‹ Explication de l'epitre de Saint Paul aux EphésiensChapitre 22 sur 64 · PREMIÈRE PRIÈRE DE l'âPÔTRE GH. IT^ i-iO · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PRIÈRE DE l'âPÔTRE GH. IT^ i-iO

et à moins de supposer que TApôtre se soit écarté, sans raison assignable, des lois constantes du langage, il faut nécessairement traduire ainsi que nous Tavons fait. C'est la puissance de Vair qui est appelée resprii qui opêre^ etc. Cela se conçoit. Il y a sans doute plus d'un esprit malin qui agit dans le monde; il n'est pas nécessaire de sortir de notre épître pour le prouver (chap. VI, 12). Mais, de même que toutes les puissances infernales mentionnées dans ce verset sont appelées ici une puissance, parce qu'elles sont envisagées dans l'unité de leur organisation, ainsi tous les esprits malins qui opèrent dans le monde ont pu être appelés un esprit, parce qu'ils sont considérés dans l'unité de leur action. Le royaume infernal est présenté successivement ici sous deux faces : en soi, et l'Apôtre l'appelle « la puissance de l'air; » dans ses rapports avec le genre humain, et il l'appelle « l'esprit qui opère maintenant dans les fils de la < rébellion; > et Satan, qui gouverne à la fois les démons, comme roi et comme général d'armée, est appelé tour à tour le prince de cette puissance, et le prince de cet esprit. Le mot maintenant^ opposé au mot autrefois^ qui se trouve au commencement de notre verset, met en contraste l'état des croyants, sur qui l'esprit malin a cessé de régner (bien qu'il n'ait pas cessé pour cela de les tenter), avec celui des irrégénérés, sur qui il règne encore. Il peut servir encore à mettre en opposition le siècle présent avec

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le siècle à venir, où la puissance des démons doit être anéantie.

Les fils de la rébellion : expression empruntée à la langue hébraïque, et analogue à celle d'enfants de c(h Ure que nous trouverons dans le verset suivant* Elle signifie des créatures rebelles, comme cette autre expression signifie des objets de colère; mais avec un degré de plus d'énergie. Entre la rébellion et Tirrégénéré, entre la colère de Dieu et lui, elle indique un étroit rapport, une dépendance mutuelle, qu'on peut comparer à la relation intime de T enfant avec son père. On lit ailleurs : c enfant de ténèbres, enfant € de ce siècle, > etc., et encore : c enfant de lumière, c enfant de paix, > etc.

Parmi lesquels nous aussi avons tous vécu autrefois. Nous, Juifs convertis. Us sont nommés ici à côté des païens comme ils l'avaient été dans le chapitre I, mais dans l'ordre inverse. Quand il s'est agi de la possession du salut, l'Apôtre a nommé d'abord les Juifs, et puis il s'est hâté de leur adjoindre les païens ; le nous du V. 12 est pour les Juifs, le vous aussi du V. 13 pour les païens, et le nous du v. 14 pour les uns et les autres. Ici, où il s'agit de la mort spirituelle qui a précédé la conversion, il nomme d'abord les païens, et puis il se hâte de leur adjoindre les Juifs; le vous du v. 1 est pour les païens, le nous aussi du V. 3 pour les Juifs, et le nous du v, 5 pour les uns et les autres.

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Dans les eontoùises de notre chair ^ pratiquant les volontés de la chair et des pensées. Dans le premier membre de cette phrase, la chair désigne, comme en beaucoup d^autres endroits, le principe général du péché dans la nature humaine; dans le second, où la chair est distinguée d'avec les pensées^ Tun de ces mots désigne plus spécialement les péchés qui ont leur siège dans les sens, et l'autre, ceux qui en sont indépendants. La même distinction se retrouve dans 2. Car. VII, 1 . On voit par là que le mot chair ^ dans son premier sens, qui est le plus commun, embrasse tout l'homme, et s'emploie de la perversité humaine tout entière, tant de l'esprit que du corps. Mais d'où vient que ce nom lui a été donné ? Ce n'est pas que la matière soit le principe du péché; c'est là une idée païenne ou gnostique, non une idée chrétienne. Mais c'est que le côté extérieur et visible de la nature humaine auquel le nom de chair revient de droit, est aussi celui par lequel elle se montre aux regards humains, assujettie d'abord à l'infirmité et à la mort, puis à la convoitise et au péché \ Il est à remarquer que saint Paul emploie une ou deux fois le mot corps, à peu près comme le mot cAair (Rom. VII, 24; VIO, 12); d'autres fois il les réunit (Col. II, 11).

