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fier l'autorité de son langage (Gai. V, 2), et en relever la tendresse (Philém. 9, 19), ou Tun et Tautre à la fois (2Cor. X, 1). Ici, ce nom propre a pour objet d'inspirer plus de confiance aux Éphésiens dans son intercession en leur faveur, surtout étant joint avec les mots pri' smnier de Jésus- Christ. Il y a intercession et intercession. Les prières qui sont faites pour nous sont d'autant plus efficaces que celui qui les présente a plus de crédit auprès du Seigneur, par sa position ou par sa piété personnelle. Celui qui prie pour les Éphésiens, c'est Paul, cet apôtre choisi, chéri, et singulièrement honoré de Dieu (1 Cor. XV, 10). C'est de j^hisfsul prisonnier de Jésus*Christ; c'est-à-dire, que Jésus-Christ a comme fait prisonnier dans l'intérêt de sa cause ; ainsi que les liens de l'Évangile (Philém. 13) sont les liens dont l'Évangile Ta attaché (voyez IV, 1 ; 2 Tim. I, 8; Col. IV, 3). Cette circonstance, qui relève ailleurs l'intercession de l'Apôtre auprès de Philémon en faveur d'Onésime (« étant tel que je suis, « Paul, vieillard, et même maintenant prisonnier de < Jésus-Christ » Philém. 9), relève ici par une raison semblable son intercession auprès de Dieu en faveur des Éphésiens. Dieu ne peut qu'écouter favorablement son serviteur souffrant pour sa cause ; outre que le chrétien qui a le plus souffert est aussi, toutes ehoses égales d'ailleurs, le plus éprouvé et par conséquent celui qui a le plus « d'espérance, i> ou comme nous dirions d'assurance, dans la prière comme dans tout
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le reste (Rom. V, 3-5), Pour vous Gentils, c'est-à-dire dans votre intérêt (voyez v. 13, et Col. I, 24; Actes IX, 15; Rom. XV, 15, 16); etc.
Si toutefois vous avez appris (littéralement entendu). Les mots si toutefois supposent que TApôtre n'était pas entièrement assuré que ceux à qui il écrivait fussent bien instruits de ce qu'il va dire ; et autrement, pourquoi le dire ? en même temps que le mot entendu, indique que s'ils en étaient instruits c'était comme l'Apôtre l'avait été lui-même de leurs dispositions (I, 15), par le témoignage d'autrui, et non par des relations personnelles. Ceci confirme ce que nous avons dit dans notre introduction, que cette lettre n'était pas destinée aux seuls Éphésiens, mais à plusieurs Églises, dans le nombre desquelles il s'en trouvait que l'Apôtre connaissait moins et dont il était moins connu. Selon Harless, si vous avez appris signifie : « Si vous avez appris > par ce que j'ai écrit cidessus dans cette lettre (v. 4); et il fait observer que les anciens se servaient souvent du mot entendre où nous nous servirions de celui de lire, parce que les manuscrits, étant peu nombreux, se lisaient en général à haute voix. Mais alors le doute exprimé par saint Paul (< Si toutefois, > etc.) > ne se comprendrait pas; et notice explication nous paraît bien plus naturelle.
