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« Jean-Baptiste ; toutefois celui qui est le moindre « dans le royaume des cieux, est plus grand que lui. » Ajoutez à cela que les prophètes de TAncien Testament se faisaient sans doute des idées imparfaites et fausses, sur la manière dont l'alliance devait être étendue aux Gentils ; loin de comprendre que c'était a par Christ et par l'Évangile > (6), ils se figuraient probablement que c'était par la circoncision et les observances de la loi, parce que la plupart des prédictions que Dieu leur inspirait sur ce sujet s'expriment en termes figurés et comme si les Gentils devaient être appelés à la communion de ces observances. Ce point est capital dans notre épître, où l'Apôtre traite en détail du rapport des Gentils au peuple de Dieu, avant et après leur conversion (II, 11 -fin); et il est décisif dans l'histoire de l'Église, puisque c'est de là que dépendait la propagation universelle du christianisme. Dieu révéla sa volonté à cet égard aux apôtres assemblés à Jérusalem (Actes XV). Mais saint Paul fut appelé à faire pénétrer cette lumière nouvelle dans tout le monde, et à la défendre contre tous les contradicteurs. Si un prophète de l'Ancien Testament venait à ressusciter, tel qu'il a vécu, et que nous pussions comparer ses lumières rehgieuses avec celles d'un enfant chrétien, nous serions vraisemblablement confondus de l'infériorité du premier; et ce rapprochement, en achevant de nous éclaircir Matth.*XI, 11, pourrait nous
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donner une idée toute nouvelle de la grâce que TËglise â reçue au jour de la première Pentecôte.
A ses saints apôtres et prophètes. Les prophètes sont ici les prophètes du Nouveau Testament, et la signification de ce mot dans notre verset, où elle est hors de doute, nous paraît déterminer celle du même mot dans H, 20, ainsi que nous Pavons, dit en expliquant cet endroit. Ici, comme là, nous pensons, avec Harless, que les apôtres et prophètes ne sont pas deux classes d'hommes inspirés, mais les mêmes hommes chez qui l'inspiration est envisagée à la fois par deux faces, Tapostolat et la prophétie; ces hommes, ce sont les apôtres.
Ses apôtres et prophètes, c'est-à-dire les apôtres et prophètes de Dieu ; car c'est à Dieu que se rapporte nécessairement le pronom correspondant dans le verset suivant (c sa promesse >), et son nom, sans avoir été prononcé dans les versets qui précèdent immédiatement le nôtre, est implicitement renfermé dans les verbes donner à connaître et révéler. Saints apôtres : cette épithète a quelque chose qui étonne. Quand De Wette y a vu un indice que Tépître aux Éphésiens n'était pas l'ouvrage d'un apôtre, il a porté un de ces jugements prompts et téméraires dont certains commentateurs des Écritures sont trop remplis. Mais nous ne faisons pas difiSculté de reconnaître que l'expression qui y a donné lieu est insolite dans le lan-
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gage des écrivains sacrés : les prophètes et les apôtres sont appelés par les autres du nom de saints, mais ne se le donnent guère à eux-mêmes. Si saint Paul le fait ici, c'est probablement pour relever le contraste qu'il établit entre les dépositaires de la révélation évangélique et t les fils des hommes » privés de cette lumière. Cette remarque est confirmée par Col. 1, 26. Il ne faut pas oublier que l'épithète saint, soit dans TAncien, soit dans le Nouveau Testament, n^équivaut pas exactement au terme correspondant de notre langue. Elle s'emploie essentiellement d'une personne (ou aussi d'une chose) mise à part et réservée pour le service de Dieu, de telle sorte qu'elle appelle moins l'attention sur la sainteté personnelle de l'homme que sur la faveur de Dieu qui l'a choisi. Les apôtres et prophètes sont des hommes consacrés pour l'œuvre de Dieu (Jean XVII, 17-19); voilà tout ce qu'emporte le titre que leur donne ici saint Paul, et qui, dans sa bouche, est le simple énoncé d'un fait et non une louange. Aussi, remarquez qu'il envisage ici les apôtres et prophètes comme formant un corps, et que c'est à ce -corps, non à l'un des membres qui le composent, qu'il applique l'épithète saint, comme il l'applique souvent ailleurs à l'ensemble des fidèles, mais jamais à un individu.
