‹ Explication de l'epitre de Saint Paul aux EphésiensChapitre 34 sur 64 · SECONDE ]?R1£R£ DE L'APÔTRE GH. HI · texte numérisé non relu

SECONDE ]?R1£R£ DE L'APÔTRE GH. HI

hâte d'en finir avec ce sujet personnel, sur lequel il ne s'arrête que lorsqu'il y voit une utilité positive pour ceux à qui il écrit. Mais les termes dans lesquels il y revient, peuvent être entendus de plus d'une manière.

On peut traduire, ainsi que nous l'avons fait : < Aussi je {vous) prie de ne vous pas relâcher dam mes tribulations pour vous ; ou bien : Aussi je prie [Dieu) que vous ne vous relâchiez pas dans mes tribulations pour vous: ou enfin : Je prie (Dieu) que je ne me relâche pas dans mes tribulations pour vous.

Écartons d'abord la seconde de ces trois interprétations. Elle présente des difficultés grammaticales au moins égales à celles des deux autres, et elle a de plus contre elle la place où notre verset se trouve. Au V. t4, ou l'Apôtre reprend la pensée interrompue du V. 1, il présente à Dieu une prière pour les Éphésiens. Est-il vraisemblable qu'il termine sa longue parenthèse par une autre prière pour ces mêmes Éphésiens?

Restent la première, que nous avons adoptée, et la troisième,, pour laquefie se décident Harless et Oishausen. Il y a quelques difficultés grammaticales des deux côtés, mais des difficultés qui se balancent, selon nous. Suivant notre interprétation, il faut sous-entendre, comme régime du verbe demander^ le pronom personnel vous ; Je vous demande de ne vous relâcher point, etc. ; ou bien encore, comme régime du rerbe se relâcher ^ le pronom indéfini on : Je demande

GH. JII^ i>13. FOUR hZS ÉFHESIEKS. 183

qu'on ne se relâche point, etc., ce qui serait peut-être préférable. Selon l'interprétation de Harless et 01shausen, on a lieu de s'étonner, d'après le génie de la langue grecque, et d'après le parallèle de ce passage dans l'épître aux Colossiens (I, 24), que le mot tribulations soit suivi du pronom personnel de moi. Dans cet état de choses, ce sont des raisons d'un autre ordre qui doivent régler notre choix ; et ces raisons nous paraissent décisives en notre faveur.

Premièrement, la pensée en soi. Sans doute, il n'y a rien de contraire à la dignité ou à la fermeté de l'Apôtre, à prier pour ne perdre pas courage dans ses tribulations ; d'autant qu'il demande même ailleurs qu'on se joigne à lui pour demander celte grâce à Dieu (VI, 19, 20). Mais il faut convenir pourtant que cette idée de découragement personnel étonne dans ce développement, où l'attention de l'Apôtre est toute absorbée par la gloire de son ministère et par la grâce que Dieu lui a faite en l'y appelant. Il est fort naturel, au contraire, qu'il prémunisse contre ce découragement ses lecteurs, m^ins affermis que lui. On trouve étrange qu'il puisse exhorter les autres à ne pas se relâcher dans ses tribulations. Mais il y a intention dans ce contraste, et c'est ce qui fait la beauté de la pensée. L'Apôtre ne redoute pas ses épreuves pour lui-même ; il ne craint que l'impression fâcheuse qu'elles pourraient produire sur l'esprit de ses frères, et par cette touchante exhortation : c Ne vous relâ-

^iS4 SECONDS ÏUiBE DE L^APÔTRE GH. m, i-13.

f* chez pas dans mesafiQictions, > il montre à la fois et «on renonoement à lui-même, et sa confiance dans kunamour fraternel. On reconnaît ici le même esprit qniiafait écrire Col. I, 24: < Je me réjouis donc mainte tenant en mes souffrances pour vous, et j'accomplis

< le reste des afflictions de Christ en ma chair, pour

< son corps, qui est TÉglise; > et Phil. II, 17, 18 :

