‹ Explication de l'epitre de Saint Paul aux EphésiensChapitre 18 sur 64 · CH. I, 20-23. POUR LES ÉPHÉSIENS · texte numérisé non relu

CH. I, 20-23. POUR LES ÉPHÉSIENS

c L'ennemi qui sera détruit le dernier, c'est la mort » (1 Cor. XV, 26). Dieu seul est plus fort que la mort; il est, selon Osée, « une peste pour la mort, et une a destruction pour le sépulcre » (XIII, 14). Voilà la puissance que FApôtre nous fait admirer dans la résurrection de Jésus-Christ. Elle serait déjà admirable dans la résurrection d'un homme ordinaire. Qu'auriez-vous éprouvé si vous eussiez été présent quand Jésus-Christ prononça ces paroles : « Lazare, sors « dehors ! » et que vous eussiez vu Lazare, mort depuis quatre jours, se lever, en secouant ces bandes qui lui liaient les mains et les pieds » (Jean XI, 43, 44), faibles emblèmes du plus fort de tous les liens. Les langues humaines, qui ont un mot propre pour l'idée de créer, n'en ont pas pouf celle de ressusciter. Les termes du Nouveau Testament que dous rendons de la sorte signifient ou réveiller, comme on réveille un homme endormi, ou relever, comme on relève un homme couché; ce dernier sens est celui du mot latin ressusciiare, qui a passé dans notre langue. Ressusciter est, en effet, un acte de puissance plus merveilleux, s'il est possible, que créer; parce qu'il y • a dans le premier un obstacle vaincu, qui n'est pas dans l'autre. Triompher de la mort, c'est plus que de se substituer au néant. La création est une émanation ; la résurrection est une victoire. Par Tune, la vie est communiquée; par Fautre, la vie est communiquée et tout ensemble la mort vaincue^ Mais il y a

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quelque chose de plus dans la résurrection de Christ que dans celle de Lazare ou d'un autre homme. La mort a dû avoir un caractère particulier quand elle s'est attaquée au « Prince de la vie; > et son empire devait être d'autant plus souverain que sa victoire avait été plus incroyable. Jésus-Christ, qui a été c le € méprisé, » et non pas seulement un méprisé, a été aussi le mort, et non pas seulement un mort. Tout ce qui se passe dans sa personne, s'y passe, s'il est permis d'ainsi parler, à la plus haute puissance. Sans doute les puissances de l'enfer n'ont jamais mieux gardé aucune de leurs proies que celle-ci, qui leur répondait de toutes les autres ; et l'on peut voir une image de leur vigilance dans les précautions infinies des meurtriers de Jésus-Christ pour empêcher l'accomplissement de la prophétie qui annonçait sa résurrection. Mais tout l'effort réuni de l'enfer et de la terre ne sert qu'à faire éclater avec plus de splendeur la puissance de Dieu, lorsqu'il n le ressuscite, « ayant délié les liens de la mort, parce qu'il n'était « pas possible qu'il fût retenu par elle > (Actes 11,24); et qu'il lui donne sujet de tenir ce magnifique langage : « Je vis, et j'ai été mort, et voici, je suis vivant , « au siècle des siècles > (Apoc. I, 18). Pour entrer dans la pensée de notre apôtre, il faut savoir s'élever au-dessus de la foi de catéchisme. Croire que Dieu a ressuscité Jé^us-Christ, voir dans cette résurrection une preuve de sa mission divine, un gage de notre

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résurrection future, un type de notre résurrection spirituelle, ce n'est pas là ce que TApôtre veut de nous. Il veut que nous contemplions avec surprise, avec adoration, Dieu ressuscitant Jésus-Christ d'entre les morts, et que, sentant toute notre incrédulité confondue par ce spectacle, nous apprenions à nous écrier : Quelle merveille! quelle puissance! Que n'a pas fait Dieu en Jésus-Christ? que ne peut-il pas faire en nous qui croyons ?

Et il l'a fait asseoir. Tous les commentateurs s'ac* cordent à dire que le changement de temps qu'on remarque dans l'original, et que nous avons cru devoir conserver dans la traduction, ne doit s'expliquer que par la liberté de la construction grecque, et que le sens est le même que si l'Apôtre eût dit : « Qu'il a « déployée en Christ en le ressuscitant des morts et « en le faisant asseoir, etc. » Mais nous pensons que ce changement tient à une nuance délicate qui a échappé à leur attention. D'abord, c'est essentielle* ment sur la résurrection de Jésus-Christ que saint Paul veut fixer les regards de ses lecteurs. Le réveiller (c'est le sens propre du terme grec) quand il était mort, c'est la grande marque de puissance que Dieu a donnée; et auprès de cela, c'était peu de chose que de l'élever, une fois ressuscité, et de le faire asseoir à sa droite. Aussi, dans l'endroit correspondant du second chapitre, en parlant de la puissance de Dieu déployée dans les croyants, l'Apôtre commence par

