INACTION DE GRACES. CH
même, et le vous pour les anciens Gentils, auxquels il écrit. Il s'occupe des premiers dans les versets 11 et 12 ; des seconds, dans les versets 13 et 14. Seulement, dans le verset 14, il revient au nous général, en parlant de l'héritage à venir, commun aux uns et aux autres. Cette distinction est importante à considérer : car c'est une des clefs de notre épître, adressée à des Gentils convertis, par un de ces Juifs convertis qui leur ont porté l'Évangile, Nous verrons ce sujet repris et développé plus tard, surtout dans les chapitres II et III; ici, il n'est qu'indiqué.
En lui, c'est-à-dire en Christ. Cette répétition a pour but de faire mieux comprendre que c'est à Jésus-Christ que se rapportent ces mots : en qui nous avons été faits héritiers, et peut-être aussi de séparer davantage d'avec ce qui précède les versets 11 et suivants, où une pensée nouvelle doit être introduite.
Nous avons été faits héritiers, nous Juifs, qui avons cru en Jésus-Christ, et qui avons été ainsi appelés à l'héritage. Autrefois, les Israélites avaient reçu en héritage le pays de Canaan ; mais ce n'était là qu'un type visible de cet héritage céleste qui leur devait échoir en Jésus-Christ, et que notre apôtre appelle, dans le passage correspondant de son épître aux Colossiens, « l'héritage des saints dans la lumière, > auquel le Père nous fait participer en « nous délivrant € de la puissance des ténèbres, et nous transportant « au royaume de son Fils bien -aimé > (Col. 1, 12, 13).
CH. I, H-i4. l'action de GRACES. 21
Ayant été prédestinés^ etc. Il s'agit ici de la prédestination spéciale des Juifs. Celui qui a prédestiné tous les croyants, en général, à la vie éternelle, a également prédestiné les Juifs convertis à leur position spéciale, ainsi que les Gentils convertis à la leur. Dans le détail comme dans Tensemble, pour le genre humain, pour les peuples, pour les familles, pour les individus, tout s'accomplit « selon le conseil de la vo- « lonté » souveraine de Dieu ; de lui seul procède toute grâce, à lui seul toute gloire doit retourner.
Afin que nous fussions y à la louange de sa gloire ^ ceux qui mt espéré auparavant en Christ. Nous suivons ici une interprétation qui s'écarte un peu de nos versions reçues, mais qui est préférée par les meilleurs commentateurs. Les mots : à la louange de sa gloire^ forment une proposition incidente et détachée, ainsi que dans le verset 14, et que dans le verset 6, ce qui donne à tout ce morceau quelque chose de plus symétrique et de plus complet. La vocation générale des croyants, la vocation spéciale des Juifs, et la vocation spéciale des Gentils ont toutes trois la même fin : la louange de la gloire de Dieu.
Espéré auparavant en Christ» ou espéré d'avance en Christ. La version ordinaire : « espéré les pre- « raiers en Christ, » ne rend pas exactement la pensée de l'Apôtre. Ce n'est pas seulement une différence de temps qui sépare le Juif du Gentil; c'est une différence de position. Le Juif n'a pas seulement l'avan-
22 l'action DB GRACES. CH. I, li-U.
tage d'avoir entendu TÉvangile, de la bouche du Seigneur ou de «es apôtres, quelques années avant le Gentil ; avantage qu'un Gentil a pu avoir également sur un autre Gentil, par exemple l'habitant d'Antioche (Actes XI, 20) sur l'habitant d'Athènes ou de Gorinthe (Actes XVII, 45; XVIII, 1). Le privilège du Juif est tout autrement considérable. Bien des siècles avant que le Ghrist vint au monde et qu'il fût prêché aux Gentils, le Juif, averti par la prophétie, a espéré en lui; l'Apôtre choisit cette expression, parce qu'elle est propre aux choses futures, tandis qu'en parlant des Gentils, il dit qu'ils ont cru. Le même apôtre écrit ailleurs à ces Gentils qui ont cru : « Vous qui étiez autrefois € Gentils — étiez en ce temps-là hors de Christ (ou sans « Christ) séparés de la république d'Israël et étrangers € aux alliances de la promesse, n'ayant point d'espé-» € rance et sans Dieu dans le monde » (Éph. II, H, 12). Mais le Juif croyant s'exprime ainsi : « Nous « avons trouvé celui duquel ont écrit Moïse dans la « loi, et les prophètes i> (Jean I, 45). C'est de cette espérance qui caractérise le Juif que parle saint Paul, devant le Juif Agrippa (Actes XXVI, 6, 7) ; et c'est par cette attitude différente du Juif et du Gentil à l'égard de l'Évangile que s'explique Matth. X, 6; XV, 24; Actes XIII, 46, etc. Que ceci nous instruise à estimer le Juif. Comprenons ce qu'il est devant Dieu et ce qu'il a fait pour nous. Les prophètes ont été juifs; les apôtres ont été juifs; Jésus-Christ a été juif. Man-
GH. I; 11-14. l'action de orages. 23
querions-nous d'ardeur pour rendre aux Juifs cet Évangile auquel ils ont eu part avant nous', et que nous avons reçu d'eux? (Jean IV, 22.) Méditez le. XP chapitre de Tépître aux Romains, et plus spécia-* lement les versets 28 à 32.