Et nous étions des enfants de colère. Il s'agit évi*demment ici de la colère de Dieu (Col. III, 6,

1 Voir Olshausen sur Rom. VII^ 14, depuis aip^ jusqu'^ Geistj p. 254, 2^.

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Jean III, 30, etc.). Cette colère n'est sans doute pas une colère passionnée, comme celle de l'homme; mais c'est une colère réelle ; c'est le saint déplaisir avec lequel Dieu voit le péché, et dont nous pouvons avoir une idée par la colère sainte que l'homme ressent quelquefois (Éph. IV, 26 ; par exemple Moïse, Ex. XXXII, 9) et surtout par la colère attribuée à Jésus-Christ (MârcIÏI, 5), où nos versions ont traduit avec indignation ^ sans doute parce qu'on a eu peur de la traduction littérale. Gardons-nous d'imiter les cotnmentateurs téméraires qui se sont appliqués à effacer ce trait du caractère de Dieu. Il est de ceux qui appartiennent essentiellement aii vrai Dieu, qui s'est révélé dans les Écritures. Ce n'est pas un Dieu abstrait, impassible, gouvernant froidement le monde, comme se le figurait une secte païenne*, et comme se le figure encore la philosophie moderne; c'est un Dieu personnel, vivant, agissant sur ses créatures, susceptible de recevoir des impressions, et capable également d'une sainte colère contre le mal et d'un saint amour pour le bien. Aussi bien cette colère et cet amour se correspondent de telle sorte que l'on ne saurait refuser l'une des deux à Dieu sans lui refuser en même temps l'autre ; cette remarque est de Lactance, dans son traité, sur la colère de Dieu: « Si Dieu ne peut «^irriter contre les impies et les injustes,

^ Les épicuriens dépeignaient la nature divine « séparée et éloignée de nos intérêts. »

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il ne peut aimer non plus les justes et les pieux. Car, dans des choses contraires, il faut qu'on soit remué dans Tun et l'autre sens, ou qu'on ne le soit dans aucun*. > L'oubli de la doctrine de la colère de Dieu, de nos jours, « a exercé, dit Gerlach, une influence pernicieuse sur les relations diverses dans lesquelles l'homme tient la place de Dieu, et en particuher sur le gouvernement de la famille et de l'État. »

Par nature. Ce mot renferme une instruction importante, dont on a vainement cherché à se débarrasser par des explications forcées. Si l'Apôtre se fût contenté de dire : Nous étions des enfants de colère, on aurait pu croire que chaque homme n'est devenu un objet de la colère de Dieu que par sa faute individuelle, et qu'il n'a contracté le péché que par habitude ou par imitation. Mais le mot par nature^ qui est employé plusieurs fois dans le Nouveau Testament, et toujours pour marquer les caractères essentiels et le développement propre d'une chose, par opposition aux qualités accessoires et à l'influence extérieure (Rom. II, 10; Gai. II, 15; IV, 8), nous avertit que ce qui provoque la colère de Dieu n'est pas seulement dans l'individu, mais dans la race et dans la nature humaine, bien entendu dans la nature déchue et non dans la nature primitive et normale.