La dispensation. Il s'agit ici, non de la manière dont l'Apôtre dispense aux Gentils les révélations qu'il a reçues de Dieu, mais de la manière dont
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Dieu dispense à l'Apôtre la charge qu'il lui a commise. Le mot ministère, employé dans nos versions, et même le mot administration^ adopté dans celle de Lausanne 1839, bien qu'il faille s'en servir ailleurs pour traduire le même terme grec, par exemple 1 Cor. IX, 17, serait équivoque dans notre verset; et c'est l'une des occcasions où la version de Lausanne nous parait avoir abusé de ce principe, fort bon en soi, mais sujet à plus d'exceptions qu'elle n'en reconnaît, que le même mot grec doit être rendu partout par le même mot français. Au reste, la manière dont Dieu a dispensé à l'Apôtre sa charge est exposée dans les versets suivants. Je dis dans les versets suivants, et non, comme le font Harless et Olshausen, par les mots « par révélation > du v. 3, parce qu'il me paraît que la dispensation de Dieu à l'égard de l'Apôtre a une signification plus étendue et qui embrasse, avec le moyen dont Dieu s'est servi pour l'éclairer, l'objet de son apostolat, les souffrances qui l'accompagnent et tout ce qui fait l'objet des premiers versets de notre chapitre. Nous expliquerions plus volontiers le mot dispensation^ ainsi que le fait Gerlach : « Cette disposition de Dieu, dans toute l'administration de son règne, en vertu de laquelle il m'a confié une grâce particulière en faveur des Gentils. > Ce que l'Apôtre suppose pouvoir n'être pas bien connu de tous ses lecteurs, ce n'est pas sa vocation à l'apostolat en général, mais les caractères parti-
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culiers de cette vocation en ce qui concerne Tévangélisation des Gentils, Il appelle l'objet de cette dispensation une grâce (ainsi que dans les v. 7 et 8), parce que l'apostolat, et en général le ministère évangélique dont Dieu revêt quelques-uns de ses enfants, est, tout aussi bien que le salut qu'il accorde à tous, un don gratuit et dont quiconque le reçoit est absolument indigne (Rom. XV, 15; 1 Cor. III, 10, rapproché de I, 4, où il est question de la grâce générale, etc.). Les souflFrances attachées à ce ministère ne lui ôtent rien de ce caractère ; elles ne sont pour saint Paul qu'un don de plus de la grâce de Dieu (Phil. 1, 29). Notre verset éclaircit Col. 1, 25 où l'Apôtre appelle, par ellipse, la dispensation de DieUy ce qu'il appelle ici dispensation de la grâce de Dieu; et je ne puis voir sur quoi se fondent Harless et Olshausen pour donner au mot dispensation^ dans cet endroit de l'épître aux Colossiens, un sens différent de celui qu'il a ici. Et qu'il m^a fait connaître par révélation le mystère ; ou, savoir^ qu^il m'a fait connaître, etc. ; explication du verset précédent, et plus spécialement du mot dispensation. — Par révélation : allusion à l'histoire rapportée dans Actes IX; voyez Gai. I, 12. Le mystère : expliqué au v. 6. Ce mystère n'est pas exactement le même que celui dont il a parlé dans 1, 9; mais c'en est une partie. Là, il s'agissait du plan général que Dieu avait formé pour « la plénitude des temps, » ce qui embrassait l'Église tout entière, et plus encore;
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ici, il s'agit du plan spécial qui concernait la vocation des Gentils. Ainsi que je l'ai écrit précédemment en peu de motSy non pas dans une précédente lettre, qui se serait perdue, comme Ta supposé saint Chrysostome, mais dans la partie de cette même lettre qui a précédé. Il faut expliquer de même 1 Pierre V, 12, et même 1 Cor. V, 9. Ce dont TApôtre a parlé précédemment dans cette lettre, ce n'est pas « la révé- « lation » à laquelle il a eu part, mais « le mystère » qui lui a été révélé. Il a fait en effet l'objet de plus d'un passage des deux premiers chapitres, et notamment de la seconde moitié du chapitre H.
Par où vous pouvez apercevoir en lisant quelle est V intelligence que fat dans le mystère de Christ. En lisant, » c'est-à-dire en entendant lire en public. « Le mystère « de Christ, > c'est le mystère qui se rapporte à Christ. Les Éphésiens sont invités à cet endroit k juger h parole de saint Paul pour discerner Tintelligence du mystère de Christ qu'il y fait paraître ; mais ailleurs les lecteurs de l'Apôtre sont invités à se soumettre à sa parole, comme à une parole de Dieu (1 Thess. II, 3) qui doit c les juger » (Jean XII, 48). Ces deux choses ne sont-elles pas contradictoires? Non. La foi et le sentiment servent tour à tour à nous affermir dans la vérité. Les hommes auxquels saint Paul écrit ont commencé par croire à la Parole de Dieu ; mais une fois qu'ils ont cru, il se développe en eux, par cette foi même, un sentiment exquis de la vérité qui les
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rend capables de discerner la voix de Dieu; et, revenant alors à la Parole qui les a touchés, ils la reconnaissent pour ce qu'elle est, avec une conviction nouvelle, plus sentie et plus personnelle que la première. II nous en arrive de même. Parce que nous croyons la Bible inspirée, nous en recevons les enseignements avec soumissioi;; mais cette soumission même, ayant formé en nous un instinct de vérité, sans parler de l'instinct naturel qui n'est jamais entièrement étouffé, nous jugeons de l'inspiration de la Bible, et nous disons, en nous plaçant devant ce livre : a Voix d'un Dieu et non d'un homme! » N'est-ce pas ce que vous avez éprouvé, comme les Éphésiens, en lisant les deux premiers chapitres de cette épître? N'avez-vous pas vu une preuve nouvelle de son inspiration dans ce qu'il dit et dans la manière dont il le dit? Eh bien ! vous avez fait ce que doivent faire les Éphésiens, et sans plus vous contredire qu'ils ne le feront en prenant conseil tour à tour de la foi et du sentiment personnel. Seulement, il importe que ce sentiment soit juste; et pour cela il faut qu'il ait été développé par la vérité révélée elle-même.