En qui vous ite$ aussi. Vous, Gentils, qui avez été admis à votre tour à l'héritage de la vie éternelle. Nul ne le savait mieux que saint Paul, qui avait été envoyé de Dieu auprès des Gentils, tout exprès c pour < ouvrir leurs yeux, pour les convertir des ténèbres à c la lumière et de la puissance de Satan à Dieu ; afin qu'ils reçussent la rémission des péchés, et une part (littéralement Vhéritage; c'est le même mot qui est <ï employé dans ÉphésiensI, H et Colossiens I, 12) « entre ceux qui sont sanctifiés par la foi en Dieu » (Actes XXVI, 18).
Dans ces deux versets, l'Apôtre marque les quatre degrés du développement spirituel des Gentils convertis auxquels il s'adresse. Ce développement n'est pas particulier aux Gentils; sauf le point de départ, il leur est commun avec les Juifs. Mais l'Apôtre entre dans un plus grand détail en parlant des Gentils, tant ici que dans le reste de l'épître, parce que c'est essentiellement à eux et pour eux qu'il écrit; ce qui concerne les Juifs n'est que rappelé en passant pour mieux expliquer la position des Gentils.
Ayant entendu. Premier degré. Il fallait commencer par entendre. Car < comment croiraient-ils, sans en*
24 l'action de gracbs. ch. I, il-14.
« tendre? et comment entendront-ils, sans quelqu'un < qui prêche? La foi vient de l'ouïe, et l'ouïe par la Pa- € rôle de Dieu » (Rom. X, 14, 17). Ce qu'ils ont entendu, c'est « la parole de la vérité, l'évangile de c leur salut, > de ce salut qui est mis désormais à la portée du Gentil, après avoir été longtemps le privilège exclusif du Juif (Col. I, 5, 6 ; Actes XI, 18). La vérité, le salut, les deux trésors dont l'humanité a été toujours en recherche, et qu'elle n'a jamais trouvés qu'en Jésus-Christ, malgré ses prodigieux efforts.
Ayant cru. Second degré. Comment croire sans entendre? disions-nous. Mais aussi, à quoi bon entendre si l'on ne croit? « A tous ceux qui l'ont reçu, € il leur a donné le droit d'être faits enfants de Dieu, a savoir à ceux qui croient en son nom > (JeanI, 12). — Les mots en qui se rapportent à Jésus-Christ, à qui nous devons encore, outre toutes les grâces déjà mentionnées, le don du Saint-Esprit. C'est comme s'il y avait : En qui aussi vous avez été scellés, ayant cru, par le Saint-Esprit de la promesse.
Vous avez été scellés par le Saint-Esprit de la promesse, c'est-à-dire, qui avait été promis (Gai. III, 14) par les prophètes juifs (Actes II, 16). Troisième degré. Qui croit en Jésus reçoit le Saint-Esprit (Gai. lY, 6) : c Parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans vos € cœurs le Saint-Esprit, criant Abba, Père ! > Scellés. Gomme un homme marque un papier de son sceau pour que nul ne puisse douter qu'il lui appartienne.
