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les mots, au^de$su$ de ioules choses nous paraissent se rapporter aux choses de tout Vunivers^ non à celles de l'Église, et marquer la domination de Christ sur l'univers à la différence de son union avec TÉglise \ Dieu Ta donné pour tète — par-dessus l'univers tout entier — à la seule Église, et l'a fait du même coup roi de l'un et tête de l'autre. Vous trouvez peut-être que la phrase de saint Paul mêle assez étrangement ces deux situations de Jésus-Christ. Mais il faut bien que les mots se mêlent quand les choses sont mêlées ; et cette confusion même sert à nous faire mieux comprendre la pensée de l'Apôtre. S'il nous montre la relation de Christ avec l'univers et sa relation avec l'Église se pénétrant et tout ensemble se séparant, c'est qu'elles sont à la foi dépendantes l'une de l'autre et pourtant distinctes. Dépendantes, parce que c'est en tant que Rédempteur de l'Église, c'est pour prix de son sacrifice, qu'il areçu la souveraineté de l'univers (Philip. II, 9 ; voyez notre note sur le verset 10 de notre chapitre) ; distinctes, parce qne autres sont les rapports qu'il soutient avec Tunivers, autres ceux qu'il soutient avec l'Église. Il est au-dessus de l'uni-
1 Malgré Tautorité de Harless, Olshausen, eit*, qui ne veatont vmf dans le toiUes choses de notre verset que les choses qui sont dans l'Église. Mais, indépendamment de l'ordre des idées de l'Apôtre expliqué ci-dessus, comment ne pas voir que les mots au-dessus de toutes choses (grec : sur toutes choses) répondent aux mots sous ses pieds du même verset, et que les choses qui sont mises au-dessous des pieds de Jésus* Christ, sont les mêmes choses au-dessus desquelles Jésus-Christ est mis? . Gerlach, et plusieurs autres encore, l'ont entendu comme nous.
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vers, comme un roi est au-dessus de son peuple; mais il est sur TÊglise comme une tète est sur son corps. L'univers est sous ses pieds et en dehors de lui ; mais l'Église est un avec lui; elle est son corps, ses membres, et ces pieds même sous lesquels le reste est placé. C'est là que l'Apôtre en voulait venir* Il n'élève Christ si haut, que pour nous y élever avec lui et en lui. Ainsi s'explique, dans notre épitre, le croyant assis dans les lieux célestes (chap* II, 6), et béni dans les lieux célestes (I, 3), en Christ (I, 20) ; ainsi bien d'autres choses ailleurs : le crovant assis avec Jésus -Christ sur son trône (Apoc. III, 21), régnant avec lui sur la terre (Apoc. V, 10; 2, Tira. n, 10), jugeant les anges (1 Cor. \I, 3) etc. Quelle gloire, quelle grâce cette doctrine nous fait entrevoir! Véritablement, nous avons plus reconquis en Jésus-Christ que nous n'avions perdu en Adam. Merveilleux accomplissement de la promesse : < toutes c choses concourent au bien de ceux qui aiment « Dieu > (Rom. Vin, 27), et merveilleux encouragement pour quiconque succombe sous le poids de son infériorité.
« Crois seulement : » il n'y a si grand mal dont Dieu ne puisse tirer un plus grand bien, pour celui qui croit.
Qui est son corps^ la plénitude de celui gut remplit tauteê dioses en tous. Cette traduction, adoptée par Lausanne 1839, est plus exacte que celle de nos ver-
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sions reçues. « Celui qui remplit toutes choses en € tous, > c'est Jésus-Christ; et c'est l'Église qui est < la plénitude > de Jésus-Christ. Cette explication est naturellement indiquée par Tordre des mots, et surtout dans le texte grec, qui dit le corps de lui pour son corps. Il est évident que les deux moitiés du premier membre de la période répondent aux deux moitiés du second membre : le corps à la plénitude, et de lui à de celui qui remplit, etc. Toutes les autres expli^ cations qu'on a proposées de la fin de notre verset sont forcées, et n'ont été imaginées que pour échapper à l'obscurité que l'on trouve dans la nôtre. Cette obscurité est réelle ; msds n'est pas impossible à éclaircir.
