GH. H^ 11-22. FOUR LES EPHÉSIENS
aujourd'hui dans Tétat où avaient été les Éphésiens avant leur conversion, et que saint Paul décrit par les traits suivants :
Les Genlils dans la chair ^ etc. Ces mots « dans la € chair > doivent avoir la même signification ici, et dans la fin de notre verset. Les Éphésiens étaient Gentils dans la chair ^ comme les Juifs étaient circoncis dans la chair. Il manquait aux premiers le signe extérieur et visible de l'alliance avec Dieu, la circoncision. Mais, avec ce signe, il leur manquait encore la grâce intérieure et invisible dont il est le sceau (Rom. IV, 11), cette autre t circoncision qui ne se € fait point avec la main i> (Col. II, 11), « la circon- € cision du cœur, en esprit » (Rom. Il, 28). Cette seconde pensée est celle sur laquelle TApôtre s'arrête, et qu'il développe dans le v. 12. Ce n'est pas ainsi que l'entendaient les Juifs, qui, pour être « d'Israël, » n'étaient pourtant pas « Israël d (Rom. IX, 6). A leurs yeux, « la circoncision (extérieure) faite de main dans < la chair » était le point essentiel; leur privilège était de la posséder, et ils l'appelaient fièrement « la circoncision ; i> en être privés était le malheur des Gentils, qu'ils appelaient avec dédain « l'incirconci- € sion. > Dans les derniers mots de notre verset, l'Apôtre jette en passant un blâme indirect sur cette tendance charnelle ; car, outre qu'il ne manque aucune occasion de la combattre (Rom. Il, 25-29 ; Col. II, H, etc.), il lui importait de faire comprendra
106 SECONDE PftïÈRE 1)E l'APÔTRE CH. II, 11-22.
en cet endroit, où il allait rabaisser la condition des Gentils au-dessous de celle d'Israël, qu'il le faisait dans un autre esprit que ses compatriotes, et que le rtiàlheur des Gentils était mdins encore l'absence du signé c[ue l'absence de la grâce sigtiifiée, sans laquelle le signe devenait inutile aux Juifs eux-iilêmes. Au reste, ôii voit ici à la fois rim][)Ortalilce du signe extérieur de l'alliance, et son insuffisance. On pouvait âiroii* le signe iSails avoir la grâce signifiée, mais dn bë pbuvâit avoi^ la grâce signifiée sans avoir le signej on lie le pouvait du moins dans l'ordre général des dispensations divines, bien que la chose ne fût pas ithpossible eri sbi hi sans exemple (Rom. IV, 10, H). Kàpprochëz de ce passage la manière dont nôtre Seigneur s'eiprimë ati sujet du baptême, qui deVàit remplacer la circoncision comme signe de la nouvelle alliandé (Mai^c XVÎ, 16) : « Celui qui aura cru et qui t aura été baptisé sera sauvé ; mais celui qui n'aura c pas cru (baptisé oU non) sera condamné. > C'est dans lé même esprit que le Seigneur, ayant déclaré ' hédeSsslit'e la doublé naissanfee et « d'eau et d'Esprit * àû V. 5 de Jean 111, ne parle plus qtte de « l'Esprit » au V. 6.
^ Par ce jwi est appelé circoncision^ faite de inain en* la chair. LocUtioti elliptique, pour : ce qui est appelé circoncision [à cause de la circoncision), faite de main dans là chair. On peut traduire également « qui s'appelle € circbtifcision. > L'Apôtre indiquerait alors que c'est
CH. Il, 11-22. POUtl lÊS ÉPHÉSIÈNS. iOI
le nom que les Juifs Éé dotitient à eux-mêmes, tandis que là version reçile, que nous avons suivie, iiîdl(Jtlfe en même teitlps qtie c'est le nom que leut donnent les Gentils. Nous nous décidons pour cette dérniëre version, pat^cé qu'elle ajoute aux pensées que noua avons expoi^es ci-dessus une nuance importante, et qui doit être reprise plus bas, v. 14 et 18, celle de l'antagonisme qui existait entre les Gentils et les Juifs, qui se jetaient les uns aux autres, avec un égal dédain, les épithètes d'iticircbncis et de circoncis.
Hors de ChHsl. Après avoir montré les Gentils dans lé V. Il privés de la circoncision extérieure, et àVôir ddiirié à entendre qu'ils l'étaient par conséquent aussi de la circoncision spirituelle, TÂpôtre développe cette seconde pensée, et décrit dans le V. 12 la conditioh religieuse des Gentils, privés de toute lumière divine, et oomplétemeht livrés â la nature aveugle et pervertie. Rapprochez de ce tableau celui (Ju'il en fait encore IV, 17-19 : « Hors de « Christ, » trait général, que l'Apôtre subdivise ensuite eri plusieiîft autres. Mais celui-là les contient tous eiï germe. « Nul ne va àli Père que par le Fils ; » et Chrifet renferme eri lui seul toutes les espérances religieuses de Thumariité dslns tdus les temps.
JésûS'ChHÈli c'est-à-dit*e le Christ, riianiffesté dans l'hdmme Jésus, n'a J)arù qu'avec la nouvelle alliance; aussi remarquez que l'Apôtre dit ici < hors de Christ ^%