GH. ly ii-i4. l'action de gbàges. 25
ainsi c Dieu a marqué Jésus de son sceau » (Jean YI, 27), afin que chacun le reconnaisse pour son Fils; et il marque également de son sceau ceux qui croient en Jésus, afin que chacun les reconnaisse pour ses enfants. Il a icellé Jésus, en lui donnant c TEsprit a sans mesure > (Jean III, 34); il scel/e les croyants, en leur donnant <c de son Esprit > (1 Jean lY, 13). Mais en même temps que la présence du Saint-Esprit en nous est, pour le passé, un témoignage de notre adoption en Jésus-Ghrist, elle est aussi, pour l'avenir, un gage de notre héritage futur, et un commencement de jouissance, tel que le comporte notre condition actuelle, et qui nous répond que le reste viendra en son temps. C'est pour cela que l'Apôtre appelle encore le Saint-Esprit les arrhes de notre héritage^ comme il l'en appelle ailleurs « les prémices > (Rom. VIII, 23). « Celui qui nous affermit avec vous en Christ et qui « nous a oints*, c'est Dieu, qui aussi nous a scellés et < nous a donné les arrhes de l'Esprit dans nos cœurs m (2Cor.I,21,22).
Pour la rédemption de V acquisition. Quatrième degré, qui est encore à venir, tandis que les trois premiers sont passés. L'acquisition, c'est le peuple de Dieu, qu'il s'est acquis pour lui appartenir en propre, d'abord sous l'Ancien Testament (Exode XIX, 5; Deut. VU, 6, etc.), et puis, plus spécialement sous le
) Entre ce mot et le nom de Christ^ qui signifie oint, il y a un rapport, qai est perda dans la traduction.
36 l'ACnON DE GRACSS. GH. I^ 44-44.
Nouveau, l'ayant racheté par le sang de son Fils; « le peuple acquis, » comme l'appelle saint Pierre, (! Pierre II, 9) ou « le peuple particulier, » comme l'appelle ailleurs notre apôtre (Tite II, 14). Par la rédemption de ce peuple, il faut entendre ici le développement futur et complet de la vie que Dieu nous a donnée en Jésus-Ghrist, et que nous ne possédons ici-bas que partiellement, et plus en espérance qu'en jouissance. Il &ut rapprocher de notre teste Romains VUI, 33-S5, où saint Paul appelle cette délivrance finale c la rédemption de notre corps, » parce qu'elle sera le renouvellement de tout notre être, même physique. Un corps nouveau (1 Cor. XY, 42, 43), avec « de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où c la justice habite » (â Pierre m, 13) : que l'Apôtre est bien en droit d'ajouter, pour la troisième fois en dooxe versets : c à la louange de sa gloire! »
Jetons un coup d'œil en arrière sur la doctrine de ces douie versets. Mais nous disons mal : c'est moins de la doctrine que de l'amour. L'Apôtre ne s'est pas proposé de développer la doctrine du salut; mais ce salut arrache de sa bouche Tespression, dirai*je? ou l'exclamation d'un amour qui brise toutes les formes du langage humain. Tout ceci n>st autre chose qu'une doxologie prolongée, formant une seule période, où les pensées se pressent de telle sorte qu'il ne reste pas d'intervalle pour ces points d'arrêt que les hommes ont coutume de mettre dans leur langage.
CH. I, 11-14. l'action de GRACES. Î7
ne fût-ce que pour respirer. Que c'est bien joindre l'exemple à renseignement ! Car, tandis qu'il nous avertit par trois fois que tout a été fait < à la louange a de la gloire de la grâce de Dieu, i que fait-il autre chose que de célébrer cette gloire, de l'abondance d'un cœur qui déborde de gratitude? Suivons son exemple, en lisant ce qu'il a écrit : pas de discus* sions dogmatiques, mais de l'amour. J'en appelle à tout cœur chrétien. Ne faut-il pas tout attribuer à la grâce, à une grâce toute gratuite, sous peine ou de déchirer cette page de rÉvangile^ ou de la charger de notes et d'explications jusqu'à la rendre illisible? Cherchez ici l'œuvre de l'homme, quedis-je? cher» chez-y l'homme lui-même. A peine l'y découvrez^' vous^ relégué dans un coin du tableau, caché sous un pronom écarté; vous pourriez presque croire que ce n'est pas de lui qu'il s'agit. La grande affaire de notre salut se traite entre le Père et le Fils, en dehors de nous, au-dessus de nous, avant nous ; dans un lieu où nous ne sommes pïis encore, et dans un temps où nous n'étions point. Le langage de l'Âpôtre s'étend à perte de vue dans tous les sens ; il monte jusqu'au plus haut des cieux, il recule jusque avant la fondation du monde, et ne peut jamais trouver de mesure assez hors de mesure pour cette grâce qui nous a sauvés. Qui a pu apprendre à un homme à parler de la sorte? L'homme, ne pouvant partir que du point où il est, prend inévitablement l'homme pour centre.