Remarquons d'abord que tout ce qui est décrit dans ce verset se passe entre Jésus-Christ et son Église, et qu'il s'y agit seulement de son union avec elle, non de ses rapports avec le reste du monde. « En « tous, » c'est-à-dire dans tous les siens, dans tous ses membres. Outre que ce sens est indiqué par le développement qui commence le chapitre II et auquel ceci sert de transition, il est réclamé par la forme sous laquelle se présente le verbe que nous traduisons remplit; cette forme, qui est particulière à la langue grecque, n'est ni la forme active, ni la forme passive, mais une troisième forme, tenantde l'une et de l'autre, et que les grammairiens ont nommée par cette raison moyenne ou intermédiaire. Elle marque que celui qui
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fait l'action la &it en vue de soi-même. Ainsi, pour ex* primer qu'un homme pleure les malheurs d'un autre, on emploie l'actif, et qu'il pleure ses pro^wres malheurs, le moyen; qu'un amiral garnit (on dit en grec rm,pUt) sefi vaisseaux de soldats, Tactif, et qu'il en garnit le vaisseau qu'il monte luh»raéme, le moyen ; etc. Or, saint Paul s'est servi du moyen dans notre texte, tandis qu'au chapitre IV, v. 10, < afin qu'il « remplit toutes choses, ^^ il s'est servi de l'actif* C'ei^ qu'il a'agit là de Christ remplissant ce qui est hors ^de lui, dans 1? sens où il remplit tout l'univers, en ayant parcouru successivement toutes les parties, l'enfer, la terre et le ciel, et qu'il s'agit ici de Christ remplissant ce qui est un avec lui, dans ce sens où il remplit 1^ seule Église ^
Christ remplit imto^ choses dans les siens. Cela signifie que, comme la tête fournit à tous les mem-» bres du corps les sqcs et les esprits qui y entretieninent la vie et les rendent capables de fonctionner
* Je ip*étoiine que cette distinction ait échappé à Harless et à 01»hausen qui voient simplement le moyen employé pour Vactif^ par une faute de langage {per solaçismum). Getiach a reooimu une iûlei^icii dans le choix du moyen ; mais il n'en a pas vu, ce me semble, toute la portée, n traduit : « qui remplit toutes choses en tous, pour soi-même, « c'est-à-dire en vue de sa propre gloire; » et pariotw il entend « toutes les ^Jplatures, tous les êtres. » Mais si le moyen n'exprimait pas plus que cela^ on ne voit pas pourquoi saint Paiû ne l'atnrait pas eia^yé également au chapitre IV, v. 10, puisque, là aussi, c'est bien en vue de sa pfopre gloire qu'il remplit toutes choses. Le moyen, selon nous, exprime d'abord et essentiellement, que c'est dans les siens que Jésus- Christ remplit toutes choses, ensuite et subsidiairement, qu'il les y remplit 4e iuieX ftowr /m.
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ohacun en sa place, aint^i Christ dommunique k tous ses discipleg, en se donnant lui-même à eux, et dans une mesure suffisante pour tous leuFS besoins^ des grâces spirituelles dont Dieu a déposé en lui le trésor inépuisable* Il comblé en chacun d'eux tonâ lés vides, ceux du cœur, ceux de la conscience et oeus de l'èntendeaiient, ceux qui regardent T^rs le ^ps et ceux qui regardent vers Féternité, ceux qui tien* netit à Tétat normal et ceux qui tiennent à Tétat de chute, et tout autre vide qui se peut nominer: dans ce siècle ou dans celui qui est à venir; et il les comble, en les f oraplis^nt de lui-m^me, mm qu'il est luimême rempli de Dieu. C'est la pensée que VApôr* tre développe dans le chapitre IV de notre épîtfe^ V* 14 et IS» &ék éUint, Tllglise, qui est la réunion vivante de tous les membres de Jéfius-Ghrist, est la pléjaitude de Christj e*est-à'dire Tensemble harnoonique et complet de toutes les grâces et de t^us las dons que Jésus^Christ répartit entre tous ses mem-^ bres. il semblerait plus naturel de dire que l'Église FDssÈDE la pUniiuàe d^ Jhu^Ghmt; mais rexpres^doq de notre texte, est k pUn^MAe d$ Jims-Ghriêti dit kbmâme chose avec plus d'énergie, et en termes q«i rappellent plus vitement que l'Église est »»e i0^ Jésus-Christ, Cette union semble si étroite à l'Apôtre qu'il va jusqu'à àpf^eler l'ÉgKse Christ danfe la pre** mière épître aux Corinthiens (XII, 12); çair les mots ; « II en est de même de Christ, > ne peuvent avoir
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d'autre sens que celui-ci : D en est de même du corps de Christ, qui est l'Église, Lisez tout ce chapitre; il est comme le commentaire de notre verset.
Deux mots sur les autres passages du Nouveau Testament où se trouve le mot plénitude dans le même sens qu'il a dans notre texte, ou dans un sens analogue. Ce mot s'applique premièrement à Dieu. « La plénitude de la divinité » (Col. II, 9), appelée aussi, sans complément, € la plénitude > (Col. 1, 19), c'est ce fond ineffable de gloire et de grâce qui réside en Dieu et remplit en quelque sorte tout son être, et qui se communique* d'abord de Dieu à Christ, et puis de Christ à nous. € Toute la plénitude a voulu < habiter en lui > (dans le Fils), écrit saint Paul aux Colossiens (I, 19); et encore : < Toute la plénitude « de la divinité habite en lui (en Christ) corporelle- « ment > (Col. II, 9). Voilà la plénitude de Dieu se communiquant à Christ. Et voici, aussitôt après, la plénitude de Christ se communiquant aux croyants ; (v. 10) : € Et en lui, vous êtes remplis. » Ces deux passages de l'épitre aux Colossiens ont, pour le fond de la pensée, beaucoup de rapport avec Éphésiens, I, 23 ; d'autant plus que Christ y apparaît dans le contexte, aussi bien que dans la fin de notre cha*
* Selon Harless^ cette idée de communication est essentielle à la définition de la plénitude de Dieu. La plénitude de Dieu, à peu près synonyme de la richesse de Dieu (Phil. IV^ 19 ; Ëphés. lU, 8)^ est le Scheehioah des Juifs^ c'est-à<dire la présence réelle de la majesté divine. Elle diffère de la gloire en ce que la gloire est la majesté divine en soi^ tundis^que la plénitude est la majesté divine dans sa manifestation.