Plus cette expression, enfants de colère par nature^ est étrange, plus l'intention de l'Apôtre est visible;

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et son langage est encore plus fort que s'il eût dit : nous étions pécheurs parnature. Notre texte achève de s'expliquer par Rom. V, 12 et suivants, où TApôtre fait dériver la disposition naturelle au mal du péché du premier homme. Saint Paul dit ceci des Juifs; mais les mots qui suivent aussitôt étendent sa pensée à tous les hommes sans exception. Au reste, s*il a pris soin, en reconnaissant que les Juifs étaient enfants de colère aussi bien que les autresy d'ajouter qu'ils l'étaient par nature, c'est vraisemblablement pour ne pas laisser oublier que sous un autre point de vue, par l'alliance de Dieu avec eux, ils étaient dans une condition fort différente de celles des païens. Il importait que les lecteurs de notre épître ne perdissent pas de vue les privilèges des Juifs, pour comprendre ce que l'Apôtre avait à leur dire dans la suite de ce même chapitre ; (v. H et suivants).

Mais Dieu, gui est riche en miséricorde, par son grand amour, dont il nous a aimés, nous a, etc. Entre la miséricarde et la grâce il y a cette nuance que la première regarde plus spécialement à notre misère, la seconde à notre culpabilité. La grâce est déterminée par la miséricorde, qui l'est elle-même par l'amour; en d'autres termes. Dieu nous pardonne nos péchés, parce qu'il a pitié de la misère à laquelle ils nous exposent ; et il a pitié de notre misère, parce qu'il nous a aimés. Mais pourquoi nous a-t-il aimés? par son grand amour. Cet amour ne se détermine, ne s'e^-»

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plique que par lui-même* Parvenu là, on ne saurait remonter plus haut, on s'arrête devant cet amour ineffable, qui est le premier principe de notre rédemption, comme il Test de la création et de tous les ouvrages de Dieu. L'amour est le commencement du comnaepcement; il est de fond de Djeu ï> qui est le fond de tout; c Dieu est amour. > Si l'Apôtre s'est servi de cette expression inusitée, son amour dont il nous a aimés, au lieu de dire, l'amour dont il nous a aimés, c'est pour marquer plus clairement que cet É|,mour n'a sa cause qu'en lui-même, et qu'il va de Dieu à nous, non de nous à Dieu(l Jean IV, 10).

« Morts par nos péchés, » Dieu ne pouvait pas nous aimer en nous-mêmes, encore moins nous aimer d'un grand amour; mais, dans la richesse de sa miséricorde, dans la plénitude de son amour, il nous a aimés en Christ, et nous a fait revivre à une vie nouvelle et bienheureuse j> (Harless).

Nqus qui étions morts^ etc. La misère et l'impuiS''^ sance de l'homme sont la mesure de la miséricorde et de la puissance de Dieu (Rom. V, 8; Ex, XXXIV, 5, etc.)* L'original indique une nuance qui échappe dans la traduction : même étant morts par nos of- ^Jenseg,

// nous a fait revivre avec Christ; et non, comme le traduisent nos versions reçues, que celle de Lausanne 1839 a suivies : il nous a fait revivre ensemble avec Christ.

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Ce mot ensemble exprime une nuance qui n'est pas indiquée par l'original ; il ne s'agit pas ici de notre réunion avec les autres chrétiens, mais de notre réunion avec Christ. Même remarque sur le verset suivant et sur Col. II, 13. Ce qui a entraîné les traducteurs à cette faute, c'est probablement qu'ils n'ont pu comprendre que l'Apôtre ait pu dire au commeuiment du v. 6 que Dieu nous a ressuscites et fait asseoir dans les lieux célestes avec Christ, et à la fin de ce même verset qu'il nous a fait tout cela en Jésusf Christ^ Mais c'est qu'il a voulu réunir deux idées qu'il a exprimées ailleurs séparément (avec Christ, Col. Il, 13; en Christ, Éph. I, 3), par une de ces accumulations de pensées qui caractérisent son style, à la fois concis et abondant,

La pensée de l'Apôtre, il nous a fait revivra avec Christ, un moment interrompue par une courte pa-renlhèse, est reprise en ces termes : il nou$ a ressuscites avec lui^ et fait asseoir avec lui dans les lieux célestes* Le premier de ces trois verbes exprime, dans un seul terme général, le changement que Dieu a fait dans notre condition : nous étions mortel et il nous a fait revivre. Les deux autres développent cette idée générale et la partagent en deux idées particulières, dont Tune correspond à la résurrection de Jésus- Christ et l'autre à son ascension; voyez I, 20.