28 l'action de GRACES. GH. I; 11-14.
Mais sortir ainsi hors de l'homme, et voir les choses en Dieu, cela ne peut être donné que par l'Esprit de Dieu. Il n'appartient qu'à la Bible de planer de la sorte sur le monde moral, comme elle fait ailleurs sur le monde physique, et c'en serait assez pour démontrer son inspiration. Je ne connais rien à comparer avec notre texte, si ce n'est ce commencement de la Genèse, où Moïse se place au-dessus de l'homme et avant l'homme, pour contempler la création de l'homme, en Dieu qui la résout avec soi-même, à peu près comme saint Paul contemple ici la nouvelle création des croyants dans le Père donnant les siens au Fils (Jean XVII, 2,6). Pourquoi nous a-t-il bénis en Christ? parce qu'il nous a élus en lui. Pourquoi nous a-t-il élus? parce qu'il nous a prédestinés à l'adoption par Christ; et pourquoi nous a-t-il prédestinés? Par le bon plaisir de sa volonté, voilà le principe ; et pour la louange de la gloire de sa grâce, voilà la fin. Entre cette grâce et cette gloire, que l'homme est petit! mais en même temps qu'il est grand ! Qu'il est petit, puisqu'il disparait tout entier dans la grâce de Jésus-Christ et dans la gloire de Dieu ! Mais qu'il est grand, puisqu'il a paru digne de servir la gloire de Dieu et de payer le sang de Jésus-Christ ! Il est dans un sens le centre de ce tableau, où il n'apparaît, dans un autre sens, que comme une sorte de horsd'œuvre; ainsi que dans le récit de la création, il tient à la fois la dernière place, puisqu'il est nommé
GH. I, H-14. l'action de GRACES. 29
tout à la fin, et la première, puisque c'est pour lui que tout cela est écrit.
Et pourtant, ne l'oublions pas, et saint faul prend soin de nous le rappeler même en cet endroit, cette grâce toute gratuite n'est que pour ceux qui s'ouvrent pour la recevoir (v. 13). Tout vient de Dieu, et l'homme n'en a pas moins quelque chose à faire. C'est au nom de ceux qui croient que l'apôtre rend grâces. C'est ceux qui croient qui sont prédestinés, qui sont élus, qui sont bénis, qui sont reçus en grâce, qui sont faits héritiers, qui sont scellés du Saint- Esprit, qui sont réservés pour la rédemption finale. Lecteur, avez-vous cru? En êtes-vous bien sûr?
PREMIÈRE PRIÈRE DE l' APOTRE POUR LES ÉPHÉSIENS. Ghap. I, 15-11, 10.
L'Apôtre prie pour les Éphésiens, et la suite d'idées à laquelle cette prière donne lieu dure jusqu'au chapitre II, verset 10. Tout cela ne forme qu'un seul développement, et même, jusqu'au verset 7 du chapitre H, -qu'une seule de ces longues périodes qui caractérisent le langage de saint Paul. On y distingue ces trois parties : L'Apôtre demande que Dieu donne aux Éphésiens l'intelligence pour le bien connaître, et plus spécialement pour connaître sa puissance (I, 15-19); puissance qu'il a déjà déployée, d'abord en Jésus-Christ mort, quand il l'a ressuscité et fait asseoir à sa droite (I, 19-23), et ensuite dans les Éphésiens morts spirituellement, quand il les a ressuscites et fait asseoir dans les lieux célestes avec Jésus-Christ (II, 1-10).
1<» L'Apôtre demande que Dieu donne aux Éphésiens TinteUigence pour le bien connaître, et plus spécialement pour connaître sa puissance. I, 15-19.
f 15. Cest pourquoi^ moi aussi, ayant appris quelle
est parmi vous la foi au Seigneur Jésus et V amour pour
GH. I^ 15-19. PEEMIÈfiE PRI£B£ DE l' APÔTRE. 31
tous les saints, 16. je ne cesse de rendre grâces pour roua, en faisant mention de vous dans mes prières; 17. afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ^ le Père de la gloire^ vous donne un esprit de sagesse et de rèt>élation^ dans sa connaissance ; 18. les yeux de voire camr étant illuminés pour savoir quelle est V espérance de sa vocation^ et quelle est la richesse de la gloire de son héritage dans les saints, 19. et quelle est la surabondante grandeur de sa puissance envers nous qui croyons, selon l'efficace du pouvoir de sa force.