< Que si 'môme je sers d'aspersion sur le sacrifice et le « service de votre foi, j'en suis joyeux; et je m^en « réjouis avec vous tous. Vous aussi pareillement € soyez-en joyeux, et réjouissez-vous-en avec mm. »

iSecondement, le lien de la pensée avec ce qui précède. 'L'expression du sentiment personnel que Har^ less ^t OIshausen trouvent dans notre verset entre bien 'moins dans l'ensemble du développement, «ce nous semble, que l'exhortation que l'Apôtre adresse ici, setlon nous, à ses lecteurs. Cela est si vrai que Harless est obligé de rattacher ce verset aux v. 8 et «9, ne trouvant aucun moyen de le lier avec le v. 12, qui précède immédiatement. Il n'en est pas deméme>de notre interprétation. La confiance et la liberté que k foi communique à ces nouveaux convertis doivent les engager à ne pas perdre courage dans iles laffiictiens aiuixquelles l'Apôtre s'est exposé en leur annonçant iésus-Christ, et ;au!xquelles ils pourront être esposéls à lever tour en confessaixt scm nom. Voyez un lordre d'idées semblables Phil. I, 27-30.

Enfin., )le motif tallégué |utr l'Apôtre pour ne pas 9t

OB. lu^ l-rl3. POUR LBs âittteims. 4IIR

.Felâcfaeer :« ce qui est votre gloire. > On comprend fort Jùen ce raisonnement : Ne vous réMcAee^pas dans mas tribulations pour vous, — car ced'est ^ire gloire ; mais un comprendrait beaucoup moins celui-ci : Je prie pour ne pas me relâcher dans mes tribuldtions, — car ceci eBt «o^re gloire. Cette considération seule suffirait pour justifier notre explication.

fÀu reste, le sens qu'on donne à C6&:derniers mots, ee qui est votre gloiiie^ dépend de celui qu'on a donné au commencement du verset. ¥o(re gloire, d'après fiarless et Olsliausen, c'est queije ne ^me relâche point, c'est Ja fermeté avec laquelle je souffre pour vous ; landis que ce sont, d'après nous, les souffrances jûttêmes de l'Apôtre pour eux, ou plutôt, tout ensemble, ces souffrances et la manière dont il les endure, ainsi ^que dains deuxtpass^ges analogues (Phil. -I, 28, et 2 Thess. 1,4-7). Oue si-l'on demande, avec Harless, comment les souffrances de l'Apôtre peuvent être la gloire deis Gentils Irtflenéëiàla M, nous répondrons d'abord par la doctrine générale de l'Évangile sur tes sotlffiratices de Jésus-Christ et des siens (2 Thess. I, 6, 7; 'Rom. V, 3), ensuite par l'utilité spéciale de ces «tmffrances de saint Pad que Dieu avait fait servir 1 h conversion des Gentils (Col. I, 24), et qu'il faisait B^rvh» maintenant à leur affermissement, soit par 'le l^oignage d'amotrr que Dieu leur donnait en livrarft'k la douleur pour leur bien son serviteur bien-aimé, soit par l'exemple de patience que<leu<r donnait saint I^iil

186 SECONDE PEIÉRE DE l'âPÔTBE GH. III^ 14-21.

lui-même (Phil. I, 12-14, et Col. II, 1 et 2. Remarquez la conjonction afin que^ qui marque le but des souffrances de l'Apôtre).

Nous pensons qu'en relisant avec attention les divers parallèles que nous venons de citer, et surtout les passages suivants (Phil. I, 12-14; 27-30; II, 17, 18; Col. I, 24; II, 1, 2), qui sont tous tirés de deux épîtres qui furent écrites et expédiées en même temps que celle qui nous occupe (voir l'Introduction), on se convaincra que l'interprétation que nous avons suivie pour notre verset est la seule véritable, et que Scott a eu raison de dire, en la comparant avec l'autre : « Elle est de beaucoup plus énergique, et de beaucoup aussi plus conforme à la manière générale de notre Apôtre *. »

Que les ministres qui souffrent pour l'Évangile méditent soigneusement sur ce verset !

