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ailleurs : c Celui qui croit âu Fils a la vie éternelle » (Jean III, 36). L'Apôtre y revient au v. 8, où les mots qu'il ajoute, c par la grâce, par la foi, » font assez connaître qu'il a entendu parler, non d'un salut purement objectif et virtuel, mais d'un salut subjectif et personnel. Il est donc dans l'ordre, et dans l'intention de Dieu, que le croyant se tienne assuré de son salut; et le doute sur ce point, bien qu'on le trouve chez de vrais enfants de Dieu, est pourtant un état malade de l'âme. L'ériger en principe, et taxer d'orgueil l'assurance du salut, c'est montrer qu'on fait dépendre le salut de la justice propre et non de la seule justice de Dieu ; car pourquoi ne pourraiton sans orgueil s'attribuer un bien qu'on croit avoir € reçu » (1 Cor. IV, 7)?
L'Église romaine est conséquente avec sa doctrine sur le mérite des œuvres en condamnant l'assurance du salut; et saint Paul ne l'est pas moins avec sa doctrine sur la grâce toute pure (Rom. IH, 24), en écrivant aux chrétiens d'Éphèse ; c Vous avez été « sauvés par grâce. »
Ces mots forment une parenthèse après laquelle l'Apôtre reprend son développement, un moment suspendu, de la résurrection du croyant avec Christ. En les liant au développement par une addition que rien ne justifie dans l'original, nos versions ont privé leurs lecteurs d'une leçon utile. La doctrine que l'Apôtre a commencé d'exposer lui paraît tellement
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remplie de la grâce de Dieu, qu'il s'arrête au milieu de sa phrase, et qu'anticipant sur la conclusion de notre fragment (8-10), il laisse échapper de son cœur trop plein cette exclamation : « Vous ayez été < sauTés par grâce ; > et, par la manière dont sa parenthèse est enclavée dans la phrase, il nous fait comprendre comment la grâce de Dieu est engagée dans la doctrine.
Dam le$ siècles à venir. Cela ne signifie pas dans tes générations hmainês futures (et c'est à tort qu'on a cité comme parallèle 1 Tim. 1, 16), mais, dans l'économie nouvelle et glorieuse que le Seigneur doit substituer un jour à l'ordre de choses actuel, et que saint Patll appelle ailleurs le siècle à venir (I, 21), le monde à venir (littéralement le globe à venir, Hébr. Il, 5), etc. Ces mots êclaireissent une expression que nous avons trouvée trois fois dans le premier chapitre, à la louange de êa gloire (12, 14), on à là loUange de la gloire de sa grâce (6). La grâce de Dieu en Jésus- Christ envers nous qui croyons commence sans doute à être reconnue dans l'économie actuelle, et notre épitre en est une preuve éclatante; mais elle ne éera pleinemeiït comprise et dignement célébrée qu'après que -€ Christ, notre vie, aura été manifesté » (Col. III, 4), et que « ce que nous serons, i» nous, enfants de Dieu, l'aura été en lui et avec lui (1 Jean III, 2).
Vam avez éli sauvés par la grâce, par la foi. Une nuance importante est perdue dans la traduction : à
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ces deux par correspondent dans l'original deux prépositions différentes, dont l'une, placée avant la grâce, indique la cause, et l'autre, placée avant la fM, le moyen.
La version de Lausanne a rendu cette nuaticé d'une manière assez exacte, mais un peu pesante : « C'est par la grâce que vous êtes sautés, par le € moyen de la foi. * Nous préférons Tune ou l'autre de ces deux traductions, que nous trouvons dans de vieilles Versions catholiques : « Vous M^s sauvés de € grâce par la foi, * ou, t C'est la grâce qui vou« a i sauvés par la foi. > Cette dernière surtout est fort heureuse, et nous l'aurions adoptée dans notre texte, sans notre respect scrupuleux, pefut-être excessif, pour le tour de lapenàée dans l'original. Une nuance analogue, sans être exactement la môme, est indiquée Rom. IV, 16 : « C'est par la foi afin que ce ôoil € selon la grâce. *
Notre verset détermine le vrai rappwt de la grâce à la foi, et récipro(}tiement. La grâce ei^ Ict cause première du salut ; la foi est le moyen par lequel W nous est approprié; ou, si l'on veut, la première est le principe objectif du salut, la secoûde en est le principe subjectif. La grâce donne le salut, ^ la foi le fait; celle-ci peut être appelée la main de l'homme, celle-là, la main de Dieu. Puisque la grâce n'agit que par la foi, la grâce n'a point de prise où la foi n^est pas^ et cette immense miséricorde, déployée en
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Jésus-Christ mort et ressuscité, est pour celui qui ne croit pas comme si elle n'était point. Mais aussi, puisque la foi n'est qu'un instrument de la grâce, il faut exclure de l'idée de la foi tout ce qui, de près ou de loin, en ferait une condition méritoire. La foi n'est qu'un moyen que la grâce a choisi; et elle l'a voulu choisir de telle nature que tout mérite humain fût anéanti : telle est la portée de la conjonction afin que dans le passage de l'épître aux Romains que nous venons de rapporter : c C'est par la foi, afin € que ce soit selon la grâce. » (Voyez encore Rom. III, 26.) Cependant cette déclaration si expressive ne suffit pas encore à saint Paul; ce qu'il a dit sous la forme positive, il va le redire sous la forme négative, pour ne laisser au cœur humain aucune possibilité d'échapper à la doctrine de la grâce la plus gratuite.
Et cela, non par vous-mêmes, c'est le don de Dieu ; non par les (swcres, afin que nul ne se glorifie. Par cela il faut entendre, non la grâce ou la foi, mais le salut, qui est l'idée renfermée dans le verbe : « Vous avez € été sauvés. > Ce salut qui est c par la grâce, par la € foi, > n'est point par vous-mêmes^ ni par les œuvres (littéralement « de vous-mêmes, > ni « des œuvres ;> c'est ici une troisième préposition), soit que < non « par les œuvres, :> soit un simple éclaircissement de € non par vous-mêmes, > soit que l'on doive, avec un degré de plus d'exactitude, opposer < non par