‹ Explication de l'epitre de Saint Paul aux EphésiensChapitre 26 sur 64 · UO SECONDE PRIERE DE L^APÔTRE CH. II, 11-2Î · texte numérisé non relu

UO SECONDE PRIERE DE L^APÔTRE CH. II, 11-2Î

sabbats, l'holocauste continuel et les sacrifices, etc. Dq. tout cela, les Gentils étaient séparés^ ou, selon l'énergie de l'expression originale qui marque une intention du fondateur, ils eit étaient ei^clus^ De là, par uqe suite nécessaire, ils étaient privés de cet autre privilège, dont le premier n'était que l'enveloppe et la garde extérieure : ils étaient c étrangers < aux alliances de la promesse; ^ à cette ^lliq.nc6 que Dieu avait traitée avec Abraham, et renouvelée plusieurs fois avec sep d^scendants, ce qui fait que l'Apôtre la désigne par un mot mis au pluriel (comme dans Rom. IX, 4, 5, où il met également au m^me nombre le mot promesse). On i^ait que cette alliauiîe était f^ite PR vertu d§ h promesse, et que cette promesse avait pour ntget la vf nue du Christ dan^ la far mille d'Abraham et sur la torre 4pnné6 à Abr^hau)* li^s Gentils, bien que compris pour l'avenir dans la promesse, n'étaient point entrés dans l'ailiappe et n'y devaient pas entrer avant l'avènement du Christ. Jusque-là, la promesse était déposée dans le s@in d'Israël, et, par cette constitution dont nous paillions tantôt, tout à la fois garantie à ce peuple et mis^ iipr^ de la portée de tou3 les autres.

N'ayant point d'espérance etsan^ Dieu dan^ le moiule. Ainsi séparés du peuple de Christ, les Gentils l'étaient aussi du Dieu de Christ; et ils ne pouvaient entrer eu communion avec Pieu sans entrer avec rapport avec Israëh Je ne connais rien dans l'Ëcriture qui donne

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une plus haute idée des privilèges d'Israël, et, par analogie, des privilèges du peuple de Dieu et d& «oa Église dans tous les temps, Nous pouvons dire d« Talliance visible de Dieu ce que nous disions tautôt du signe visible de cette alliance : $voir part k y^U liance visible est insuffisant, mais nécessaire, du moins dans Tordre général des dispensations divines; et, dans ce sens, il y a de la vérjté dans cejte maxime si justement décriée pour l'abus qu'on pn a fait : € Hors de l'Église point de salut. » Seulçment, il ne faut pas se tromper sur ce qu'est l'Église, Dieu a un peuple sur la terre, et il faut, quand on veut jouir de la grâce, se rattache^ à ce peuple de Dieu, dépositaire de ses promesses pt de sa parple. Apprenons encore de cet endroit Pestime que nous devons faire d'Jsraël, nous qui n'avons pu venir à Dieu qu'en deven£^nt en JésuS'Christ, un avec Israël, si bien que nous somn^e^ appelés nous-mêmes « l'Israël de Dieu !► (Gai. YI, 16). Les Gentils donc sont sans espérance. L'espérance dont il est iei question est celle qui ^e rapporte ^ la promesse ci^-dessus rappelée; c'est l'iespérance d'un Sauveur, et par conséquent du salut; puis, pî^r exten* sion, l'espérance de la vie éternelle et de touta yvm félicité. Cette espérance se trouvait chez le Juif croyant, et, pour se justicier devant Agrippa, il suffit à saint Paul de lui prouver qu'il n'est coupable que d'en avoir attendu l'accomplissement : « Et maintenant 4 je comparais en jugement pour l'espérance de la

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« promesse que Dieu a faite à nos pères, à laquelle nos « douze tribus, qui servent Dieu continuellement nuit « et jour, espèrent de parvenir; et c'est pour cette es- « pérance, ô roi Agrippa, que je suis acccusé par les t Juifs > (Actes XXVI, 6,7). Mais le Gentil n'avait rien de semblable. Autre est l'attente d'une vie future, qui existait dans le paganisme, mais superstitieuse et ridicule chez le peuple, vague et incertaine chez les philosophes, autre est Tespérance du salut et d'un Sauveur, telle que l'avaient les Juifs, mais auquel les Gentils étaient si loin de s'attendre, qu'ils n'en sentaient pas même le besoin déterminé, n'ayant pas connu la vraie nature ni la coulpe du péché. Je dis le besoin déterminé : car le sentiment obscur de ce besoin a toujours existé chez les païens, tant anciens que contemporains; et il a paru, tantôt par les aberrations étranges de la justice propre en recherche d'une expiation, tantôt par la paix à la fin trouvée dans la doctrine de la croix.

