‹ Explication de l'epitre de Saint Paul aux EphésiensChapitre 24 sur 64 · CH. II, 1-10. POUR LES ÉPHÉSIENS · texte numérisé non relu

CH. II, 1-10. POUR LES ÉPHÉSIENS

« vous-mêmes * à c par la grâce, > et t non par les € œuvres » à c par la foi. > Quoi qu'il en soit, le fond de la pensée de TApôtre est limpide comme la lumière du jour. Nous la retrouvons en termes non moins clairs, Tite El, 4 et suivants. (Voyez encore Gai. II, 16; Phil. UI, 9; Rom. IV, etc.) On ne concevrait pas qu'avec ce texte sous les yeux, des hommes, qui se disent soumis aux Écritures, puissent rejeter la doctrine de la grâce, si Ton ne se rappelait une pensée, que le réformateur Bucer exprimait en ces termes dans une note sur le v. 4 de notre chapitre : « Ces paroles sont assez claires et très faciles à comprendre^ pourvu que le Seigneur nous les rende également faciles à croire. ^

C'est le don de Dieu; on se sert quelquefois de ces paroles pour prouver que la foi est un don de Dieu. Mais ce n'est pas exactement la pensée de l'Âpôtre ; c'est le salut qui est un don de Dieu *. Cependant la foi est un don de Dieu, en tant qu'elle est l'un des éléments de ce salut donné tout entier de Dieu. Aussi notre Apôtre écrit-il aux Philippiens : « Il vous « a été donné de croire. »

Afin que, l Cor. I, 31 ; 2 Cor. X, 17, etc. Il faut laisser à cette particule son sens propre, et ne pas

^ Dans ce sens, un ancien commentateur a raison de dire : « Le don de Dieu^ ce n'est pas la foi^ mais le salut par la foi. » Seulement il se serait exprimé plus exactement en disant : Ce n'est pas la foi, mais le salut.

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l'expliquer par en sorte que. L'anéantissement de la justice propre et de la gloire propre n'est pas seulement une suite nécessaire du sajut gratuit, c'est en • coreiin but que Dieu s'y est proposé, t L'Écriture, dit Harless, voit souvent un dessein où nous ne voyons qu^une conséquence, parce qu'elle pénètre au dedans des rapports que nous n'apercevons que par le dehors. »

Car nous sommes son ouvrage y eto. Le rapport de^ œuvres à la |ii est indiqué aussi nettement ici que oelui de la foi à la grâce l'a été dans le v. 8, 4 non « par les œuvres, mais pour les bonnes œuvras. » Gela est admirable. Ce petit mot concilie saint Paul et saint Jacques mieux que tous les commentaires.

Par la grâce, par le moyen de la foi, pour les bonnes œuvres, voilà les trois degrés par lesquels se développe le salut, selon l'Apôtre; la grâce en est le principe, I^ foi le moyen, et les bonnes œuvres le résultat. La gratuité de Dieu ne parait pas moins dans le troisième que dans les deux autres» Loin que les bonnes œuvrer d'un étirétien doivent lui faire méconnaître la gratuité de son salut, elles la font éclater, au contraire, et cela d'autant plus qu'elles sont plus pures et plus abondantes. Car lui, qui les fait, est « Vouvrage de Dieu, ayant été % créé en J^sus-Christ^ pour les bonnes œuvres. » Créé, c'est créé ; ce mot, qui résume toute la doctrine qui précède, nous apprend que la régénération d'une

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âme est ^ussi réeUement un aliquid eçc nihilo que la création du monde ; l'introduction d'un principe nouveau dans l'homme, non le développement d'up germa existante (Voyez Éph. IV, 24; Gai. VI, 15; Tite III, 5; 2 Cor. V, 17, etc). Or, nous sommes créés « pour lejs bonnes œuvres ; » et cela contre tout à la fois, et combien peu elles nous appartiennent, et combien elles sont nécessaires.

Que Dieu a préparées, etc. Ostervald a traduit : i< Pour lesquelles Dieu nous a préparés, afin que € nous y marchions. » Cette traduction est rigoureusement admissible ; mais, outre qu'elle est moins conforme que l'autre au génie de la langue originale, elle ne fait que répéter, en l'affaiblissant, une pensée déjà exprimée. Comment l'Apôtre, qui vient de dire que nous avons été créés pour les bonnes œuvres, pourrait-il ajouter que nous avons été préparés pour elles ? Non ; mais pour nous mieux convaincre que rien ne vient de nous dans nos bonnes œuvres, l'Apôtre, ayant dit d'abord que nous B.voïisété créés pour ellesy ajoute maintenant qu'elles ont été préparées pour nous, par une sorte d'harmonie préétablie entre le cœur du croyant et sa vie. Par un salut qui nous est donné tout fait, nous entrons dans un chemin de bonnes œuvres tout prêt, et où il ne nous reste plus qu'à marcher, pas à pas, de bonnes œuvres en bonnes œuvres, en suivant le plan de Dieu, et non en nous en traçant un à nous-mêmes. La vie de Jésus-

iOO PREMIÈRE PRIERE DE l'APÔTRB. CH. II, 1-10.

Christ est le parfait modèle, d'un pareil chemin de bonnes œuvres; appliquons-nous à Timiter. Que nous y marchions : comme « nous avons marché autrefois < selon le péché de ce monde. > La sainteté ne doit pas être un état moins permanent pour le chrétien, que l'était pour lui le péché avant sa conversion.

SECONDE PRIÈBE DE l' APÔTRE POUR LES ÉPHÉSIENS. Ghap. II, 11-111,21.

