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La grande marque de faveur et de confiance que donne Jéhovah au serviteur en le chargeant de la mission de convertir les nations païennes, lui fait jeter lexclamation : «je suis fort estimé aux yeux de Jéhovah et mon Dieu est ma force,» parole admirable par les sentiments de foi puissante, de reconnaissance et d’humilité qu'elle respire. Le serviteur reconnaît comme un honneur extraordinaire que lui fait son Maitre céleste de l'appeler à une activité qui ne connait de bornes que celles de la terre elle-même. Mais il senten même temps sa propre faiblesse et son insuffisance , les périls qui l'entourent, les obstacles qui se présenteront; il sent que par lui seul 1] ne peut rien faire, en cela semblable au premier Ésaïe et à Jérémie au moment où ils reçurent leur vocation de prophètes, dont l’un exprima sa faiblesse en ces termes: «Je suis un homme aux lèvres impures,» et dont l’autre fit humble aveu: «Je ne suis qu'un jeune homme.» Mais le serviteur sait «que son Dieu sera sa force; » son Dieu le protégera et le conservera dans les dangers qu'il courra, son Dieu lui fera don de son esprit et lui communiquera par le moyen de ‘cel esprit sagesse, courage, patience, résignation (cf. XLII, 1). Ces paroles, qui sortent de la bouche d'Israël théocratique, on peut dire qu'elles partent en même temps du cœur de notre prophète, qui, au milieu des plus grandes souffrances et dans les dangers qui menaçaient jusqu’à sa vie, éprouvait puissamment l'effet de la protection divine et s’en remeltait en Loutes choses à la volonté de Jéhovah. Il s'en ressent aussi pour sa part de l’honneur que Jéhovah fait à Israël théocratique
tique et d'Israël idolâtre, pécheur et subissant la peine de ses ini-
quités !
en le destinant à l’œuvre magnifique de convertir les nations, quoique lui-même ne puisse pas espérer d’y travailler et qu’il n’y ait jamais travaillé.