Le Gentil est en même temps sans Dieu (littéralement athée) dans le monde. Non que les païens n'aient rien connu de Dieu (Rom. I, 19, 20), ni que les philosophes ne se soient élevés même à l'idée d'un Dieu unique, spirituel et Créateur, bien que tout cela ait été très confus dans l'esprit même des plus sages. Mais, eussent-ils eu les notions plus nettes de nos déistes modernes, ce dont il s'en faut beaucoup, ils n'en seraient pas moins sans Dteu, ou athées, au

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sens dé l'Âpôtre. Car leur Dieu, n'étant pas le Dieu de Jésus-Christ, n'est pas non plus le Dieu de l'homme, € le Dieu vivant et vrai, > qui se communique à l'homme, qui vit dans l'homme, qui sauve, sanctifie et console l'homme. « Le déisme ne trouve Dieu que dans le ciel ; le panthéisme ne le trouve que sur la terre; le christianisme seul le trouve à la fois dans le ciel et sur la terre** >! Ajoutons que le déisme et le panthéisme n'ont pas même ce qu'ils paraissent avoir; car le Dieu qu'on ne trouve que dans le ciel n'est pas même le Dieu du ciel, et le Dieu qu'on ne trouve que sur la terre n'est pas même le Dieu de la terre. Les mots « dans le monde » sont un dernier coup de pinceau qui relève l'horreur du tableau. Être « sans c Dieu > est toujours affreux; mais combien affreux surtout € dans le monde, ï> dans ce pauvre monde qui a tant besoin de Dieu, étant si criminel et si misérable. C'est sur la face de ce monde que le Gentil est jeté sans Dieu*. Au reste, « sans Dieu dans le c monde » répond à « séparés de la république d'Ist raël, > comme « n'ayant point d'espérance, ï> répond à « étrangers aux alliances de la promesse. >

Voilà la condition des païens, telle que Dieu la voit. Qui veut travailler à les en retirer? qu'il entre activement et de toute sa puissance dans l'œuvre des Mis-

* Harless.

« « The wide, vain world, wherein ye wandered up and down, un» holy and unhappy. » ( Wesley, Explanatory notes upon the new Testa • ment.)

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sions, qui n'a pas d'autre objet, et qu'il se dise : Tel serait mon état, si Jésus-Christ n'avait été annoncé à nos pères par les missionnaires d'autrefois! Car l'unique moyen par lequel des Gentils puissent être délivrés de cette affreuse misère, c'est « Jésus-Christ « et lui crucifié, » C'est ce que l'Apôtre fait voir pour les Éphésiens dans les v. 13-18.

Mais maintenant, en Jésus- Christ ^ c'est-à-dire, maintenant que vous êtes en Jésus-Christ, Être « hors € de Christ, > voilà le titre et le résumé de leur misère précédente, et tout le v. 12 n'a été qu'un développement de ce commencement. Être « en Jésus- « Christ » (l'Apôtre ajoute cette fois au nom de Christ celui de Jésus, qui ne pouvait lui être donné dans le v. 12, où il s'agit du Messie annoncé parles prophètes, mais non encore manifesté dans l'homme Jésus), être « en Jésus-Christ, » c'est le titre et le résumé de leur condition nouvelle, et tout ce qui suit n'est que le développement de ces deux mots.

Vous qui étiez autrefois loin avez été rapprochés (littéralement : êtes devenus près). Ces expressions, loin etpréSy empruntées à Ésaïe XLIX, 1 et LVII, 19, désignent, dans le langage du Nouveau Testament, et aussi dans celui de la théologie judaïque, la position respective des Gentils et des Juifs (Actes II, 39). Les Gentils, autrefois exclus d'Israël et étrangers à l'alliance (v. 12), ont été rapprochés depuis qu'ils sont en Jésus-Christ. Rapprochés, de qui? d'Israël, ou du

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Dieu d'Israël? Les v. 14 et suivants sont parmi les plus difficiles de notre épître; et cette difficulté tient en grande partie à la question qui vient d'être indiquée, et qui se représente à chaque pas, pour les motsjpaio?, inimitié , etc. De là une assez grande divergence entre les commentateurs, suivant le parti qu'ils prennent sur ce point. Nous pensons que l'espèce de confusion dont on se plaint ne peut être complètement éclaircie, parce qu'elle est dans la pensée de l'Apôtre et dans la nature des choses. Le Gentil, également éloigné d'Israël et du Dieu d'Israël, ne pouvait se rapprocher de l'un sans se rapprocher de l'autre; et ces deux rapprochements se touchent et se pénètrent dans les v. 13-18, comme le font les deux éloignements correspondants dans le v. 12. Mais, bien que l'une et l'autre idée soient présentes à la fois à l'esprit de l'Apôtre, chacune des deux prédomine tour à tour dans son développement. Celle des deux qui y occupe la première et la principale place, c'est la réunion des Gentils avec Israël. Cela nous paraît résulter, et des versets qui vont nous occuper, et de la description de l'ancienne condition du Gentil (v. 12), et de celle de sa nouvelle condition (v. 19-22), et aussi du commencement du chapitre suivant, notamment du v. 6. Dans tout cela, la réunion avec Israël apparaît sur le premier plan, et la réunion avec Dieu sur le second; bien entendu que le plan dont nous parlons est celui du développement

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