoire de l’épiderme.
« Dans le derme, le syphilome se développe et à la « surface et dans les couches profondes. Superficielle- « ment, la couche celluleuse sous-papillaire s’infiltre de « cellules mononucléées des deux types, les unes foncées « par les couleurs d’aniline, les autres restées claires ; «c'est dans cette couche que débute tout d'abord le « syphilome. L'instrument de l'inoculation pénètre et « fait pénétrer le virus syphiltique dans cette région « immédiatement sous-jacente à l’épiderme, et là, le « parasite de la vérole va pouvoir évoluer ».
Nous sommes maintenant certains d'une chose : pour qu'une inoculation de pus syphilitique communique la syphilis, 1l faut que ce pus franchisse l’épiderme et atteigne le derme. Cette notion nous permet d'expliquer sans difficulté le mode de production du chancre : au moment du coït une écorchure se produit et le cas est très fréquent, ou bien une affection antérieure (éruption d’herpès, chancre mou, balanite) met le derme à nu et donne ainsi au virus une voie d'accès.
Mais une nouvelle question se pose logiquement, le virus syphilitique donne la syphilis quand il est déposé dans le derme, nous le savons ; en sera-t-il de même si le virus est déposé plus profondément dans l'organisme si l’inoculation au lieu d'être intradermique est hypodermique ?
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Cette question est d’autant plus intéressante qu'à la solution du problème est lié également celui de certaines syphilis soi-disant d'emblée, de syphilis sans chancre dont l'existence est niée formellement de nos jours par presque tous les syphiligraphes : Fournier, Gaucher, etc., mais qui a été soutenue autrefois par divers auteurs.
L'expérimentation nous donne une réponse décisive : « Il n'est pas possible d’infecter les singes par une injec- « tion sous-cutanée de virus. Les animaux ne sont ni « infectés, ni immunisés, car dans tous les cas on pou- « vait les réinoculer avec succès (1) » (Neisser).
Pour faire une inoculation positive, &l n'est donc pas utile de dépasser le derme. :
En résumé, l’étude clinique, expérimentale et histologique du chancre acquis ou inoculé démontre d’une façon évidente qu'une condition est nécessaire et su/jisante pour que le virus syphilitique produise un chancre ; c'est l'introduction de ce virus dans les couches superficielles du derme.
Et l’on comprend de suite toute l'importance de ces notions lorsque nous devrons chercher le moyen d’atteindre le virus syphilitique pour l'empêcher d’envahir l'organisme.
Puisque le virus doit toujours passer par le derme avant d’infecter l’économie, il sera logique de demander à la thérapeutique quel agent physique ou chimique serait capable d'atteindre le virus dans le derme.
(1) Nersser, In Congrès de Lisbonne, 1906.
CONCLUSIONS
1° On ne peut contracter la vérole sans une plaie ;
2 Cette plaie porte d'entrée doit être dermo-épidermique ;
3° Cette plaie étant trés superficielle, s'il existe un agent thérapeutique capable de pénétrer jusqu’au derme, on peut sans doute atteindre le virus syphilitique, localisé dans cette plaie.
$S III. — Le virus.
Depuis l’avènement de la microbiologie, 1l ne s’est peut-être pas passé d'année sans que la découverte du microbe de la syphilis ne fut annoncée.
Nous n’insisterons pas sur l'historique de la question, puisque, de l’avis des bactériologistes les plus autorisés, nous nous trouvons à l’heure actuelle en présence du véritable agent pathogène de la syphilis.
C'est un être mobile en forme de spirale très fine, découvert par Schaudinn dans les produits syphilitiques humains et étudié d'une façon plus complète par lui et le D' Hoffmann (1).
Jusqu'ici le spirochoæte pallida (c'est le nom que M. Schaudinn a donné au nouveau microbe) n'a pu être cultivé. M. Levaditi (2), de l’Institut Pasteur, a fait un premier pas dans cette voie en cultivant non pas encore
(1) Arbeiten a. d. k. Gesundhersamte, 1905, vol. XXII, p. 827 et Deutsche med. Woch., 1904, no 45, (2) Bulletin de l’Académie des sciences, mai 1906.
le spirille de la syphilis, mais deux spirilles analogues, ceux de la septicémie des poules et de la fièvre récurrente. Mais il faudra réaliser bien des progrès avant d'aboutir à une méthode pratique de culture en grand du spirochæte pallida et pour certains auteurs, de plus en plus rares 1l est vrai, tant qu’on n'y aura pas réussi on ne pourra affirmer sa spécificité.
La connaissance des recherches auxquelles on s’est livré sur la présence des spirochoetes dans les différents produits syphilitiques humains, la façon dont ils sont disséminés à l'intérieur des lésions, en même temps qu'elle nous édifiera sur leur rôle étiologique, nous fournira des renseignements d’ur grand intérêt sur le mode de contagion de la maladie.
S'il nous fallait énumérer le nom de ceux qui ont retrouvé le spirille pâle soit dans les accidents primaires soit dans les accidents secondaires, je n'aurais qu'à nommer tous ceux qui les ont cherché ; cette constatation presque constante faite dans les pays les plus éloignés est un excellent argument en faveur de la spécificité de ce microbe.
Un autre fait plus intéressant encore est celui de l'avoir retrouvé dans les lésions de la syphilis expérimentale du singe comme l'ont déclaré MM. Metchnikoff et Roux (1) puis Neisser, Finger, etc.
Peu de temps après leur première communication sur le spirochoete pallida Schaudinn et Hoffmann (2) signalaient sa présence dans les ganglions lymphatiques.
(4) Mercakixorr et Roux. Recherches microbiologiques sur la syphilis, Buletin de l'Académie de médecine, mai 1905, p. 468. (2) Scnaupinn et Horrmanx. Deulsche med, Woch., mai 4905, p. 711-714.
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MM. Queyrat et Levaditi (1), par la méthode des coupes dont nous nous occuperons tout à l'heure, sont parvenus également à le retrouver une fois sur trois cas examinés.
Plusieurs observateurs, notamment Noeggerath et Stahelin ont constaté aussi la présence des spirilles syphilitiques dans le sang, surtout à la période de généralisation secondaire.
Malgré l’ingéniosité et la ténacité des chercheurs on n'avait pas pu retrouver de spirochoetes dans la syphilis tertiaire, et l’on se perdait en conjectures pour expliquer cette absence ou du moins cette invisibilité, lorsque Schaudinn (discussion qui a suivi la communication du rapport du Prof Neisser au Congrès de Lisbonne) a rapporté qu’il avait réussi à trouver un amas de 5 à 6 spirochoetes dans la partie périphérique d’une gomme du foie.
En résumé dans toutes les manifestations de la syphilis acquise ou expérimentale on a pu déceler la présence du spirille, allait-on le retrouver dans la syphilis héréditaire ?
Cette question, dont on conçoît l'intérêt, a excité la curiosité des bactériologistes, tant en France qu’en Allemagne et le problème a été vite résolu.
Buschke et Fischer (2), le 18 mai 1905 trouvent le spirille dans le sang et les viscères d’un enfant mort à
8 semaines au cours d'accidents de syphilis héréditaire.
(1) Queyrar et Levanrni. Soc. med. des Hôpitaux, & avril 1906. (2) Deutsche med. Woch., 18 mai 1905, p. 791 et 25 mai, p. 839.