Que les Gentils sont cohéritiers ( avec Israël ) et du même corps y et participants également à sa promesse, en Christ, par l'Évangile. Voilà l'objet.
iSS SECONDS PRIÈRE DE l'Ap6tR£ GH. ni, 4-13.
indiqué par l'Apôtre lui-même, de ce mystère qui vient d'être révélé aux « apôtres et pro- « phètes » du Seigneur. C'^t la vocation des Gentils , admis à partager désormais tous les privilèges d'Israël, et à les partager, non par la loi, mais « en Christ, > qui est le fondement de leur salut, et « par l'Évangile, > qui en est le moyen*; les mots « en Christ ^ se lient, non avec celui de « proraes- « ses, > mais avec celui de « participants. > L'extension de l'Évangile à tous les peuples nous paraît aujourd'hui une chose toute simple; mais, ce que nous trouvons si naturel, soit pour y avoir été plies par l'habitude, soit par l'enseignement de l'Esprit de Dieu, était, au temps de l'Apôtre, une incroyable nouveauté. Que de grâces dont nous jouissons comme si elles nous étaient dues, et dans lesquelles nous reconnaîtrons, quand nous serons pleinement éclairés, un déploiement merveilleux des perfections divines. Peut-être aussi tel point de la révélation qui est pour nous un grand mystère sera plein de clarté pour les générations qui nous suivent.
Les trois mots grecs qui marquent que les Gentils partagent désormais tous les privilèges des Juifs, ne
1 Cette vocation est appelée un mystère dans un sens différent de cekii que ce mot présente au lecteur français : non parce qu'elle est obscure en soi^ mais parce qu'elle a été cachée dans les temps précédents, ainsi que PApôtre l'explique au v. 9; le même terme a été employé dai^s le même sens, dans 1, 9.
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peuvent se rendre en français avec Fénergie concise de Toriginal. Harless et Olshausen pensent que les deux derniers servent à développer le premier; le « cohéritier, » étant appelé « membre du même « corps, 1» à regarder ce qu'il e$ty et « participant < également de la promesse > à regarder ce qn'U possède^. Mais cette distinction ne nous paraît pas indiquée dans les expressions de l'Âpôtre ; il nous semble avoir voulu seulement accumuler les termes pour marquer que les Gentils étaient de tout point égalés aux Juifs. — Cohéritiers de cet héritage dont il a parlé I, 14, 18; non héritier avec Christ, comme Rom. I, 18, mais héritier avec Israël. Du même corps (I, 23; II, 16). La promesse, c'est-à-dire l'objet de la promesse (Voyez Gai. III, 22, etc.). Il s'agit ici, non de la promesse du Saint-Esprit, comme Gai. III, 14, mais de la promesse du Messie et des grâces que Dieu nous accorde en lui (H, 12).
Selon l'efficace de sa puissance (Voyez I, 19). Cette puissance s'était déployée en saint Paul d'une façon spéciale, en faisant d'un ennemi acharné de Jésus- Christ le plus dévoué de ses apôtres. < Il appartient au Seigneur d'élever des hommes de rien ; c'est à. faire de grandes choses avec rien que paraît l'eflficace de sa puissance » (Calvin).
Cette grâce m'a été donnée, à moiy le moindre de
» Ftnœnliches Verhxltniss et Saschliches VerhxUnUs (Harless).
160 PBBKIÈRE PRiiBB DE L'APÔTRE GH. in, 1-43.
tous les saints. Selon Harless, ces mots forment une exclamation qui se détache du contexte, comme celle qui coupe le v. 5 du chapitre H; et l'infinitif annoncer explique, non le mot grâce du v. 8, mais le mot dm du V. 7 : « Selon le don qui m'a été donné, » savoir « d'annoncer, » etc. C'est qu'il semble peu naturel à Harless d'admettre dans une parenthèse, car tout ceci en est une (Voyez notre explication sur le v. 1), un point d'arrêt, tel que nous le supposons à la fin du V. 7. Cette raison ne nous paraît pas décisive, et nous nous en tenons à la ponctuation reçue. Un arrêt peu marqué, tel que l'indique notre point-virgule, suffit à 1^ fin du V. 7; et plus la parenthèse de l'Apôtre est longue, mieux on conçoit qu'il la suspende par un si léger repos. On doit éviter, en exégèse, de multiplier les parenthèses, et surtout les parenthèses dans les parenthèses. Enfin, la grâce d'annoncer, etc., se comprend mieux que le don d'annoncer, etc.
Le moindre : le mot employé par saint Paul ne se trouve nulle autre part, ni dans l'Écriture, ni chez les auteurs profanes. C'est un comparatif formé d'un superlatif, et qu'il faudrait traduire moindre que le plus petit, comme si le superlatif seul n'eût pas suffit à l'humilité de saint Paul. Ailleurs, il se compare avec les autres apôtres, et se dit « le « moindre des apôtres, indigne d'être appelé apô- « tre, ayant persécuté l'Église de Dieu » (1 Cor. XV, 9). Ici, il fait plus encore : il se compare avec les