SECONDE PBIÂRE DE L'APÔTRE GH
de TApôtre en cet endroit, non celui des choses en soi; car, à ce dernier point de vue, la réunion avec Dieu précède et domine tout le reste. Aussi, dans les trois premiers versets de ce développement (13-15), c'est de la réunion avec Israël qu'il s'agit essentiellement, nous ne disons pas exclusivement; et puis, l'Apôtre passant insensiblement, et dans le courant d'une période, à l'autre face de son sujet, il s'agit, au contraire, non exclusivement, mais essentiellement, de la réunion avec Dieu dans les derniers versets (16-18).
Par le sang de Christ. C'est par le sang de Jésus- Christ que les Gentils sont réunis avec Israël, comme c'est par ce sang que les uns et les autres sont réconciliés avec Dieu. Comment? L'Apôtre nous l'expliquera dans les versets suivants, où les mots <t vous € avez été rapprochés ï> sont développés par le v. 14, et les mots « par le sang de Christ, j> par la première moitié du v. 15.
Lui-même est notre paix. Ce n'est pas assez qu'il « nous annonce la paix ^ (v. 17), ni même qu'iU fasse « la paix y> (v. 15) ; « il est lui-même notre paix. » Tout dans notre épître attire nos regards sur la personne même de Christ. C'est dans cette personne vivante que nous avons part à tous les dons de Dieu ; le vrai christianisme n'est pas une doctrine, mais une vie, la vie de Christ en nous et de nous en lui, spirituellement, mais réellement. — Il y a ici une allusion au
GH. n^ li-2â. POUR LES ÉFHÉSIENS. HT
titre de « Prince de paix » qui est donné au Messie dans Ësaïe IX, 6, et à son nom de Siloh^ qui signifie pcudfitaimr (Gen. XUX, 10). — On a coutume de «ter ces mots, « il est notre paix, » pour prouver que Jésus-Christ nous réconcilie avec Dieu. Cette pensée y est bien renfermée impKcitement; mais ce n'en est pas le sens propre et principal. L'Apôtre entend par là que Jésus-Christ est la paix du Gentil avec Israël, ainsi qu'il le montre aussitôt après.
Qui des deux choses en a fait t»ne, et a renversé h mur mitoyen de la clôture. L'Âpôtre nous montre d'a«bord Jésus-Christ agissant sur les positions^ q\i'i\ con* fond en renversant le mur qui sépare le Gentil du Juif; et ensuite il le montre (v. 15) agissant sur les personnes qu'il rassemble en créant de nouveau tant Gentils que Juifs en lui-même. D'abord, le côté négatif de la réunion, la barrière enlevée; ensuite, le côté positif, les esprits transformés. Cette nuance in* téressante, indiquée dans l'original par l'emploi du neutre au v. 14 et du masculin au v. 15, est perdue dans nos versions reçues. Nous avons tenu à la rendre dans notre traduction, quoique nous n'ayons pas réussi à le faire d'une manière qui nous satisfasse. L'expression originale annonce la figure qui va suivre, et signifie que Jésus-Christ a mis en un les deux côtés que séparait jusqu'à lui un mur de séparation.
C'est la loi, ainsi que saint Paul l'explique au V. 15, qui est ce mur de séparation qu'il appelle
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« le mur mitoyen de la clôture, » non par un vain pléonasme, mais pour distinguer deux points de vue de la loi. A m regarder que k peuple juif, la loi est une barrière élevée autour de lui, semblable à ces clôtures qui entourent une vigne, et qui lui servent tout ensemble de limite et de défense. Le mot que nous rendons par clôture, et qui descend d'.un verbe qui signifie enfermer une chose pour la protéger, est celui dont Jésus-Christ s'est servi, (Matth. XXI, 33) dans la parabole des vignerons, en parlant de la barrière (la loi) que le Père de Famille (Dieu) élève autour de sa vigne (l'Église de l'Ancien Testament). Il correspond au mot hébreu dont Ésaïe s'est servi dans la même parabole, que Jésus-Christ lui a empruntée (V, 2), où les Septante l'ont traduit par le mot grec employé par saint Paul dans notre texte (nos versions ont traduit haie dans les deux cas) ^ Mais, à regarder la position respective des Juifs et des Gentils, cette même loi est un mur mitoyen qui les sépare, et qui ne laisse aucun espoir d'union entre eux tant qu'il subsiste.
Ayant aboli en sa chair V inimitié, la loi des commemdements en ordonnances.
En sa chair : c'est-à-dire par sa mort; même pensée que l'Apôtre a exprimée au v. 13 en ces mots a par le sang de Christ, » et qu'il exprime au v. 16 en ceux-ci : « par sa croix. » Voyez l'endroit corres-
* Les rabbins donnent aossi à la loi le nom de haie ou clôture.