30 Prière de F Apôtre pour les Éphésiens. III, 14-21.

14. Cest pourquoi, dis-je^ je fléchis les genoux d(h vanl le Père [de notre Seigneur Jésus-Christ.^, 15. duquel toute famille dans les deux et sur la terre tire son nom; 16. afin qu'il vous donne, selon la richesse de sa gloire, que vous soyez fortifiés en puissance par son £$prit dans Vhomme intérieur, 17. que Christ habite par

* Ce résultâtes! confirmé par une remarque d'Olshausen, sur Éph. VI, 19, qu'on trouvera cité dans notre note sur cet endroit.

GH. III^ i4r2i. POUR LES ÉPHÉSIENS. 487

la foi dans vos cœ^rSy 18. étant enracinés et fondés dans l'amour, afin que vous soyez capables de comprendre^ avec tous les saints, quelle est la largeur et la longueur et la profondeur et la hauteur, 19. et de connaître l'amour de Christ qui surpasse toute connaissance^ afin que vous soyez remplis jusqu'à toute la plénitude de Dieu. 20. Or à celui qui, selon la puissance qui opère en nouSf peut faire par-dessus toutes choses, infiniment au delà de tout ce que nous demandons ou pensons, 21. à lui la gloire dans l'Eglise en Jésus-Christ, dans toutes les générations du siècle des siècles. Amen!

C'est pourquoi. C'est ici que l'Apôtre reprend la prière annoncée au v. 1, mais suspendue par la parenthèse renfermée dans les v. 2-13. Les mots « c'est « pourquoi > se rapportent donc ici, comme dans le V. 1, aux derniers versets du chapitre II, et plus spécialement aux V. 19-22. C'est parce que les Éphésiens ont été, par la foi en Jésus-Christ, associés aux Juifs croyants et reçus dans la maison de Dieu, que l'Apôtre demande leur accroissement dans la grâce et leur accomplissement spirituel. Cette seconde prière de saint Paul pour les Éphésiens a ainsi le même motif que la première (I, 15-20), dont elle n'est guère que la reprise et le développement. Telle est la gratuité des dons de Dieu et notre pauvreté propre, que nous n'avons pas d'autre titre à des grâces nouvelles que les grâces déjà reçues; mais ce titre suffit. Car en « commençant une bonne œuvre en nous, » ce

488 SECONDE PRIÈRE SE l'àPÔTRE G». III^ 14-^.

Dieu 'fidèle s'est engagé à c l'aooatnplir jusqu'à k (cjjottpnëe de Jésus-Christ » .^bîl. I, 6); fiensée emftruiiktée m Psaume OKXXYIII, que saint Paul parait a¥air^u devant les yeux en écrivant le v. 46 de notice «(hapitre> ainsi que nous le dirons tout à l'heure : •« L'Eterael achèvera ce qui me concerne; Eternel^ •« ta JDonté demeure à toujours ; tu n'abandonneras < ipoint l'œuvre de tes mains » (Ps. GXXXVIII, 8). Autaînt d'applications de cette maxime profonde ^n Seig^neur, qui contient la substance de toute la doc* trine évangélique : « On donnera à celui qui a, et fl € sera dansl'aboïkiance» (Matth. XIII, 12).

rDetantiePére, liltéralemenl «ver* le Père » ou « a« € Père ; ^ le choix de la préposition convient moins k l'idée ^énoncée de fléchir les genoux qu'à l'idée sous* entendue 'de prier. Les geBoux se fléchissent de^ t>anï Dieu ; «^ais la prière est dirigée vers hhn^ Les n^ots : denotriB Seigneur Jésus^€hrist, manquent dams les ^iliainuscrits les plus anciens, et les meilleurs cri-^ tiquas s'a^ccordéHt à tes supporimer. Il e^ facile die comprendre que les copistes les aient ajoutés^ d'après Êphw l^ 3 ; GoL I:, â, etc. Ce n'est pourtant pas le seri endroit^ même dahs cette épître, oii saint Paul ait dé* signé Dieu s&us le seul aona de P^e^ isans complé* ment : H, 18 ; Vi, âft; C<yl. I^ 12.