Nous réunissons sous un même chef la seconde moitié du chapitre II et tout le chapitre III (II, H-III, 21 ), comme nous avons fait la dernière moitié du chapitre I et la première du chapitre II (1, 15-11, 10); et nous donnons à Tun de ces fragments le nom de la prière qui le termine (III, 14-21), comme nous avons donné à Tautre celui de la prière qui le commence (I, 15-19). Ainsi, tout ce que TApôtre écrit aux Éphésiens depuis I, 15 jusqu'à la fin du chapitre ni se trouve enfermé entre deux prières. On peut ajouter que ces deux prières sont étroitement unies entre elles, et que la seconde n'est que l'achèvement de la première, qui avait été comme suspendue par des développements intermédiaires. L'Apôtre, ayant passé d'abord de sa prière pour les Éphésiens au développement de la puissance de Dieu, déployée en Jésus-Christ et dans les chrétiens d'Éphèse, revient, {lar un nouveau développement de la grâce accordée

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à ces Gentils, à sa prière commencée, et répand enfin tout son cœur pour eux devant Dieu. On a coutume d'appeler les trois premiers chapitres de notre Épître sa partie dogmatique, par opposition aux trois derniers qui contiennent l'application pratique ; et cette division est fondée^ Mais quelle dogmatique que celle de notre Apôtre ! quelle exposition de foi que celle qui se réduit à une action de grâces, suivie de deux prières, ou, si Ton veut, d'une prière ! que la théologie de rÉcriture sainte est différente de celle de nos formulaires et de nos confessions de foi, même les |)lus fidèles !

Cependant la ferveur des sentiments ne trouble pas l^ordre des pensées ; et c'est encore un caractère du style de saint Paul. Dans le développement où nous entrons, il continue de montrer aux Éphésiens la grâce que Dieu leur a faite ; mais il la montre sous un nouveau point de vue. Ces Gentils, autrefois exclus de l'alliance que Dieu avait traitée avec Israël, ont été maintenant rendus participants de la promesse, en Jésus-Christ, par le ministère des apôtres et par celui de saint Paul en particulier; ce qui Texcite et Tencourage tout ensemble à prier pout* qu'ils recueillent à pleines mains le fruit de leur communion nouvelle avec le peuple de Dieu et avec Dieu lui-même. De ià trois parties dans ce morceau : les Gentils associés avec Israël et réconciliés avec Dieu (II, H-22); le ministère de TApôtre auprès des Gentils (III, 1-13);

CH. n, 11-22. POUR LES ÉPHÉSIBN3. l03

et la prière de TApôtre pour les Gentils qui oht cru

(ni, 14-21).

i« Ijeft Gentils associés avec Israël et réconcilias avee; Dieu, II, 11-22.

1 1 . Cesl pourquoi souvenez-vous que vous, autrefois les Gentils dans la chair j appelés incirconcision par ce qui est appelé circoncision, faite de main dans la chair^ 12. vous étiez en ce temps-là hors de Christ^ séparés de la république ^ d'Israël et étrangers aux alliances de la promesse, n'ayant point d'espérance et sans Dieu dans le monde. 13. Mais maintenant en Jésus^Christ, vous qui étiez autrefois loin avez été rapprochés par le sang de Christ. 14. Car lui-même est notre paix, qui des deux choses en a fait une, et a renversé le mur mitoyen de la clôture. 15. Ayant aboli, en sa chair, l'inimitié, la loi des commandements en ordonnances, afin qu'il créât les deux en lui-même pour être un seul homme nouveau, en faisant la paix ; 1 6. et quHl réconciliât les uns et les autres en un seul corps avec Dieu, par la croix, ayant tué en elle r inimitié, il. Et étant venu, il a évangélisé la paix à vous qui étiez loin, et à ceux qui étaient près; 18. car par lui, nous avons accès les uns et les autres, en un seul Esprit, auprès du Père. 19. Ainsi donc, vous n'êtes plus étrangers ni forains, mais concitoyens des saints et gens de la maison de Dieu ; 20. ayant été édifiés sur le fon^

^ Ou commufiouté.

104 SECONDE PRIÈRE DE L^iUPÔTRE CH II, 11-22.

demetfU des apôlres et prophèleSj la première pierre de V angle élanl Jésm-Chrisl lui-même; 21 . en qui tout ïédi-fiée bien coordonné croît pour être un temple saint au Seigneur. 22. En qui vous aussi êtes édifiés^ pour être une habitation de Dieu en esprit.

Souvenez-vous. Il est écrit : « Soyez reconnaissants ; > ce qui signifie avant tout, soyez reconnaissants envers Dieu (Col. III, 15). Il faut que les Gentils qui ont cru se rappellent quelle a été leur condition première (11, 12), comment « Jésus-Christ, et Jésus- « Christ crucifié » les en a retirés (13-18), et les a placés dans la condition toute contraire dont ils jouissent aujourd'hui (19-22). Ceci nous intéresse directement. Les Éphésiens sont ici les représentants des Gentils en général; ainsi s'explique l'emploi singulier de l'article dans ces mots : « Vous, autrefois les « Gentils^ > au lieu de « vous, autrefois Gentils, » nous sommes les enfants des Gentils, et, s'il y a avait une différence à faire entre Gentils et Gentils, nos pères devraient être rangés dans la classe la plus ténébreuse, étant de ceux qui ont été tout à la fois les plus éloignés de toute communication avec le peuple d'Israël, et les plus dépourvus des lumières même de la philosophie. Mais ce dernier point est de peu d'importance en comparaison du premier, et l'Apôtre met tous les Gentils sur la même ligne, quelles qu'aient pu être leurs lumières naturelles. Si l'Évangile n'eût pas été apporté à nos pères, nous serions encojœ

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