Mais dans quel sens Dieu nous a^t-^il ressuscites avec ChriU et fait asseoir avec lui dans les lieux célestes? Il

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n'est pas question ici d'une résurrection future et d'une ascension future au ciel; le temps du verbe, aussi bien que le contexte, indique qu'il s'agit d'une chose déjà arrivée. Il n'est pas question non plus d*une simple ressemblance de notre condition nouvelle avec celle de Jésus^Christ; les expressions de l'Apôtre indiquent clairement une participation réelle à l'œuvre que Dieu a accomplie en son Fils. Mais cette participation, en quoi consiste-t-elle? Sur ce point, deux sentiments sont en présence.

Calvin, que la plupart des commentateurs réformés ont suivi, voit ici cette communion intérieure et spirituelle avec Christ où nous entrons par la foi, et plus spécialement en recevant le Saint-Esprit. Mais, outre que cette interprétation ne rend pas bien compte de ces mots : il nous a fait asseoir avec lui dans les lieux célestesy elle n'est pas exactement en harmonie avec le but de l'Apôtre en cet endroit. S'il parle de notre résurrection avec Christ, ce n'est pas, comme dans Rom. VI, 4, ou dans Col. III, 1, pour nous exciter à une vie sainte, mais pour nous faire admirer la puissance et la miséricorde de Dieu déployées dans notre salut; et « il ne s'occupe pas tant du changement intérieur accompli dans le croyant, que de l'œuvre de sa rédemption accomplie hors de lui, en Christ > (Gerlach). Harless et Olshausen, rejetant cette première interprétation, voient ici l'œuvre de notre salut accomplie tout entière, comme en

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germe, dans le Sauveur, et rapprochent de notre passage Rom. Vni, 30. € Il faut expliquer notre texte, dit Harless, par le rapport de la personne de Christ à chaque fidèle, et non par le rapport de chaque fidèle à la personne de Christ. Christ est notre tête et notre Rédenopteur (I, 22 et 7). Sa résurrection et son ascension nous sont garants qu'il est le Rédempteur (Rom. IV, 24, 25). C'est donc en lui, ressuscité et monté au ciel, que l'espérance et la réalité de la rédemption nous sont données ; et sa résurrection et son ascension sont nôtres, parce que c'est la résurrection et l'ascension de notre Rédempteur. > Aussi le même commentateur ne veut-il pas qu'on explique notre verset par Col. II, 13, où le fidèle est dépeint comme entré personnellement (par le baptême, v. 12) dans une communion spirituelle avec le Seigneur. Mais nous ne saurions nous ranger à cette opinion. Col. Il, 12, 13 nous paraît avoir trop de rapport avec Éph. II, 5, 6, pour que l'Apôtre n'ait pas traité le même sujet, dans les deux endroits, et l'idée niême du baptême peut être sous-entendue dans notre texte. De plus, la manière dont le verset que nous expliquons est amené, et surtout ces mots : vous qui étiez morts par vos péchés, avec le développement qui les suit, nous semblent indiquer que l'Apôtre a voulu appeler l'attention des chrétiens d'Éphèse sur le changement personnel qui s'est accompli en eux, que son langage ne s'applique à eux qu'en tant et depuis

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qu'ils ont cru au Seigneur, et que le moment de leur résurrection avec Christ n'est pas celui de sa résurrection, mais celui de leur conversion.