Du^l éouk famille dan$le$deuxet sifrla terre tipe êoû nam^ Le pronom duquel devrait être rapporté non à Jésus^hrist, ma» au Père^ alors môme que les

Cli. un iÂï^h. POUR LES ÉPBÉSIBNS. IB9

mots €i dar neire Seigneur Jésus*Christ' > sera4èfn£ aoosâr!Vîé£f. Gela est évident dân&letextQ origibal^par Uffc&nyaueetque la traduction ne peut pa&- neod^e, et siiasr laquelle notre verset ne saurait pourta»4^être bieQ compris. Le mot que nous traduisons ftkMiU est dârivé' euigrec du motpère^ à peu près comme Ite-mot eKiat^BiVBSi dans^ notre langue du mot Créateur. Si ntms disions : Je prie le Créateur, duquel 'toute créa*tum tire sion nom, etc., chacun saisirait notre pensée ; il y a entre le créateur et la Créature un lien que ce ncfm seul de créature rappelle, et* qui dbit nous engagei? à nous approcher de Dieu avec confiance, ta pen^ sée de l'Apôtre est toute semblable. Entre le père (grec> ptu&r) et la famille (grec, patria), il y a un lien que ce Bomseul^de|)a^ta' rappeHe et qui doit engager les membres de la famille à s'approcher de lui avec une confiance filiale. La version de Martin a essayé de conserver cette nuance en traduisant par parenté le mot» que nous rendons par fatntWc; mais, outre que lè rapport du mot parenté à père est peu sensible en Élançais, ce mot est équivoque; il s'emploie non-seu* lement d^ la famille, mais encore de la relation réciproque des membres qui la cemposenti Quelques commentateurs ont adopté, en effet, ce dernier sens-; dans ce cas, il vaudrait mieux traduire paternité que patienté, et la pensée de Tauteur sacré serait que toute iéé^ d^ paternité a son type et son origine dans le rapportu{ui existe entre Dieu et ses créatures; mai^ce

190 SECONDE PEIÈBE DE l'aPÔTRE GH. III^ H, 21.

sens, bien qu'ingénieux, ne se lie pas avec le contexte, et, ce qui est surtout décisif, n'est pas justifiable philologiquement, le mot grec |)a<na n'ayant jamais la signification abstraite de paiernitéy ni dans les auteurs profanes ni dans le Nouveau Testament, où on le trouve en deux autres endroits, Luc II, 4 (la famille de David), et Actes III, 25 (la famille de la terre). La famille dont saint Paul entend parler dans notre verset, c'est une famille spirituelle; et c'est pour cela qu'il a pu parler, non-seulement d'une famille terrestre, mais encore d'une famille céleste, c'est-à-dire des anges. Toute famille spirituelle, soit celle des anges dans le ciel, soit celle des Juifs croyants ou des Gentils croyants sur la terre, tire son nom du Père, l'invoque comme. Père et reçoit de lui le titre d'enfants. Les hommes croyants, Juifs ou Gentils, sont appelés c enfants de Dieu, x> et les anges fidèles sont également appelés « fils de Dieu > (Job I, 6, etc.). Au lieu de « toute famille, » OIshausen traduit < toute la famille, » toute la famille de Dieu, tant la partie de cette famille qm se compose des hommes croyants que celle qui se compose des anges fidèles. Nous convenons que le sens du verset est facilité par cette traduction ; mais elle est moins en harmonie que la nôtre avec l'original, qui n'a pas l'article. Harless traduit ainsi que nous ; « toute famille. » Luther a traduit : Der der rechle Valer ist ûber aJks was da Kinder heisst im Himmel und auf Erden, c'est-à-dire « qui est le

GH. Ill^ U-21. ]>OUE LES EPHESIENS. 191

€ véritable Père de tout ce qui s'appelle du nom d'en- € fant dans le ciel ou sur la terre. > Cette belle version, rend fort bien le fond de la pensée, quoique en s'écartant des mots. L'objet que TApôtre s'est proposé dans ce verset y est clairement exprimé : c'est de fortifier la confiance filiale des Éphésiens en Dieu, au moment où il va prier le Père en leur faveur.

Selon la richesse de sa gloire (Voyez I, 17, 18).