Moi aussi j etc. Je joins mes prières à celles que vous présentez vous-mêmes à Dieu pour votre accroissement dans la grâce. Ayant appris : plusieurs années s'étaient écoulées depuis que saint Paul avait été à Éphèse. Heureuse TÉglise à laquelle saint Paul, parlant par TEsprit de Dieu, peut dire : Ayant appris quelle est parmi vous la foi et l'amour^ ces deux dispositions qui résument tout l'Évangile ! Combien en estil, de nos jours, et sans aller chercher bien loin, auxquelles il aurait sujet de dire plutôt : Ayant appris quelle est parmi vous l'ignorance de l'Évangile, l'incrédulité, la froideur et les divisions! De telles Églises ne sauraient s'appliquer la prière qui va suivre, qu'elles ne soient parvenues d'abord à la foi et à la charité. Il faut commencer par le commencement, et les degrés de la vie spirituelle veulent être franchis et non sautés. Je ne cesse de rendre grâces pour vous^ faisant mention de vous dans mes prières^ afin gwe, etc.;
32 PBJSMIÈRE VMÈBE DE L'AfÔTKE. GH. 1^ 1^49.
c*est-à-dire, comme le montre le yersel correspondant de répitre aux Golossiens (1, 9) ; c priant pour vous c et demandant que Dieu tous donne, > etc. Le mot grec rendu ici par afin que est le même qui est rendu par 911e dans Golossiens, 1, 9. Le langage elliptique de saint Paul dans notre texte, où les mots el demaor ému sont sous-entendus, nous instruit combien l'action de grâces et la requête sont étroitement unies dans l'esprit de l'Apôtre. La première est chez lui le fondement de la seconde, non-seulement id, mais habituellement. 7(ous ayons déjà (ait remarquer que presque toutes ses épîtres débutent par l'action de grâces; nous pouvons ajouter que cette action de grâces y est presque toujours suivie immédiatement d'une requête. Ce que les disciples de Jésus-Christ ont déjà reçu excite l'Âpôtre à demander à Dieu pour eux tout ce qui leur manque encore. Ainsi, sans parler de répitre aux Colossiens, Romains I, 8, avec 9 el 10; PhihppiensI, 3, arec 4 et 9; i Thessaloniciens I, 3, avec il et li, etc. Ce trait de la correspondance de saint Paul est profondément évangélique : il tient à la gratuité parfiite du don de Dieu, qui € nous prévient en bénédictions de bien » (Ps. XXI, 4), et qui c donne à Celui qui a » (Matth. XID, 12) c grâce pour grâce » (Jean I, 16) *. Commençons toujours par rendre grâces, pour ce que nous avons
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CE. I, i5«19. POUR LES iPHÉSIENS. 33
reçu, nous qui avons reçu la vie éternelle; mais, loin de nous contenter jamais de l'état auquel nous sommes parvenus, n'y voyons qu'un degré pour nous élever plus haut. Ainsi le veut une juste reconnais* sance, unie à une sainte ambition. Cette belle union est bien marquée dans 1 Thess. III, 9, 10 : « Quelles € actions de grâces ne pouvons-nous pas rendre à Dieu c à votre sujet, pour toute la joie dont nous nous ré* c jouissons à cause de vous devant notre Dieu, priant c nuit et jour surabondamment pour voir votre vic sage et réparer ee qui manque à voire foi! m -*^ c L'action de grâces, a dit un homme de Dieu, est la clef de l'Évangile. >
Afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, etc. Le V. 15 ayant rappelé Voccasion de la prière de l'Apôtre, l'état de l'Église d'Éphèse, et le v. 16, en ayant indiqué le fondement^ l'action de grâces, les V. 17-19 en exposent l'objet. Le v. 17 le fait connaître sommairement; puis les deux versets suivants le reprennent pour le développer. Caries mots : « un esprit de sagesse et de révélation, > correspondent à ceux-ci : « en éclairant les yeux de votre c cœur, » et les mots : c dans sa connaissance, » à ceux-ci : t pour que vous sachiez quelle est l'espé- € rance de sa vocation, > etc. Mais d'abord quel est le Dieu à qui l'Apôtre demande cette grâce pour les Éphésiens? Il le décrit en termes choisis avec cette propriété d'expression qui caractérise le langage des