H PB£MTÊB£ PBI£B£ PE l'APÔTBE G0. J, 20-23.

dire qu'ils étaient morts et que Dieu < les a fait revi* < vre mec Chri$t > (II, 5); ce n'est que plus tard, et sous forme de développement, qu'il ajoute qu'il les a f fait asseoir ensemble dans les lieux célestes <n c ChriiU » Ensuite, et surtout, il y a cette différence entre Jésu^Gbrist ressuscité des morts et Jésus'^ Qhrist transporté à la droite de Dieu, que le premier est un fait d'expérience, qui a été vu, tandis que le second est un objet de foi, qui est invisible. Or, l'A* pôtre, voulant appeler ici l'expérience et la vue au recours de la foi, pouvait bien dire : Cette puissance de Dieu, que je le prie de vous faire connaître, il Ta déjà déployée, devant les yeux des hommes, en res^ suscitant Christ d'entre les morts; mais il ne pouvait pas dira dans le même sens : Il l'a déployée en le faisant asseoir à sa droite. Il rappelle l'un de ces faits, et révàle l'autre; de là l'emploi du participe pour le premier, et du prétérit pour le second. Peut-être une étude approfondie du texte sacré ferait^elle découvrir quelque nuance semblable dans plusieurs endroits où l'ordre des pensées fléchit sans cause apparente, ce qui arrive assez souvent dans les écrits de saint Paul.

A sa droite. En faisant asseoir quelqu'un à sa main droite, et surtout sur son trône, un monarque relevait au plus haut degré de gloire, et partageait avec lui l'honneur de la puissance souveraine. Voyez là place donnée à Bathscéba (1 Rois II, 19) ; la prière

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de la mère des fils de Zébédée (Mattb, XX, 21) ; et surtout la prophétie relative au Messie (Ps. CX, 1), et son accomplissement (Âpoc* HI^ 21)« Ge langage employé pour décrire Télévatioa de Jéau^-Christ a quelque chos6 de figuré, sans doute; mais où çom^ meuce la figure? où s'arrête la réalité? Nous ne sau^ rions faire ce discernement, et aussi n'est-il pas né* cessaire.

AiHks$us dé foui tumit etc« Au«-dessu8 de tout autre nom servant à marquer la majesté ou Tempire^ L'Apôtre en a cité quatre ; mais ce qu'il a dit de ces quatre serait également vrai de touq le) nutres titr69 qu'on pourrait citer encore, qu'on les emprunte au présent ordre de choses, ou à cet ordre futur que Jésus^hrist est venu fonder dans le monde, mais qui n'y existe encore que dans son germe spirituel, et que le même Apôtre appelle < la terre à venir » (Hébr, II, 5), et ^int Pierre < les nouveaux cieux et € la nouvelle terre, où la justice habite > (2 Pierre in, 48). Toute puissance, présente ou future, terres* tre ou céleste (Rom. VIII, 37), amie ou ennemie (1 Cor. XV, 24, 25), est ou sera soumise à Jésus* Christ. K Dieu l'a souverainement élevé et lui adonné € un nom (ou plus exactement, le nom) qui est au- € dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout c genou se ploie, de ceux qui sont dans le ciel etsuf € la terre et sous la terre, et que toute langue (de la € terre, du ciel ou de l'enfer) confesse que Jésus*

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< Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père > (Phil. II, 9, H).

C'est ici le second acte de la puissance de Dieu déployée en Christ ; mais il n'est pas visible comme le premier. Ce mort, Dieu a commencé par le ressusciter sur la terre ; et puis, ce ressuscité, il le transporte de la terre au ciel, le fait asseoir à sa droite, et met toutes les puissances de l'univers sous ses pieds, sans en excepter la mort elle-même, qui l'avait tenu un moment lié par ses cordeaux (1 Cor. XV, 25), et « celui qui a le pouvoir de la mort, > le Diable (Hébr. II, 14). Sous la terre, sur la terre, dans le ciel : Dieu fait parcourir au Fils de l'homme en quelques jours ces trois degrés qui épuisent tout l'ordre des choses existantes, « afin qu'il tienne le premier « rang en toutes choses » (Col. I, 18), < et qu'au nom « de Jésus tout genou se ploie, de ceux qui sont au « ciel, et sur la terre, et sous la terre, et que toute a langue (des anges, des hommes ou des démons) « confesse que Jésus est le Seigneur, à la gloire de « Dieu le Père > (Phil. II, 10, 11). Celui que vous avez vu couché dans le sépulcre, voyez-le régnant à la droite du Père. Il a franchi la plus grande distance qui soit dans l'univers; étant « descendu dans c l'abîme, » et puise monté au ciel i» ( om. X, 6,7). « Celui qui est descendu est aussi celui qui est monté « au-dessus de tous les cieux, afin qu'il remplît toutes « choses > (Éphés. IV, 10). Bien plus : c'est par l'en-

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