Que vous soyez fortifiés en puissance. On peut l'entendre de deux manières : ou que vous receviez un accroissement de puissance, comme être fortifié en lumière, en charité, etc., serait recevoir un accroissement de lumière, de charité, etc. (Harless); ou bien, que vous soyez fortifiés avec puissance, avec un déploiement éclatant de la puissance divine au dedans de vous (Olshausen). Nous préférons cette dernière explication, à cause des parallèles, Rom. I, 4, et Actes IV, 33; mais en faisant observer qu'il ne faut pas traduire puissamment comme l'ont fait nos versions. Qu'on essaye de cette traduction dans Rom. I, 4, et Ton sentira qu'elle affaiblit la pensée de l'original, et même qu'elle ne la rend pas exactement. Jésus-Christ n'a pas été puissamment déclaré Fils de Dieu par la résurrection^ ce qui n'aurait pas de sens; mais il l'a ♦ été avec un déploiement éclatant de 4a puissance divine (Éph. I, 20). Au reste, nous ne pouvons douter que l'Apôtre n'ait eu présent à l'esprit, en écrivant ce verset, le Ps. CXXXVIII, 3 ; « Au jour que j'ai crié,

ISB SECONDS vtJÈtM i« l'afAtre gh. hi> 14-21.

♦ tel m'as exaucé, et tu m'as fortifié (littéralement « enorgueilli, rempli de confiance) en force dans » mon âme ; > en forée correspond à' notre en puismnce^ et dans mon Ame à notre <ian< l'homme intérieur. Le passage que nous expliquons, éclairer par le verset* du psaume, l'éclaircit à son tour, et nous montre qu'il faut s'en tenir à la traduction de ce dernier pas*sage que nous venons de citer, et ne pas traduire, avec quelques commentateurs : < Tu m'as rempli de confiance ; la force est dans mon âme > (Stier). On ne saurait trop insister sur la lumièreque les^deux Tes^ taments répandent l'un sur l'autre*

Pur son Esprit dans l'homme intérieur. La: langue grecque a deux prépositions qui répondent à notre préposition unique clans. L'une suppose le mouvement et s'emploie quand il est question d'aller dans un Ivm ;. l'autre suppose le repos et s'emploie quand il eat question d'être dans un lieu. C'est de la première que. saint Paul fait usage dans notre vaiset, tandis qu'il fait usage de la seconde au verset suivant. Celte nuance est importante, et pour la conserver, noua traduirions volontiers jusque dam l' homme inUriewty sî c^tte traduction n*avait l'inconvénient de l'outrer eè içéme de l'altérer un peu. La version de Lausanne;. 1^9i, quant à l'homme intérieur, n'est ni heureuse ai eroote« Bornons-nous à faire remarquer que^le^chcm d0)li(ipvéposition dont saint Paul s'est servi nous dét> p^mUi^ Saint-Esprit jaloux d'agir sur l'homme inté^

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rieur et de faire pénétrer jusqu'à lui cette force qu'il nous communique. Vhomme intérieur, qu'il ne faut pas confondre avec l'homme nouveau (Éph. IV, 24) ou avec l'homme spirituel (1 Cor. II, 15), c'est la partie la plus intime de notre être, par opposition à ce qui est extérieur (2 Cor. IV, 16; Rom. VII, 22), ce fond de notre nature où tout le reste a sa racine et ff duquel procèdent les sources de la vie » (Prov. IV, 23); ou, comme s'exprime saint Pierre, « l'homme < caché du cœur. > C'est ce fond de l'homme que le Saint-Esprit va chercher; car le caractère et la mission propre du Saint-Esprit est d'opérer sur cette partie intime de notre esprit; d'où il arrive que le mot spirituel désigne également ce qui est opéré |)ar l'Esprit de Dieu ou ce qui est opéré dans Vesprit de l'homme^ ou l'un et l'autre à la fois, sans que cette équivoque touche au fond de la pensée, puisqu'il s'agit des mêmes objets, vus seulement sous deux faces diverses. On peut avoir, sans cette action intérieure du Saint-Esprit, une certaine connaissance de la vérité ; et même une connaissance assez étendue et assez précise pour nous rendre capables de l'exposer et de la défendre. Mais cette connaissance est comme en dehors de nous ; elle s'arrête à la région de l'intelligence, ou du moins à celle du sentiment ; elle ne pénètre pas jusqu'au fond, jusqu'à ce que le Saint-Esprit la prenne et la fasse entrer dans l'homme

intérieur. Cette œuvre est clairement décrite et dis-

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