Lequel [mystère) na point été donné à connaître aux fik des hommes, en d'autres générations comme il a été maintenant révélé à ses saints apôtres et prophètes, etc.
On demande pourquoi saint Paul n'a pas dit aux prophètes (de l'ancienne alliance) au lieu de aux fih des homm^; et quelques commentateurs ont voulu
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même que la seconde de ces expressions soit ici synonyme de la première, en s'appuyant sur cette singulière raison que des prophètes, Ézéchiel en particulier, sont appelés parfois f fils d'homme, » comme s'il n'était pas facile de voir que c'est en tant qu'hommes, et non en tant que prophètes, qu'ils ont reçu ce nom. Ce qui embarrasse les commentateurs s'explique aisément, ce nous semble. Il était naturel et logique de s'exprimer ainsi que l'a fait l'Apôtre ; car le côté négatif qu'il relève dans la première partie de sa période regarde tout le genre humain, tandis que le côté positif qu'il relève dans la seconde ne regarde qu'un nombre d'hommes déterminé; cette ignorance était de tous (prophètes, Israélites, Gentils), tandis que cette révélation n'était faite qu'à quelques^ns. Nous dirions d'une manière semblable : la vaccine a été ignorée des hommes, jusqu'à ce qu'elle fut découverte par un médecin d'Ecosse ; et il serait aussi étrange de dire : ignorée des médecins que de dire : découverte par les hommes. Par une raison semblable, les expressions générales, en d'autres générations y donné à connaître ^ sont opposées à ces expressions spéciales, maintenant^ révélé; c'est que la négation est générale, l'afiSrmation spéciale. D y a, de plus, dans le choix de ce mot, fils des hommes, comme le fait observer Harless, quelque chose qui marque l'ignorance et la misère du genre humain, et le besoin qu'il avait de cette révélation, qui a été
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enfin accordée âux apôtres et prophètes de la Nouvelle Alliance ; car c'est de ces prophètes-là, évidemment, qu'il est ici parlé, et la signification du mot prophète en cet endroit détermine celle qu'il Êiut lui donner dans II, 20.
Au reste, saint Paul ne dit pas que le mystère ait été autrefois absolument ignoré; il dit seulement qu'il n'a pas été connu comme il a été maintenant révéU aux apôtres^ etc. Les prophètes de l'Ancien Testament ont su quelque chose de la vocation des Gentils, puisqu'ils l'ont annoncée plus d'une fois, ainsi que l'atteste le Nouveau Testament lui-même (Jean V, 39, 46; Rom. IX, 25; Actes XID, 47, etc.); mais entre la lumière qui leur a été accordée, et celle qui l'a été aux apôtres, il y a toute la différence qui sépare la foi de la vue, et l'espérance de l'accomplissement. Cette différence est bien marquée dans Luc X, 23, 24, où Ton voit les anciens prophètes pressentant l'économie évangélique tout juste assez poursoupirer après unepleine lumière (Voyez encore 2 Pierre I, 19); et pourtant Jésus-Christ ne compare en cet endroit les prophètes qu'avec les apôtres tels qu'ils étaient avant l'effusion du Saint-Esprit. La distance devient bien plus grande encore au jour de la Pentecôte, et c'est alors que se réalise complètement cette étonnante parole du Seigneur (Matth. XI, 11) : « En vérité, je vous dis qu'entre ceux qui sont nés de € femme, il n'en a été suscité aucun plus grand que