Entre les deux interprétations que nous venons d'indiquer, l'une purement suljj^ctmf et l'autre pure* rement olyectwe^ dont chacune a un côté vrai, mais sans épuiser la pensée de l'Apôtre, il y en ^ une troisième intermédiaire, qui participe à chacune des deux autres, et à laquelle nous croyons devoir nous arrêter. L'Apôtre parle tout ensemble de Tœuvre intérieure qui s'est accomplie dans le chrétien quand il a cru, et de l'œuvre extérieure qui a été accomplie d'avance pour lui dans la personne de Jésus-Christ; et la première (qui est postérieure dans l'prdre du temps) garantit h seconde^ Nous avons été ressuscites et nous sommes montés au ciel, dans la personne de Christ notre représentant; mais nous n'avons été unis à Christ, ni par conséquent associés à son œuvre^ que par notre foi. La foi en Christ forme entre Christ et nous une union mystérieuse et spirituelle, mais réelle et vivartte, par laquelle nous entrons en partage de sa nature, de sa personne, et de son histoire*

Il « demeure en nous et nous en lui ï> (Jean XV, 4); il « habite dans nos cœurs, par la foi > (Éph. III, 16, 17); nous sommes « participants de Christ » (Hébr. III, 14), et par lui, « de la nature divine » (2 Pierre I, 4); « membres de son corps, de sa chair et de ses os (Éph. V, 30); Christ est en nous comme

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le Père est en lui (Jean XVII, 23), et prie ainsi pour nous : « Qu'ils soient un; comme toi, Père, es en € moi et moi en toi, qu'eux aussi soient un en nous ! » (Jean XYII, 21). C'est parla que nous mourons avec Christ mourant, que nous ressuscitons avec Christ ressuscitant, et que nous montons aux cieux avec Christ montant aux cieux (Rom. VI, 46; VII, 4; Éph. I, 3; Col. II, 13; III, 1, etc.); ce qui lui arrive nous arrive, et l'histoire entière du Fils de l'homme se reproduit en l'homme qui croit en lui, non par une simple analogie morale, mais par une communication spirituelle, qui est le vrai secret de notre justification comme de notre sanctification, et de notre salut tput entier. Ce n'est pas le lieu de développer cette doc-^ trine, qui étonnera plus d'un lecteur peut-être, et il n'y a pas de développement qui en puisse éclaircir à fond le mystère. Mais elle nous paraît seule prendre la Parole inspirée telle qu'elle est, et sans l'affadir par des métaphores perpétuelles; et seule aussi avoir la plénitude de la vérité et de la vie, parce qu'elle nous met en rapport direct avec la personne vivante de Christ, L'idée chrétienne ne suffit pas, il nous faut la réalité chrétienne; les dons de Christ ne suffisent pas, il nous faut Christ lui-même.

Telle est, selon nous, la pensée de l'Apôtre dans notre verset. Elle réunit et combine le sens de Harless avec celui de Calvin. Dieu nous a, par la foi, tellement unis à JésuS'Christ, que nous sommes ressuscites et

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montés âu ciel, avec lui et en lui; l'Apôtre dit Tun et l'autre dans le même verset, réunissant ainsi deux idées, qu'il exprime ailleurs séparément (avec lui, Col. II, 13; en lui, Éph. I, 3). Est-ce par une de ces accumulations de pensées qui caractérisent son style? Peut-être; mais nous sommes portés à croire que cette réunion tient encore à une autre cause. Chacune des deux prépositions employées successivement par l'Apôtre correspond, ce nous semble, à l'une des deux faces par lesquelles il nous montre le chrétien associé à l'exaltation de Christ. Nous avons été exaltés avec Christ^ le jour que nous avons cru personnellement en lui, et nous avons été exaltés en Christ le jour que Christ lui-même a été exalté en notre nom et en celui de tous les élus.

Vous avez été sauvés par grâce. Nous avons déjà fait remarquer que saint Paul a substitué le nous au vous dans le v. 5, ce qu'il continue de faire dans les versets suivants (7, 40), pour embrasser tous les croyants, Juifs et Gentils, dans un même salut. Mais, comme c'est à des Gentils qu'il écrit, il retombe naturellement dans le vous chaque fois qu'il prend le ton de l'avertissement ou de l'instruction. Cette expression, vous avez été sauvés (traduction plus littérale que celle de nos versions, vous êtes sauvés)^ marque que, pour le croyant, uni avec Jésus-Christ, ainsi qu'on vient de le voir, le salut est tout acquis dans le Sauveur; c'est danslemême esprit que l'Écriture dit

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